Chevalier, mais pas trop ...

Chapitre 34 : SOUS L'OCEAN

3470 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 19/06/2024 15:46

Disclaimer : cf. chapitre 1

CHAPITRE 34

SOUS L’OCEAN



 

Cela faisait des heures que la pluie tombait en d’impressionnantes quantités sur tout le globe. Aucune région n’était épargnée, qu’elle soit située sous des latitudes clémentes ou bien touchée par la sécheresse. La situation devenait alarmante et les informations relataient sans cesse les dégâts provoqués par le déluge et le nombre croissant des victimes. Était-ce la fin du monde ?

 

Au Sanctuaire, ces pluies anormalement denses pour la saison n’avaient pas échappé non plus aux occupants. La petite poignée de chevaliers d’or qui avaient survécu à la bataille les confrontant au Grand Pope usurpateur était bien consciente que le phénomène n’était pas naturel. Athéna venait tout juste d’éviter à la terre une fonte des neiges qui aurait provoqué … les mêmes dégâts que la situation actuelle. La prêtresse Hilda de Polaris avait repris ses esprits mais il n’y avait aucune nouvelle du retour d’Athéna et de ses chevaliers. Une autre bataille était donc en cours.

 

Leurs soupçons furent vite confirmés par un message télépathique de Dokho qui était resté aux Cinq Pics. De la bouche de son élève Shiryu, il avait appris qu’Athéna avait été enlevée par le responsable de la folie d’Hilda, à savoir le dieu des océans, Poséidon lui-même. Par quel miracle l’esprit de ce dernier était-il sorti de son urne dans laquelle Athéna l’avait enfermé ? Le mystère était entier. Les cinq chevaliers d’or, sur ordre de Dokho qui assurait une régence à distance, en étaient réduits à veiller sur le Sanctuaire. D’autres ennemis pouvaient attaquer. La preuve une nouvelle bataille venait de prendre le relais maintenant qu’Asgard pansait ses blessures.

 

Parmi les chevaliers, Aioria avait beaucoup de mal à tenir en place. Savoir les chevaliers de bronze à nouveau en train de risquer leur vie le rendait très nerveux. Pourquoi leurs cadets devaient-ils lutter quand eux, les plus puissants, se morfondaient dans l’angoisse ? Il fit part de son intention de combattre aux côtés des plus jeunes quand le sage et avisé Bélier le retint au prix de menaces. La mort dans l’âme, il se résolut, encouragé en cela par Milo, pourtant le plus agité des chevaliers. Les cinq hommes restèrent donc sous la pluie et attendaient.

 

Puis, alors qu’on ne l’attendait pas dans cet endroit, Iris apparut au bas des marches du temple du Bélier. Incrédules, les cinq chevaliers regardaient une forme encapuchonnée vêtue de noir gravir lentement les marches comme si elle accompagnait un cortège funéraire factice. Milo se demandait bien ce qu’elle faisait ici. Néanmoins, il la vit accomplir son pèlerinage jusqu’à ce qu’elle s’arrêtât devant une assemblée copieusement trempée.

 

Iris leva doucement la tête. Sa cape était dégoulinante et seule une mèche de ses cheveux gris dépassait de l’abri. Mais au moins elle, elle était protégée. De son regard d’un bleu glacial, elle balaya l’ensemble des chevaliers avant de les saluer :

 

—  Salut tout le monde.

—  Bonjour toute seule ! répondit Aldébaran qui était le seul à qui la jeune femme portait une affection particulière.

—  Toujours pas décidés à vous mettre à l’abri, on dirait. Est-ce que vous voulez expier quelque chose pour recevoir des trombes d’eau sur le crâne ? provoqua-t-elle.

—  Nous attendons les ordres de notre maître, répliqua Mû sur un ton neutre.

—  Ah ? fit-elle à demi étonnée. Et quels sont-ils ? Servir d’éponge ou vous décider enfin à aller prêter main forte à vos chers protégés dans le sanctuaire sous-marin ? persifla-t-elle.

 

La vérité était dure à entendre de sa bouche. Elle aussi savait apparemment quelle était la cause de cette débauche de pluie. Personne ne lui répondit et elle se sentit encouragée pour stigmatiser l’inefficacité de ses compagnons.

 

—  Alors c’est ça, être chevalier ? Attendre bien tranquillement que votre déesse à qui vous avez prêté serment se fasse tuer ? Une chance que je ne fasse pas partie de votre ordre car …

—  Tu te méprends Iris, coupa tout à coup Shaka qui jusque-là ne s’était pas manifesté. C’est le souhait même de notre déesse. Nous interviendrons quand elle le jugera nécessaire.

—  Si elle est encore vie ! trancha-t-elle. Non vraiment, vous me faites pitié. Vous aviez exactement le même comportement pendant la dernière bataille. Aucun de vous n’a levé le petit doigt pour accompagner Seiya et compagnie jusqu’à la chambre du grand Pope pour sauver Athéna.

—  FERME-LA ! hurla Aioria. Tu es mal placée pour nous faire la leçon. Nous n’avons pas d’ordre à recevoir de toi.

—  Non, c’est vrai. Tu marques un point. Mais moi non plus je n’ai pas d’ordre à recevoir de cette prétendue déesse qui prend un malin plaisir à jouer les demoiselles en détresse, déclara-t-elle. Je préfère donc vous laisser voir vos chers protégés se faire inutilement massacrer.

 

Elle tourna les talons et sortit la main de sa cape pour leur adresser un ultime salut.

 

—  Eh ! Attends ! Où vas-tu comme ça ? lança de loin Aioria.

—  Là où vous ne pouvez pas aller, répondit-elle de manière énigmatique.

 

Ils la regardèrent redescendre les marches avec la même lenteur avec laquelle elle les avait montées. Ils savaient qu’elle avait raison. Ils étaient mortifiés à l’idée de rester au Sanctuaire dans l’inactivité la plus totale. Mais au moment où elle allait quitter l’enceinte sacrée, Milo, qui était d’un calme inhabituel malgré les circonstances, dépassa tous ses camarades précipitamment et dévala les marches pour rejoindre Iris. Mû n’eut pas le réflexe de le retenir mais le somma de s’arrêter sous peine de graves sanctions s’il allait plus loin. Iris entendit la soudaine agitation qui régnait derrière elle mais continua tranquillement son chemin jusqu’à ce que quelqu’un l’empêche de bouger.

 

Milo l’avait rejointe sur la marche supérieure et la maintenait fermement à la taille. Elle ne s’était pas attendue à se retrouver paralysée de la sorte, le dos plaqué contre l’armure du Scorpion. Milo ne disait rien ; Mû avait cessé de l’appeler. Plus personne ne bougeait. C’est alors que le jeune homme fit entendre sa voix au creux de l’oreille du médecin :

 

—  Je sais pourquoi tu veux rejoindre le champ de bataille, murmura-t-il.

—  Toujours aussi perspicace, je vois, se moqua-t-elle. Alors si tu es tellement savant, je te conseille de me lâcher parce que tu sais ce qui risque de t’arriver si tu ne le fais pas sur le champ ! menaça-t-elle.

—  Non, fit le Scorpion en resserrant son étreinte. Jamais je ne te laisserai partir, je sais ce que tu as l’intention de faire. Je te connais trop bien.

—  Ce que je fais de ma vie ne te regarde pas. Tu ne me feras pas changer d’avis. Ma résolution est prise et tu sais que je suis têtue. Maintenant, dégage !

—  Je le sais, je sais tout de toi. Je te connais trop bien. Je sais que tu te mordilles la lèvre inférieure quand tu es angoissée, que tu dors recroquevillée sur toi-même. Lorsque tu bois dans une tasse, l’anse touche presque ton nez. Tu entortilles une mèche de cheveux autour de ton index quand tu t’ennuies. Tu n’utilises jamais d’ail dans ta cuisine et j’en passe …

 

Iris était passablement énervée par la possessivité de son « ami » et son catalogue de petits faits vrais. À plusieurs reprises, elle tenta de se soustraire mais Milo resserrait toujours plus ses bras autour de sa taille. Il en était même venu à poser son bras droit au travers de sa poitrine pour appliquer la main sur son épaule afin d’obtenir plus de préhension. Jamais encore elle ne l’avait vu dans un état pareil. L’homme semblait bouleversé au plus haut point. Bien que pressée par le temps, elle décida de ne pas opposer plus de résistance physique. Avec un peu de chance, il la lâcherait plus rapidement.

 

—  Milo, pour la dernière fois…

—  Je refuse, coupa-t-il. Je ne veux pas que tu ailles te battre, que tu te fasses volontairement tuer parce que … parce que …

 

Milo hésitait ? Étonnant, connaissant le caractère plutôt direct du personnage. Cela devenait intéressant.

 

—  Parce que quoi ? demanda-t-elle d’une voix qui mêlait curiosité et lassitude.

—  Parce que je t’aime, voilà pourquoi, avoua Milo qui enfonça sa tête un peu plus dans le creux de son épaule tout en maintenant la jeune femme collée contre lui.

 

Si elle s’attendait à ça ! Milo en train de lui confesser ce genre de sentiments. Allez ! Cela devait encore être une ruse de sa part. Il était donc prêt à toutes les bassesses pour obtenir ce qu’il voulait ! Iris n’avait déjà pas beaucoup d’estime pour la chevalerie mais là, l’attitude du Scorpion ne la réconcilierait jamais avec cette caste. La situation devenait presque comique. Mais en haut des marches, les quatre autres chevaliers observaient le duo.

 

—  Milo, si tu tiens à te ridiculiser publiquement, te gênes surtout pas. Mais évite de me mêler à ta petite comédie.

—  Ce n’est pas un mensonge, Iris ! Et tu le sais ! Tu me connais depuis des années et tu sais que j’ai toujours guetté la première occasion.

 

Iris sentait le trouble la gagner. Milo n’était pas un menteur ; il dissimulait beaucoup mais respirait la franchise. Elle repensa aux nombreuses fois où, à l’époque où ils n’étaient encore que des enfants, il avait tenté à plusieurs reprises de s’attirer sa camaraderie, il s’était moqué du petit couple que formaient Saga et elle. Combien de déculottées, parfois sanglantes, avait-il reçu pour avoir eu la langue un peu trop pendue ! Oui mais là, ce n’était plus de petites taquineries mais bel et bien une déclaration. Milo n’était plus un gamin bagarreur mais un homme. Avec des sentiments. Iris se ressaisit. Il devait sortir ce genre de discours à tous les jupons qu’il devait croiser !

 

—  Milo, je ne suis pas comme toutes les autres que tu as pu mettre dans ton lit l’espace d’une nu…

—  BOUCLE-LA ! tonna-t-il soudainement.

 

Iris ne dit plus un mot. C’était la première fois qu’elle le sentait aussi ému. Elle devait l’avoir blessé dans son amour propre. Milo reprit mais avec une voix plus douce, qui engendrait la compassion :

 

—  Tais-toi, s’il te plaît. Tu as raison, je suis un incorrigible coureur de jupons. Mais je t’assure que toutes les fois que je me retrouvais avec l’une ou l’autre, c’était ton visage que je voyais, ton nom que j’avais au bord des lèvres quand l’instant fatidique approchait. Pour toi je ne suis qu’un bouffon, qu’un collectionneur irrespectueux parce que je n’ai pas encore eu la perle rare.

—  Et une fois que tu l’auras, je suis prête à parier que tes hormones reprendront le dessus. Pour toi, toutes les femmes se valent. Pardonne-moi d’être aussi crue mais… un trou reste un trou !

 

Iris ne parvenait décidément pas à lui fausser compagnie. Elle sentait son souffle dans le creux de son cou et même … la sincérité dans ses paroles. Jamais, il ne s’était rabaissé à un tel point, lui, l’orgueilleux et fier chevalier du Scorpion. Elle éprouvait de la pitié pour cet homme dont le prétendu amour qu’il éprouvait pour elle ne lui serait jamais retourné. Mais par amitié pour lui et par respect, elle décida de le laisser continuer au lieu de le rabrouer.

 

—  Tu ne comprends donc pas ! Je t’aime Iris ! Comme un malade ! Et j’en crève. Jour et nuit je ne fais que penser à toi, depuis le jour où tu m’as collé ton poing en pleine figure. Tu me rends complètement dingue. Je ne supporterai pas de te perdre, je crois que je me donnerai la mort plutôt que de vivre sans toi. Je veux continuer à te voir même si on s’engueule. Tu ne sais pas combien je rêve de toi, combien tu occupes tous mes … fantasmes. Toutes les fois où tu soignes un malade, j’ai l’impression que c’est moi que tu touches et je donnerai cher pour être à la place du moribond. Toutes les fois que tu caresses un animal, je crois que c’est mon corps que tu combles des mêmes attentions. Iris, j’ai envie d’être avec toi pour le restant de mes jours. Je veux te voir rire quand je fais le clown, t’entendre m’engueuler si jamais j’ai bu un verre de trop, me reprendre si je fais une gaffe. Je veux que tu murmures mon nom dans nos moments intimes.

 

À cet instant, il la sentit se crisper sous ses bras. Après plusieurs minutes, il finit par desserrer son étreinte ; elle ne prit pas la fuite et il se sentit encouragé pour continuer sa tirade.

 

—  Oui, Iris, j’ai envie de tout partager avec toi. Je veux que nous ne fassions plus qu’un. J’ai envie de te faire l’amour. Tout le temps. Partout. J’ai envie de te caresser, de sentir ta peau contre la mienne, de te sentir frémir sous mes caresses et mes baisers, de t’entendre me demander de te faire plaisir encore et encore, me supplier de continuer, dire mon nom quand tu as atteint le sommet. Je veux être en toi, physiquement et mentalement. Je veux t’appartenir tout comme je veux que tu sois à moi et rien qu’à moi. Je veux être égoïste. Je suis malade, tu entends, malade de toi ! Mon amour, mon astre, ma vie, mon mal et mon remède ! Je t’aime, je t’aime, je t’aime !

 

La pluie ruisselait sur les deux chevaliers. Iris la sentait s’infiltrer jusque dans son cou. Était-ce vraiment la pluie ? Elle fut sans voix après cette déclaration qui avait énormément coûté au chevalier. Est-ce qu’il pensait vraiment tout ce qu’il disait ? C’est vrai que c’était tentant mais il fallait qu’elle sache. Elle se retourna et Milo se redressa, les bras le long du corps. Ils se tenaient face à face et se regardaient droit dans les yeux malgré la marche qui surélevait Milo.

 

—  Prouve-le, lâcha-t-elle sans ménagement, le regard dur, après le discours enflammé.

—  Quoi ? fit-il encore peu remis de son aveu.

—  Tu dis que tu ne veux pas me perdre et que tu m’aimes. Prouve-le. Viens avec moi.

—  Mais…, hésita-t-il.

—  C’est bien ce que je pensais. De belles paroles et rien derrière.

—  Iris ! s’insurgea Milo. Tu sais que je n’ai pas le droit d’outrepasser les ordres.

 

Le regard d’Iris se fit plus doux comme si elle se montrait résignée.

 

—  Toi aussi. Toi aussi tu préfères mourir pour ta déesse plutôt que d’assurer le salut de la femme que tu aimes et avec qui tu pourrais bâtir quelque chose de concret. Tu m’abandonnes donc également.

—  Mais je…, bredouilla-t-il.

—  Inutile de t’excuser, dit-elle calmement. J’ai l’habitude ; Polydeukès, Saga et maintenant toi. Retourne auprès de tes amis et ne viens plus jamais t’immiscer dans mes affaires.

 

Iris se retourna et acheva de descendre les dernières marches laissant un Milo dégorgeant d’eau derrière elle. Le calme dont elle avait fait preuve n’avait rien de rassurant. C’est sûr, elle devait souffrir horriblement. Se retrouver seule, sans soutien. Même pour une femme de sa carrure, ce n’était pas évident à gérer. Milo culpabilisait comme jamais auparavant ; la honte se mélangeait au remord. Dépité, il baissa la tête, incapable de la voir s’éloigner plus longtemps. Tout à coup, une main vint se poser sur son épaule. Mû tentait de le réconforter. Milo leva légèrement la tête vers son compagnon d’armes et lui sourit faiblement. Puis, il regarda dans la direction d’Iris et se mit à hurler au loin :


—  Iris ! Tu as plutôt intérêt à revenir vivante !

—  Elle reviendra, Milo, ne t’en fais pas. Elle a une mission à accomplir, quelqu’un à sauver, déclara le bélier de manière sibylline.

 

L’intéressée continua sa route sans se retourner et disparut sous le regard médusé de ses camarades officiels. Les paroles de Milo s’entrechoquaient dans son crâne de la manière la plus anarchique qui soit. Il l’aimait, soit. Mais il aimait encore plus Athéna qui n’était en fait qu’une abstraction doublée d’une pâle réincarnation. Elle avoua tout bas qu’elle y avait cru. Mais la présence de sa « rivale » était un frein à ses aspirations. En fait, tout ce que lui avait déclamé Milo, elle aurait bien voulu le connaître. Tout ce qu’il lui avait dit aurait dû sortir de la bouche d’un autre. La vie était vraiment mal fichue.

 

Iris était plongée dans ses réflexions quand elle arriva enfin au cap Sounion, l’ancien temple de Poséidon quand il avait droit à une présence terrestre. En dessous, creusée dans le rocher de la falaise, la prison dans laquelle Athéna enfermait ceux qui avait osé se rebeller contre son autorité. Iris eut un petit rictus ironique ; si elle avait vécu quelques siècles plus tôt, elle aurait certainement subi la mort dans cet endroit. Jamais elle ne pourrait pardonner à cette déesse qui défendait la paix sur terre et « l’amour » de lui avoir enlevé les personnes qu’elle chérissait le plus au monde. Athéna devait avoir très mauvais caractère pour ne pas supporter des opinions contraires aux siennes. Par moments, elle lui faisait penser à un petit dictateur.

 

Iris scruta une dernière fois l’horizon gris et morbide puis se jeta dans le vide. Si ce lieu était un vestige du temple du dieu, il devait certainement y avoir un passage qui la mènerait plus en profondeur. Malgré la mer déchaînée à cause des rafales de vent, elle s’enfonçait toujours plus grâce à ses pouvoirs. Mais tout à coup, elle eut du mal à nager ; les courants semblaient aller dans tous les sens et elle se retrouva incapable de poursuivre sa trajectoire en ligne droite. Iris fut secouée dans toutes les directions. Sa seule crainte était de se retrouver projetée contre la falaise. Apparemment, Poséidon n’aimait pas trop les intrus, d’où cette soudaine manifestation hostile. Elle devait toucher au but. Hélas pour elle, une force incommensurable qui n’avait rien à voir avec celle d’une mer déchaînée l’aspira. Elle ne pouvait plus lutter malgré ses capacités. Elle était si désorientée qu’elle en perdit connaissance.

 


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