Star wars épisode 11: L'équilibre dans la force
La salle était obscure, glaciale, saturée d’un silence sépulcral. Valia et Zain avançaient dans les profondeurs d’un temple meurtri, une nef gigantesque où s’alignaient des centaines de pods de cryogénisation. Chaque capsule dressée ressemblait à une tombe de verre, une stèle pour des corps oubliés. Ce cimetière mécanique s’étendait à perte de vue, oppressant, écrasant.
Et puis, au milieu de cette armée figée, ils la trouvèrent.La silhouette frêle que Darth Kachina avait montrée dans ses visions.
Valia n’avait pas hésité. Ell avait forcé l’ouverture du pod,un souffle de vapeur glaciale avait envahi la salle. Les Enfants de Korriban avaient jailli de l’ombre, leurs sabres sifflant, leurs blasters crépitant. Valia avait croisé le regard de Zain, s’était jetée à ses côtés dans ce chaos. Mais les images se brouillèrent dans son esprit : la cérémonie d’Ascension des Sith, les éclairs de Force lacérant l’air, le cri déchirant de Zain, et son impuissance à l’arrêter.
Et soudain, Valia revint au présent.Le silence avait repris ses droits.
Elle se tenait dans le couloir de l'infirmerie, haletante, les mains crispées sur les épaules de Keyanna, qu’elle plaquait contre le sol. Elle sentait sous ses doigts la chaleur d’un corps bien réel, mais son esprit vibrait encore de réminiscences douloureuses. Lentement, ses yeux s’accrochèrent à ceux de la jeune femme.
« Keyanna… ? » souffla-t-elle dans un murmure à peine audible la relâchant d'un coup.
C’était elle. Presque inchangée depuis leur dernière rencontre. Ses cheveux courts, asymétriques, encadraient toujours son visage ferme, presque sculpté. Son teint, de terre battue rappelant l’argile rouge, n’avait pas varié. Mais une chose, une seule, la différenciait désormais, elle portait une robe Jedi grise banale et un tatouage tribal. Une ligne pourpre, franche et brutale, traversait son visage en diagonale, suivant le pont de son nez, coupant ses traits en deux moitiés irréconciliables.
Cette marque, simple mais lourde de sens, frappa Valia comme une évidence. Elle évoquait irrésistiblement les tatouages que portaient Zain et sa famille Solaris. Mais chez Keyanna, l’encre semblait différente : moins un ornement qu’une cicatrice volontaire, une mémoire inscrite dans la chair.
Une fois relevé, Keyanna soutint son regard et acquiesça doucement. Elle ne répondit pas. Elle ne le pouvait plus. La cryogénisation forcée des Enfants de Korriban l’avait privée de sa voix.
Étans les padawans de Meywine , Valia et Geki étaient familiés avec l'histoire de Keyanna. Durant l’année écoulée. La nomade avait refusé les opérations, rejeté les implants cybernétiques pour lui rendre la parole. Elle était allergique à presque toute forme de technologie. Bien normal , elle appartenait aux Nomades Pieux, et pour eux la guérison ne pouvait venir que de la Force.
Son peuple avait été exterminé par les Enfants de Korriban. Elle n’avait plus de foyer, plus de clan, plus de repères. Alors le Grand Maître avait pris la responsabilité de son destin. Contre l’avis du Conseil, elle avait exigé que Keyanna soit accueillie à l’Académie Jedi. Les maîtres avaient protesté avec virulence , Keyanna était trop vieille, trop instable, trop marquée par la perte. Ils craignaient qu’elle n’utilise son entraînement non pour défendre la paix, mais pour assouvir une vengeance. Mais Meywine avait tenu bon, et Valia avait toujours soupçonné la raison. Une dette de culpabilité. Elle voulait garder Keyanna près d’elle, comme pour racheter ses erreurs du passée .
Geki surgi enfin en courant, l’air toujours un peu à l’ouest, toujours un peu ailleurs. Mais quand ses yeux rencontrèrent Keyanna, il y eut une micro-éruption de conscience , son pas s’arrêta, son haleine se suspendit, et pour une seconde il fut net. Valia remarqua non sans choque ce flottement, le jeune homme regardait la nomade comme on regarde une œuvre qu’on ne sait nommer. Puis comme une bulle qui éclate il retomba dans sa lenteur charmante.
— Euh… salut, balbutia-t-il, maladroit et tendre, comme si ses mots sortaient d’un rêve. Qu’est-ce que tu fais ici ?
Mais alors que les deux s'attendaient à une réponse mimmé. Une vibration résonna dans leur esprit, claire mais fragile. Une voix sans son.
Infirmerie.
La peau rose de Valia se raidit. Elle comprit aussitôt. Keyanna les fixait sans parler, et soudain un autre mot fendit le silence mental, aussi abrupt que le premier :
Vous.
Geki dans le cheveux rouge se redresserent sur sa tête cligna, dérouté.
— Tu… t’as entendu ? murmura-t-il, encore trop lent pour tout comprendre, mais assez pour sentir l’anomalie.
Valia acquiesça directement comprenant ce que c'est passée
— Oui. C’est elle. Elle tente d'utiliser la technique du lien mental mais elle ne la maîtrise bien . Pour l’instant, elle ne peut transmettre qu’un mot à la fois.
Geki ne pouvait combler l'étincelle dans ses yeux secoua la tête, ébranlé.
— Mais… comment une première année peut déjà faire ça ? Même un mot, c’est… énorme.
Un mince sourire passa sur le visage de Valia, teinté de mélancolie.
— Parce que Keyanna est forte dans la Force. Plus que tu ne l’imagines. L’année dernière, sous le choc de son réveil, elle a pu discuter plusieurs minutes avec moi… et avec le Grand Maître.
Keyanna huma presque, comme agacée a l'évocation de Meywine. Le reniflement fut très hostile. Valia capta la grimace et ne l’énonça pas. Elle était au courant du passée compliqué entre les deux
La jeune Zeltronne relâcha enfin ses épaules et reprit, d’un ton plus doux :
— Alors… tu étais à l’infirmerie ? Pour aider ? Et tu nous as suivi ?
Keyanna hocha la tête, sèche, précise.
Geki la contempla une seconde de trop avant de sourire, sincère, désarmant dans sa simplicité.
— C’est… c’est bien que tu viennes en aide aux blesés … C'est admirable.
Keyanna soutint le sourire du jeune homme d’un regard glacé. Ses yeux noirs se durcirent, et Valia comprit aussitôt : elle croyait qu’il se moquait d’elle. Un battement plus tard, un mot résonna dans leur esprit, brut, répété avec insistance, comme un écho qui cognait dans leur crâne.
Message.
Message.
Message
Valia se redressa. Son souffle se suspendit quand elle comprit ce que Keyanna essayait de dire.
— Le message de Zain… c’est ça ?
Keyanna hocha encore une fois la tête.
Geki, lui hésitant après les foudres lancée contre lui .
— Eux ... C’est une affaire de Jedi. Tu ne devrais pas t’en mêler.
Mais la jeune fille l'ignora, ses yeux restaient fixés sur Valia. Et soudain, comme une lame qui tranche l’air, une pensée claire glissa dans son esprit… à elle seule.
-Moi.
Suivi par
- Aider .
Valia tressaillit. Elle répéta à voix basse.
— « Moi… aider. »
À côté, Geki qui d'habitude long à la détente compris que la conversation continuer sans lui. Alors que sa voix se voulait nonchalant ses yeux eux trahissait sa déception
— Vous discutez sans moi ? C’est pas très sympa !
Valia, malgré le sérieux de la situation, éclata d’un petit rire. Elle leva les yeux vers son camarade, amusée.
— Tu sais… Tu me rappeles Zain quand maître Katarn et moi échangions sans lui via le lien mental.
Le souvenir, à la fois tendre et douloureux, fit naître une chaleur inattendue dans sa poitrine. Mais son sourire ne dura pas : Keyanna était toujours là, droite, déterminée, son regard sombre planté dans le sien. Elle voulait s’impliquer. Elle ne comptait pas rester spectatrice.
Geki leva les bras en s'avançant vers la nomade comme pour rassurer un animal acculé.
— Même si je suis d'accord que le moment venu nous devrions agir. nous sommes que des padawans, on ne peut pas faire grand chose.
À peine ses mots prononcés, que la jeune fille glissa les mains sous sa tunique. Deux éclats azures jaillirent en même temps, illuminant la salle d’une lumière vive. Ses sabres s’allumèrent avec un rugissement métallique, projetant sur ses traits une aura inquiétante. La lueur accentuait la ligne rouge qui traversait son visage : son tatouage qui, dans cette lumière froide, ressemblait moins à un ornement qu’à une tache de sang fraîche, comme celle qu’un prédateur garderait après avoir dévoré sa proie.
Elle se mit en mouvement. Un pas, puis un autre. Sa danse guerrière était fluides et rapides. Les sabres décrivaient des arcs parfaits, traçant des cercles de lumière dans l’ombre comme si elle écrivait une langue oubliée dans l’air. Chaque pivot, chaque balayage témoignait d’une discipline martiale qui dépassait de loin le niveau d’une élève de l'académie. Et tout en évoluant, elle se rapprochait inexorablement vers Geki.
Le jeune homme resta figé. Son souffle s’accéléra malgré lui. Ses doigts tremblaient sur la garde de son sabre encore éteint indécis entre agir ou contemplée son adversaire.
Mais alors qu'il senti la chaleur des lames sur sa peau , un claquement sec, une lueur jaillit , le sabre violet de Valia fendit l’espace, croisant la trajectoire des lames bleues. Leurs épées crépitèrent l’un contre l’autre, déchirant le silence dans une étincelle brutale.
— Assez ! On a compris, tu n'es pas qu'une simple apprenti. Tu sais te défendre ! lança la Zeltronne, ses yeux flamboyant de colère.
Un instant suspendu. Leurs visages si proches, les éclats violets et bleus se reflétant dans leurs pupilles, comme deux volontés irréconciliables. Puis, d’un geste net, Keyanna rompit le contact. Ses lames s’éteignirent dans un soupir métallique, et elle tourna les talons.
Sans un mot, sans même un regard, elle s’éloigna… mais sa voix résonna dans leurs esprits, brisée, hachée, haletante.
Moi
Solaris.
Sauver.
Les mots se dissipèrent dans leurs esprits comme un écho lointain, laissant un silence lourd derrière eux.
— Waw… souffla Geki, incapable de détacher ses yeux de la silhouette qui s’éloignait déjà.
Valia désactiva son sabre elle aussi, reprenant son souffle. Son regard glissa vers lui, sévère.
— Tu comptes rester planté comme ça à chaque fois qu’on te fonce dessus sabre a la main ? Ou bien tu étais trop occupé à te laisser charmer pour réagir ?
Geki se frotta la nuque, retrouvant son sourire candide, la naïveté comme une armure.
— Euh… non, non, bien sûr. C’est juste elle est impressionnante, non ?
Et ce tatouage… elle ne l’avais pas la dernière fois. Ça la rend… comme une princesse guerrière tout droit sorti de Stratégie Stellaire 99 : Conquête Galactique
Valia haussa un sourcil, mi-moqueuse, mi-intriguée.
— Oui le tatouage est nouveau. Tu lui demanderas sa signification la prochaine fois qu'on la croisera.
Ah parce qu'on compte la recroiser? Oui ça a serait sympa . Lacha Geki sans aucune pointe d'ironie, revassant déjà de sa prochaine rencontre avec la nomade.
Valia ferma les yeux une seconde, sentant la Force filer des fils invisibles autour d’eux. Un pressentiment, profond s'imposa à elle. Keyanna n’était pas un hasard jeté sur leur chemin. Elle aura bien un rôle à jouer dans cette affaire .
Les deux amis continuèrent leurs chemin vers le haut du temple. L'interaction avec Keyanna s'effaçant au profil d'une autre pensée plus urgente. La réunion du conseil du nouvel ordre Jedi. Avant de prendre n'importe quel décision concernant Zain. Valia devait savoir qu'elle était le plan du conseil le concernant. Quitte à enfreindre les règles autant le faire en dernier ressort.
Alors que les deux padawans venaient à peine de quitter l’infirmerie, la présence de Meywine se matérialisa devant eux. Une projection nette que la Grand Maître maîtrisait , silhouette claire, robe blanche au trait doré qui semblait draper l’air, visage aux resserrés par la fatigue et la décision. Meywine dévisagea ses padawans comme si elle ne les avait pas vu depuis des années.
« Valia. Geki. Heureuse de vous voir » Sa voix glissa dans le couloir du temple comme une commande sûre.
- J'ai une réunion avec le conseil dans quelques instants . J’aurai besoin de TC-400 à mes côtés en cas d’appel de la nouvelle Alderaan. Il est en examen dans l’aile technique. Soyez de bons padawans et ramener le moi a là salle du conseil.
Confuse Valia resta immobile un instant. Il n'est pas d'habitude que le droïde de protocole assiste au Réunion du conseil. La situation avec la nouvelle Alderan serait elle si sensible que le grand Maître ne devait absolument pas être coupée de son réseau d'information ?
Geki, qui ne vivait que rarement au rythme de l’urgence, hocha la tête avec l’empressement maladroit qui le caractérisait.
— D’accord, Grand Maître, dit-il, déjà en train de courir vers l’escalier qui montait aux ateliers. On revient tout de suite.
Valia salua avec un geste de la tête sa maîtresse tout en regardant sa projection s’effacer en micro-étincelles. Elle n’aimait pas la voir usée ainsi, mais elle était heureuse que ça soit elle en charge, car il n'y avait personne de plus fort ou de plus qualifié qu'elle durant ses temps troublés .
Sans rien dire, elle suivit Geki dans le sillage de sa proie nonchalante. Derrière eux, le Temple continuait de vivre, indifférent et immense.
Ils débouchèrent vite dans l’atelier comme on entre dans une caverne d’acier : l’air y était plus chaud, métallique, ponctué du cliquetis régulier d’outils et du souffle lointain de compresseurs. Les établis, d’ordinaire encombrés de techniciens affairés, étaient déserts ce matin-là — rappelés d’urgence vers Mytus, sans doute. Restait le silence des machines encore tièdes.
Au centre, TC-400 debout sur son socle. Le droïde, luisant sous les néons, paraissait plus neuf que jamais. Ses plaques d'argents polies reflétaient la lumière, ses membres aux articulations renforcées semblaient avoir gagné une précision inédite. Les. deux padawans s’approchèrent pour l'allumer, ses optiques s’animèrent d’un bleu clair.
— Padawan Keshin, padawan Laurine, annonça-t-il d’une voix protocolaire. Séquence de réveil terminée. Diagnostic : mise à jour réussie. Améliorations effectuées : calibrage linguistique, révision intégrale des circuits, ajout de compartiments utilitaires. Performance accrue de 18 %.
Geki ouvrit de grands yeux, un sourire enfantin aux lèvres.
— Impressionnant ! On dirait que tu as rajeuni de deux siècles.
— Erreur, corrigea TC-400. Précédente mise à jour : quatorze ans, cinq mois, trois jours.
Geki éclata d’un rire bref.
—Le Grand Maître t’attend en salle du Conseil. Elle nous a demandé de venir te chercher .
Le droïde inclina légèrement la tête, comme pour saluer.
— Requête acceptée. Je vous suis.
Tout en parlant, il fit glisser l’un de ses panneaux latéraux pour ausculter ses compartiments de rangement. Comme s'il voulait vérifier qu'elle existait vraiment.
— Compartiment de rangement numéro un : prêt. Compartiment secondaire a l'arrière : prêt. Module technique sécurisé : opérationnel.
—Je ne t'ai jamais vu te servir de tes compartiment, tu pourrais nous ranger quelques biscuits quand on a une petite faim. souffla Geki imaginant déjà le droïde comme son frigo a patte.
Valia elle observa la scène en silence. Geki s’émerveillait comme un enfant devant un jouet neuf, mais elle, ses yeux avaient dérivé. Juste derrière le socle, un casier métallique bâillait, laissant entrevoir le désordre précis des outils laissés par les techniciens. Et parmi les clés et les câbles, un éclat poli accrocha son regard : des balises émettrices, rangées à moitié, comme oubliées.
De petits cylindres gris, antennes repliées, témoins muets. Banals pour qui réparait un relais. Mais à cet instant, pour Valia, c’étaient des clefs. Elle sentit son souffle se raccourcir.
Elle savait ce que ça signifiait.Si elle arrivait a glicer une dans un des compartiment de rangement du TC-400, il lui servira d'oreille pendant la réunion .
Et déjà, dans son esprit, la lutte commençait : l’interdit, si elle se faisait prendre les répercutions sur elle mais surtout sur le grand maître seraient terrible. Elle n'avait vraiment pas besoin de cela en ce moment. Mais d'un autre côté l'avenir de Zain était dans la balance. Son sort discuté sans qu’elle puisse intervenir.Décidé dans une pièce où elle n’aurait pas de voix. Elle ne pouvait absolument pas l'accepter.
Le dilemme brûlait comme une lame fine sous sa peau sur le chemin du retour. Alors que cette dernière n'était plus qu'à quelques tournures. Valia se décida enfin. Elle sortit de sa ceinture une petite balise qu’elle connecta à son communicateur, puis la dissimula dans sa paume. Le moment devait être parfait. À ses côtés, Geki avait passée le trajet à demander à TC-400 de traduire des insultes dans toutes sortes de langues ajoutés par la nouvelle mise à jour du droïde.
Alors qu’ils approchaient de la salle du Conseil, Valia simula un faux pas. Elle se rattrapa brusquement à l’épaule métallique du droïde, et, dans le même mouvement, gliça discrètement la balise contre dans le compartiment arrière, avant de reprendre son équilibre comme si de rien n’était.
La porte de la salle s’ouvrit en chuintant et TC-400 s’avança dedans pour accomplir sa tâche .
Valia, qui jusque-là fixait encore le sol, redressa brusquement la tête. Ses yeux verts brillèrent d’une lueur d’urgence. Sans prévenir, elle se mit à courir vers le bureau du Grand Maître.
Geki ne sachant pas quoi faire n’eut d’autre choix que de la suivre, presque en trébuchant derrière elle dans le long couloir.
Ils débouchèrent dans le bureau du Grand Maître, silencieux et vaste, où l’ombre du crépuscule de Scarif filtrait à travers les hautes baies vitrées. Valia referma la porte derrière eux avec une nervosité à peine contenue, puis sortit précipitamment son communicateur.
Ses mains tremblaient légèrement lorsqu’elle activa l’appareil. Une voix lointaine, déformée par les interférences, s’échappa aussitôt du haut-parleur.
— C’est inacceptable ! gronda maître Koffi. Valia le reconnu d'aussi tot.
- Coleman Katarn ne figure pas sur la liste des évadés! C'est un scandale. Il faut le capturer immédiatement.
La colère de Koffi claquait comme un coup de tonnerre. Valia sentit ses poings se serrer. Geki, à côté d’elle, avait déjà le regard animé apparemment il comprenait enfin qu'il était entrain d'écouter la reunion du conseil.
Haris Brightstar prit la parole d’un ton plus mesuré, presque comique .
— Maître Koffi, je comprends votre colère. Vous devez vous sentir coupable de ne pas avoir pu l'arrêter. Mais la priorité immédiate doit être la reconstruire Mytus, sécuriser les secteurs compromis, et capturer les Enfants de Korriban. Nous ne pouvons pas disperser nos forces à la hâte.
Valia n'était pas dans la salle, mais pouvait parier que Koffi était entrain d'incendier du regard le patriarche Brightstar.
Après un échange d’interjections, la voix de Meywine, vive et contrôlée, coupa le flot :
— TC-400, joue le message que je t'ai fais parvenir
Le droïde de protocole exécuta, produisant l’enregistrement brut, sans filtre.
Le message tomba comme une pierre dans un étang silencieux ; les ondes de choc atteignirent le bureau en un battement. C'était celui de Zain. Valia sentit la chaleur lui monter au visage.
Puis, après la diffusion, la voix grave et mesurée du Haut-Maître Fildar Glayssid prit la parole :
— Chers maîtres. Vous avez sûrement compris pourquoi Jaime Solaris n’a pas été convié à cette session : si il apprenait que son fils est vivant, il pourrait entreprendre des actions irréfléchies, qui compromettraient toute tentative coordonnée de sauvetage.
L’avertissement pesa lourd. Valia entendait, derrière la technicité des mots, les exclamation du reste du conseil
Meywine repris la parole d'un ton qui n’admettait pas l’à-peu-prêt :
— TC-400, nos techniciens t'ont installé la mise à jour d’analyse vocale. Qu'elle est ton diagnostic concernant ce message.
Le droïde pivot, ses capteurs cliquetant, répondit d’une voix d’une neutralité parfaite :
— Affirmatif, Grand Maître. La mise à jour spectrale a été installée hier en fin de service. J’ai accéde à des exemplaires d’enregistrements et holocrons de Zain Solaris.
Un silence se fit, lourd d’attente.
— J’ai croisé la tonalité, la modulation et le timbre sur plusieurs sources. Après corrélation, le résultat indique une forte probabilité d’authenticité. Le ton de la voix, les micro-irrégularités et le phrasé correspondent à l’échantillon de référence. Niveau de cohérence : très élevée.
La phrase mécanique de TC-400 était d’une précision clinique ; pourtant elle ne pouvait étouffer l’émotion qu’elle déclenchait. Valia sentit son cœur battre si fort qu’elle crut l’entendre.
Geki murmura, faible :
— Alors… c’est bien lui.
Valia repoussa doucement son camarade du bras pour mieux se concentrer sur les voix filtrant de la réunion.
— Je comprends l’absence de Jaime Solaris. Gronda Koffi. Mais pourquoi Eden Laurine n'est pas ici?
La réponse de Meywine claqua aussitôt
— Eden est débordée à la Nouvelle Alderaan. Elle doit convaincre le Sénat que nous avons la situation en main. La détourner de sa mission serait une erreur. La décision au sujet de Zain sera prise ici, et maintenant.
Un nouveau silence tendu suivit, jusqu’à ce que la Twi’lek Lylara Tress intervena.
— Nous n’avons plus de temps à perdre. Sauver Zain est essentiel… mais représente aussi une chance inespérée d’obtenir enfin des informations concrètes sur les Enfants de Korriban.
Des murmures graves et approbateurs montèrent aussitôt du reste du Conseil, lourds comme un tonnerre contenu. Valia serra son communicateur encore plus fort attendant la suite de cette conversation.
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De l’autre côté de la galaxie, Zain, le cœur battant, revoyait encore le rêve étrange qui l’avait happé dans son sommeil. Ces images, ces émotions qui n’étaient pas les siennes… Pourquoi portait-il en lui les souvenirs de Dooku ? Était-ce un signe que le spectre du maître déchu allait réémerger à travers lui et reprendre le contrôle de son corps ? Ou bien n’était-ce qu’un écho, une trace laissée par l’Ascension des Sith inachevée qu’il avait affrontée ? Des millions de questions tourbillonnaient dans son esprit, se heurtant et se mêlant, jusqu’à lui donner presque la nausée.
Mais ses pensées furent brusquement balayées par un grondement sourd qui fit vibrer la couchette glacée sous lui. Le métal autour de lui se mit à trembler comme une bête blessée. Le croiseur était secoué de l’intérieur, chaque paroi gémissant sous une pression invisible.
Une sirène éclata, stridente, couvrant les ordres aboyés des officiers sith. Zain leva les yeux vers les conduits de ventilation qui vibraient au-dessus de sa tête. Le vaisseau venait de pénétrer l’atmosphère de Byss. Mais rien ne se passait comme prévu. Les instruments hurlaient de protestation, les circuits crachaient des étincelles. C’était comme si la planète elle-même refusait leur venue.
Alors, il la sentit.
La Force se contracta autour de lui, dense, lourde, étouffante. Byss n’était pas une planète comme les autres : elle suintait le côté obscur. L’air semblait saturé de malveillance. Zain inspira à contrecœur, et eut l’impression que ses poumons s’emplissaient d’un poison froid, lentement corrosif. Un poids invisible pesait sur ses épaules, sur son esprit, sur son cœur. Chaque pensée devenait plus lourde, chaque respiration un combat.
Et dans cette marée noire… il y avait autre chose. Une présence étrangère. Pas Qamra. Pas Ranok. Plus discrète. Tapis dans les profondeurs mêmes de la planète. Comme une troisième conscience, immatérielle, observant. Zain frissonna. Elle ne se montrait pas, mais elle était là, tout près.
Soudain, le croiseur bascula sur le flanc. Le choc le projeta contre ses chaînes, lui arrachant un cri de douleur alors que ses poignets brûlés par le fer se tordaient sous l’impact. Les lumières explosèrent en pluie d’étincelles, projetant la cellule dans une pénombre rouge et vibrante. Les alarmes saturèrent l’air, hurlant en cadence avec les gémissements du métal.
Zain sentit le sol s’incliner. Le vaisseau tombait.
Des pas précipités résonnèrent dans le couloir, lourds et déterminés. Zain entrevit, à travers la grille de sa cellule, deux silhouettes drapées d’ombre se diriger vers le poste de commandement. Darth Ranok et Darth Qamra. Leur présence emplissait déjà le couloir d’une aura glaciale.
Leurs voix s’élevèrent, graves, gutturales, mêlées d’incantations que Zain ne comprenait pas. La Force vibra, se tordit. Et soudain, le tumulte se calma. Le croiseur redressa lentement sa trajectoire, comme retenu par deux mains géantes. Zain, haletant, comprit que les deux Seigneurs Sith n’étaient pas en train de maîtriser le vaisseau : ils affrontaient la planète elle-même, imposant leur volonté contre la marée obscure qui cherchait à les engloutir.
L’instant dura une éternité. Puis le sol se cabra une dernière fois.
L’atterrissage fut brutal, fracassant. Le croiseur s’écrasa dans une étendue de verdure noire. Les branches craquèrent, broyées, les racines éclatèrent sous le choc. Un silence épais retomba enfin, seulement troublé par le sifflement des conduits et l’odeur âcre des circuits brûlés.
Zain leva la tête. Par les fissures de la coque éventrée, il aperçut une forêt. Mais ce n’était pas une forêt vivante. Les arbres s’élevaient comme des silhouettes décharnées, torsadées, leurs branches ressemblant à des griffes tendues vers le ciel. Chaque tronc semblait respirer d’une vie malade, gonflée de haine et de souffrance.
Il ferma les yeux un instant, essayant d’ignorer le goût amer de l’air qui pénétrait déjà dans la carcasse du vaisseau.
Il n’était plus seulement prisonnier d’un croiseur sith.
Il était désormais prisonnier de Byss.