Je crois être amoureux de ma coéquipière (Neji X Tenten)

Chapitre 9 : Avez-vous vu le singe volant, vêtu de vert ?

6349 mots, Catégorie: M

Dernière mise à jour 23/11/2023 00:09

Notes de l’auteure :

Coucou ! Comme vaguement promis, chose faite : Un chapitre spécial de la semaine ! Célébration et condoléances à mon esprit épuisé ! On s’en fout, on veut du Neji X Tenten ! Crée, esprit ! De préférence, je dois aussi réussir à le taper, me dit ma conscience.


Ma conscience gâche souvent mon plaisir…


Donc, suite à un magnifique commentaire d’un lecteur sur AO3, qui s’inquiétait (pas de ma santé mentale) de voir la suite être publié si lentement, je vais publier d’avantage. Environ deux chapitres par semaine, dans le meilleur des mondes (Pas dans le mien, mais dans le vôtre XD).


Et j’ai maintenant une bêta-reader ! Mouhahaha ! Je ne veux pas la traumatiser, elle me donne plein de courage, donc faut pas lui mettre la pression. Mais grâce à elle, mes piètres talents en grammaire vont, probablement, être plus subtils. (Parce que je me foule les neurones chaque fois que j’écris CE. Est-ce SE ou CE ? Et puis merde, j’écris ce que je pense et le correcteur me le dira. Mais mon correcteur à des problèmes de mémoires, comme vous pouvez le voir parfois…)


** Mention spéciale à l’anecdote humoristique de la semaine, en fin de chapitre, qui se déroule sous le point de vue de Neji ! **


Bonne lecture !


Chapitre 9 : Avez-vous vu le singe volant, vêtu de vert ?


Tenten émergea d’un sommeil agréable, la chaleur douce de la couverture et du douillet nid, qu’avait laissé le matelas autour de son corps, la fit presque aussitôt se rendormir. Pourtant, ses habitudes reprirent le dessus et son horloge interne lui fit ouvrir les yeux. Automatiquement, elle estima l’heure de par les rayons du soleil, qui peinaient à traverser les fins rideaux.


Son regard dériva de la fenêtre vers ses coéquipiers, leurs respirations profondes l’informant qu’ils dormaient encore. La vue de l’autre lit lui fut bloquée par le dos de Neji, ce qui la surprit, puisqu’elle avait remarqué que le jeune Hyûga dormait toujours sur le dos.


Cette position de sommeil de sa part l’avait étonnée et un peu effrayée. Il faut dire que Neji était naturellement pâle et qu’il ne bougeait pas du tout dans son sommeil. Tenten s’était souvent surprise à le regarder et chercher une respiration faire remonter son torse, juste pour se rassurer qu’il était vivant.


Voir son dos, si imposant, mais en même temps si petit comparé à celui de Gai-sensei la troubla. Voire Neji, jeune homme talentueux, intelligent, noble et tout le blablabla, dans un état aussi vulnérable lui rappelèrent durement sa réalité d’être humain. Encore entre l’âge d’un enfant et d’un adulte qui plus est.


Elle se rendit compte qu’elle oubliait complètement ce fait en sa présence, lorsque celui-ci était éveillé. Elle avait tendance à se dire que tout allait bien parce qu’il était Neji ! Tenten s’en sentit honteuse, parce que, là, maintenant, avec sa douce respiration profonde, il avait l’air si… vulnérable et paisible.


Même si elle ne voyait pas son visage, l’aura de froideur habituelle n’émanait plus de lui pour éloigner systématiquement quiconque s’approchait de trop près.


Elle admira ses beaux cheveux, d’une teinte de brun plus foncée mais pas tout à fait noire. Les longues mèches semblaient si soyeuses, étalées lâchement sur le blanc pur de son oreiller, qu’elle se mordit la lèvre. Tenten dut concentrer son esprit sur autre chose que l’envie douloureuse de glisser ses doigts dans la chevelure d’un Neji endormi, mais qui serait fort probablement furieux au réveil. Elle voulait tellement qu’il lui fasse un peu confiance, ce serait donc complètement contre-productif...


Expirant doucement un soupir, elle prit mille et une précautions pour se lever du lit, sachant qu’elle ne pourrait plus dormir. Mais au moins, elle essaya que Neji le fasse.


Tenten crut réussir, lorsqu’il ne lui resta que l’étape de poser ses pieds au sol et que le jeune homme n’avait pas bougé. Mais soudain, sa voix douce brisa le calme :


- Il est tôt, pourquoi te lèves-tu ? Demanda-t-il d’une voix un peu rauque de sommeil.


Tenten se gifla mentalement pour avoir trouvé le rendu douloureusement attrayant.


- Désolé de t’avoir réveillé Neji, c’est mon heure habituel. Rendors-toi, si tu veux, puisque Lee et Gai-sensei dorment encore en ce moment. Chuchota-t-elle, penaude de l’avoir dérangé dans son sommeil et ce, malgré ses efforts.


- Hn.


Comprenant qu’elle n’obtiendrait rien de plus élaboré, elle prit son sac et marcha silencieusement vers la salle de bains. Tenten se prépara méthodiquement pour la journée, faisant sa toilette et s’habillant de ses meilleurs vêtements shinobi, puisque le retour vers Konoha serait sûrement exténuant et violent. Elle laissa ses cheveux en tresse, souhaitant les attacher plus tard pour détendre son cuir chevelu irrité d’avoir tenu la coiffure sans arrêt pendant deux jours. Elle se dépêcha ensuite de laisser la place libre, au cas où Neji voudrait utiliser la salle de bains aussi.


Lorsqu’elle entra dans la chambre, elle le retrouva assit sur le lit, les cheveux un peu en bazars et les traits un peu ramollis. Quelqu’un de normal penserait que Neji était de mauvais poil en ce moment, mais Tenten avait appris, avec le temps, et elle sut qu’il semblait au contraire très reposé.


- Tu as réussi à dormir, je suis contente. Sourit la jeune fille, une vraie expression heureuse sur son visage.


Ils savaient tous les deux que Neji avaient le sommeil léger et qu’en plus, il n’aimait pas la proximité. Ce n’était donc clairement pas optimal pour lui, puisque Lee ronflait bruyamment à a peine quelques pas plus loin et qu’il partageait un lit avec elle.


- Cela aurait été stupide de laisser la fatigue me gêner pour ma mission. Répondit Neji avec un hochement d’épaule subtile.


- Réponse typiquement Neji. Gloussa doucement Tenten, volontairement pas trop fort pour ne pas réveiller les deux autres membres de l’équipe. N’empêche, je suis soulagé.


Sans prendre la peine de le harceler davantage, sachant que Neji n’aimait pas discuter, elle fouilla dans son sac et en sortit un livre et quelques autres effets. Une idée pour la suite de la mission s’était formée dans son esprit et elle voulait approfondir la théorie avant d’en parler à ses coéquipiers.


Aussi gracieusement et silencieusement qu’une ombre, Neji se faufila aussi dans la salle de bains pour sa toilette. Elle était tellement absorbée dans sa lecture qu’elle sursauta légèrement en sentant sa présence, à une distance respectueuse, près du coin de la pièce qu’elle avait réquisitionnée.


- Tu ne penses pas à réaliser des tests ici, n’est-ce pas ? Demanda-t-il finalement, lorsque la jeune fille n’avait pas daigné quitter son livre des yeux, malgré son approche.


En attendant le mélange de reproche et de curiosité dans sa voix, Tenten sourit, sachant que Neji était sûrement frustré d’avoir à avouer à voix haute qu’il était incertain.


- En fait, je prévois faire exploser une partie du manoir. Le Daïmio me semble être un vrai connard. Répondit-elle avec le plus de sérieux possible, voulant le taquiner un peu.


Son regard de perle se plissa, apparemment peu ravie de sa réponse ou de sa tentative d’humour. Avec Neji, probablement les deux...


- Aussi sérieux que d’habitude. Ria Tenten, une lueur malicieuse dansant dans ses orbes noisette lorsqu’elle le regarda. En fait, j’ai une idée pour faciliter la mission, mais je veux m’assurer que je suis capable de faire ce que je suggère. Termina-t-elle, se replongeant dans son livre.


- En quoi ça consiste ? Demanda Neji, qui faisait sonner cela plus comme un ordre qu’une question.


- Surprise. Je te le dirai après quelques essais.


Elle sentit son regard percer un trou dans sa tête et elle sourit.


- Qui seront évidemment inoffensifs, sur le plan matériel. Rassura celle-ci, moqueusement.


Avec un soupir ennuyé, il entreprit sa médiation, laissant Tenten faire… quoi qu’elle faisait.


Après un temps indéterminé, Tenten eu une discrète exclamation, ce qui fit ouvrir les yeux du jeune Hyûga. Il observa la jeune fille sortir un pinceau et une petite bouteille d’encre, suivit de quelques morceaux de parchemin longs et rectangulaires. Sans attendre elle y traça une multitude de symboles, qui bien qu’incompréhensibles, lui semblèrent beaux. Sentant sa curiosité grandir, il finit par laisser son ego de côté et demander :


- Que fais-tu ?


- J’essaie une formule de fûinjutsu. Ce n’est pas de l’invocation, alors je suis plus basique dans le domaine. Expliqua Tenten, son regard concentré sur le mince morceau de parchemin.


- Qu’espères-tu avoir comme effet avec ce parchemin ? Demanda doucement Neji, qui réfléchit à la bonne façon de formuler sa question, puisque le fûinjutsu lui était inconnu.


- Sommairement, je veux alléger le poids d’un objet.


Neji, étant un jeune homme à l’esprit logique en tout ce qui concernait la stratégie et le combat, comprit aussitôt quel était son objectif. Il en fut aussitôt très intéressé et légèrement impressionné. Juste légèrement…


- Tu comptes l’utiliser sur toi ou sur l’équipement ? Questionna le jeune homme.


- Tu comprends vite. Apprécia Tenten, un sourire fier sur ses lèvres, ce qui laissa Neji confus vers qui, exactement, cette fierté était dirigée. Je veux l’utiliser sur les deux.


Un sourire tordu se glissa sur ses traits doux. C’était une expression qu’elle ne réservait qu’à tous défis potentiellement difficiles et douloureux.


- Est-ce réalisable ? Quelles en sont les conséquences ? Demanda-t-il prudemment, sachant qu’il n’aimerait probablement pas ce qu’il allait entendre.


Tenten avait la capacité d’être imprudente avec elle-même…


- Si j’arrive à créer le sceau, il nécessitera seulement qu’un peu de chakra. Que ce soit pour un objet ou une personne, cela ne fera aucune différence. Mais plus j’activerai de sceaux, plus ce sera gourmand en chakra. Il me reste à réfléchir sur quelques détails et tu pourrais m’aider sur ceux-ci. Avoua finalement Tenten.


Neji leva un fin sourcil, signe de sa curiosité. Ils savaient tous les deux que Tenten n’aimaient pas demander quelque chose… De plus, il ne connaissait pas le domaine des sceaux.


- Ne t’en fais pas Neji, rien avoir avec les sceaux. Assura précipitamment la jeune fille, comme si elle lisait ses pensées, ce qui le surpris silencieusement. C’est plus au niveau stratégique. Termina plus lentement Tenten, une moue un peu mécontente sur le visage.


- Informe-moi sur ton idée de base alors. Accorda Neji de sa voix calme.


- D’accord, mais ne te fâche pas. Marmonna nerveusement Tenten.


- Je vais essayer, si ce n’est pas trop stupide. Assura-t-il sans détour, un discret rictus amusé sur ses lèvres, ce qui lui valut un regard noir en réponse.


- Gai-sensei a volontairement adapté sa vitesse à la nôtre, puisqu’en tant que Genin, nous ne sommes pas assez rapides et endurants en comparaison. Donc, si nos ennemis sont plus forts que la moyenne des Chûnin, notre vitesse est une faiblesse si nous cherchons à éviter la confrontation. Commença Tenten.


Neji hocha la tête, attentif. Il avait lui-même pensé à cela.


- La seule variable valable en vitesse est donc Gai-sensei. Il ne nous laissera pas derrière pour aller livrer le parchemin lui-même et nous pourrions être des otages gênants. Nous n’avons pas non plus le temps de débusquer une taupe, qui avertira certainement les ennemis dès notre départ. Je suis un élément gênant parce que je suis moins… mobile pour l’équipe, ce qu’ils sauront aussi. Reste donc l’effet de surprise. Termina fermement Tenten, plantant un regard déterminé dans celui de Neji.


- Et c’est sur cet élément de surprise que tu veux que je t’aide. Comprit le jeune Hyûga.


- Exactement. Si je supprime mon poids, le tien et celui de Lee, Gai-sensei pourra utiliser pleinement ses capacités de vitesse pour se rendre au village sans que l’on soit un poids mort. Le problème, c’est que nous conserverons notre gabarit et que nous encombrerons donc ses mouvements s’il essaie de nous porter. J’ai donc pensé à… une transformation.


- Cela pourrait fonctionner pour nous, mais pas pour Lee. Réfléchit Neji, son esprit analysant le possible plan.


- Exact, donc seulement toi et moi serions transformés et Lee, poids supprimé, grimperait sur le dos de Gai-sensei. Nous pourrions utiliser cela à notre avantage, pour que l’ennemi pense que nous avons divisé nos forces, mais j’en doute un peu.


Neji resta silencieux pendant qu’il réfléchissait, une main posée sur ses lèvres pâles.


- Cela pourrait fonctionner. Mais il faudrait une transformation passe-partout. Toutefois, seras-tu capable de maintenir une transformation, en plus des sceaux ? Demanda-t-il sérieusement.


- Je pense pouvoir tenir deux heures. Après, je supprimerais un peu de mon poids pour courir. Il me restera juste assez de chakra pour maintenir vos sceaux aussi, mais je ne sais pas combien de temps avant que je devienne heu… inutile.


- Deux heures d’avance ne sont pas négligeables, mais on ne peut se permettre que tu tombes inconsciente, surtout en plein combat. Gai-sensei pourrait te porter et ainsi, tu maintiendrais ton endurance et ton chakra pour laisser les sceaux actifs plus longtemps. Corrigea posément Neji, son regard inflexible lui disait de ne pas contredire cette logique.


- J’aurais aimé éviter d’être encore porté, c’est si pathétique. Grimaça Tenten, mécontente. Mais l’équipe passe avant mon ego et je suis d’accord avec toi, ce serait la meilleure option.


- Reste à décider d’une transformation et d’un plan. Penses-tu terminer les sceaux avant la convocation du Daïmio ?


- Ouais, une heure devrait suffire pour peaufiner. Acquiesça Tenten.


- D’accord, je vais réveiller les deux crétins et leur expliquer le plan, je te laisse la partie technique. Approuva Neji, qui se levait déjà vers les deux mâles endormis.


- Que la journée commence. Rigola Tenten, sachant que Neji avait autant envie qu’elle de retarder l’inévitable entrain bruyant des deux hommes.


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L’équipe Gai était en action, préparant les derniers détails du plan élaboré par Tenten et peaufiné par chacun des membres. Ainsi, il fut décidé que Tenten et Neji prendraient la forme d’arme, des kunai, pour plus de crédibilité. Chacun rangerait ses effets personnels dans le sac extensible de Gai-sensei et Tenten y apposerait un sceau pour en retirer le poids. Lee le mettra sur ses propres épaules, pendant qu’il serait sur le dos de Gai-sensei.


Ils avaient convenu de prendre un itinéraire inattendu, qui les rallongerait un peu mais assurerait ainsi qu’aucuns pièges ne les attendraient. Gai-sensei avait assuré qu’ils seraient à Konoha dans la nuit, ce qui avait pris au dépourvu ses élèves.


Après tout, cela avait pris deux jours, à un rythme rapide, pour arriver à leur position. Mais personnes n’avaient contesté la confiance redoutable du Jonin. Ils avaient aussi été abasourdis d’apprendre que l’homme portait des poids d’environ cent livres sur chaque jambe, qui seraient aussi allégés par les sceaux de Tenten.


Ainsi, lorsqu’un domestique vint les chercher après leur repas, sur ordre du Daïmio, l’équipe Gai était prête. Neji et Tenten signèrent le jutsu de transformation et Lee glissa avec précaution les kunai qu’ils étaient devenus dans sa pochette d’arme. Il les mettrait ensuite dans un endroit plus à découvert après leur départ, au cas où ils ne tiendraient pas la transformation, avant la limite des deux heures impartie. Surtout Tenten, qui devait gérer aussi le chakra des sceaux.


Gai-sensei et Lee se présentèrent ensuite dans la salle lourdement décorée du manoir, où ils avaient rencontré le Daïmio la veille.


- Shinobi de Konoha, j’ai décidé qu’il serait profitable pour mon pays de signer l’accord commercial que vous avez apporté. Ramené cela à votre Hokage, n’échouez pas, je n’ai pas la patience d’attendre une nouvelle entente. Rejeté.


Le Jonin prit le parchemin qu’un garde lui tendit et inclina respectueusement la tête.


- Nous partons de ce pas. Assura Gai. Merci pour votre hospitalité.


Les deux shinobi de Konoha furent escortés à la sortie de la ville par un petit groupe de ninja. Lorsqu’ils traversèrent les portes de la ville, les shinobi du pays de la terre furent pris au dépourvu par l’étrangeté de la scène qui s’ensuivit.


Lee grimpa sur le dos de Gai-sensei, comme s’il s’agissait d’un bébé singe enroulant ses bras autour d’un parent. Peut-être est-ce l’image déplaisante de deux hommes, habillés de spandex vert moulant, qui semblaient fusionner et créait le sentiment de malaise…


- Libération de la troisième Porte céleste ! S’écria Gai, son visage prenant aussitôt un rouge profond inquiétant.


Sans perdre une seconde, les deux shinobi de Konoha disparurent dans un nuage de poussière, aveuglant toute personne dans un périmètre de vingt mètres.


Lee s’accrocha fermement au Jonin, résistant au contrecoup qui le poussait vers l’arrière. Ses yeux pleurèrent sous le poids de la passion et du vent, fouettant son visage, produit par la vitesse du Jonin. Le paysage était un flou de vert pendant que Gai-sensei filait comme une météorite sur la route commerciale, terreuse et plate, entre les deux villages. Percuter un arbre, à cette vitesse, serait mortel.


Deux heures plus tard, après avoir traumatisé plusieurs marchands ambulants sur son passage, le Jonin ralentit et s’embusqua dans une clairière, le souffle lourd. Sans attendre, Lee dénoua ses bras douloureux et libéra les deux kunai de son uniforme et les plaça doucement sur l’herbe. Aussitôt, deux petits nuages de fumé s’élevèerent et apparu un Neji ébouriffé et une Tenten blafarde.


- Gai-sensei, tu es génial ! Haleta la jeune fille tout en s’affalant sur l’herbe pour reprendre son souffle.


La dernière heure avait été particulièrement éprouvante pour sa concentration et sa maîtrise en chakra.


- C’était si plein de jeunesse Gai-sensei ! Pleura Lee, des étoiles brillantes dans ses yeux larmoyants.


L’homme, encore essoufflé, leva un pouce brillant de fierté. Neji hocha la tête en signe de respect, beaucoup moins expressif dans son enthousiasme mais néanmoins impressionné. Il regarda ensuite l’endroit qui les entourait, essayant de prédire leur position par rapport à Konoha.


- La montagne là-bas est sur le territoire du feu, je la reconnais. Dit Neji. Je crois que nous sommes à trois ou quatre heures du village. Il est clair que nous avons semé nos poursuivants, qui doivent être encore du côté de la frontière du pays de la terre.


- Je crois aussi. Au pire, ils nous attendaient en embuscade près de la frontière et nous avons deux heures d’avance. Approuva Tenten, reprenant un peu de couleur.


- Prenons une pause de quinze minutes, nous repartirons ensuite et ferons le voyage d’une traite. Ordonna Gai-sensei, un sourire éblouissant aux lèvres. Tenten, comment vont ta réserve de chakra et ton dos ? Demanda plus doucement l’homme en regardant vers la jeune fille.


Elle n’avouerait pas à voix haute que son dos la tuait, cela ne ferait que les inquiéter et ralentir l’équipe.


- Ma réserve de chakra tiendra jusqu’à Konoha. Assura la jeune femme, une expression déterminée sur son visage. Mon dos aussi.


Ce n’était pas un mensonge, elle tiendrait. Elle restait seulement évasive sur l’état... Elle sentit le regard scrutateur de Neji, mais refusa de tourner la tête dans sa direction. Le jeune homme était trop perspicace pour se faire duper. Lee et Gai-sensei semblaient hésitants, mais eurent la gentillesse de ne pas commenter à voix haute.


- D’accord, faisons comme prévu. Neji, jette un coup d’œil autour pour être certain. Ensuite, repos. Demanda Gai-sensei avec le sérieux qu’il n’utilisait que rarement.


Neji obtempéra et confirma qu’il ne détectait aucun shinobi dans les trois cents mètres environnant. Ainsi, ils se détendirent et en profitèrent pour délasser leurs muscles crispés. Neji et Lee s’étirèrent méticuleusement, se préparant pour les prochaines heures de course. Tenten ferma les yeux pour endiguer son mécontentement de devoir être porté au lieu de courir, sur ses pieds, à leur côté.


Ainsi, l’équipe Gai termina sa pause et fila comme une flèche vers Konoha, soutenu par le rythme souvent qualifié d’exagérer de Maito Gai. À leur grand soulagement, aucun shinobi ennemi ne pointa le bout de leur nez et ils aperçurent avec joie les portes massives du village de la feuille.


Les deux gardiens n’eurent besoin que d’un regard pour reconnaître l’exubérant Jonin, puisque le spandex n’était plus à la mode depuis vingt ans.


- Bien, je vais aller faire mon rapport au Hokage, vous trois, allez à l’hôpital et faites-vous examiner. Ordonna Gai-sensei, regardant avec affection ses élèves exténués.


Trop épuisés pour protester, ils acquiescèrent et le Jonin fit glisser précautionneusement de son dos une Tenten pâle et tremblante. Ils se doutèrent que ce n’était pas seulement causé par l’épuisement des chakras. Avec son entêtement habituel, la jeune femme voulue marcher elle-même jusqu’à l’hôpital, malgré ses pas mal assurés, mais Lee et Neji glissèrent, sans un mot, un bras sous ses épaules. Ils balayèrent ensuite, d’un regard appuyé, toutes possibles protestations. C’est donc un peu maladroitement que le trio arriva enfin à destination.


Lee fit un raffut pour faire comprendre au personnel soignant qu’il voulait être avec Tenten. Excédés de son comportement tapageur, ils les enfermèrent dans une chambre de trois lits sans ménagement. Cela embarrassa Neji et Tenten, qui subissaient aussi leurs regards courroucés, mais qui approuvèrent tout de même, plus raisonnablement que Lee, sa demande de rester en équipe.


Cela surprit Tenten et Lee, que Neji acceptent de partager une chambre avec eux, mais ils ne le soulignèrent pas à voix haute, se contentant d’un regard silencieusement complice et ravis.


Après avoir pris place dans les lits d’hôpitaux, au grand ravissement de Tenten, qui déclara que c’était l’invention la plus merveilleuse de l’humanité, une médecin se présenta dans la chambre. Celle-ci était flanquée de deux infirmières.


- Alors, voici nos cas bruyants de la soirée. Dit la femme avec fermeté, observant minutieusement le trio.


Cela eut le mérite de faire tressaillir Lee et d’obtenir un regard d’excuse de la part de Tenten. Neji resta Neji et il se contenta donc d’un regard neutre et d’un visage lisse.


Voyant que le trio d’adolescents était maintenant plus calme et ne causerait plus de réel problème, la médecin se permit un petit sourire. Les shinobi étaient sa clientèle la plus difficile et ils devenaient, au fil de leur formation, des habitués de l’endroit. Elle avait la profonde intuition que cette équipe de Genin ne ferait pas exception, au vu de la témérité qui émanait de chacun d’eux.


- Alors, j’ai au dossier que le membre le plus blessé de votre équipe est… Tenten. Demanda la médecin, tout en fouillant son bloc note.


Elle posa finalement son regard vif sur la seule femme du trio de Genin.


- Ouais, en quelque sorte. Bredouilla celle-ci, une petite grimace contrariée sur son visage.


- Alors examinons cela. Voulez-vous que je ferme les rideaux pendant l’examen ? Questionna gentiment la femme en s’approchant.


- Ça ira, ce n’est que mon dos. De plus, vous devrez assommer Lee parce qu’il poserait trop de questions. Ria nerveusement Tenten, une lueur d’affection dansant dans ses prunelles noisette à la mention du garçon.


Un soupir discret de Neji et un marmonnement boudeur de Lee arrachèrent un sourire au médecin. Elle demanda ensuite à Tenten de s’étendre sur le ventre. Avec douceur, la médecin souleva le haut rose de l’adolescente.


- Tu as reçu des soins ? Interrogea la femme en apercevant les compresses.


- Une médecin a refermé une partie des blessures internes, mais elle ne pouvait pas tout guérir. Il reste les points de suture et… je crois que certaines plaies se sont ouvertes pendant le trajet du retour. Avoua doucement la jeune femme, évitant de regarder ses coéquipiers, à qui elle avait décidé de ne rien dire.


- D’accord. Lisa, apporte des serviettes d’eau tiède, on va enlever les compresses en douceur. Ordonna la médecin en regardant une infirmière, qui se glissa vers la salle de bains avenante à la chambre. Tenten, je vais devoir retirer ton haut, cela te convient ?


- Oui, j’ai des bandages dessous. Répondit timidement celle-ci, se demandant si fermer les rideaux aurait été mieux, finalement.


Avec précaution, la deuxième infirmière l’aida à enlever le vêtement sans gestes brusques. La dénommée Lisa revint avec des serviettes humides et les trois femmes passèrent à l’action, sous l’œil vigilant du médecin, qui glissa une main illuminée de chakra à quelques centimètres de son dos nu.


- Bien Tenten. Quelques points ont lâché, comme tu l’avais prédit, mais rien de grave. C’est une chance que tu es eu des soins avant, il commence à avoir un début d’infection. Je vais refermer les plaies, mais il restera des cicatrices.


- Pas de problème, les cicatrices sont le cadet de mes soucis. Assura Tenten, un sourire reconnaissant sur ses lèvres.


Cela prit environ dix minutes à la femme pour tout refermer, pendant que les infirmières coupaient minutieusement les points de sutures. Un soupir de contentement s’échappa de Tenten lorsque le chakra brillant de vert apaisa la douleur lancinante dans ses membres. Même si sentir un chakra inconnu dans son corps était bizarre, c’était un tel soulagement qu’elle balayait l’inconfort.


- Voilà, une bonne nuit de sommeil pour récupérer et tu pourras repartir demain. Assura gentiment la médecin.


- Merci, j’admire et apprécie beaucoup votre travail. Avoua Tenten, les yeux pétillants d’honnêteté.


Cela lui valut un sourire encore plus large du personnel soignant.


- C’est toujours agréable à entendre. Apprécia la médecin. Maintenant, passons à vos coéquipiers. Pourquoi pas le plus bruyant en premier ? Sourit-elle malicieusement en regardant Lee, qui rougit d’embarras.


Après avoir soigné Neji et Lee, qui souffraient principalement de faiblesses musculaires dues au surmenage et un épuisement des chakras moyen, les trois femmes quittèrent la pièce avec la promesse de leur faire parvenir un repas. C’était une gracieuseté de l’estomac de Lee, qui avait gargouillé sans grâce en plein examen de santé.


- J’étudierai aussi le ninjutsu médical, après avoir peaufiné quelques techniques. Soupira rêveusement Tenten, les yeux brillants d’admiration.


- Tu veux être médecin, Tenten ? Demanda Lee avec curiosité et intérêt.


- J’aimerais suivre les traces de Senju Tsunade. Approuva-t-elle avec chaleur. Tu sais Lee, elle peut briser des rochers avec son petit doigt !


- Quelle jeunesse ! S’enthousiasma le garçon, s’imaginant apparemment faire de même.


- C’est aussi la meilleure médecin au monde. Sourit Tenten. Si j’étudie sans relâche, je pourrai m’assurer que vous serez toujours exempt de blessure grave en mission. Termina-t-elle doucement.


- L’équipe Gai est forte Tenten, tu n’as pas à t’inquiéter pour nous ! S’exclama fiévreusement Lee, le regard flamboyant de passion.


- Je sais Lee, je sais. Assura la jeune fille en souriant affectueusement aux deux garçons.


Neji avait les yeux fermés, mais elle savait qu’il écoutait chaque mot de leur conversation.


Elle ne voulait pas dire à Lee qu’une blessure arrivait si vite, peu importe la force. Elle ne voulait pas mentionner qu’elle sentait l’inquiétude serrer son cœur à la simple pensée d’être impuissante devant une de leur blessure. Une blessure qui pourrait leur être fatale à un membre de son équipe, qui devenait, au fil des semaines, sa famille et son point d’ancrage.


Tenten n’aimait pas trop s’étaler sur ses émotions, surtout devant eux, puisqu’elle s’efforçait de gagner leur estime et leur confiance.


- Quelque chose ne va pas, Tenten ? Demanda soudain Lee, son sourire s’effaça pour être remplacé par une expression inquiète.


Elle sentit le regard de Neji se poser sur elle et la jeune femme réprima son angoisse secrète, poussant un sourire à Lee avec le plus de conviction possible. Il ne fallait pas sous-estimer l’utilisateur de taijutsu, qui ne manquait pas de l’étonner avec sons sens de l’observation plus développée qu’il ne le laissait croire. À moins, pensa-t-elle, qu’elle était encore plus évidente qu’elle ne le pensait…


- Tout va bien, Lee, seulement un peu de fatigue. Je suis contente que vous alliez bien, alors l’adrénaline diminue. Assura Tenten, qui remonta les couvertures sur ses épaules. Allez, bonne nuit les gars, Gai-sensei va vouloir que l’on s’entraîne demain !


Comme elle l’espérait, à la mention des mots magiques « entraînement » et « Gai-sensei », Lee pétilla et oublia son inquiétude pour un babillage emplit de fantasmes. Neji se contenta de froncer un sourcil fin pour montrer qu’il n’était pas dupe, mais referma les yeux et se cala dans le lit, les ignorants.


Tenten s’endormit, avant que les infirmières ne reviennent avec la nourriture, puisque l’épuisement eut raison d’elle. Même avec l’arrivée bruyante de Gai-sensei, qui vint s’enquérir de leur état, elle resta profondément endormie.


Après tout, elle se sentait en sécurité dans son village. Avec Lee et Neji dans la chambre, tout irait bien. Elle pouvait leur laisser son dos avec confiance.


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Anecdote humoristique de la semaine (du point de vue de Neji) * Comme promis au chapitre 8


Étant un fier shinobi, un génie en pleine possession de mes moyens, un… Bref, cela prit quelques jours avant que j’en vienne à la conclusion que quelque chose clochait avec ma santé. L’acceptation m’a prise quelques autres semaines supplémentaires.


Mais, finalement, lorsque mes intestins m’ont donné l’impression qu’ils pirouettaient, j’ai accepté que quelque chose, fort probablement, clochât avec mes organes internes. Bien sûr, cela ne pouvait absolument pas être relié au fait que Tenten avait troqué sa tenue habituelle pour une tunique plus courte, qui facilitait ses mouvements.


Il n’y avait aucuns liens entre le surplus visuel de peau crémeuse et les problèmes intestinaux. Mon esprit logique et infaillible était formel. En tant que génie, je devais donc investiguer sur les vraies causes de mon malaise. Mon plan s’est donc constitué en plusieurs étapes :


1) Surveiller mon alimentation : J’ai demandé à Tenten de m’expliquer le rôle de certains aliments, qu’elle semblait prioriser dans la préparation de nos repas en mission. Lorsqu’elle a eu un regard surpris et à commencer à parler des bienfaits de l’ail, j’ai été pris d’une soudaine torsion à l’estomac. Depuis quand ses prunelles noisette ont des touches dorées près des iris ? C’était quoi déjà, le sujet de la conversation ?


J’ai donc commencé à me méfier de l’ail, cela semblait altérer ma mémoire.


2) Améliorer mes habitudes de sommeil : J’ai planché sur cette cause possible, puisque la vie de shinobi impose des déséquilibres importants dans le cycle de sommeil. Partager une tente avec deux ronfleurs bruyants n’aide pas et j’ai surpris mon esprit a s’emballer sur de nouvelles techniques d’étranglements. Voyant que le manque de sommeil ralentissait mes réflexes, j’ai découvert un nouveau problème, sur le long terme…


Un jour, pendant une excursion, Tenten et Gai-sensei montèrent deux tentes distinctes, à ma grande surprise et celle de Lee. Sans ménagement, lorsque Lee posa la question, Tenten a répondu qu’elle rencontrait des difficultés à dormir tellement lui et Gai-sensei ronflaient fort. Elle a dit que cette tente était la sienne et la mienne, si je le voulais. Cette nuit, là, lorsque je suis resté éveillé, c’était pour développer de nouvelles techniques de suppression de l’odorat.


Parce que l’odeur de Tenten était agréable, dans cette petite tente, et cela chatouillait étrangement mon estomac. J’ai compris que je développais une probable allergie à son shampooing.


Je devrais lui en faire part, un de ces jours...


3) M’entraîner plus, puisque les points 1 et 2 ne sont pas concluants : Je ne suis pas dans mes derniers retranchements, simplement moins imaginatif que la moyenne, puisque j’ai un esprit cartésien. J’ai décidé d’augmenter le régime d’entraînement, puisque mon malaise commençait à empirer au fil du temps.


Maintenant, chaque jour, j’ai des pincements étranges à la poitrine lorsque nous partons en mission. Je suis pourtant en forme, physiquement, donc les problèmes cardiaques sont effrayants à considérer. J’ai même remarqué que cela empirait lorsque Tenten avait une attention envers moi. C’est pour dire que l’on peut mourir sans préavis d’une crise cardiaque.

Pourquoi me tendre un bol de riz accélérerait mon rythme cardiaque ? Peut-être est-ce le riz en lui-même ?


Je note.


4) Me rendre à l’hôpital…


J’ai en quelque sorte compris que cela demandait l’avis d’un expert. Je me suis donc rendu à l’hôpital. La secrétaire me demande le sujet de ma consultation et elle semble surprise lorsque je lui dis que j’ai des doutes sur ma santé interne. Je suis ravie qu’elle ne pose pas plus de question, je n’aime pas les fouineurs et partager mes antécédents médicaux, dans un hall d’entrée peuplé, ne m’attire guère.


Une médecin vient me chercher dans la salle d’attente et me fait asseoir à son bureau. Elle me demande ce qui m’amène et je le lui décris précisément mes symptômes, que j’ai appris à réciter par cœur pour l’entretien.


Les sourcils de la femme se plissent d’incrédulité et elle me lance un regard étrange. Je comprends donc que mon cas est particulièrement préoccupant. Elle me pose ensuite plusieurs questions et je dois avouer que je suis assez mitigé sur leur sens.


Je me demande pourquoi elle semble s’intéresser à ce point à Tenten, puisque c’est pour moi que je consulte. Je lui en fais part et je suis presque certain de remarquer un sourire se former derrière son cartable en bois, où elle inscrit ses notes.


Cela doit être mon imagination. Pourquoi un professionnel se moquerait d’un patient si gravement malade ?


Finalement, après d’autres questions plus ou moins étranges sur mes symptômes, elle me rassure que mon état est sans danger. Elle me dit que cela est une étape de croissance immanquable pour les gens de mon âge, puisque notre corps change beaucoup en peu de temps. Elle me donne ensuite une prescription, qu’elle me tend avec un sourire.


Je la remercie poliment. Lorsque mes pas m’éloignèrent de son bureau, je suis presque certain l’entendre pouffer de rire. Mais encore une fois, je dois paranoïer, puisque personne ne rirait vraiment d’un Hyûga si ostensiblement.


Pourtant, lorsque j’ai lu la prescription de la médecin, je suis resté confus.


Pourquoi celle-ci jugeait nécessaire que je prenne des laxatifs pour la constipation et que je mange plus d’ail ?


Comme je n’étais pas du genre à négocier sur ma santé, puisque mon corps était mon outil de travail, j’ai suivi le traitement prescrit.


Pfouaaaa, j’ai ri comme une dingue en écrivant cela. Les clients du restaurant me regardent bizarrement. Ha, ce Neji, je l’aime tellement ! Merci de votre lecture !




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