Chevalier, mais pas trop ...

Chapitre 31 : RENCONTRE ENTRE FILLES

1746 mots, Catégorie: G

Dernière mise à jour 29/05/2024 13:04

Disclaimer : cf. chapitre 1

CHAPITRE 31

RENCONTRE ENTRE FILLES

 

—  Vous êtes bien sûre, Ojô-sama ? s’inquiéta Tatsumi.

—  Ne t’en fais pas, sourit la jeune fille. Je risquais bien plus avec Aioria. Là, on m’a envoyé une lettre pour une entrevue. Il n’y a donc aucune mauvaise intention.

—  Nous resterons quand même avec vous, renchérit Seiya. Tout ce qui vient du Sanctuaire est dangereux.

 

Hyoga et Shun acquiescèrent.

 

—  Ayez un peu confiance, soupira Saori. Il ne devrait plus tarder maintenant.

 

Soudain, une puissante cosmo-énergie se fit sentir. Les trois chevaliers de bronze se figèrent.

 

—  On nous envoie encore un chevalier d’or ! Et il est juste derrière la porte ! Reculez, Saori-san !

 

La jeune femme pouffa devant le zèle voir la paranoïa de Pégase.

 

—  Seiya… ! Aioria a reconnu qu’il a été trompé. Mais le chevalier qui vient me semble acquis à notre cause et ce, depuis bien longtemps.

 

On sonna.

 

—  Seiya, s’il avait vraiment eu des intentions meurtrières, il n’aurait pas pris la peine de m’envoyer un courrier et d’attendre bien sagement qu’on lui ouvre ! Tu deviens ridicule. Tastusmi…

—  Tout de suite, Ojô-sama !

 

Le majordome, et accessoirement garde du corps, se dirigea vers la grande porte d’entrée tandis que Saori restait au milieu de l’immense hall, flanquée des trois jeunes hommes. Tatsumi ouvrit et resta interdit. Toute méfiance s’était envolée dès qu’il vit la personne en face de lui. Si « ça » c’était un chevalier d’or, lui était la reine d’Angleterre ! Une jeune femme, sans armure, se tenait sur le perron. Elle était vêtue de bottines noires recouvertes par un jean clair. Un gilet « barman » noir, bien cintré, était enfilé sur un chemisier blanc immaculé. Une chevelure argentée arrivant jusqu’aux omoplates, encadrait un visage souriant à la carnation pâle, rehaussé par des yeux bleus froids mais qui respiraient la bienveillance. La jeune femme s’inclina poliment et se redressa.

 

—  Bonjour, monsieur. Je me nomme Iris KANAKAREDES. Je viens du Sanctuaire et j’ai rendez-vous avec Mademoiselle KIDO Saori.

 

Tatsumi était médusé. Le rouge lui était monté aux joues. Il ne l’avait pas vu parler mais il l’entendait très distinctement.

 

—  Monsieur ? Vous vous sentez bien ?

—  Alors, gros lourdaud ! réagit immédiatement Seiya. Où sont tes manières ?

—  Je …euh … toutes mes excuses … madame … je … je vous en prie.

 

Tatsumi se recula pour laisser entrer leur hôte. Cette fois-ci, quatre paires d’yeux dévisagèrent Iris.

 

—  Mais je te connais ! s’exclama Seiya. Tu es le médecin de l’île !

 

Iris hocha la tête. Mais dans son éternelle méfiance et surtout maladresse, le chevalier de bronze poursuivit.

 

—  « KANAKAREDES » !? Excuse-moi mais vu tes traits, tu ne peux pas être Gre…

 

Hyoga colla immédiatement sa main sur la bouche de Pégase mais ce dernier fut immédiatement pris d’un violent mal de tête. Shun et Saori remarquèrent une faible aura dorée enveloppant la jeune femme. L’aura cessa et Seiya reprit de sa consistance. Hyoga sourit à ce châtiment.

 

—  Excusez-le, plaida Saori, mais il a toujours été très maladroit. Je vous présente Shun d’Andromède et Hyoga du Cygne.

 

Iris sourit et s’approcha de la riche héritière qu’elle dominait d’une tête et s’agenouilla. Tout le monde put entendre ses paroles.

 

—  C’est bien vous, Athéna. Je ressens clairement votre énergie. Je suis très honorée que vous daigniez accepter ma présence.

—  Relève-toi, Iris. Nous allons passer au salon. Du thé ?

—  Du thé ? … oui, … oui. Volontiers.

 

Les cinq personnes se dirigèrent dans une autre pièce. Tatsumi, à peine remis de ses émotions, se dirigea dans la cuisine pour réserver le meilleur accueil à cette jeune femme qui ne l’avait pas laissé indifférent.

 

Les deux femmes s’installèrent face à face. Seiya prit place sur le canapé jouxtant le fauteuil de Saori, tandis que Shun et Hyoga prirent leurs aises à côté du chevalier d’or. Avant que Saori n’entame la conversation, Iris régla son petit différend avec Pégase pour la plus grande joie intérieure du disciple de Camus.

 

—  Marine n’a pas réussi à t’inculquer la diplomatie, on dirait.

 

Shun et Hyoga pouffaient en silence.

 

Pour satisfaire ta curiosité, je suis originaire d’Asgard, près du cercle polaire, mais j’ai été adoptée en Grèce par l’ancien médecin quand ma mère biologique s’est suicidée.

 

Après cette réponse, Seiya fut terriblement mal à l’aise ce qui se traduisit par un frénétique grattement de la tête. Ses deux amis ne bronchèrent pas. Shun, qui se sentait étrangement en confiance et qui avait surtout beaucoup plus de tact que son camarade, posa une question qui le taraudait.

 

—  Excusez-moi mais … on nous a prévenus de l’arrivée d’un chevalier. Alors pourquoi ne portez-vous pas le masque réglementaire pour les femmes ? C’est parce que vous occupez le rang le plus élevé ?

—  Il n’y a pas de privilège dû au rang. Officiellement, j’ai bien suivi l’entraînement d’un chevalier d’or et j’ai acquis l’armure d’or. Mais je n’ai jamais prêté serment. Navrée de vous le dire en face, Athéna.

 

L’autre femme n’en prit pas ombrage.

 

—  Je gage sur tu as préféré mettre tes dons au service de la santé des autres.

 

Iris acquiesça.

 

—  Et c’est pour des raisons « médicales » que je suis venue vous voir « en privé ».

 

Les trois jeunes hommes comprirent qu’ils devaient sortir. A ce moment, Tatsumi entra dans le salon, servit les deux femmes et s’éclipsa à son tour.

 

—  Bien. Nous pouvons enfin discuter du Pope comme tu me l’as demandé. Je te promets que je ne dévoilerai rien à mes chevaliers.

 

Iris s’arrêta de siroter son thé. Elle déposa sa tasse sur la petite coupelle trônant devant elle et se lança.

 

—  Vous avez pu remarquer que l’activité au Sanctuaire est de plus en plus frénétique. Beaucoup de chevaliers, y compris parmi les plus gradés, se posent des questions sur la légitimité, voire l’identité du Pope. Le refus de la supposée déesse de ne pas vouloir s’entretenir de visu avec ses propres chevaliers fait jaser. De part et d’autre de la planète, on commence à fomenter des révoltes. Et ça, le Pope ne le supporte plus, d’où l’envoi d’adversaires de plus en plus puissants pour venir à bout de « l’usurpatrice ». Dernièrement, c’est Aioria qui est venu au Japon. Je suis heureuse qu’il ait ouvert les yeux. Mais l’île d’Andromède a été détruite par le Scorpion et le Cancer a été envoyé aux Cinq Pics. Bref … pour ma part, je connais la supercherie du Pope mais aussi son identité. Le plus important, c’est la raison pour laquelle il agit ainsi. Au début, j’ai tenté l’approche psychologique ; ensuite, purement médicale. Il y a quelques jours, j’ai enfin compris, pour l’avoir expérimenté moi-même, que c’est une entité divine et maléfique qui a pris possession de l’esprit du Pope. Et là, je suis complètement démunie.

Iris se tut pour laisser à Saori le temps d’analyser les informations et comprendre sa demande implicite. Elle reprit sa tasse mais redoutait une question.

 

—  Comme tu es tenue au secret médical, tu ne dois pas dévoiler certaines informations. Rassure-toi, l’identité du Pope m’importe peu.

 

Iris remercia intérieurement son interlocutrice.

 

—  Tes renseignements sont précieux. Et j’en déduis que l’homme qui a usurpé la place du Pope n’a jamais été une mauvaise personne.

—  Oh non ! Bien au contraire ! Il était même en lice pour occuper le poste. C’est un modèle de vertu, un exemple à suivre, un homme courageux et qui a le sens de l’honneur ! débita soudainement Iris.

 

Saori sourit à l’autre femme qui se mit à rougir. Elle en avait bien trop dit ; elle avait dévoilé ses sentiments et, par conséquent, la raison tacite pour laquelle elle sollicitait l’aide d’Athéna. Même muette elle n’était pas capable de tenir sa langue !

 

—  Tu as tenté de l’aider comme tu as pu. Ce n’est effectivement plus un humain qui peut intervenir mais un dieu. Je vais te surprendre mais cela fait un petit moment déjà que je comptais me rendre au Sanctuaire afin de comprendre pourquoi les attaques à mon encontre se multipliaient. Au moins, le mal est ciblé.

 

Saori se leva et prit les mains d’Iris dans les siennes.

 

—  Je te promets que nous allons rendre au Sanctuaire d’Athéna toute la noblesse qui lui revient. Te joins-tu à nous ?

—  Bien sûr ! Je suis prête à vous aider et je pense que d’autres chevaliers vont s’agréger à notre cause.

 

Iris, rassurée et surtout heureuse de voir son cauchemar prendre fin, retourna au Sanctuaire. Une semaine plus tard, les tourments qui agitaient non seulement l’île mais aussi la globalité du monde s’achevèrent au prix de lourds et inutiles sacrifices, dans les larmes et la douleur.

Laisser un commentaire ?