Noriko
Les ongles enfoncés dans le bois de la rambarde, Noriko n’avait pas quitté un seul instant le combat des yeux. Pas une seule fois, Mihawk n’avait posé son regard sur elle, même si elle savait pertinemment qu’il l’avait vue.
Presque personne n’avait osé réagir à l’annonce de leur lien de parenté.
Les âmes des trois compagnons à bord du navire avaient certainement quitté leurs corps, leurs bouches grandes ouvertes et leurs yeux écarquillés n’avaient rien présagé de bon. Complètement paniqués quant à la présence du Grand Corsaire, ils n’attendaient qu’une chose : mettre les voiles.
Du côté du personnel de Zeff, ainsi que lui-même, aucun d’entre eux n’avait cillé ; sans doute à cause de l’ancienne vie du grand chef et leur habitude de voir des pirates.
Sanji, lui, s’était contenté de l’observer avec curiosité et avait demandé à son chef des explications quant à son identité.
Seul Luffy, innocent, avait clamé avec enthousiasme qu’avoir un oncle aussi puissant relevait d’une grande classe.
Désormais, tous avaient les yeux rivés sur le duel en cours.
Mihawk s’était déplacé à une telle vitesse qu’il était apparu sur le pont sans prévenir. Un échange houleux avec Don Krieg avait fait comprendre à l’assemblée que le Grand Corsaire les avait traqués lui et sa flotte pour se venger de l’avoir réveillé de sa sieste.
Étant venu finir le travail, il avait donc coulé le dernier navire rescapé.
Avec un immense respect, Zoro était intervenu à ce moment-là, expliquant la technique employée par le plus grand sabreur du monde, confirmée par ce dernier.
Le jeune homme aux cheveux verts avait ensuite dégainé ses sabres et provoqué l’homme en duel.
Si Mihawk l’avait d’abord toisé avec étonnement en accusant son ignorance, il avait rapidement accepté pour, selon ses dires, se divertir et tromper son ennui.
Avec assurance, le Grand Corsaire avait dégainé le poignard rangé dans la croix qu’il portait autour du cou et avait invité le jeune pirate à s’approcher.
D’abord furieux qu’il ne le prenne pas au sérieux, le bretteur à trois sabres avait rapidement compris à ses dépens que la petite arme était largement suffisante pour le maîtriser.
Mihawk menait largement la danse, ne bougeant qu’à peine pour éviter les attaques de Zoro, tandis que ce dernier se fatiguait et faiblissait à vue d’œil à force d’attaques dans le vide.
Noriko attrapa soudainement le bras de Luffy pour s’empêcher de hurler : le Grand Corsaire venait de planter son couteau dans la poitrine du jeune sabreur.
À la surprise de Mihawk, Zoro resta immobile, prenant le risque que la lame transperce son cœur.
Alors qu’il toussait du sang, il se justifia en précisant que s’il reculait, il aurait l’impression que tous ses rêves seraient réduits à néant.
Avec lassitude, le Corsaire rétorqua que c’était ce qu’on appelait une défaite.
Contre toute attente, il lui demanda son nom, assurant qu’il s’en souviendrait car cela faisait longtemps qu’il n’avait pas vu une personne avec autant d’ambition.
Par courtoisie, il dégaina ensuite Kokuto Yoru, son sabre noir, pour lui faire l’honneur de mourir par sa lame.
L’attaque qui suivit brisa en morceaux deux des sabres de Zoro.
S’avouant vaincu, le jeune homme rangea le troisième dans son fourreau et se mit face à Mihawk en écartant les bras.
— Un coup dans le dos, c’est un déshonneur pour un sabreur.
D’abord surpris, le Grand Corsaire afficha un sourire satisfait.
— Bien parlé.
La lame trancha profondément le torse de Zoro qui, sous le choc, se laissa tomber dans l’eau.
— ZORO ! hurla Noriko, aussitôt imitée par ses amis.
Avec une rapidité sans nom, elle sauta par-dessus la rambarde et se précipita sur le pont où avait eu lieu le duel.
Derrière elle, Luffy menaçait Mihawk tandis que Johnny et Yosaku se précipitaient également pour porter secours à leur camarade.
Sans un regard pour son oncle, Noriko arriva près du point de chute de Zoro et, sans réfléchir, se jeta à l’eau.
À cause de la malédiction liée à son Fruit du Démon, la jeune femme coula à pic et réussit à atteindre Zoro. Elle puisa dans ses dernières forces pour le pousser vers la surface où se trouvaient déjà les deux chasseurs de prime qui prirent rapidement le relais.
Au moment où elle commença à manquer d’air, une main l’attrapa à son tour et la hissa vers le haut.
Une fois à la surface, elle toussa et cracha l’eau qui s’était introduite dans ses poumons, tout en étant maintenue par son sauveur qui n’était autre qu’Usopp.
Il l’aida à nager jusqu’au quai le plus proche.
— Noriko, ça va ? Qu’est-ce qui t’a pris !?
La jeune fille s’accrocha à un anneau d’amarrage, tentant de reprendre une respiration normale.
Au loin, Johnny et Yosaku s’activaient auprès de Zoro, aidés des cuisiniers.
— Usopp… Merci.
— Mais qu’est-ce que tu avais en tête !?
Tout en bougonnant, le tireur d’élite se hissa hors de l’eau avant de se pencher pour l’aider.
— T’as cru que t’allais pouvoir nager, peut-être ?
— Je vais bien, je…
Elle s’interrompit, remarquant la présence de Mihawk derrière son ami.
Ce dernier fit aussitôt volte-face et tomba à la renverse, complètement tétanisé de peur.
— Usopp !
— Ce… c’est…
— Usopp, regarde-moi ! tonna Noriko en tentant de garder l’équilibre, toujours immergée jusqu’aux épaules.
Elle s’accrocha difficilement au quai sans manquer de glisser, vidée de ses forces à cause de l’eau de mer.
— Ne t’occupe pas de lui, haleta-t-elle, va plutôt voir si Zoro va bien.
Dans un grognement d’effort, elle réussit à poser ses avant-bras près d’Usopp et à se redresser.
Elle agrippa son bras et y planta ses ongles pour le sortir de sa stupeur avant d’élever de nouveau la voix contre lui.
Blanc comme un linge, Usopp reprit enfin ses esprits tout en balbutiant quelques mots inaudibles. Puis, sans demander son reste, il saisit sa chance de fuir et détala.
Les bras croisés, un air austère sur le visage, Mihawk ne prit même pas la peine de le suivre du regard.
— Une sacrée bande de phénomènes, remarqua-t-il en haussant les sourcils.
Noriko sentit ses cheveux se hérisser sur sa tête. Immédiatement, elle chercha Luffy des yeux. Certaine de l’avoir entendu proférer des menaces envers son oncle, il avait assurément tenté de venger Zoro.
Son soulagement fut intense lorsqu’elle l’aperçut, la tête coincée dans l’un des nombreux décombres du navire de Don Krieg.
Comme en témoignait sa trajectoire, nul doute qu’il s’était lancé sur Mihawk et que ce dernier s’était simplement contenté de l’éviter.
À la force de ses bras, elle se traîna sur le quai et atterrit donc aux pieds de Mihawk, à bout de souffle.
— Heureux de te revoir, Noriko.
L’entendre prononcer son nom la fit frémir. Même si elle tentait de faire croire le contraire, son cœur battait à une allure folle. Elle savait qu’il ne lui ferait pas le moindre mal, mais la perspective de savoir qu’il pouvait s’en prendre à ses amis la terrorisait.
— Après ces trois années passées loin de toi, j’aurais aimé pouvoir te dire la même chose, ironisa-t-elle avec un rire forcé.
Un sourire étira les lèvres du Grand Corsaire.
— Toujours aussi impertinente, se moqua-t-il. Je constate que tu as trouvé des amis pour le moins… intéressants.
Noriko se redressa vivement, la respiration courte.
— Si jamais Zoro succombe, je te jure que…
— Inutile de m’invectiver, coupa Mihawk avec lassitude. Ton ami s’en sortira. Il a encore beaucoup à apprendre, mais tu le savais déjà, n’est-ce pas ? Tu ne l’aurais pas dissuadé de me combattre sinon.
Au même moment, un brouhaha général se fit entendre : Zoro venait d’ouvrir les yeux.
Un hurlement de rage fit écho aux cris de joie, indiquant que Luffy avait réussi à se sortir du pétrin dans lequel il s’était fourré.
Immédiatement sur le qui-vive, il voulut de nouveau en découdre avec Mihawk et se projeta à ses côtés, mais Noriko s’interposa sans attendre, refusant de voir un autre de ses compagnons souffrir.
— Roronoa Zoro, trancha soudainement la voix de Mihawk. Peu importe le nombre d’années que ça te prendra, entraîne-toi et surpasse-moi. Un jour, nous nous affronterons de nouveau, je t’en donne ma parole.
Le cœur de Noriko tomba dans ses talons. Mihawk devait avoir vu quelque chose en Zoro pour qu’il lui parle de cette façon. Le fait même qu’il l’ait laissé en vie en était la preuve.
— Et toi, jeune homme, continua le Grand Corsaire en se tournant vers le pirate au chapeau de paille, quel but t’es-tu fixé ?
— Devenir Roi des Pirates, rétorqua Luffy sans hésitation.
Mihawk émit un petit rire.
— Voilà qui sort de l’ordinaire, on peut dire que ça risque d’être encore plus difficile que de me surpasser.
— Luffy ! résonna la voix de Zoro.
Son sabre pointé vers le ciel, le bretteur ahanait, tentant de faire porter sa voix saccadée de rancœur.
— T’as cru que j’y étais passé, avoue… T’as promis de jamais m’empêcher de devenir le plus grand sabreur du monde… Rassure-toi… Je jure que… Je jure que quelque ce soit notre destination, plus jamais… Plus jamais, je ne subirai de défaite ! Ça te va, Roi des Pirates !?
Pour toute réponse, le capitaine hurla de joie, trépignant d’impatience de le rejoindre et Noriko le libéra de ce fardeau en lui faisant un signe de tête entendu ; ayant désormais la certitude que Mihawk ne représentait pas une menace.
— Alors comme ça, tu es pirate ? demanda celui-ci en lui faisant face.
— Faut croire que c’est de famille, ironisa-t-elle en faisant apparaitre une bulle d’eau dans sa main.
Loin d’être impressionné, Mihawk adopta une attitude faussement décontractée et la détailla de haut en bas.
— Est-ce là tout ce dont tu es capable ?
Comprenant qu’il faisait allusion à son pouvoir, Noriko se contenta de crisper sa mâchoire et de le fusiller du regard.
— Je suis curieux de savoir comment tu t’es retrouvée sur East Blue, reprit-il en l’ignorant.
La jeune femme roula des épaules pour chasser le tiraillement entre ses omoplates, tandis que la bulle d’eau se baladait sur son corps afin d’en absorber l’eau qui le recouvrait.
— Longue histoire, lâcha-t-elle en détournant le regard, mais je compte pas m’y attarder.
Son oncle jeta un bref coup d’œil vers l’attroupement formé autour de Zoro.
— Tu étais réellement prête à te sacrifier pour lui ? J’admets pendant un instant avoir hésité à te repêcher, s’amusa le Grand Corsaire.
— Je n’avais pas besoin de ton aide, cracha laconiquement Noriko, désormais parfaitement sèche.
— Oh, vraiment ? Dans ce cas, je suppose que tu ne comptes pas non plus sur mon aide pour retourner sur Grand Line ?
Loin d’être dupe, elle ferma les yeux en tentant de contrôler les tremblements de ses jambes. Ce qui apparaissait comme une invitation n’était qu’une menace cachée.
— Sache que je choisirais la mort plutôt que de te suivre, rétorqua-t-elle avec tout l’aplomb dont elle était capable.
Mihawk laissa échapper un rire moqueur.
— Ne sois pas si impatiente, ma chère nièce, ta dernière heure n’est pas encore venue.
— Ne m’appelle pas comme ça, s’insurgea-t-elle en serrant les poings.
— J’ai vu la détresse dans les yeux de celui qui t’a secourue, continua-t-il sans se soucier de ce qu’elle venait de dire. J’imagine qu’ils doivent tous tenir à toi. On dirait que tu as enfin trouvé des gens prêts à t’aider et à te soutenir.
Noriko eut soudain peur. Même si ce n’était pas pour tout de suite, son oncle avait au moins promis un autre duel à Zoro, ce qui signifiait qu’il avait très clairement l’intention de recroiser sa route.
— Mihawk, souffla-t-elle d’une voix ferme, je sais pas à quoi tu joues, mais si jamais tu leur fais quoi que ce soit…
— Non. Je me suis assez amusé pour aujourd’hui, la rassura-t-il avant de la toiser avec mépris. Noriko, je ne suis pas venu pour toi, alors je te laisse exceptionnellement partir. Tu sembles avoir trouvé des gens dignes de confiance, ne les lâche surtout pas.
— Je… je… je n’en ai pas l’intention, balbutia-t-elle, troublée par les propos de son oncle.
— Vis ta vie comme tu le souhaites, abdiqua-t-il. Reste pirate si tu le désires, mais fais en sorte de ne jamais te retrouver seule.
Les yeux de Noriko s’embuèrent tant qu’elle préféra les détourner. Mihawk avait-il réellement l’intention de la laisser partir ?
— Sache que si nos chemins venaient à se recroiser, je te ramènerais avec moi, de gré ou de force.
Il lui releva le menton pour ancrer un regard sévère dans le sien.
— Suis-je bien clair ? insista-t-il.
— Oui, répondit-elle d’une petite voix.
Son oncle la relâcha sans un mot et tourna les talons.
— Œil de Faucon ! explosa Don Krieg.
Ce dernier se dirigeait d’un pas ferme vers eux, paré d’une énorme armure métallique certainement récupérée à bord de ce qui restait de son navire.
— Tu vas payer pour tout ce que tu as fait ! Je vais la buter et tu seras le suivant !
À ces mots, deux mini-canons sortirent de ses épaules pour pointer vers Noriko, tandis qu’il sortit simultanément de sa ceinture un sabre et un mousquet.
— Nori ! hurla la voix lointaine et inquiète de Luffy.
Les jambes tremblantes, la manieuse d’eau se figea de terreur. Le pirate n’étant qu’à deux pas, il avait peu de chance de la manquer.
— Pauvre fou, n’as-tu donc rien appris ? maugréa le Grand Corsaire en dégainant son sabre noir.
Don Krieg tira au moment où Mihawk se jeta sur lui dans un mouvement imperceptible à l’œil nu. L’onde de choc qui en résulta fit trembler la mer et perdre l’équilibre à tout le monde.
Éjectée en arrière, Noriko eut tout juste le temps de se protéger le visage sans réellement comprendre ce qui se passait autour d’elle – la visibilité rendue quasi nulle à cause de la fumée provoquée par les tirs de Don Krieg,
Deux bras la rattrapèrent avant de la déposer en douceur sur un des nombreux quais éloignés et la manieuse d’eau ne put qu’apercevoir Mihawk rejoindre son bateau avant de se volatiliser.
Seule avec ses questions, ses pensées furent cependant interrompues par la voix de Luffy.
— Eh ! Nori !
Elle balaya du regard les alentours.
— Accroche-toi !
Elle repéra enfin son capitaine, se tenant près de l’entrée du Baratie aux côtés des cuisiniers.
— Qu’est-ce que… ? paniqua-t-elle.
Trop tard, le bras de Luffy était déjà en train de s’enrouler plusieurs fois autour de sa taille.
Sans qu’elle n’ait le temps de protester, elle fut soulevée dans les airs avant d’être propulsée vers l’horizon.
Elle hurlait de terreur tandis qu’elle se rapprochait dangereusement du point d’impact, qui n’était autre que le bateau de Johnny et Yosaku.
Comprenant que la chute serait douloureuse, elle fit apparaître une bulle d’eau pour amortir sa chute et atterrit dedans avant d’en sortir dans un grand hoquet de stupeur.
— Tout va bien ? s’enquit Usopp en l’aidant à se relever.
Toujours sous le choc de sa course, la jeune femme était affolée et avait du mal à tenir debout.
Apercevant son capitaine au loin, elle brandit un poing menaçant.
— Luffy ! Si jamais je t’attrape, je te jure que…
— Y a pas de quoi, moi aussi ! rigola Luffy. Usopp ! Partez tous rejoindre Nami et prenez soin de Zoro !
— JE VAIS LE…
— Du calme Noriko, tu sais bien quand il est comme ça, ça ne sert à rien de lui parler, soupira le tireur d’élite. Eh Luffy ! Fais attention à toi ! On t’attendra à bord du Vogue Merry !
— Oui !
Noriko bougonna quelques mots inaudibles avant d’admettre intérieurement que son ami avait raison.
— Comment avez-vous fait pour vous éloigner aussi vite ? demanda-t-elle pour changer de sujet.
— Johnny avait déjà remonté l’ancre avant le duel de Zoro et le courant créé par ton onc… par Mihawk nous a poussés au large.
Usopp força un sourire à ces derniers mots, préférant sans doute ne pas aborder ce sujet, puis l’invita à rejoindre les autres.
Zoro était déjà en train de se redresser, couvert de bandages mis en place par Johnny et Yosaku ; avec du repos, il se remettrait de son combat.
Un soulagement intense envahit Noriko qui esquissa le début d’un sourire. Sourire qu’elle perdit très vite cependant, tant la tension installée entre eux était palpable.
Les deux chasseurs de prime évitaient soigneusement son regard, sans qu’elle ne sache si c’était par crainte ou par colère ; Usopp vérifiait nerveusement les voiles et Zoro se concentrait dans des mouvements de bras pour vérifier l’étendue de sa blessure.
La manieuse d’eau sentit son cœur se serrer.
Lui en voulait-on parce qu’elle n’avait pas mentionné l’identité de son oncle ou ne serait-ce que son statut ?
Elle voulut dire quelque chose mais sa gorge sèche l’empêcha de prononcer le moindre mot.
Sentant les larmes lui monter aux yeux, elle préféra ne pas les importuner et alla s’isoler le plus loin possible que lui permettait le navire.
Assise à même le plancher, Noriko serrait ses genoux contre elle.
Elle avait besoin de calme pour réfléchir, sa rencontre imprévue avec l’homme qui l’avait élevée l’ayant grandement chamboulée.
Elle l’avait revu pour la première fois en trois ans et il n’avait manifesté aucune surprise à son égard ; si tant est qu’il était capable de ressentir cette émotion.
Noriko essuya négligemment les larmes qui roulaient sur ses joues.
Elle ne s’était pas vraiment attendu à de l’enthousiasme, mais avait au moins espéré un semblant de considération.
Beaucoup de questions hantaient désormais son esprit : pourquoi l’avait-il laissée partir ? L’avait-il décidé au moment où il avait compris qu’elle était devenue pirate ou au moment où il avait remarqué sa présence ? Il s’était intéressé à Zoro car il avait vu en lui un futur adversaire, mais qu’en était-il de Luffy ? Pourquoi lui avait-il demandé son objectif, lui qui ne s’intéressait à personne ?
Elle songea à son équipage, à ceux qui étaient devenus des amis.
Mihawk n’avait pas cherché à leur faire de mal, mais rien ne le garantissait pour l’avenir.
Avaient-ils peur d’avoir une menace constante au-dessus de la tête ? Avait-elle perdu leur confiance ?
Ils faisaient tous voile vers l’entrée de Grand Line d’un commun accord, mais rien ne les obligeait à rester ensemble après cela.
Noriko renifla. Elle avait l’habitude d’être seule et elle ne leur en voudrait donc pas s’ils exigeaient son départ. Cependant, elle devait bien admettre qu’elle s’était attachée à eux et que cette décision la peinerait grandement.
Elle leva les yeux vers le ciel bleu, devinant les étoiles qui s’y cachaient.
Les choses auraient-elles été différentes si elle s’était présentée sous l’épithète qu’on lui connaissait sur Grand Line ?
Noriko, la nièce de Mihawk.
Elle enfonça son front dans ses bras, se répétant inlassablement qu’elle détestait ce surnom.