La Source de vie

Chapitre 4 : Village

3449 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 17/09/2020 15:48

Il était presque minuit et tout le village de Konoha s'endormait. Seuls quelques gardes restaient devant les portes, à attendre un éventuel visiteur tardif. Kiba avait préparé son sac. Il n'avait emporté que le strict nécessaire, à peine de quoi tenir deux jours. Il n'estimait pas avoir besoin de plus. S'il se dépêchait, il pourrait être à Izumichi à l'aube. Il n'avait bien sûr pas oublié son sachet de pilules militaires, elles lui seraient sûrement d'une grande utilité s'il devait se battre.


Les rues de Konoha étaient désertes, le vent plutôt frais. Kiba fit grimper Akamaru dans son manteau et se dirigea vers les grandes portes. Il n'était pas rare de voir des ninjas partir en mission d'urgence en pleine nuit, aussi les gardes se contentèrent-ils de le saluer et de lui souhaiter bonne chance en le voyant passer.


Une fois hors des limites de Konoha, il s'élança, à pleine vitesse. Il devrait prendre plein sud pendant un moment, avant d'être obligé de passer par la forêt, et il comptait profiter pleinement de ce terrain dégagé pour gagner un maximum de temps.


— Herm, je crois que tu oublies quelque chose, Kiba, lança une voix dans son dos alors qu'il était déjà parti depuis un bon quart d'heure.


Il s'arrêta net et regarda autour de lui. Couché sur le côté, sur un rocher non loin de là, Naruto l'observait, tout en se curant nonchalamment le nez avec son petit doigt. Trop concentré sur son objectif, Kiba n'avait même pas remarqué sa présence.


— Que… qu'est-ce que tu fais là, Naruto ?


Ledit Naruto se remit rapidement sur ses pieds et avança vers Kiba, les mains sur les hanches.


— Mamie Tsunade m'a dit que tu tenterais sans doute de partir sans moi. Alors, j'ai décidé d'attendre ici que tu passes.


Kiba soupira. Voilà les ennuis qui commençaient.


— Écoute, continua Naruto en croisant les bras, ça ne m'amuse pas non plus de partir en mission avec toi, mais il faut qu'on se serre les coudes sur ce coup-là, sinon c'est Neji qui en subira les conséquences. Alors…

— Ça va, c'est bon, l'interrompit Kiba. On fait ça ensemble. Mais t'as pas intérêt à traîner.


Sans attendre de réponses, il reprit son chemin à pleine vitesse. Tant pis si l'autre ne suivait pas. À sa grande surprise, Naruto parvint à tenir la distance et ne sembla même pas essoufflé pendant les deux premières heures alors que Kiba savait très bien qu'il avait toujours été le plus lent et le moins endurant — Shikamaru ne comptait pas, évidemment. Avait-il vraiment progressé à ce point depuis qu'ils avaient quitté de l'Académie ?


Rapidement, la forêt s'épaissit et il fut difficile d'avancer dans la pénombre. Ils n'étaient pas près d'arriver encore une dizaine d'heures dans cette direction, et ils pourraient peut-être apercevoir les premiers indices de la présence du village. D'après la carte, le village se trouvait niché au flanc d'une montagne, là où les reliefs abrupts et la végétation dense repoussait tous les curieux. Kiba s'orientait à l'odorat, aidé par Akamaru quand il se fatiguait trop. En se dirigeant vers les reliefs, les feuillus qui entouraient Konoha étaient peu à peu remplacés par des conifères au tronc épais et aux fruits dont le parfum était perceptible à une centaine de mètres. Bien sûr, ce n'était pas une science exacte, mais cela suppléait au moins à ses yeux, de plus en plus handicapés par la pénombre. Naruto, derrière lui, avait allumé une torche, mais commençait à avoir du mal à le suivre.


— Kiba ! On devrait attendre que le jour se lève ! On risque de se perdre !


Kiba s'arrêta sur une large branche, et attendit que Naruto vienne le rejoindre.


— Merci, souffla ce dernier, la respiration courte. On arrivera pas à aller plus loin cette nuit, il faut qu'on se repose.


Kiba ne répondit pas, se contentant de fouiller la poche de son manteau. Il en sortit la carte qu'on lui avait confiée et la plaqua sur la poitrine de Naruto.


— Tiens, lâcha-t-il d'un ton sec. T'auras qu'à me rejoindre quand tu te seras reposé. Moi, je continue.


Il s'apprêta à repartir, mais Naruto le retint par la manche.


— Oh ! C'est quoi ton problème ?!

— Je pourrais te demander la même chose, répliqua Naruto. Je croyais qu'on était d'accord pour faire équipe ! Il faut que tu te calmes, on n'arrivera à rien si tu n'en fais qu'à ta tête.


Kiba eut un mouvement de recul. Il ne pouvait pas croire que Naruto en personne avait le culot de lui faire la leçon sur son impulsivité. S'il ne pouvait pas suivre, c'était son problème lui se sentait toujours d'attaque, il n'allait pas arrêter maintenant.


— Écoute, j'ai autant envie que toi de continuer, mais on risque de perdre du temps si on se perd. On n'y voit rien. On pourrait tomber dans un piège. Si même moi, je sais ça, c'est qu'il y a un sacré risque, non ?


Après un instant d'hésitation, Kiba céda et s'assit au creux de la branche sur laquelle il se tenait. Naruto avait raison. Si même un imbécile aussi fonceur lui disait que c'était trop risqué, il n'avait peut-être pas tort. D'autant plus qu'Akamaru sembla soulagé lui aussi de faire cette pause, à tel point qu'il se roula en boule sur les genoux de Kiba et s'endormit instantanément.


— Bon, si ça peut te faire plaisir. De toute façon, ils ne nous auraient pas fait rentrer en pleine nuit. Mais on part aux premières lueurs du jour, compris ?

— Ouais, ouais, dit Naruto en s'installant à son tour. Je me demande bien ce qui m'a pris de te suivre, j'aurais dû te laisser te débrouiller tout seul…


Kiba se contenta de ricaner face à cette tentative de provocation. Il savait bien que Naruto avait au moins autant envie que lui de remplir cette mission. Après tout, lui aussi s'était rapproché de Neji depuis l'examen des Chunins, ce qui, d'ailleurs, ne plaisait que très moyennement à Kiba, sans qu'il sache bien expliquer pourquoi.


— Eh, dit soudainement Naruto après un long silence, je peux te poser une question ?

— Vas-y.

— Comment ça se fait que tu te sois porté volontaire pour cette mission ? Je veux dire, tu es le coéquipier d'Hinata, tu ne dois pas beaucoup porter Neji dans ton cœur…

— Tout ça, c'est de l'histoire ancienne, Hinata lui a déjà pardonné. Et puis…

— Et puis ?

— Rien, c'est compliqué.

— On a jusqu'au lever du jour.

— Je croyais que tu voulais dormir.

— Je réussirai pas à dormir, je veux juste me reposer.

— Ça t'intéresse vraiment à ce point-là ?

— On va peut-être mourir. Je le fais parce que j'estime Neji, que je pense qu'il sera un grand ninja un jour et que je ne laisse jamais tomber mes amis. Par contre, toi, je sais que tu t'es porté volontaire avant même de savoir ce que tu devais faire. Je pense que personne de sensé ne fait ça. Même moi, pour te dire, et je suis loin d'être sensé. Le faire pour Sakura ou Sasuke ? Pas de doute, j'aurais foncé. Mais toi… pour Neji… je trouve ça bizarre.

— Ça me regarde.


Il poussa un long soupir. Quand Naruto avait-il changé à ce point ? Bien sûr, la mission de sauvetage de Sasuke les avait tous affectés à un niveau ou un autre, mais Naruto ne pouvait pas avoir autant mûri en aussi peu de temps. Personne ne le pouvait et surtout pas quelqu'un comme lui. Mais il semblait plus calme, plus pensif, ces derniers temps. La rumeur courait même qu'il s'apprêtait à partir pour une durée indéterminée.


— C'est juste que… j'en sais rien, c'est difficile à expliquer. Voilà, t'es content ?

— Pas vraiment.

— Je tiens à lui, c'est tout ! Est-ce que c'est vraiment si difficile à comprendre ?

— C'est bon, t'énerve pas.

— T'as qu'à pas être aussi énervant.


Kiba sentait une chaleur de colère et d'embarras lui monter au visage, et même le vent frais ne parvenait pas à le rafraîchir. Ils étaient installés à un mètre à peine de la canopée, là où la lumière de la lune arrivait encore à pénétrer en de timides rayons blanchâtres qui n'éclairaient rien du chemin. Elle était haut dans le ciel, la nuit serait encore longue. Ce qui signifiait qu'il perdrait encore des heures et des heures, qu'il n'arriverait pas à temps. Souvent, il fut pris de l'envie de profiter d'un moment d'inattention de Naruto pour s'éclipser. Il lui avait laissé le plan, il s'en sortirait très bien tout seul. Mais à quoi bon ? Il arriverait trop tôt, et devrait patienter.


Il tenta de ne pas penser à ce qui se passait à Konoha à ce moment. Peut-être y avait-il eu des complications imprévues. Peut-être même était-il déjà trop tard. Comment savoir ?


Les heures passèrent. Naruto, les yeux fixés sur un coin de ciel à peine visible à travers le feuillage dense, ne semblait pas décidé à s'endormir. Il semblait perdu dans ses pensées, mais toujours attentif au moindre mouvement au sol, au moindre bruissement entre les branches. Sans moyen de s'esquiver discrètement, Kiba choisit de prendre un peu de repos nécessaire. Sans tout à fait dormir, il ferma les yeux et s'assoupit, demeurant dans un état de semi-conscience jusqu'au jour.

Kiba se réveilla alors que le soleil était à peine levé. Il ne devait pas être sept heures du matin, mais l'air était déjà chargé d'une chaleur qui s'annonçait plus lourde qu'à l'accoutumée.


Akamaru, encore à demi-endormi s'étira alors que son maître se levait, attendu par Naruto qui se tenait à quelques mètres de là.


— C'est bon, dit celui-ci en consultant une dernière fois la carte. On est sur le bon chemin. Le village ne devrait plus être trop loin d'ici.


En effet, ils ne tardèrent pas à voir se profiler le bord d'une palissade hérissée de pointes de fer. Les défenses, bien que suffisantes pour un endroit aussi isolé, paraissaient bien maigres, compte tenu de ce que l'endroit abritait.


Les grandes portes d'entrée étaient déjà ouvertes quand ils arrivèrent, laissant passer une dizaine de chasseurs. Ils étaient armés d'arcs et de flèches, qu'ils transportaient dans un carquois ceinturé autour d'une tenue légère, rehaussée de protections de cuir.


— Halte, shinobis de Konoha ! s'écria le plus âgé en voyant les deux ninjas arriver. Que venez-vous faire par ici ?

— Nous sommes à la recherche de l'Élixir de Vie, répondit immédiatement Kiba. Nous voudrions voir votre chef.


Le grand homme regarda ses hommes un à un, puis finit par désigner un jeune garçon aux traits fins, coiffé d'une cagoule. Ses grands yeux noirs étaient fixés sur les deux shinobis, inquisiteurs. Il ne semblait pas effrayé, seulement curieux. Il ne devait pourtant pas voir des ninjas tous les jours. À bien y regarder, Kiba remarqua qu'aucun des hommes présents n'avait l'air perturbé par leur présence, même s'ils n'en étaient de toute évidence pas enchanté. Peut-être bien qu'ils ont les moyens de se défendre contre nous, se dit Kiba en les observant. Ils n'étaient encore que des genins, qui savait de quoi étaient capables ces chasseurs ?


— Aki, conduis ces messieurs, s'il te plaît.


Le dénommé Aki opina et les invita à entrer d'un signe de tête. Ils le suivirent, ignorant les regards désapprobateurs que leur lançaient les autres chasseurs.


Le village n'avait somme toute rien d'exceptionnel. Les rues, encore désertes à cette heure, étaient bordées d'échoppes et de l'occasionnel restaurant. Il était clair que peu de gens vivaient dans cet endroit, aussi la majorité des bâtiments était des habitations. Pourtant, le lieu ne semblait pas dénué de vie. Partout, aux balcons et dans les parterres, des fleurs dardaient les couleurs de leurs corolles, trempées de rosée fraîche.


Il restait toutefois quelque chose d'étrange dans l'air, qui mit mal à l'aise les deux shinobis et qui les fit frémir sans qu'ils puissent vraiment s'en expliquer la raison. Ce village, leur semblait-il, abritait une présence lourde et écrasante sans pourtant être visible. Rien ne paraissait néfaste dans ces rues propres, dans ces murs blanc cassé, dans ces toits aux tuiles sombres. Tout paraissait normal, et peut-être le problème résidait-il là. Rien ne dépassait, tout était idyllique et, pourtant, ils allaient peut-être mourir entre ces murs et ils ne savaient pas encore d'où venait la menace.


Ils traversèrent une grande place circulaire, toujours guidé par Aki. Entouré de maison, l'endroit abritait en son centre un trou bordé de pierre, comme un puits rasant le sol. Kiba s'arrêta un instant. De là émanait une odeur qu'il ne connaissait pas. Il pouvait sentir deux pierres plutôt solide mais, en même temps, friables à force de friction, que l'on aurait frottées l'une contre l'autre jusqu'à les rendre brûlantes, comme le pain d'encre rouge que son grand-père avait gratté, le jour où Kiba avait reçu ses marques. S'y mélangeait un parfum de violette brûlée et d'autre chose, qui semblait à mi-chemin entre le camphre et la myrrhe une sorte d'encens à la fois frais comme de la menthe ou de la réglisse, et lourd, sucré comme du caramel. Il n'avait jamais rencontré de fragrance si complexe et si simple à la fois. D'ordinaire, il pouvait déterminer clairement chaque composant d'un parfum ou d'une eau de toilette. Ici, l'odeur formait un tout, une unité dont il ne pouvait que rapprocher les différentes notes de choses qu'il connaissait, sans tout à fait l'identifier formellement. C'était comme l'essence d'une personne.


Il avait rapidement compris, quand son odorat avait commencé à se développer, qu'un humain était un assemblage olfactif de son environnement et de ses habitudes. Il pouvait deviner tout le quotidien de quelqu'un rien qu'en le reniflant. Ainsi, certains lui étaient immédiatement désagréables et d'autres pouvaient lui plaire rien que pour cette raison.


C'était toujours une décomposition, un chemin du plus évident au plus secret. Par exemple, Neji sentait d'abord le linge, lavé à la main dans une lessive qui rendait le lin un peu rêche – seulement le lin, pas le coton. Ensuite venait un savon ordinaire, en barre, pas en bouteille, et un produit pour les cheveux de marque indistincte. Aucun produit chimique, que du naturel, des plantes et des graisses, rien d'agressif. Un dentifrice ordinaire, à la menthe. Rien de très palpitant. Après cela, ce que Kiba ne pouvait sentir que quand ils avaient déjà passé plusieurs minutes côte à côte, ressortait le métallique de la limaille de fer logée sous ses ongles et dans les plis de ses bandages, après qu'il s'était occupé de ses armes un jour ou deux plus tôt.

Ce n'était qu'après tout cela qu'il arrivait à quelque chose de terriblement plus personnel. Sur ce point, chacun était différent et chacun était unique. Bien sûr, certains se ressemblaient, mais aucun n'était tout à fait semblable, exactement comme un visage. Avec le temps, Kiba avait appris à ne pas trop en parler il était difficile de mettre des mots précis sur cette réalité et, dès qu'il tentait de s'expliquer, il finissait immanquablement par avoir l'air d'un fou. Quand on lui demandait vraiment, il utilisait des mots vagues, pas tout à fait exact sans être complètement faux. Il en arrivait à inventer des tonnes d'associations incongrues : vanille et poivre, jonquille caramel, bois et algues chargées de sel brut. Puis, quand il ne savait vraiment plus quoi dire, il mentait, tout simplement.


Neji, lui, sous la couverture de son environnement, avait une odeur triste. Oui, c'était bien cela, triste ou, du moins, mélancolique. Quelque chose d'amer sans être particulièrement désagréable, pas un café fort mais un thé sombre et salé, puissant et doux à la fois.


Et, debout au milieu de la place, c'était ce parfum si étrange qui lui parvenait aux narines, couvert par tout ce qui était plus évident mais Kiba en était certain, son nez ne le trompait pas.


— Bon, alors, qu'est-ce que tu fais ? cria Naruto, qui était déjà loin devant lui.


Kiba sortit immédiatement de la transe dans laquelle il avait été plongé et se rendit compte qu'il était bel et bien tombé dans un état second l'espace d'un instant. Les quelques secondes lui avaient paru de longues minutes et chaque détail lui était apparu avec force, beaucoup trop puissants pour quelque chose qu'il n'avait examiné que de loin. Sans détacher son regard du puits, il suivit Naruto et le guide dans la grande rue qui leur faisait face.


Au bout de ce chemin, après avoir grimpé une colline, ils se trouvèrent face à une grande maison entourée d'un parc lui-même bordé d'arbres. Ils s'engagèrent sur un chemin de terre, longèrent un ruisseau à l'eau claire qui s'écoulait directement de la montagne qui constituait la frontière est du village, passèrent à côté d'un groupe de grues, qui traînaient leurs longues pattes fines comme des baguettes au milieu de l'herbe verte.


La maison était blanche, comme les autres, et longiligne. Elle était bien moins impressionnante de près que de loin, là où le jardin pouvait encore lui donner une stature. Une volée de marches menait à un couloir de bois verni qui sentait encore tant la cire que même Naruto aurait pu la déceler. Le petit Aki, une fois arrivé là, retira sa cagoule, laissant apparaître ses cheveux noirs coupés ras. Il se déchaussa cérémonieusement et se tourna vers les deux ninjas.


— Je vais aller prévenir notre seigneur de votre venue, dit-il.


Il monta les marches de bois clair et passa derrière le shoji, laissant seuls Naruto et Kiba. Les deux ninjas restèrent immobiles devant l'entrée, se demandant quelle attitude ils devraient adopter. Akamaru, lui, était parti en exploration sur la pelouse et se mit rapidement en chasse d'une libellule.


— Est-ce que tout va bien ? demanda Naruto, en avisant l'air préoccupé de Kiba.

— J'en sais rien, répondit-il simplement. Quelque chose cloche dans ce village. Je sais qu'il y a un truc bizarre, mais je n'arrive pas à savoir quoi et ça me dérange…

— Ça a à voir avec l'espèce de trou que tu regardais tout à l'heure ?

— Oui, entre autres, mais il n'y a pas que ça. La montagne aussi, elle m'inquiète.

— Ah bon ? fit Naruto, se tournant vers l'énorme pan rocheux. Moi, je la trouve plutôt normale…

— De vue, oui… Mais, je ne sais pas, c'est difficile à expliquer… C'est comme si… comme si elle sentait mauvais, tu vois ce que je veux dire ?

— Pas du tout, non, répondit Naruto en reniflant en direction de l'est.

— Laisse tomber, je dois me faire des idées.


Naruto n'eut pas le temps de répliquer. Aki revint vers eux d'un pas rapide, suivi d'une jeune personne, sans doute un serviteur du seigneur local. Il était difficile de savoir s'il s'agissait d'un garçon ou d'une fille. Ses cheveux sombres avaient été coupés au sabre, dans un carré sévère et son visage aux traits fins et délicats était figé dans un calme placide et inquiétant d'immobilité. Il était comme un automate grandeur nature. Quand l'enfant s'approcha plus, Kiba put déceler une nouvelle fois cette odeur qui le dérangeait. Elle n'était toujours pas assez précise, mais elle était bien là. Il prit une grande inspiration, concentrant discrètement un peu de chakra dans son nez. Coton lavé dans l'eau froide riche en minéraux, un de ces drôles de savon en pâte que l'on trouvait dans les maisons traditionnelles, un peu de terre riche entre les orteils, le sang pas encore tout à fait sec d'une coupure superficielle à l'avant-bras gauche. Tout cela était imprégné de cette odeur étrange, qui s'insinuait partout, en une note de fond qui ne disparaissait jamais vraiment, même en dessous de tous les autres parfums.


— Dame Tsukokami est prête à vous recevoir, dit Aki en les invitant à le suivre, ce qu'ils firent sans prendre le temps d'hésiter.

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