Mechamon Iris

Chapitre 62 : Jeu de la mort

3866 mots, Catégorie: M

Dernière mise à jour il y a 3 jours

VIII - Jadielle



Chapitre 62 - Jeu de la mort


Doucement, mes yeux s'ouvrent, m'extirpant des ténèbres d'un rêve sans images. Mon esprit est encore brumeux, et ma vue floue, alors que je me redresse sur ce qui semble être un sofa en cuir.


Des bruits de verre, de liquide coulant et de personnes parlant plus ou moins fort, résonnent autour de moi.


Après m'être frotté les yeux, je constate deux choses. La première étant que je me trouve dans un endroit s'apparentant à un bar. La seconde est une sensation désagréable au niveau de mon cou, comme si quelque chose m'étranglait légèrement.


Passant ma main sur la zone me gênant, je constate la présence un collier en métal robuste. Que.. que se passe-t-il ?!


Parmi toutes les personnes présentes dans le bar, une femme en tenue sexy avec un serre-tête comportant des oreilles d'animal se rapproche de moi. Elle est très musclée, tatouée et possède de longs cheveux blonds, coiffés dans une sorte de queue-de-cheval tressée.


Souriant gentiment, elle pose sa main sur mon bras d'un geste rassurant.


"Erika, je présume ? Bienvenue dans la salle de jeu." Dit-elle avec une voix douce collant très peu à son apparence.


"La salle de jeu…?"


Ça me revient, maintenant. Une femme masquée est venue me voir, il y a quelques jours. Elle m'avait transmis une lettre de la Team Rocket, indiquant que j'étais invitée à un jeu. Cependant, si je souhaitais y participer, je ne devais en parler à personne.


Pour des raisons personnelles, je n'ai ni jeté la lettre, ni parlé du jeu autour de moi. Il fallait que j'y participe. C'était l'opportunité que j'attendais depuis un moment maintenant…



Soudain, alors que je finis de reprendre mes esprits, les lumières du bar s'éteignent, après quoi les nombreuses télévisions fixées sur les murs s'allument.


Une image d'un homme à la carrure imposante, assis sur un fauteuil en cuir, caressant nonchalamment un Persian, apparaît alors sur chaque écran. Il s'agit de Giovanni, le boss de la Team Rocket. L'homme responsable de la mort de Chris, ainsi que des nombreux traumas de Claire.


"Je vois que vous êtes nombreux à avoir pris le risque de mourir en acceptant mon invitation. Je n'en attendais pas moins de vous tous. Après tout, je ne vous aurais pas invités si je ne vous savais pas suffisamment fous pour vous jeter dans la gueule du loup."


Plusieurs personnes dans la pièce commencent à se sentir mal à l'aise. D'autres, se mettent à rire de manière inquiétante. Maintenant que je les observe mieux, les profils présents ici sont tous terrifiants à leur manière…


"Bref. Bienvenue au Rocket Grand Prix. Un jeu lors duquel rares seront les survivants."


Un frisson de terreur parcourt mon corps en entendant ces mots. Une part de moi commence à, peut-être, regretter d'avoir saisi cette opportunité…


"Laissez-moi, désormais, expliquer les règles. La ville de Jadielle servira de piste gigantesque, où les coureurs de chaque équipe participant au jeu se feront la course. Pour gagner, il faudra être le premier à la ligne d'arrivée, au bout du troisième tour."


Une course…? En observant, de nouveau, autour de moi, je confirme le fait que je suis bel et bien dans un bar. Cependant, ce dernier n'a aucune porte, ni aucune fenêtre.


Nous sommes séquestrés ? Dans ce cas, comment pouvons nous participer à cette course ? De plus, il a parlé d'équipes…


"Normalement, vous avez formé des équipes de trois lors de votre inscription. Composés d'un coureur, d'un mécanicien et d'un support. Cependant, je vous annonce désormais que vos équipes sont en réalité composées de quatre participants. En effet, un « joueur » assistera à la course depuis un endroit secret. Il aura la capacité d'influencer cette dernière via certaines actions."


Les mots de la femme aux oreilles d'animal me reviennent. Elle a dit que nous étions dans la « salle de jeu ». Je présume donc que les personnes présentes ici sont des joueurs. Giovanni s'adresse donc aux autres à l'extérieur.


"Tous les coups sont permis. Mais sachez, néanmoins, que si les quelques règles imposées venaient à être transgressées, alors l'équipe responsable sera disqualifiée. Je vous laisse deviner ce que cela entraînerait."



"Pour finir, l'équipe qui remportera la course pourra me rencontrer, moi, Giovanni, l'homme à la tête de la Team Rocket, et tenter de me tuer, s'ils le peuvent. Je serais seul, et ne fuirais pas. De plus, si, par chance, vous parvenez à m'abattre… Alors la personne m'aillant portée le coup de grâce prendra officiellement ma place." Ajoute-t-il avec un rire sombre, comme s'il savait qu'il en sortirait gagnant quoi qu'il arrive.


Ma main se glisse dans la poche de mon manteau, dans laquelle se trouve une petite boite noire de forme cubique. Je serre cette dernière en stabilisant mon souffle, sentant le stress monter en moi.


"Sur ce, bonne chance à toutes et à tous."


Les télés s'éteignent alors, laissant les lampes illuminer la pièce à nouveau. À cet instant, tout le monde dans ici présent se met à parler en même temps. Beaucoup sont inquiets, mais beaucoup d'autres sont aussi excités par la situation.


Cependant, parmi toutes les remarques et plaintes que j'entends, aucune ne fait référence au fait que nous ne soyons pas au courant pour le principe d'équipes. Suis-je la seule qu'on n'a pas informée au préalable ?


Je n'ai jamais été aussi proche de la mort… Chaque personne autour de moi est une menace pour ma vie.


…Non. Même au-delà de cette salle de jeu, toutes les personnes concernées par cette course sont une menace.


Soudain, mes pensées sont interrompues par le son d'une bouteille se brisant contre le comptoir du bar. Un homme aux multiples balafres se tourne en direction des autres participants avec sa nouvelle arme improvisée en main, un grand sourire se dessinant sur ses lèvres.


"Je ne vois pas ce qui m'empêche de tous vous massacrer avant que la partie ne commence !"


"Hm... Il n'a pas tort. S'il ne reste qu'un seul joueur, alors cela devrait grandement avantager son équipe lors de la course," répond un autre homme aux lèvres noires, avant d'ouvrir sa bouche en grand, ôtant une dague de sa gorge.


Les participants les plus faibles, physiquement, se mettent à paniquer, cherchant un endroit où se cacher.


Pour ma part, je recule de deux pas. Mais le sofa de cuir m'empêche d'aller plus loin. Je n'ai jamais tué personne… Et je ne me suis jamais battu de manière générale. Si ces gens font ce qu'ils disent, alors, je n'aurais aucune chance…


Alors que mon souffle devient instable, la femme aux cheveux blonds se place en face de moi. Comme si elle souhaitait me protéger, où me cacher du regard prédateur des autres participants.


Les télévisions se rallument alors, de nouveau, montrant le visage de Giovanni, avec un air contemplatif.


"Vous pourriez attendre un peu avant de penser à vous entre-tuer. Je n'ai même pas encore précisé les règles concernant la Salle de Jeu."


"Bah quoi ? Je pensais que tous les coups étaient permis ?" Demande l'homme balafré, se moquant presque ouvertement du boss de la mafia.


"Je viens de te dire qu'il y avait des règles pour la Salle de Jeu. Si tu étais intelligent, comme les joueurs qui sont restés sages jusqu'à présent, tu aurais compris que le message précèdent s'adressait aux personnes dehors," répond Giovanni, dans un calme impérial.


L'homme aux balafres commence à s'énerver, mais se retient de réagir violemment. Après tout, il n'est pas en position pour s'opposer, actuellement.


"Attends un peu que je remporte cette stupide course avec mes gars, on te fera ta peau puis transformerons ton organisation en boucherie !"


Giovanni hausse les épaules, donnant peu de crédit aux paroles de son interlocuteur, avant de s'adresser de nouveau aux joueurs dans leur totalité.


Vous l'aurez compris, les autres participants ne savent rien de ce qu'il se passe ici. Ce qui veut donc dire que la Salle de Jeu est un endroit à la modération différente. Je vous invite à observer la table de billard, au centre de la pièce."


Suivant ses instructions, plusieurs femmes portant le même type de costume que celle aux cheveux blonds récupèrent les boules de billard sur la table. Enfin, l'une d'entre elle retire une plaque qui était en réalité le tapis vert servant de zone de jeu. En dessous, se trouve un écran représentant une sorte de plateau de jeu de société avec diverses cases.


"Ce plateau représente le circuit de Jadielle. Il sera mis à jour en temps réel afin que vous puissiez suivre l'avancé des coureurs. Pour des informations plus précises, il faudra vous fier aux télévisions et à ce que disent les commentateurs."


Comment font ces gens pour en faire toujours plus…? Que ce soit à Céladopole, à Safrania, ou même ici, à Jadielle… Les proportions que prennent leurs plans sont toujours plus absurdes.


"Au début de la partie, deux cartes seront distribuées à chaque joueur. Ces cartes auront divers effets, que ce soit sur la course, ou sur les personnes présentes dans la Salle de Jeu. Vous comprendrez, donc, qu'agresser physiquement un autre joueur sans en avoir obtenu le droit, via une carte, par exemple, est interdit."


Il y a donc bien un moyen pour un joueur de tuer un autre joueur… Et si un joueur obtient une carte lui permettant de le faire, alors sa cible n'aura pas le droit de se défendre. Cependant, quitte à mourir, je suppose que certaines personnes dans cette pièce seraient prête à saboter la partie des autres au dernier moment…


"Vous pourrez obtenir des nouvelles cartes à plusieurs moments lors de la course, selon la position de votre coureur. Si vous regardez le plateau, il y a des cases vertes, bleus et rouges. Ce sont des checkpoints. Si un coureur arrive en premier à une case verte, le joueur de son équipe obtiendra une carte. Pour les cases rouges, il faudra que le coureur soit dernier. Quant aux bleus, un chiffre sera généré aléatoirement lorsqu'un coureur se trouvera à quelques centaines de mètres du checkpoint. Ce chiffre correspondra à la position nécessaire afin d'obtenir une carte."


"Qu'en est-il des cases brillant en jaune ? Elles sont plus nombreuses que les autres," remarque un enfant au visage brûlé. Je ne l'avais pas encore remarqué, et sa présence semble en perturber plus d'un.


"J'allais y venir. C'est ici que vous pourrez activer vos cartes. Lorsqu'un coureur, de n'importe quelle équipe, passe sur cette case."


N'importe quelle équipe ? Être premier en permanence n'est donc peut-être pas la meilleure stratégie à adopter… Je me demande s'il existe un moyen de communiquer avec notre coureur pour lui partager ces informations.


"Enfin, pour finir, j'aimerais vous parler rapidement des colliers que nous vous avons mis autour de vos cous. Ces derniers serviront à vous « pénaliser » au cours de la partie. Il possède de nombreuses capacités, dont celui de vous tuer. Je vous déconseille fortement d'essayer de le retirer."


…?!


De nombreuses personnes dans la pièce, dont moi, se tendent en entendant cette dernière information. La situation est sans espoir. Si Giovanni le souhaite, il pourrait tous nous tuer en un instant…


Après un rire sombre, notre Maître du Jeu disparaît à nouveau. Cette fois-ci, les télévisions ne s'éteignent pas, cependant. La voix d'un commentateur, indiquant que la course commencera dans à peine trente minutes retentit des haut-parleurs.


Je suis probablement en train de vivre mes derniers instants… Non pas que cela soit important. Dans tous les cas, mon rôle lors de la bataille face à la Ligue est inexistant. Ce n'est pas là-bas que j'accomplirais mon objectif.


Ce jeu est une opportunité… Pour venger mes amies, et—


"Je n'arrive pas à croire qu'il ait invité des gamins à son jeu. Giovanni ne changera jamais," remarque un homme au chapeau de cow-boy, en regardant le petit garçon au visage brûlé… puis moi.


"Ça fera plus de cibles faciles ! Je propose de les garder pour la fin," dit une femme au manteau de fourrure.


"Moi, je suis plus d'avis de les tuer au plus vite," propose un homme au visage inexpressif.


Quoi qu'il en soit, il est trop tard pour faire marche arrière. Je dois me battre seule, désormais.


"Les noms des coureurs se sont affichés sur la Table de Jeu. Allons voir," la femme aux cheveux blonds pose gentiment sa main sur mon épaule, me traînant vers ce qui était autrefois la table de billard.


J'ignore si elle est aussi gentille, car je suis jeune ou innocente… ou si c'est une stratégie de sa part. Mais sa présence est rassurante, pour le moment.


Posant mes yeux sur plateau, je constate qu'il y a une vingtaine de noms au total. Un pour chaque équipe. Sauf que rien n'indique qui est mon coéquipier… Ha ?


"Hm ? Tu as vu quelque chose de surprenant, on dirait," pointe la femme aux cheveux blonds en regardant en direction du plateau à son tour.


"... Azul…"





















"Sur ce, bonne chance à toutes et à tous."


La voix de Giovanni, qui résonnaient alors dans les rues de Jadielle afin de nous transmettre les règles de son jeu malsain, fut alors remplacée par celle d'un commentateur un poil trop enjoué.


Pour ma part, j'attends que Léo, le mécanicien de mon équipe, arrive à la ligne de départ avec la bécane sur laquelle nous travaillons depuis plusieurs jours, maintenant.


En observant les environs, je comprends mieux pourquoi plusieurs routes étaient bloquées au cours de la semaine. Soi-disant pour des travaux… J'ignorais que la Team Rocket avait un tel contrôle sur cette ville.


Bien qu'il fasse nuit, l'ambiance dans le boulevard est extrêmement festive. Le son des moteurs, des rires, des cris, des foules parlant entre elles s'entremêlent dans une cacophonie sans fin.


Partout autour de moi, se tiennent des motards, des hommes et des femmes vêtus de noir, des filles en tenues légères… Et, surtout, énormément de membres de la Team Rocket, déguisés en civils.


Les paroles de la femme masquée me reviennent alors. Elle avait fait mention d'une ultime bataille pour l'organisation. Je me demande ce qu'ils cherchent à accomplir via cette course…


Depuis les événements de Céladopole, Giovanni n'a eu cesse de recourir à des plans aux proportions démesurées. Son objectif est évident. Il l'a dit lui-même, lorsque nous-nous sommes affrontés, à Safrania. Il souhaite reprendre le contrôle de Kanto.


Ce qui me fait me dire que le timing ne peut être une coïncidence. Il doit savoir que les troupes rebelles s'apprêtaient à lancer un assaut sur la Ligue dans les jours à venir. C'est également pour cela qu'il a choisi Jadielle comme théâtre de son jeu.


Je repense alors à ce qu'il a précisé tout à l'heure, à la fin de son discours…


« De plus, si, par chance, vous parvenez à m'abattre… Alors la personne m'aillant portée le coup de grâce prendra officiellement ma place. »


Au-delà des objectifs de la Team Rocket, que cherche Giovanni…?


Quoi qu'il en soit, j'ai fait le nécessaire pour faire évacuer les zones affectées par la course. Je ne pouvais pas trop entrer dans les détails, mais Bob et Madoka ont rapidement compris et m'ont aidés sans poser de questions.



…Léo en met du temps. Je décide de l'appeler sur son téléphone. Curieusement, ce dernier n'a même pas le temps de sonner avant qu'il ne décroche.


"Qu'est-ce que tu fous ? J'aimerais qu'on discute de l'annonce du quatrième co-équipier avant la course."


En effet, parmi toutes les surprises annoncées par notre hôte, la présence d'une quatrième personne dans chaque équipe m'a un peu laissé sur la défensive. Qui est ce joueur ? Est-il réellement un allié ? Comment lui faire confiance ?


"Azul... Je ne pourrais pas te rejoindre," me répond Léo, d'un ton embarrassé.


"...Hah ?!"


"Le nom inscrit sur la feuille, pour le rôle de mécano, n'est pas le mien… Ils ont dit que si je ne décarpillais pas, ils m'attacheraient au milieu du boulevard pour que je serve de dos d'âne."


"Ça ne fait aucun sens ! J'ai moi-même écrit ton nom sur la feuille ! Ember était avec moi !"


Est-ce encore un coup de Giovanni ? Est-ce qu'il chercherait à me saboter ? Ça ne lui ressemble pas, cela dit.


"Un type bizarre avec un masque de la peste m'attendait pour récupérer la moto. Je n'ai eu d'autre choix que de la lui laisser," ajoute-t-il. "Je ne sais pas ce qu'il se passe, mais fait très attention à toi, Azul."


Cette histoire est de plus en plus étrange… Je décide alors d'appeler Ember, qui se tient probablement en stand-by avec le Vyzard.


Cela fait quelques jours qu'elle s'est réveillée. Hormis une décoloration au niveau de ses cheveux, elle ne semble pas souffrir d'autres symptômes suite à l'activation du Full Drive, à Cramois'île.


Je lui ai quand même fait promettre de ne pas réutiliser cette fonctionnalité. Chose qu'elle a vaguement acceptée. Cela ne me rassure pas énormément. Mais le fait qu'elle soit de nouveau debout est suffisant pour me soulager, pour le moment.


Le fait de lui demander de combattre à mes côtés alors qu'elle vient à peine de se rétablirai me gêne énormément. Cependant, je lui ai promis de ne plus me battre sans elle. Elle est ma partenaire. Il n'y a qu'à ses côtés que je suis sûr de sortir vainqueur des épreuves qui nous attendent.


Elle décroche enfin, commençant l'appel par le même sujet que moi, précédemment.


"Azul ! J'ai entendu pour le rôle caché ! Tu es sûr de vouloir continuer ?"


"Il y a plus inquiétant. Léo a été remplacé."


Un silence de quelques secondes s'installe, me faisant me demander si la Team Rocket n'avait pas également saboté le réseau. Mais Ember finit par répondre avec un « ah bon » nerveux. Je décide donc de continuer :


"Je peux m'adapter aux influences des joueurs. D'autant plus avec toi à mes côtés. Mais il sera difficile de trouver un plan de dernière minute si le mécano piège ma machine."


"Azul... Tu as raison ! Ensemble, rien ne peut nous vaincre !" Dit-elle d'un air émouvant, ignorant totalement la partie où je meurs dans l'explosion de ma propre moto…


C'était peut-être une erreur, finalement. J'ai suivi mon instinct en acceptant cette invitation, mais les dangers ne font que s'accumuler, soudainement.


Mais alors que l'idée de tout arrêter me traverse l'esprit, je constate la présence d'une certaine personne, au loin. Il s'agit de la femme au masque. Celle qui se dit être Maggy. Elle se rapproche de la ligne de départ avec son véhicule habituel.


Bien que ce soit difficile d'en être sûr, à cause de son casque, j'ai l'impression que cette dernière me regarde également, l'espace d'un instant.


Maggy est morte sous les débris du Pont Pépite, il y a quelques mois… À moins que ce soit un homonyme. Soit ça, soit cette personne est un imposteur. Ou alors… Non. C'est impossible. Les cristaux de Rappel transforment systématiquement les personnes ressuscitées en monstres. Or, jusqu'à preuve du contraire, cette femme me semble être parfaitement humaine.


"A.. Au pire, tu as encore le temps de vérifier si la moto est conforme, non ?"


La voix d'Ember, au téléphone, me rappelle à la réalité. Apparemment, mon silence l'a laissée mal à l'aise. Je la rassure en lui disant que j'allais check la bécane, mettant fin à l'appel en voyant l'homme au masque de la peste arriver… avec ma moto.


Vu le timing, il n'a probablement pas eu le temps d'apporter des modifications à la machine. Ou alors ces dernières seront facilement repérables.


En temps normal, j'aurais déjà arraché son masque ridicule. Mais ce n'est pas le moment. Je me contenterais de vérifier, comme Ember l'a dit. Et je ne m'arrêterais à aucune zone de ravitaillement… Pour être sûr.


Dans un silence pesant, j'attrape l'un des bras mécaniques de ma machine, prenant le relais du mystérieux mécanicien.


Pour la conception de cette moto, nous nous sommes un peu amusés, avec Léo. Il a l'habitude de travailler sur la conception des Soldats, et je suis, sans l'ombre d'un doute, meilleur pilote que conducteur. Nous avons donc décidé de faire quelque chose qui se rapproche un peu du design d'un mécha, tout en étant toujours considéré comme une moto.


Design, par ailleurs, qui rappelle quelque peu celui du Eevolv-S. Ce qui n'est pas anodin, puisque la Superball sert également de clé pour ce véhicule.


Heureusement, les ingénieurs du camp rebelle ont accepté de nous aider, ce qui a accéléré la création. De plus, tout le monde s'est beaucoup diverti à la composition de cette machine.


Alors que je me décide enfin de, quand même, adresser deux mots à mon soi-disant mécanicien de dernière minute, ce dernier est appelé à rejoindre les autres mécanos à la première zone de ravitaillement.


Soit… Je vais me contenter de faire ce dernier check-up du véhicule, avant de rejoindre les autres coureurs sur la ligne de départ.











Après une trentaine de minutes, toutes les motos sont en position. En face d'eux, une grande arche formée de plusieurs feux de signalisation, attachés entre eux, leurs sert d'indicateur pour quand le moment sera venu d'accélérer.


Une fille en tenue légère se tient en haut de l'arche, deux drapeaux en main, levés au ciel. Les feux, encore rouges, passent alors au jaune avec un signal sonore strident. Quelques secondes plus tard, il passe enfin au vert avec un deuxième signal sonore.


À cet instant, tout le monde enclenche la première, faisant rugir leurs moteurs, impatients de s'élancer sur la route.


Finalement, la fille sur l'arche baisse les deux drapeaux, signalant aux coureurs de commencer la course. Et personne ne se laisse prier. La plupart des véhicules filent à une vitesse folle, envahissant les routes de Jadielle en suivant le tracé imposé par les organisateurs.


Mais alors que certains compteurs de vitesse affichent les 100Km/h... un nuage rougeâtre envahit le ciel nocturne de la ville viride. Une explosion en chaîne a eu lieu, éliminant la majorité des coureurs.

Laisser un commentaire ?