Ceux qui brûlent dans la lumière par

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Univers Parallèle / Romance / Fantasy

19 Souvenir

Catégorie: M , 2629 mots
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Souvenir


Le soleil est haut dans le ciel, dégagé de tout nuage. Ses rayons réchauffent ma peau. Je suis allongée sur le banc finement ouvragé du bosquet de haie. Je suis exténuée après le long entrainement à la lumière et maniement de l’épée de Yaedrel. Mon protecteur a rendu nos séances plus éprouvantes avec la guerre qui gronde. Il veut que je sois prête si, par malheur, elle viendrait frapper aux portes de la cité. Je mets ma main devant mon visage tout en baillant et mes paupières deviennent de plus en plus lourde…

“ Un lourd silence funèbre règne dans le sanctuaire d’Utrion. Contre le mur, un portrait de ma mère recouvert d’un voile violet quasi transparent, posé sur une estrade que j’avais joliment décoré de ses fleurs préférées, des “épiaires laineuses“ ou “oreille de lapin“ comme je les surnommais. De nombreux cierges sont allumés et la lueur de leur flamme danse sur le portrait. La pièce et parfumée d’encens aux différentes senteurs qui, mélangées, me chatouillent le nez. Le corps de ma mère a été enterré dans le mausolée royale. Elle retourne auprès d'Utrion et, bientôt, une statue sera sculptée dans le cristal le plus pur du royaume pour être ensuite exposée dans la salle du souvenir pour les générations à venir et ainsi perpétuer sa mémoire à jamais. Comme le veut la tradition de la famille royale, les proches de la défunte doivent se recueillir pendant trois jours dans le sanctuaire. Je sanglote et renifle à plusieurs reprises, essayant de ne pas pleurer. Mais c'est peine perdu, j’ai bisé la paix des lieux. Je me relève d’un bond, cherchant les bras de mon père pour trouver du réconfort dans la mort d’un être cher. Mon seigneur de père reste égal à lui-même. Il m’attrape par les épaules et me repousse en arrière.

•        Cesse de pleurer ! Soit digne et ne montre pas tes émotions en public ! Me réprimande mon père.

Je baisse les yeux en passant ma manche pour m’essuyer le nez et sécher mes larmes avant de me remettre à genoux sur le sol glacial, fixant les motifs gravés dans le marbre tout en serrant le plie de ma robe de colère. Quand nous sommes sorties du sanctuaire, respirer l’air m'a fait le plus grand bien après avoir été autant oppressée. Mes yeux sont attirés par une brume peu ordinaire. Une forme incertaine apparaît. Plus elle s’avance, plus la silhouette se fait distincte. Je me mets à sourire, voir son visage après tant de mois de séparation me redonne du baume au cœur.

•        Mon oncle ! Crié-je de joie avant de me jeter dans ses bras.

Il me serre fort contre lui si longtemps que ça en devient gênant. Je me débats un peu pour le forcer à me libérer de son emprise. Il rigole de son rire tonitruant tout en m’observant sous toute les coutures en souriant, pourtant, son air est si sinistre. Il se met à ma hauteur et dépose dans le creux de mes mains un sachet de friandise. Il m’ébouriffe ensuite les cheveux, décoiffant mon chignon, avant de se relever.

•        Comme tu as grandi, ma petite opaline. Dis-mon oncle.

•        Je suis plus une enfant, mon oncle, j’ai 14 ans maintenant. Rétorqué-je en mordillant dans un des bonbons.

•        Je vois ça, ma puce. Je suis désolée pour ta mère et de ne pas avoir été là pour toi….

Les larmes remontent et me picotent les yeux. J’étais sur le point de répondre quelque chose lorsque que des pas lourds froissent l’herbe avec fureur sur leur passage. Je sens une main se poser sur mon épaule et m’écarter avec douceur sur le côté.

•        C’est que maintenant que tu te pointes, Maze !? S'exclame mon père d’un ton sec.

•        Je suis venu dès que j’ai reçu ta missive, mon frère. Je ne peux guère aller plus vite que me le permet mon navire.

•        Tu as raté les trois jours de deuil ! C’est inacceptable pour le frère du Roi !

•         Je suis vraiment navré pour Celebrian, moi aussi je l’aimais, Lucien. Je suis vraiment attristé qu’elle est aussi succombée au mal…

•        Tais-toi ! Pas devant ma fille. Gronde mon père.

•        Elle le saura...

•        Je t’ai dit de te taire ! Aboie mon père en coupant la parole de son frère. Lynawen est mon enfant ! Tu n’as aucun droit sur elle.

Mon oncle grince des dents et son regard d’émeraude est d’une froideur que je n’aurais jamais cru possible venant de mon oncle. Mon père fait signe à un garde qui s’agenouille devant le Roi.

•        Escortez la princesse jusqu’à ses appartements. J’ai des affaires à régler en privé avec mon frère.

•        Bien, votre Altesse. Dit simplement le garde.

Le soldat se relève et me demande de le suivre. Je jette un dernier regard à mes proche en me demandant de quoi ils parlaient… Comment deux hommes qui partagent le même visage peuvent-ils être aussi opposés. “


Une légère secousse me sort de mes songes. Encore dans la torpeur, je me frotte les yeux. Je vois alors le visage rayonnant d'Anduin se dessiner devant moi. Je me redresse pour lui faire face

•        Est-ce que vous allez bien ? me demande-t-il, votre sommeil était encore agité.

•        Juste ces cauchemars qui reviennent sans cesse. Lui répondé-je en me tenant le bras.

•        Teldrassil ? Questionne le jeune Roi, soucieux.

Je secoue la tête en guise de négation. Anduin se laisse tomber sur le banc à mes coté, prenant ma main dans la sienne. J’en profite pour déposer ma tête contre son épaule.

•        Votre oncle ? Demande-t-il alors. Vous m’aviez dit que, dans votre souvenir, vous aviez traversé seule la porte des ténèbres. Vous étiez proche ?

•        Nous l’étions, il était plus un père pour moi que mon géniteur lui-même… Dis-je, mélancolique.

•        Je n’imagine pas comme il doit vous manquer… J’aurai aimé avoir eu une telle relation avec mon père… on n'a pas eu le temps, hélas.

Je me sens tellement désolée pour Anduin également… J’en ferme les yeux un instant pour contenir mon chagrin. Ce souvenir m'a fait remonter une vieille blessure enfouie depuis des années… Ma mère ne m’a jamais autant manqué qu’à cet instant précis.

•         J’ai rêvé de ma mère avant que vous ne me réveillez. Elle a mis... Je m'arrête net dans mes propos, me mordant la lèvre. Peu importe, vous savez déjà qu’elle n’est plus de ce monde. Mais depuis que Magni m'a annoncé que ma défunte mère était potentiellement devenu un être de cristal obligé de rester figé dans la même salle pour l'éternité... J’ai du mal à l'accepter. Confié-je, sanglotante.

Anduin reste muet même si il donne l’impression de vouloir dire quelque chose. Il passe sa main libre dans mes cheveux puis sur ma joue et m'embrasse le front pour me réconforter...

•        On dit que la lumière peut apaiser l’âme…

Sa main s’illumine. Je me perds dans ses prunelle d’azur tout en m’abandonnant à ce doux et chaleureux rayonnement. Je peux sentir l’amour qu’il me porte imprégner mon être. Sa lumière finie par s’évanouir, mon cœur semble plus léger. J’enlace Anduin, me blottissant alors contre son torse

•        Anduin, votre mère, où est-elle ? Demandé-je alors.

•        Oh ! Eh bien, elle est morte quand j’étais un nourrisson. Je ne l’ai pas connue. Jaina est ce qui se rapproche le plus de la figure maternelle pour moi, je la considère comme une tante.

•        J’avoue avoir du mal à voir Jaina comme votre mère. Ris-je pour détendre l’ambiance.

•        Ma foi, c’est assez spécial. Enchaîne-t-il sur ma plaisanterie.

Lorsque nos éclats de rire se font plus qu’un lointain écho, la légère brise fait chanter le feuillage de l’unique arbre des lieux. Une de ses feuilles tombent et s’emmêle dans la chevelure dorée du jeune Roi. En voulant lui retirer, je défais un peu sa queue de cheval. Je me rattrape en lui passant ses mèches derrière son oreille, effleurant du bout de mes doigts sa joue. Son sourire est radieux et mes yeux dérivent sans vraiment le vouloir sur ses séduisante lèvres. Anduin le remarque, il se rapproche de moi et dépose une main hésitante sur ma hanche alors que l’autre se glisse dans la mienne. Je lui caresse la joue avec tendresse et nos visages se rapprochent lentement. Lorsque nos bouches humides se rencontrent enfin, j’ai l’impression que des milliers de papillons prennent leurs envols dans mon estomac. C’est la plus parfaite, non, la plus divine des sensations… Alors que nous nous embrassons, un bruit étrange vient troubler ce moment de bonheur. Je tourne la tête, intriguée, vers les haies qui nous dissimulent. C’est probablement le bruit du vent qui fais craquer les branches des bussions. Pourquoi, alors, ai-je cette impression étrange…

•        Qui y a-t-il, Lynawen ? me demande Anduin, intrigué.

•        Ce n’est rien, probablement mon imagination. Essayé-je de me rassurer.

Je me tourne à nouveau vers Anduin, cherchant à reconquérir ses lèvres envoûtantes quand le craquement retenti de plus bel. Le jeune Roi lève la tête et regarde les haies avec insistance. Il l’a entendu, ce n’était donc pas mon imagination. Le bruit se déplace rapidement. Mon cœur s’affole brusquement. Quelqu’un nous espionne ? Un résident curieux du château ? Ou bien… Je ne préfère pas envisager cette possibilité. Anduin se lève et se précipite hors du bosquet. Je peux percevoir les frottements de ses pas sur le gazon. Mon regard lui, ne se détache pas de l’étroite entrée. D’un coup, je vois une ombre se dresser devant moi, me dominant de toute sa hauteur. Mon cœur fait un bond dans ma poitrine. Son visage est dissimulé et il porte une armure légère noire. Une odeur de mort épouvantable s’en dégage. Elle me retourne littéralement l’estomac. Instinctivement je me suis sentie menacée … Je suis prête à utiliser la lumière pour me battre si j’en suis contrainte, en dépit de la peur qui enserre mon âme. Je la fixe, immobile, m’attendant à tout moment à un geste agressif mais elle disparaît aussi rapidement qu’elle est apparue. Anduin émerge de l'entrée du bosquet. Tous les sentiments négatifs s’évanouissent subitement, me laissant dans un élan de soulagement intense. N’était-ce qu’une illusion ? Mais quand Anduin s’approche de moi pour me montrer sa trouvaille, mon cœur ne fait qu'un bond. Une dague !?

•        Je l’ai trouvée dans l’herbe près du bosquet, il y a de forte chance que ça soit le hasard. Dit-il en me la montrant de plus près.

•        Anduin…

•        Qui y a-t-il, Lynawen ? Vous êtes bien pâle d’un coup ? S’inquiète Anduin.

•        Il y avait quelqu’un avec moi, avant votre retour. Très grands, son visage était dissimulé, mais son odeur… son odeur était épouvantable…. 

Anduin se crispe, fixant la dague d’un regard anxieux. Puis ses sourcils se froncent, laissant place à une mine plus sérieuse. J’ai tout de suite su qu’il avait pris mon témoignage au sérieux. Il range la dague à sa ceinture et m’attrape par les épaules.

•        Vous allez bien ? Vous n’êtes pas blessée ? S’inquiète Anduin.

•        Oui, ça va, elle ne m’a pas attaqué et, même si elle avait essayé, je ne me serai pas laissé faire. Informé-je Anduin.

•        Il faut que j’informe immédiatement Grisetête. Je n’arrive pas à croire qu’elle ose envoyer des assassins dans l’enceinte même d’Hurlevent.

•        Des assassins ? Pourquoi ? Vous croyez qu’il pourrait revenir ? Demandé-je, affolée.

•        N’ayez crainte, Lynawen, je ne laisserai jamais personne vous blesser. Je n’ai plus le choix, plus de doute ni de regrets, c’est la guerre. La Horde doit répondre de son acte de barbarie. S'exclame Anduin, posément résolut.

•        Je serai à vos coté, Anduin. Exclamé-je avec conviction.

Anduin reste silencieux à mes propos et semble préoccupé. Il réajuste la broche d’argent de ma chevelure qu’il m’a lui-même offert pendant notre visite à Exodar. Ses prunelle d’azur se pose sur moi me contemplant avec convoitise. Il se penche vers moi cherchant à nouveaux le délice de mes lèvres. 



/Chapitre plus court que les autres mais quand même essentiel, de nouveau éléments sur sa famille. En tout cas, j'espère comme toujours que vous avez apprécié et n'hésitez pas à laisser votre avis ou vos questions en commentaire ça fais toujours très plaisir de lire vos retour je suis ravie de répondre à vos interrogations. Sur ce bonne soirée/journée à vous. /

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