Brian Westhouse backstory
10 mois depuis le passage
Mont Tireney - Arcadia
Sous une pluie battante, Brian arriva sur la terrasse herbeuse au sommet du mont Tireney. À cause du mauvais temps et du froid, l’ascension avait été bien plus longue et difficile que lors de sa première venue. Il s’était même foulé une cheville en glissant sur un rocher, mais sa volonté de reparler au Dragon Blanc avait été plus forte que sa douleur.
Quatre mois plus tôt, il avait réussi à se faire engager en tant que marin pour un certain Umber Ianos, un vieux capitaine qui avait du mal à recruter. Cela lui avait permis de découvrir d’autres lieux d’Arcadia, comme l’île de Ge’en, la baie de feu au Corasan ou encore Altaban dans les Pays du Sud. Mais cela ne l’intéressait guère et s’il avait pris ce travail, c’était uniquement pour l’argent. Il n’était pas très bien payé, mais cela avait été suffisant pour qu'il puisse s’acheter de l’équipement et de la nourriture pour sa deuxième, et dernière il espérait, ascension vers le mont Tireney.
Lorsqu’à Marcuria la rumeur circula que le Dragon Blanc avait été à nouveau aperçut au nord, Brian s’était empressé de prendre la route, malgré la météo incertaine. Plus le temps passait, moins il supportait de vivre dans cette ville. La Sentinelle ne lui avait donné aucune nouvelle, l’auberge du voyageur lui était interdite tant qu’il n’aurait pas payé sa dette à Benrime et Sanief continuait de le harceler pour obtenir le remboursement des épices qu’il lui avait subtilisé comme indemnité de départ. Tout ce que voulait Brian à présent, s’était retourné là où il se sentait chez lui, à Stark.
Grâce à une potion de feu, il embrasa le bois qu’il avait protégé de la pluie à l’aide du foulard enchanté qu’Elyra et Samiola lui avaient donné à Riverwood. En observant les gouttelettes ruisselant sur la lueur dorée sphérique qui l’entourait, Brian constata que la magie ne l’intéressait plus. Pire : maintenant qu’il en avait vu les mauvais côtés, il la détestait malgré son utilité. Et la technologie de Stark commençait à cruellement lui manquer : les trains, les voitures, les appareils photo. Autant de choses qu’il ne reverrait jamais en restant à Arcadia.
Alors que Brian faisait chauffer de l’eau, la pluie s’arrêta soudainement et un rayon de lumière perça à travers les nuages, ensoleillant la pointe argentée du mont Tireney. Le Dragon Blanc y apparut, plus majestueux que jamais, et se posa sur la terrasse herbeuse.
— Brian, tu es revenu, dit le Draickin.
Brian était encore impressionné par le Draickin. Après un instant d’hésitation, il se leva et s’approcha de lui.
— Mère, j’ai bien réfléchi et…
— Tu voudrais que je t’aide à repartir à Stark, termina le Dragon Blanc.
Brian ne fut qu’à moitié surpris qu’elle connaisse la raison de leur nouvelle rencontre.
— Je suppose que vous savez ce que j'ai vécu dans les plaines de Nehdrah. Je comprends maintenant pourquoi vous m’aviez mis en garde concernant la magie.
D’un geste vague, il désigna le panorama.
— Les Tyrens qui attendent le moindre prétexte pour entrer en guerre, ces Éclaireurs qui convoitent le pouvoir et cette magie qui peut tout détruire sur un simple claquement de doigts d’un magicien. Ce monde m’effraie !
Le Dragon Blanc plissa les yeux avec peine.
— J'ai conscience que les choses ont été difficiles pour toi ces derniers temps et que Stark te manque.
La mine basse, Brian opina et un long silence passa.
— Lors de notre première rencontre vous aviez sous-entendu que j’avais déjà croisé un Draickin. Vous vouliez parler du Rouge, n’est-ce pas ?
— C’est bien lui qui t’a permis de venir à Arcadia.
— Alors, vous savez pourquoi je suis revenu vous voir, Mère.
Le Dragon Blanc hocha la tête.
— Tu voudrais que je t’emmène dans un lieu identique au monastère d’où tu es parti à Stark.
— Le Rouge m’a dit qu’il en existe plusieurs dans les deux mondes.
— C’est exact. Arcadia possède de nombreux endroits où la Fracture est plus fragile.
Le regard de Brian s’éclaira, plein d’espoir, mais le Dragon Blanc remua la tête de gauche à droite.
— Mais malheureusement, même si tu te rendais dans l’un de ces lieux, tu ne pourrais pas retourner à Stark. Tu es ici parce que la situation est en train de devenir chaotique à Arcadia, comme tu t’en es rendu compte. Et cela va impacter l’Équilibre entre la magie et la science et Stark sera affecté aussi à long terme.
— Attendez, et ce Gardien dans sa tour. Ce n’est pas censé être son boulot d’empêcher cela ?
Le Dragon Blanc lâcha un soupir peiné.
— Cela fait plus de deux cents ans que le Gardien actuel aurait dû être remplacé. Mais les Éclaireurs empêchent cela et il a de plus en plus de mal à tenir équilibrés les flux de magie et de science. Si cela continue, le chaos d’Arcadia va se répandre à Stark.
Le Dragon Blanc laissa passer un silence puis ajouta :
— Si tu avais suivi les cours de la Sentinelle, les Pères t’auraient expliqué tout cela.
Tout d’abord Brian ressentit de la honte, puis celle-ci fut remplacée par de la colère.
— Si je n’y suis jamais allé, c’est que je ne vois pas en quoi tout cela me concerne ! tempêta-t-il. Je suis venu ici par curiosité pour la magie, rien d’autre !
Il se retourna et observa Marcuria au loin.
— En arrivant dans ce monde, j’avais l’impression d’être dans un conte de fées. Mais à présent, cela ressemble de plus en plus à un cauchemar.
Il fit à nouveau face au Dragon Blanc.
— Je veux rentrer chez moi, j’en ai le droit !
— L’Équilibre ne le permettrait pas, murmura la Mère. Tu es nécessaire à l’avenir des deux mondes.
— Ce n’est pas l’Équilibre qui va diriger ma vie ! cria-t-il furieux.
Le Dragon Blanc soupira, ressentant la peine du Starkien.
— Tu es libre de le penser. Mais quoi que tu entreprennes pour tenter de retourner à Stark, cela ne te fera que souffrir davantage. Et quand bien même tu pouvais repartir… plus rien ne t’attend là-bas.
Le visage tout rouge, Brian saisit une pierre à ses pieds et la jeta de toutes ses forces en hurlant d’impuissance.
— Je suis désolé Brian, murmura le Draickin. Puisses-tu trouver la paix et enfin accepter ton destin.
Le Dragon Blanc déploya ses ailes et prit son envole. Sa silhouette disparue dans le trou de ciel bleu, puis le plafond de nuages se reforma. Le métal argenté redevint terne et Brian resta seul sous la pluie qui recommençait à tomber. Une sombre pensée s’insinua dans son esprit : « Si j’avais eu la lance d’argent de Gorimon en main, je t’aurais tué ! »
***
Le ciel était crémeux et parfois le soleil apparaissait, réchauffant l’atmosphère. De retour à Marcuria, Brian, déprimé et épuisé, traînait les pieds vers sa maison. Alors qu’il arrivait à l’angle menant dans sa rue, il entendit une voix familière :
— Westhouse ! Je sais que tu es là !
Il passa la tête et vit Sanief devant sa porte en train de tambouriner.
« Ce fils de pute ne me lâchera jamais ! » pensa Brian en s’appuya contre le mur et en fermant les yeux de lassitude.
Il n’avait pas la force d’affronter le marchand, aussi décida-t-il de faire demi-tour. Il traversa la ville puis franchit les remparts par la porte sud-ouest. Au-delà un petit sentier descendait vers les falaises qui surplombaient la Grande Mer. Une belle cavité naturelle s’y trouvait et depuis son licenciement, Brian aimait souvent venir ici. La vue lui rappelait Barcelone et il en oubliait presque qu’il était à Arcadia.
Lorsque le soleil toucha l’océan à l’ouest, Brian décida de rentrer chez lui. Cet enfoiré de Sanief avait dû retourner à ses affaires depuis longtemps. Il franchit les portes des hauts remparts et passa devant deux vieillards bavards assis sur un banc en pierre.
— ...chez Benrime. Elle discutait avec un jeune gars. Liam qui disait s’appeler. s’écria le premier.
— Liam ? Qu’est-ce que c’est pour un nom ? ricana le second.
— Et s’il y avait que ça ! Il portant un vêtement bizarre avec des couleurs dans tous les sens.
— Il ne vient pas des Pays du Sud par hasard ? Ils ne savent vraiment pas s’habiller là-bas !
— Non, il a dit habtier un endroit appelé les États… États-Unis, je crois bien.
— Les États-Unis ? répéta l’autre. Première fois que j’entends ce nom.
Brian se figea en arrivant à leur hauteur.
— Pardon, vous parlez bien de Benrime de l’auberge du voyageur ? leur demanda-t-il.
— Ah bien sûr, répondit le premier vieillard avec vigueur. Je n’en connais pas d’autres, l’ami !
— Est-ce que vous savez si ce jeune homme est toujours chez elle ?
— Hum, aucune idée. Quand je suis parti, elle était en train de lui indiquer comment aller au temple de la Sentinelle. Alors…
Sans prendre le temps de dire merci, Brian détala à toute jambe, laissant les deux vieillards sur le carreau.
Le souffle court, il arriva devant le temple et grimpa le grand escalier menant aux portes. Mais il s’arrêta en voyant sur la place du marché un jeune homme portant un t-shirt multicolore qui dénotait avec les vêtements des locaux. Il avait l’air perdu et regardait l'édifice des Pères avec inquiétude. Brian redescendit les marches et s’approcha de lui.
— Liam ?
Le jeune homme d’environ vingt-cinq ans avait les cheveux noir coupé très court et la peau basanée.
— Comment connaissez-vous mon nom ? répondit-il suspicieux.
— J’ai croisé quelqu’un qui t’a vu chez Benrime, lança Brian avec un sourire. Content de rencontrer un autre Américain à Marcuria. Je suis de Boston !
***
Assis sur un banc dans une ruelle peu fréquentée, les deux hommes discutaient. Brian avait préféré s’éloigner du marché et du temple afin d’éviter de tomber sur Sanief ou un des membres de la Sentinelle.
— Je ne savais qu’il était possible pour un non-franchisseur de passer d’un monde à l’autre, dit Liam.
— En tout cas je ne le conseille à personne, soupira Brian.
Il avait raconté toute son histoire au franchisseur, qui n’en était qu’à son deuxième voyage à Arcadia. La première fois, il était arrivé dans les Pays du Sud, proche du port d’Altaban. Liam lui avait appris qu’un franchisseur ne pouvait décider du lieu vers lequel menait leur portail : c’était encore et toujours l’Équilibre qui choisissait.
Comme d’après la Sentinelle, cela faisait longtemps qu’un franchisseur n’avait pas été vu à Marcuria, un espoir émergea dans l’esprit de Brian : et si Liam avait été envoyé ici, justement parce que l’Équilibre lui permettait de rentrer chez lui ?
Brian observa le t-shirt aux motifs complexes et multicolores que portait le franchisseur. Même pour quelqu’un de Stark, il se demandait où il avait pu dénicher un vêtement aussi criard.
— Liam, ce n’est pas banal comme prénom. Tu viens de quel coin ?
— De San Francisco, répondit le franchisseur avec étonnement.
— En tout cas heureux de parler avec quelqu’un du pays. Quoi de neuf aux États-Unis ? Franklin Roosevelt est-il un bon président ?
Liam dévisagea Brian, incertain.
— Vous plaisantez n’est-ce pas ?
Mais le sérieux du journaliste lui indiqua que ce n’était pas le cas.
— Attendez… en quelle année avez-vous franchi la Fracture ?
— Il y a un peu moins d’un an. En mars 1934.
— 1934 ! répéta Liam en écarquillant les yeux. Mais ce n’est pas possible…
Il se mordilla la lèvre inférieure choisissant minutieusement ses mots.
— Cela va vous faire un choc, mais à Stark, nous sommes actuellement en l’an 2196.
Extérieurement, Brian ne réagit pas, mais à l'intérieur il était complètement retourné. Après un long silence, il se leva et s’appuya des deux mains contre un mur en secouant la tête.
— Bordel 2196 ! cracha-t-il. Comment a-t-il pu se passer autant de temps depuis mon départ !? Quand j’ai franchi la fracture je suis arrivé directement ici...
Il lui revint soudainement en mémoire ce que Manny lui avait dit avant qu'il quitte le monastère.
— L’entre les mondes… murmura-t-il.
— L’entre les mondes ? répéta Liam perplexe.
— C’est un lieu où on m’avait prévenu que j’irais avant d'arriver à Arcadia. Je n’en ai gardé presque aucun souvenir, mais j’imagine que c’est cela qui a causé ce décalage temporel…
Un nouveau silence passa, puis il répéta incrédule :
— 2196 ! Cela veut dire que je serais resté entre Stark et Arcadia pendant plus de deux cents ans. C’est… inconcevable !
— Je suis désolé Brian, murmura Liam. Vraiment.
Toutes les personnes qu’ils connaissaient à Stark étaient mortes depuis bien longtemps et avaient vécu en le croyant décédé ou disparu, ignorant qu’en réalité il se trouvait dans un autre monde. Il n’avait certes plus de famille au sens traditionnel du terme, mais Ramon ; qu‘il avait côtoyé pendants plus dix ans, comptait beaucoup pour lui.
— Pourquoi retourner à Stark si plus personne ne m’y attends, murmura-t-il avec désespoir.
Puis il eut un sourire sans joie en pensant à la seule personne à être certainement encore vivante : Manny Chavez, le Draickin Rouge. Il regarda Liam et lui demanda :
— À quoi ressemblent les États-Unis maintenant ? Cela a du bien changer depuis je suis parti.
— Et bien… je ne sais pas comment c'était dans les années 1900. Cela paraît tellement loin de mon époque.
Il réfléchit à ce qu’il avait appris pendant ses cours d’histoire.
— Toutes les voitures volent à présent et certaines multinationales ont conquis des planètes hors du système solaire. Oh, et il y a aussi Internet.
— Internet ? Qu’est-ce que c’est ?
— Un réseau mondial qui permet d’échanger de l’information de presque n’importe où. Tous les ordinateurs y sont connectés et...
— Qu'est-ce qu’un ordinateur ? demanda Brian dépité.
Liam marqua son étonnement. Il lui était difficilement concevable d’accepter que l’homme qui l’avait en face de lui ait vécu dans une époque où l’informatique n’existait même pas !
— C’est une machine qui marche à l’électricité… commença-t-il incertain.
— Je sais ce qu'est l’électricité, répondit Brian en lui intimant de continuer.
— C’est donc une machine qui marche à l’électricité munie d’ un écran. On peut lancer des programmes qui font diverses choses : afficher de la vidéo, jouer du son ou créer des documents textes par exemple. D’ailleurs je suis programmeur pour MTI. C’est l’une des plus grosses multinationales au monde en 2196.
Brian était à la fois fasciné et effrayé par toutes ces nouveautés.
— Et bien, Stark a profondément changé depuis mon époque. Cela me paraît fou qu’on ait réussi à conquérir d’autres planètes.
— Cela date du début du siècle. Et grâce aux derniers progrès technologiques, on peut faire un trajet Terre-Mars en à peine quelques minutes désormais.
Brian pouffa tellement cela lui paraissait ridicule.
— Et dire qu’à mon époque pour passer de l’Europe à l’Asie il fallait plus d’un mois !
Liam écarquilla les yeux, tentant d’imaginer la vie qu’avait eue Brian avec autant de limitation.
— Et toutes ces technologies dont tu parles, sont-elles toutes bénéfiques pour l’humanité ?
— Oh non, loin de là ! s’exclama Liam. Elles ont engendré des demandes énormes en termes de ressources et à présent la plupart des grandes villes des États-Unis sont très polluées. Et les personnes les plus pauvres, qui n’ont pas les moyens de s’en protéger, développent de graves problèmes de santé. Et depuis dix ans, le taux de chômage est en hausse permanente aux États-Unis, à cause des politiques menées par les multinationales qui imposent leur idéologie. Beaucoup de gens finissent pas se shooter à l’Amathin pour échapper à la noirceur du monde. C’est un stupéfiant légal, mais extrêmement addictif.
Pleins de nouvelles technologies et pleins de nouveaux problèmes, résuma-t-il en pensées. Puis il pouffa sans joie, face à la décision qu’il devait prendre.
— Soit je reste bloqué à Arcadia qui se dirige vers le chaos. Soit je rentre dans à Stark, où je vais être complètement dépassé par tous les changements qui se sont produits depuis mon départ. Autant choisir entre la peste ou le choléra !
S’il avait à sa disposition un quelconque moyen de remonter le temps, il n’hésiterait pas une seule seconde : il retournerait au printemps 1934 et déciderait de rentrer à Barcelone plutôt que de passer le rituel des moines. Liam le regarda sans rien trouver quoi dire pour atténuer sa souffrance.
— Je devrais peut-être vous laisser réfléchir à tout ça. Pendant ce temps je vais aller au temple de la Sentinelle.
Apeuré, Brian secoua la tête puis se leva avec détermination. Hors de question de leur permettre de corrompre le franchisseur avec leurs dogmes religieux merdiques ! Ce jeune homme était peut-être sa seule chance de revoir son monde natal. Certes il a bien changé, mais les États-Unis existaient toujours et Boston également.
— Attends ! lança-t-il au franchisseur qui c’était éloigné de quelques pas. Es-tu capable d’ouvrir un portail sur commande ?
— Et bien… répondit Liam pris sur le vif. La maîtrise de mon don est encore imparfaite, mais je pense que oui.
— Alors fais-le ! Je veux savoir ce putain d’Équilibre me permet de rentrer chez moi ou non.
Liam hésita un instant.
— Je comprends que vous ayez enduré des événements difficiles. Mais, mon mentor à Stark m’a appris que les portails ne devaient pas être utilisés pour faire transiter des choses d’un monde à l’autre, hormis les franchisseurs eux-mêmes.
Brian le dévisagea, le regard dur.
— Tu voudrais que je reste dans ce monde qui court sa perte ?
— Non, bien sûr que non ! se défendit Liam en agitant ses mains, mal à l’aise. Mais je ne sais pas ce qui pourrait se passer si vous tentez de franchir un portail. Imaginez que cela vous blessiez ou que vous n’arriviez pas à Stark !
Brian perdit un peu de son assurance, puis fronça les sourcils.
— Selon ces maudits Pères de la Sentinelle, c'est le seul moyen par lequel je peux espérer regagner mon monde, lança-t-il avec détermination. Et tu es l'unique franchisseur que je connaisse, alors je prends le risque d’essayer !
Liam se mordilla la lèvre inférieure pendant un long moment, puis il se décida à se lever. Il se mit en face d’un mur et ferma les yeux. Au bout de quelques secondes une lueur bleue de forme elliptique et de la taille d’un homme jaillit devant le franchiseur.
« Voilà donc à quoi ça ressemble ! » pensa Brian en écoutant le son cristallin produit par le portail. C’était bien plus facile que le rituel de passage des moines du monastère !
Liam s’écarta et, le cœur battant la chamade, Brian s’approcha de la lueur bleue. C’était son dernier espoir pour rentrer chez lui. Si cela ne marchait pas, il n’aurait plus aucune option à sa disposition. Il déglutit et tenta de franchir le portail. Le son cristallin devint très aigu à en devenir insupportable et Brian fut violemment rejeté vers l’arrière. Tandis qu’il s’étalait au sol, le portail se refermait, mettant fin à ses espoirs.