Noriko

Chapitre 7 : Le Baratie (2)

1435 mots, Catégorie: M

Dernière mise à jour 05/06/2025 16:54

— Nami et les autres sont dehors ! cria Luffy en sortant en trombe, suivi du reste des Chapeaux de Paille.


Sanji, Zeff et les cuisiniers leur emboîtèrent également le pas et tous se retrouvèrent face à un étrange spectacle.


Grandement fragilisé par les nombreux dégâts causés par la navigation sur Grand Line, l’immense navire de Don Krieg venait de s’affaisser sous son propre poids et commençait lentement à sombrer.


À son bord, les hommes composant le dernier équipage de la flotte du pirate sanguinaire hurlaient, mélangeant cris de terreur et de douleur. Certains d’entre eux se jetèrent à l’eau pour échapper à l’immersion du bateau, tandis que d’autres appelaient à l’aide, coincés sous des décombres et ne pouvant que faire face au terrible destin qui les attendait.


Don Krieg sortit du restaurant à son tour accompagné de Gyn et tous deux se précipitèrent à bord du navire pour minimiser les pertes, sans pour autant laisser savoir s’il s’agissait de celles humaines ou matérielles.


La mer, plate jusque-là, bougeait encore en tous sens, reprenant peu à peu son calme après le remous dont elle avait été victime.


Le Baratie, après avoir retrouvé son équilibre, vit ses clients venus se restaurer en profiter pour sortir en panique ; se dépêchant de monter à bord de leur navire afin de déguerpir au plus vite.


En entendant des cris plaintifs venir du quai où ils avaient amarré le Vogue Merry tantôt, les Chapeaux de Paille furent arrachés de leur contemplation et s’y précipitèrent.


Se rendant très vite compte que leur navire avait disparu, ils tombèrent cependant des nues lorsqu’ils trouvèrent deux de leurs amis à la place, tentant péniblement de nager vers eux.


— Johnny ! Yosaku ! Mais qu’est-ce qui s’est passé ? s’exclama Luffy.


— Où est Nami ? demanda Noriko.


— Où est le Merry ? renchérit Usopp.


— C’est Nami, elle… elle a volé le navire ! rapporta Yosaku en pataugeant.


— Quoi !?


— Elle a nous a balancé à l’eau ! fulmina Johnny en se hissant sur le quai le plus proche avant d’aider son camarade. On est désolés, on n’a rien pu faire…


— C’était un cadeau de Kaya, gémit faiblement Usopp.


— Mais enfin, pourquoi aurait-elle fait ça ? s’offusqua Noriko qui croyait son amie pourtant sincère.


— Je savais qu’il ne fallait pas lui faire confiance ! Qu’elle le garde son bateau, pesta Zoro avec rage.


— Non. Ce sera elle ma navigatrice et personne d’autre. Quelles que soient ses raisons, je m’en moque, il faut la rattraper, objecta calmement Luffy.


Sans leur laisser le temps de répondre, le capitaine longea le pont en sens inverse tout en scrutant la mer autour de lui. Son regard s’arrêta rapidement sur un navire se trouvant au large.


— Je la vois. Johnny, Yosaku, votre bateau peut encore tenir la route ? interpella-t-il.


— Euh oui, quelques temps, répondit le premier en avisant le navire toujours amarré à leurs côtés. Le mât est toujours un peu fragile, mais…


— Alors partez tous devant, ordonna le jeune pirate en se tournant vers le restaurant, je vous rejoindrai quand j’en aurai terminé ici.


— T’es vraiment pas possible, un vrai casse-pieds, râla Zoro qui obéit malgré lui. Entendu, mais fais attention à toi, ces cuistots sont vraiment pas nets.


— Je ferai gaffe.


— Y a juste à lever l’ancre et on sera prêts, prévint Yosaku en précédant Johnny à bord de leur navire.


— Allons-y ! dit Usopp en les rejoignant.


Noriko fit quelques pas pour les suivre lorsque qu’elle se figea sur place, obligeant ainsi Zoro, sur ses talons, à l’éviter de justesse.


— Bon sang, à quoi tu joues !?


Le menton tremblant, la jeune femme ne prit pas la peine de lui répondre. Elle venait de remarquer que le navire de Don Krieg était coupé en deux à la perfection. Une coupure nette et précise qu’elle savait faite à l’aide d’un sabre.


L’estomac au bord des lèvres, elle se pencha du mieux qu’elle put sur la rambarde et lança un regard affolé autour d’elle, balayant rapidement l’horizon des yeux.


C’est là qu’elle le vit.


Dans son bateau en forme de cercueil, son sabre noir placé derrière son dos, le Grand Corsaire Dracule Mihawk, dit Œil de Faucon, avançait vers ses victimes ; naviguant habilement entre les décombres de ce qu’on pouvait désormais appeler épave.


Non…


Ses jambes fléchirent et elle tomba au sol, le souffle court.


— Nori ? héla Luffy en revenant sur ses pas.


— Eh, qu’est-ce qui t’arrive ?


Zoro attrapa son bras avec douceur pour la relever, mais s’immobilisa prestement.


La poigne de son ami se resserrant douloureusement sur elle sortit Noriko sortit de sa stupeur. Elle leva son regard toujours terrorisé vers lui et remarqua que lui aussi fixait le nouveau venu.


— Cet homme… c’est…


Zoro tremblait tellement qu’il ne put terminer sa phrase.


— C’est qui, celui-là ? demanda innocemment Luffy.


— C’est… C’est… le Grand Corsaire…, bégaya Johnny, pâle comme un linge.


— Mihawk Œil de Faucon, termina Yosaku, aussi livide que son ami.


— Celui qui a anéanti la flotte de l’autre fou furieux à lui tout seul !? paniqua Usopp en manquant de s’arracher les cheveux.


Avec horreur, Noriko comprit qu’à l’instar des siens, les tremblements du jeune bretteur étaient dus à de l’excitation. Sachant pertinemment ce qu’il avait l’intention de faire, elle tenta de le ramener à la raison en se relevant.


— Zoro, ne fais pas ça, souffla-t-elle.


— Ne t’en mêle pas, lâcha-t-il sans ciller.


— Arrête, tu ignores de quoi il est capable. Si tu le combats, tu mourras !


— J’ai attendu ce moment toute ma vie, assura-t-il en resserrant son emprise sur son bras endolori. Personne ne m’empêchera de combattre le meilleur bretteur du monde.


Noriko serra des dents en tentant de se dégager.


— É… Écoute-moi…


— Non, toi tu m’écoutes, asséna-t-il en approchant son visage du sien. J’ai un semblant d’estime pour toi, alors je te le demande gentiment : reste en dehors de ça.


Sous les regards ébahis d’Usopp et de ses anciens camarades, il la relâcha brusquement avant de s’adresser à Luffy.


— Quoiqu’il arrive, contente-toi de regarder, ordonna Zoro en décrochant le foulard qui décorait son bras.


Face au ton déterminé du manieur de sabres, le capitaine hocha sérieusement la tête en signe d’accord.


Le jeune homme aux cheveux verts se dirigea vers le pont principal tout en mettant en place le foulard sur sa tête.


Refusant de le voir mourir sous ses yeux, Noriko tenta le tout pour le tout.


— Tu pourras pas le vaincre, Zoro, implora-t-elle, pas avec ton niveau actuel !


Son ami ne prit même pas la peine de tendre l’oreille vers elle et poursuivit son chemin.


— Arrête Nori, intervint calmement Luffy tout en posant une main sur son épaule. C’est son combat, tu peux pas lui retirer ça.


— Viens Noriko, l’interpella Usopp, une main tendue pour l’inciter à monter à bord, faut qu’on se tire d’ici, on va tous y passer, sinon.


Le cœur battant déjà à tout rompre, la respiration de la jeune femme s’emballait à son tour.


— Il faut l’en empêcher, insista-t-elle vivement, je l’ai déjà vu combattre, il n’aura aucune pitié, c’est…


— Ne dis pas n’importe quoi, coupa sèchement Johnny, si tu avais vu combattre Œil de Faucon, tu serais pas là pour le raconter.


— Elle vient de Grand Line et elle est ici, c’est donc possible, supposa naïvement Luffy.


Un bruit strident prit place dans les oreilles de la jeune femme, menaçant de faire exploser ses tympans tandis que les visages de ses amis devinrent brièvement flous, indiquant qu’elle n’arrivait plus à réfléchir.


— S’il nous voit, on est fichus, insista la voix lointaine et paniquée menteur invétéré, dépêche-toi de…


— Vous comprenez pas, c’est lui mon oncle ! explosa-t-elle soudainement.


Zoro s’immobilisa enfin et le silence qui suivit fut insoutenable.


Cependant, Noriko ne put se préoccuper bien longtemps des regards pesants sur elle car elle venait de voir très clairement l’esquisse d’un sourire se dessiner sur le visage de Mihawk, désormais tout près.

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