Sasari Uchiwa
Chapitre 331 : De retour à la maison
5471 mots, Catégorie: T
Dernière mise à jour il y a presque 4 ans
12 octobre
[Les précipitations s’amplifiaient au rythme que la journée avançait. Ayant commencées doucement au tout départ, elles devinrent beaucoup plus présentes et ce dans tous les environs. Qu’ils s’agissent des nombreux villages, du campement de l’alliance, d’endroits reculés où se cachaient des malfrats, tous y avaient droit. C’était un temps de tristesse qui fit rappeler à beaucoup que la guerre, qui venait de se terminer, avait enlevé la vie à plusieurs ninjas. Si ce n’étaient pas des pertes humaines, il s’agissait alors de terres et de possessions dont certains avaient été dépourvus, au vue des ravages que la guerre avait causés dans cette vaste région.
D’autre chose avait été perdu, également. Furûtsu, comme tous ceux qui avaient tenté de les aider, avait échoué à arrêter Kyûsaku dans ses désirs d’invoquer Daiki, le panda géant. Un bouleversement était en cours, mais il était encore trop tôt pour en connaitre tout l’étendue. De nombreuses âmes avaient été fauchées durant la guerre, mais d’autres étaient de retour sur terre pour semer la confusion. Il était difficile, pour beaucoup, à savoir s’il s’agissait d’un moment de réjouissance ou non.
Pour Takumi, ce ne l’était pas. La jeune fille présageait le pire, spécialement depuis qu’elle connut l’existence de Sumire. Elle fut réveillée par la pluie. Puisque l’endroit où ils avaient décidé de se caché n’était plus entretenu depuis des années maintenant, ce fut plusieurs gouttes de pluie, tombées sur la joue de Takumi, qui l’a réveilla. La kunoichi n’était pas la première à avoir repris conscience, elle était même près des derniers à revenir à elle-même. Rapidement, elle avait constaté que peu de chose avait changé depuis la nuit dernière. L’endroit était resté tranquille… comme si personne n’était venu dans les parages.
Kyûsaku était toujours dans un profond sommeil, sous les seuls soins de Sumire qui n’avait pas fermé l’œil depuis. Maintenant qu’elle était certaine que peu de ninjas étaient à leur trousse, désormais, la jeune femme pouvait être entièrement au chevet de celui qui l’avait ramenée à la vie, sans que personne ne puisse l’approcher. Tous étaient à l’écart les uns des autres. Takeru dormait toujours, ne s’étant pas encore remis de l’utilisation de son œil, Ruito s’afférait à devoir porter de nouveaux habits pour remplacer ceux qu’on lui avait enlevé, Tomoo patientait et Reon profitait de la pluie extérieur. Takumi voulu rester seule elle aussi, tentant de réfléchir à tout ce qui s’était produit en si peu de temps et à ce qui allait potentiellement arrivée. La jeune fille présageait du pire.
Plus loin d’où se trouvait la Canopée, il y a quelques heures maintenant, l’équipe de Naruto, accompagnée de celle de Kiba, rebroussait chemin, après avoir parcourus des centaines de kilomètres à la recherche de leurs nouveaux ennemis. La fuite fut trop surnaturelle de la part de ces derniers, elle avait été en faveur de la Canopée, de plus que toutes les initiatives proposées par Sumire, durant la nuit, furent fatales pour la mission des ninjas. Naruto s’en voulait horriblement. Il avait fait des erreurs qui allaient couter cher pour leur future. Dans sa précipitation, il avait mis des personnes en danger, comme son ami Kurama.
L’un des quelques clones de Naruto toujours présent, faisait acte de présence, comme tentant de se prouver à lui-même qu’il ne fallait pas encore baisser les bras, et croisa un contingent de Furûtsu arrivant dans sa direction. À contrecœur, ce clone de Naruto annonça finalement qu’il était probablement plus raisonnable de battre ne retraite. Il était inutile, selon eux, d’investir plus de temps, pour le moment, à chercher ces individus dangereux, sans en savoir plus sur la situation. Il fallait l’accepter.
Il fallait savoir se réjouir tout de même. De tous les ninjas qui avaient été envoyés dans cette mission, aucun n’avait trouvé la mort. La fatigue se faisait sentir pour beaucoup, le moral n’était pas très haut, mais la seule qui fut réellement mal en point était Mifuyi, qui avait dû encaisser pour trois personnes la puissante attaque de Kyûbi. Il n’y avait en somme que très peu de blessés, et ils étaient mineurs. Même si la présence des Uchiwa était inquiétante, revoir des visages pour certain était aussi très réjouissant, sur le moment. C’était d’ailleurs le cas pour trois frères.
Après que les trois frères, Itachi, Sasuke et Sasari se soient retrouvés en plein centre du pays du Feu, ils ne voulurent aller plus loin dans l’instant. Une pause, une très longue, avait été marquée. Voulant se reposer d’abord, il en alla de longues conversations autour d’un feu. Itachi souhaitait en comprendre davantage sur son sort et il en découla des histoires qu’avaient pu traverser Sasari, Mifuyi et Kumiko durant tout ce temps. Il s’en suivait des propres histoires de Sasuke et d’Itachi, se dévoilant tous les uns les autres, sans peu d’arrêt. Ils discutèrent de tous ce qu’ils avaient vécu, des avis qu’ils avaient, des sentiments qui les habitaient, de souvenirs qu’ils se remémoraient…
Les ninjas ne bougèrent presque pas de la journée d’où ils étaient, ne souhaitant pas s’épuisé plus qu’il n’en fallait… assumant qu’il n’y avait rien de plus à faire dans l’instant. La pluie n’était pas un problème. Sous le couvert des arbres, elles n’étaient que peu dérangeante et la situation était tant inusitée qu’elle arrivait à faire oublier ce désagrément de la nature.
Bien ailleurs, par contre, d’autres ninjas ne pouvaient pas tenir en place plus longtemps. Durant la nuit, une équipe de plusieurs ninjas, dirigée par le Raikage lui-même, s’était dirigée vers le quartier général de l’alliance qui avait été la cible d’une bombe de Juubi, il y a plus d’une journée. Des éclaireurs, ayant parcourus les lieux avant, avait envoyé un rapport comme quoi il y avait toujours des survivants à cette attaque. Ce fut un autre soulagement pour l’alliance qui en voyait des victimes en moins. Si un nombre de ninjas avaient pu survivre, ce fut d’une initiative de Mabui, l’assistante du Raikage, douée pour les jutsu traitant de la spatio-temporalité. Elle avait joué le tout pour le tout pour sauver le plus de personnes dans cette tentative, ses techniques n’étant pas prévu pour le transport humains, initialement, mais qui avait porté ses fruits. Les plus héroïques étaient restés sur place, à leur poste jusqu’à la fin, pour permettre à l’alliance de s’en sortir le plus longtemps possible sur le champ de bataille.
Durant cette même journée, sous une pluie importante, toujours, les Daimyô de chaque pays firent le déplacement inverse d’il y a quelques jours. Mei Terumi, la Mizukage, avait été en charge initialement de l’escorte de ces hauts gouverneurs donc, elle et son équipe avaient été chargés de mener lesdits représentants vers leurs nations respectives. Au vue de la situation, l’équipe d’il y a quelques jours avait grandi en taille. La résurrection des Uchiwa était pris bien au sérieux, la menace que pouvait être Kyûsaku également. Il fallait renforcer la défense autour de ces personnes d’importances.
Tranquillement, le gigantesque campement se vidait de la présence des ninjas qu’il y avait. Un mouvement massif se dirigea en autre vers Konoha, mené par Tsunade qui avait été mise au courant au sujet des Uchiwa. Tout se stabilisait à l’intérieur du pays des Sources chaude, Tsunade devait plus que jamais retourner au près des siens pour assurer de contrôler les choses. Konoha ne fut pas seul à retourner vers son village. D’autres ninjas, venant d’ailleurs, rentrèrent aussi dans leur chez-soi pour commencer leur deuil et reprendre leur vie. Il en alla de même pour quelques des grandes bêtes. Libre maintenant, n’étant plus prisonnier d’une quelconque manière, certains des grands démons s’éloignèrent des environs pour le moment. Que quelques d’entre eux restèrent dans les parages. Gyûki, nommé jusqu’à tout récemment «Hachibi», avait forgé un important lien avec son dernier hôte, Killer B, ne souhaitant pas s’en distancer pour le moment. Shukaku, malgré une demande de rester pour maintenir convenablement les sceaux autour d’Orochimaru et Kabuto, il n’eut que peu de contestation d’exécuter cette tâche de sa part. Tant que Gaara était dans les parages, il ne voyait pas d’inconvénient à rester aussi près de personnes qu’ils considéraient depuis longtemps comme des ennemis. Il en alla de même pour Kurama, qui malgré tout ce qu’ils avaient vécus, se résolut à rester en compagnie des gens de Konoha.
Kurama avait compris, maintenant, qu’il allait certainement être une menace involontaire, dans les jours à venir, si des Uchiwa malveillants, possédants le Mangekyô Sharingan, voulait se servir de lui pour provoquer un autre cataclysme. Il avait douté vouloir retourner à l’intérieur du corps de Naruto, rejoindre sa seconde moitié qui maintenait toujours le garçon en vie… Il était peut-être plus raisonnable d’unifier les deux entiers à l’intérieur du jeune Uzumaki, le protégeant des dangers.
Au village de Konoha, on accueillit évidemment le reste de l’équipe de Furûtsu, qui s’était dirigée vers la capitale pour potentiellement apporter leur aide en cas de danger. Heureusement pour eux, même si ce qui s’était produit avait été plus qu’irréel, il n’y avait pas lieu à s’alarmer pour le moment. Tout c’était déroulé dans la tranquillité, sans qu’il n’y ait de révolte ou de personnes trop curieuses d’en savoir davantage rapidement. Même si le village n’était pas au mieux de sa forme, toujours en reconstruction, ce fut sans mal qu’on trouva un endroit où inviter et loger les ninjas qui étaient venu apporter leur soutien. Ce fut un endroit bien confortable, loin d’être miséreux.
Il en alla de même pour les membres du clan Uchiwa qui étaient revenues à la vie. Certains étaient chanceux. Après tant d’années à être disparus, quelques membres du clan gardaient des amitiés à l’intérieur du village, lesquels voulurent bien les aider dans leur détresse. Pour ceux pour qui ce n’était pas le cas, le village proposa aussi un endroit où les ressuscités allaient pouvoir attendre qu’on leur offre autre chose. Graduellement, tout se stabilisa à l’intérieur du village et, même si le temps plombait le moral de plusieurs, on invita les gens à pouvoir regagner les rues ainsi que leur commerce. La crise, qui n’en n’avait pas été une, fut géré sans querelle. À la surprise de quelques-uns, plusieurs Uchiwa étaient de retour de l’extérieur du village. Des têtes qui avaient été reportées comme mortes avant même le massacre du clan. De ces ninjas étaient mort depuis la troisième guerre ninja. Le nombre de membres avait bien doublé depuis le dernier recensement, et d’heure en heure, quelques Uchiwa arrivaient à l’improviste pour manifester leur présence. Il était donc difficile d’en définir une limite, ne sachant exactement ce que qu’avait pu demander Kyûsaku comme souhait.
Par ailleurs, ceux qui savaient à ce propos, jusqu’à maintenant, avaient évité d’en dire trop sur le sujet. Qu’est-ce qui était à l’origine de leur résurrection? Les Uchiwa savaient le nécessaire ; un ennemi avait fait le coup dans l’ombre. Les ninjas de Konoha jugeaient plus prudent de taire les noms jusqu’à ce que la situation soit encore plus claire. Ils ne devaient pas eux même se précipiter à poser des questions sur tout ceci, tout devait être fait méthodiquement et de manière réfléchit.
Entre les membres du clan eux-mêmes, les conversations étaient plutôt légères. L’envie de discuter de ce qu’il s’était passé, il y a peu de temps à leur impression, n’était pas là encore. Ils ne faisaient que réfléchir à la situation. Certains savaient ce qu’il s’était produit, ils savaient qu’ils avaient été trahis par l’un des leurs, durant la nuit. D’autres ignoraient complètement les circonstances de leur mort, ne se souvenant aucunement qu’ils avaient été menacés. Itachi était-il toujours en vie? Avait-il aussi été ramené d’entre les morts? Qui avait-il ciblé précisément? Plusieurs questions, à ce sujet, restait à l’esprit des membres les plus actifs de cette communauté.
Fukagu, ainsi que Mikoto, savaient pertinemment tout de l’histoire. Ils avaient été dans les dernières victimes du massacre, ils se rappelaient parfaitement avoir été à genou face à leur fils qui faisait sa mission. Fugaku était au cœur du plan concernant la révolte, il connaissait son fils mieux que quiconque, il connaissait son point vu sur les ambitions des Uchiwa. Le mari et l’épouse ne se parlaient que très peu, suite à ce réveil, préférant eux aussi méditer sur ce qui s’était produit. Qu’en était-il désormais de leurs fils? Où se trouvaient-ils? Étaient-ils toujours en vie? L’ambiance morose à l’extérieur n’aidait pas à avoir de pensées positives à ce sujet. La mère ne cessait de se ronger l’esprit à ce propos.
La journée passa entièrement sous ce couvert nuageux et pluvieux. C’était un temps de tristesse et de mélancolie pour beaucoup, à plusieurs points de vue. La soirée n’avait jamais été aussi tranquille, mais à la fois, elle était bruyante au possible, au vue des cordes qu’il tombait toujours à l’extérieur. Quiconque se promenait sous se ciel, sans se couvrir, allait être immédiatement trempé jusqu’aux os. Rare sont ceux qui appréciaient un tel temps. Il fallait bien faire avec, pourtant. De toute manière, cette journée ne pouvait que sublimer la prochaine.
Nouvelle journée. Le soleil était de retour pour accompagner ceux qui retournait dans leur maison. La même tranquillité, dans cette journée, était restée. Tout était paisible et le chaud soleil arrivait à remonter quelque peu le moral de certains. Une première équipe de Furûtsu, mené par Shizu Hyuga, s’écartait finalement d’Iwa et Kusa, au-vue de l’abandon des autres. Ils se rendaient d’eux-même vers l’endroit où se trouvaient leurs amis en Konoha. Même Junko, qui s’impatientait normalement de rejoindre les siens en Kiri, voulu bien accompagner son équipe jusqu’à la capitale du pays du Feu. Ce fut d’une marche tranquille, d’une cadence plutôt lente, qu’ils prirent la route vers cette destination, discutant de l’avenir que leur réservait peut-être tous ces nouveaux changements. Junko ne cessait de penser à l’avenir des épéistes de Kiri, se questionnant à savoir comment ce qu’elle représentait allait grandir à l’intérieur de sa nation. Itomi allait certaine continuer à suivre ses amis, mais elle n’avait pas oublier sa dernière rencontre avec Konan, qui lui avait parler de Kikune Chô, l’homme qui lui avait tant appris en Ame. Fusazô repensait au vœu qu’avait pu faire Kyûsaku à l’aide du parchemin que son père avait tant cherché de son vivant, et qu’il avait tant tenté de trouver, lui aussi. Il avait encore son propre vœu à l’esprit, la demande qu’il aurait voulu faire à Daiki s’il avait devancé Kyûsaku. Il se remémora son ancienne maison, là où il vivait avec Seito et Umeko. Puis il y avait Shizu, qui se dirigeait maintenant vers Konoha, un endroit qu’elle aurait mieux aimé éviter qu’autrement. Elle ne pouvait se résoudre à abandonner ses amis, elle espérait seulement pouvoir continuer paisiblement avec eux, sans tracas. Qu’allait-il réellement se passer là-bas, une fois rendu?
Le même soleil avait bordé, au matin, d’autres membres de Furûtsu, qui avait pu se reposer en Konoha durant toute une nuit. Ils ne firent pas la grasse matinée pendant bien longtemps, eux aussi étant toujours soucieux de la situation et de l’absence de leurs amis. Ils ne pouvaient qu’être patients, ils savaient qu’ils allaient être de retour, éventuellement. Pendant ce temps, il ne pouvait qu’apprendre à apprécier la vie à l’intérieur du village Konoha, une expérience qui fut assez rare pour beaucoup des membres de Furûtsu. Ils étaient spectateurs de la vie qui reprenait son cours normal autour d’eux. Depuis que l’Hokage était de retour, ainsi que plusieurs ninjas, les sourires étaient davantage présents sur les visages des habitants. Ça arrivait à remonter quelque peu le moral des ninjas de Furûtsu. Tout n’était pas encore une catastrophe, comme il aurait été envisagé venant de la part de Kyûsaku.
À Nendo, se fut encore une autre ambiance, dans cette nouvelle journée. Tout était de nouveau particulièrement tranquille. Sumire s’était enfermée entièrement dans la même pièce que Kyûsaku, interdisant quiconque d’entrer jusqu’à son réveil, ce que peu osèrent protester. Takeru reprenait peu à peu ses esprits, encore bien affaiblit de ses derniers exploits. Les autres, les ruines du village leur étaient accessibles à leur bon vouloir. Ennuyé, Reon ne se pria pas pour explorer les environs. L’endroit était loin d’être aussi grand qu’Iwa, ou que n’importe quelle autre capitale que le jeune garçon avait pu connaitre, mais l’endroit arrivait à attirer son attention tout de même. Reon avait entendu parler de cet endroit auparavant. Il savait que son père, Kyûsaku, avait eu un lien avec ce village, comme bien d’autres des membres de la Canopée, comme Tomoo ou Takeru. Plusieurs maisons avaient été rasées par les flammes des feux de l’époque, des commerces, des endroits publics… Le garçon alla même s’enfoncer dans les forêts avoisinantes pour y trouver une autre maison isolée. Sans le savoir, il avait trouvé la petite maison qu’avait pu habiter Sasari à l’époque. L’endroit était ravagé. La structure était majoritairement ce qu’il restait de l’endroit, hormis quelques parcelles de murs toujours debout, mais le tout était pourrit. Reon repensa à ce feu et cette attaque qui avait mis ce village dans cet état. Il se demanda à quel point cet endroit pouvait avoir de la valeur. Il se demanda pourquoi quiconque aurait voulu s’attaquer à ce petit village, à l’époque. Il savait les réponses, mais pour une première fois, il s’en soucia. Toutes ces victimes, un sacrifice dit nécessaire pour la cause qu’était le vœu de Kyûsaku. Ces victimes avaient servi à faire revenir d’autres victimes, celles du massacre des Uchiwa.
Pendant cette magnifique journée, l’équipe de Furûtsu, ainsi que celle de Taka, accompagné d’Itachi, se mit dans l’idée que l’endroit d’intérêt ne pouvait être autre que le village caché de Konoha. L’idée de poursuivre Kyûsaku avait définitivement été abandonnée pour le moment, les priorités étaient tout autre à présent. Eux comme d’autres, ils marchaient à une cadence lente, préférant éviter les chemins les plus empruntés, quitte à faire des détours. Itachi restait un criminel et il ne souhaitait pas se faire remarquer pour le moment… il aurait amplement le temps plus tard. Les personnes retournant vers Konoha étaient nombreuses, encore aujourd’hui. Il n’était pas rare que le groupe ait à contourner certains endroits, même qu’ils devaient se séparer, par moment, puisque leur nombre les rendait peu discret. Ils ne purent faire d’escale nulle part. Tout de même, petit à petit, l’équipe arrivait à avancer vers la capitale.
À ce rythme, ils arrivèrent alors que le soleil n’allait plus tarder à donner une teinte orangé au ciel. Les nuages vinrent de nouveau faire acte de présence, dans les parages, accompagné d’un vent fraie. Devant les portes principales de Konoha, plusieurs personnes attendaient avant de pouvoir entrer. La file n’était pas spécialement longue, mais au vue de la situation, il fallait vérifier chaque passage pour être certain que personne ne profite du moment de manière malveillante. Même si la paix avait été déclarée, il fallait tout de même rester vigilant envers ceux qui faisaient preuve de ruse.
Le groupe se sépara une nouvelle fois. Il fallait entrer à l’intérieur du village sans que personne ne les remarques. Sasuke s’occupa de faire entrer ses frères avec lui, dans Konoha. Son œil lui permit de se transférer de position en toute discrétion, sur le toit d’une nouvelle structure construite tout récemment. Ils laissèrent à l’arrière les autres ninjas qui allaient certainement se débrouiller à pouvoir entrer sans tracas.
Itachi voyait pour la première fois les résultats de ce que l’Akatsuki avait pu faire au village. Comme bien d’autre avant, il était difficile de ne pas voir que quelque chose d’extraordinaire avait déformé la région. De son point de vue, tout de même, il arriva à voir, en contrebas d’où il se trouvait, la vie qui suivait son court. De bons amis s’accompagnant l’un l’autre vers leur domicile, une jeune femme demandant à ses enfants de la suivre car l’obscurité arrivait, des ninjas qui voulaient fêter leur victoire, enfin, dans un endroit confortable et accueillant, etc. Ça réconforta intérieurement Itachi, qui n’espérait pas mieux comme situation pour son village. Malgré les intempéries, sa maison arrivait à rester forte. Il en était fier.
Les garçons continuèrent, tout aussi discrètement, à parcourir ce nouveau village. Ils étaient encapuchonnés, ce qui ne semblait pas inquiéter quiconque. Que cherchaient-ils? Tout avait tant changé qu’il était difficile de s’orienter dans ce nouveau terrain de jeu. Ils avaient bien sûr un objectif, restait à savoir comment l’atteindre. Ça pris un temps. Les rues et ruelles se vidèrent en présence humaine, ne laissant que les personnes profitant de la tranquillité de la soirée. Avec quelques informations récoltées çà et là, ils eurent ce qu’ils voulaient et le chemin pour s’y rendre était bien plus simple maintenant.
Les nuages, à contrejour du soleil couchant, filaient à une vitesse importante dans le ciel, comme si les vents, à cette altitude, étaient d’une grande intensité. Pourtant, tout était calme à l’intérieur du village, particulièrement dans le petit espace qu’on avait alloué à Fugaku et Mikoto. Encore aujourd’hui, malgré la splendeur de la journée, comparativement à celle de la veille, les deux Uchiwa restaient plutôt mélancolique et réservé. Ils n’avaient eu que peu de nouvelles de l’avancement des choses. Bien sûr, Fugaku avait des responsabilités à prendre, étant représentant du clan, mais il préférait, pour le moment, attendre que les choses se calment et se stabilisent à tous les niveaux. La nouvelle Hokage était enfin de retour, les ninjas de Konoha revenaient peu à peu à l’intérieur du village, comme les Uchiwa qui étaient toujours à l’extérieur… Tous des événements récents, qui ne concernait pas leur petite famille, Fugaku et Mikoto n’en avait pas entendu parler. Une fois qu’ils auraient pris assez de recul sur leur propre cas, ils allaient pouvoir passer à la suite.
Mikoto n’avait presque rien fait de la journée, hormis d’être perdu dans de nombreuses pensées, mais seulement ça, ça l’avait épuisé. Elle avait fait les cent pas à l’intérieur de la petite résidence d’emprunt, visitant les lieux encore et encore. Tout ce qu’elle avait trouvé à faire, pour tenter de se changer les idées, fut de contempler le mobilier, s’assurant que tout était parfaitement propre, même si rien n’était sale. Elle passa une main sur une étagère pour voir l’accumulation de poussière qu’il pouvait y avoir… il n’y en avait pas. Elle voulut mettre d’équerre un cadre décoratif qu’il y avait… mais il était déjà parfaitement droit. Devant son lit, elle passa les doigts sur les rares plis qu’il y avait, pour faire en sorte que la couette soit sans défaut… elle décida d’anéantir cette idée en s’affalant sur le lit, allongé de tout son long, les bras tendus.
Contemplant le plafond d’abord, elle ferma les yeux pour écouter… Il n’y avait que le silence. De l’intérieur, elle n’arrivait à rien entendre des passants qu’il pouvait y avoir. Bien que les nuages défilaient à une vitesse notable, sur le plancher des vaches, le vent n’était pas assez puissant pour créer des sons qui casseraient cette tranquillité. Mikoto brisa se silence lorsqu’elle expira entièrement l’air de ses poumons, qu’elle maintenait depuis près d’une minute afin d’entendre ce silence parfait. Toujours les yeux fermés, l’Uchiwa replongea dans ses pensées… Elles étaient diverses et variées. Sur son lit, elle se remit à bouger également. Seul son bras bougea pour mener sa main vers son cou. Pendant un instant, confuse, elle tenta de trouver son collier.
* Toc, toc *
Le silence fut briser une nouvelle fois et de manière plus surprenante encore pour Mikoto. Elle en avait presque sursauté. On cogna à la porte de leur petite habitation. À cette heure, ç’a en fut intriguant, ils ne pouvaient pas ignorer la chose. Fugaku avait été aussi interpelé et se dirigea, perplexe, vers la porte d’entrée, mais ce fut Mikoto qui arriva avant lui. Tout juste avant qu’elle n’ouvre, elle voulut attendre une récidive, lui laissant le temps de réfléchir une nouvelle fois à ce qu’elle allait faire face. Fugaku ne disait rien, il laissait sa femme prendre l’initiative du moment.
* Toc, toc *
Ils n’avaient pas mal entendu, ç’en fut la confirmation. Mikoto attendit quelques secondes de plus, le regard légèrement bas, pour finalement ouvrir la porte.
Ce qui entra en premier, dans le couloir où ils étaient, fut la lumière orangé de l’extérieur. Plus Mikoto ouvrait la porte, plus le filament lumineux parcourait le plancher de bois, tout le long de l’allée. Mikoto releva le regard vers le point d’intérêt. Elle ouvrit d’avantage la porte et vit une première personne face à celle-ci. Même s’il était quelque peu à contrejour, ça n’eut que peu d’incidence, l’Uchiwa reconnu immédiatement qui se tenait devant. Alors qu’elle continuait à ouvrit la porte entièrement, ses yeux, complètement ébahis, devinrent particulièrement humide. Il avait vieillit, mais elle reconnut bien Sasuke devant elle. Sans se ruer sur lui, Mikoto se hâta pour aller enlacer son plus jeune fils. Une étreinte significative. Mikoto avait enfouie son visage dans l’épaule de Sasuke, rendu plus grand qu’elle maintenant. Sasuke était tout aussi circonspect que sa mère, ne s’étant nullement préparé à cette rencontre. Il ne put faire autrement que d’être lui-même émotif lorsqu’il vit ses parents, à nouveau en vie. Il enlaça lui-même, de son seul bras, sa mère.
Dernière elle se trouvait Fugaku, lui-aussi bien étonné de voir qui était présent. Il n’osait pas s’approcher encore pour le moment, peu familier avec ce genre de moment émotif. Son visage en disait tout de même beaucoup. Derrière Sasuke se tenait Itachi, distancé un peu de son jeu frère. Il ne portait plus rien pour cacher son visage. Mikoto, en relevant son regard enfoui, pu croiser le regard d’Itachi, teinté de regrets et aussi d’un certain embarras discret. Itachi avait du mal à déterminer exactement comment agir dans cette situation. Il voulut tenter de s’approcher un peu, tendant légèrement la main vers l’avant d’abord… Mikoto lui attrapa en plein vol, pour être certaine de ne pas la lâcher, et fit en sorte, elle-même, de rapprocher son ainé d’elle. Peu importe qui était Itachi, ça n’avait aucune importance à ses yeux. Elle connaissait la vraie valeur de son fils et son amour pour lui n’avait jamais changé. Itachi l’avait compris rapidement. Il en fut lui-même quelque peu soulagé, ça le détendit véritablement.
Après un bon moment, la mère s’était calmée et se résolut enfin à libérer Sasuke et Itachi. Elle se redressa, essuyant des larmes avant qu’elles ne tombent sur ses joues. Mikoto contemplait ses garçons d’où elle était… mais elle fut interpelée par le regard d’Itachi. Il avait bifurqué légèrement vers sa droite à elle. Mikoto n’eut qu’à pivoter la tête d’un cran vers la droite pour qu’une troisième présence se manifeste dans son champ de vision. Cette seule ombre, qui n’était pas encore clairement définit, fit exploser le cœur de la jeune mère. Tout au contraire de son rythme cardiaque qui palpitait à une vitesse importante, Mikoto tourna la tête lentement vers la personne qui se tenait le long du mur, dans son angle mort.
Lorsqu’elle vit, Mikoto sursauta presque, plus que stupéfaite, reculant d’un pas en contre direction. La jeune femme n’avait définitivement pas assez de doigts pour empêcher le flot de larmes qui se déversa en un instant de son regard. Mikoto s’effondra complètement au sol, à genou, la main qui tentait de couvrir ses cris de pleure. Recroquevillée au sol, elle tentait de se retenir le plus que possible toutes ses émotions à l’intérieur d’elle, mais ça lui était impossible. Ce fut un puissant choc pour Sasari. Inquiet, le garçon s’approcha dans sa direction, alors qu’elle sanglotait horriblement au sol. Fugaku, qui n’avait pas vu qui était là, s’avança en hâte, étonné d’une telle réaction de la part de sa femme. Lorsqu’il vit, ce fut un choc d’importance pour lui aussi. Jamais il n’aurait pu savoir. Ça fut encore plus dur pour lui de ne pas être insensible à la situation.
Mikoto se releva encore plus rapidement qu’elle n’était tombée, de sorte que même Sasari ne puisse rien anticiper. La jeune femme se jeta sur lui pour l’enlacer, il en perdit presque l’équilibre d’étonnement. Ayant eu du mal à l’admettre pendant un moment, beaucoup de preuves avaient mis en évidence que Sasari était bel et bien le frère de Sasuke, mais cette fois, lorsque ce dernier vit la réaction de sa mère, ce ne put être que l’ultime preuve qu’il lui fallait. Mikoto enlaçait Sasari de manière à ce qu’il ne parte plus jamais, le retenant cloué contre son corps, empêchant les vents de le voir s’envoler… Elle était loin de pouvoir se calmer à nouveau. Après un court instant, après avoir bien pris conscience des choses, Sasari aussi devint bien émotif. Il enlaça sa mère fermement et n’avait que faire des quelques larmes qui lui coulaient du visage. Il était enfin de retour.]
Mikoto : Sasari!
Fin du chapitre 331