LE TRIANGLE DE KONOHA (Kakashi x OC)

Chapitre 222 : L'examen chûnin, première et deuxième épreuve

4483 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 15/04/2026 12:28

Chapitre 222 : L’examen chûnin, première et deuxième épreuve


Point de vue de Kakashi

La chaleur est écrasante à Suna.

Si nous pensions avoir eu chaud la veille, nous n’étions pas prêts, parce que le soleil nous brûle le lendemain, alors que nous patientons tous dans les rues à l’extérieur de la salle dans laquelle Kiyowa passe son examen théorique. Le pays du vent ne porte pas son nom pour rien, mais à Suna, les hautes murailles en pierre le coupe en grande partie, ce qui donne une atmosphère étouffante au sein du village planté au milieu du désert. Hanako et Mei sont restées à a la villa pour profiter de la piscine et je commence à les envier…

Je discute avec Nakama, évidemment, tandis que Rinko et Shin s’entretiennent avec un jônin de Suna, qui leur explique les modalités des trois examens, à savoir de la théorie le premier jour, des combats le deuxième et une épreuve surprise le troisième, un fonctionnement des plus classiques.

Kiyowa sort de la salle au bout d’une trentaine de minutes et après un résumé auprès de Gaï qui lui saute littéralement dessus, elle vient m’annoncer tout sourire qu’elle a brillamment réussi. Rien d’étonnant selon moi mais je la félicite tout de même avec zèle et puisqu’elle est stressée pour ses combats de demain, j’accepte de la ramener avec moi à la villa. Juste avant notre départ, le fameux – et insupportable – Taka s’approche pour la féliciter. Je l’observe d’un sale œil, les bras croisés sur la poitrine, et ils échangent à propos de l’examen.

-         Alors… Taka, interviens-je. Tu es donc sorti en avance toi aussi ?

-         Tout à fait Commandant, répond-il en souriant.

-         Parce que tu as triché ? continue-je avec suspicion.

-         Non mon Commandant…, dit-il en perdant son sourire.

-         Mh… tu en es bien sûr ? Il est rare que les genin réussissent aussi vite leurs examens…

-         Kakashi senseï ! s’offusque Kiyowa en rougissant. Taka est l’un des genin les plus studieux de notre promotion !

-         Ah bon ? m’étonne-je froidement. Dois-je en déduire que tu n’es pas bon en pratique ? Combien de missions as-tu faites ? De quels rangs ?

Kiyowa rougit un peu plus en me dévisageant avec de grands yeux, visiblement inquiète que je ne fasse fuir son précieux Taka, qui me regarde avec crainte. Il m’expose son petit palmarès de mission et j’hoche simplement la tête lentement en enregistrant les informations. D’après ce qu’il me dit, c’est plutôt très bien, mais je ne peux m’empêcher de le soupçonner de mentir alors qu’aucun signaux concrets ne me l’indique. A la fin de son discours, il se tourne vers Kiyowa pour fuir mes yeux jugeant :

-         Pour te féliciter d’être sortie en première, je t’invite à manger des ramen ! annonce-t-il en lui souriant.

Kiyowa rougit encore plus et c’en est trop pour moi :

-         Dommage Taka, Kiyowa passe l’après-midi avec moi, tranche-je. Nous avons encore beaucoup de choses à réviser et je ne crois pas qu’une période d’examen soit propice à aller se la couler douce dans des restaurants de ramen.

Il est déconfit, Kiyowa est outrée, mais je fais volte-face en lui ordonnant de me suivre, ravi lorsqu’elle s’exécute et qu’elle s’éloigne de ce bon à rien.

Nous passons l’après-midi dans le jardin du patio, à nous battre sans interruption sous le soleil de plomb, sous les yeux amusés de nos amis qui lézardent dans les transats pour la plupart. Comme d’habitude, Kiyowa me démontre son sérieux et son application, elle ne louche pas une fois sur la piscine, elle reste entièrement concentrée dans nos combats et je ne la ménage clairement pas. Je lui apprends des techniques de dernière minute, je lui donne tous mes derniers conseils et elle rougit de plaisir à mesure que les applaudissements pleuvent lorsqu’elle les applique et qu’elle me donne du fil à retordre. Rinko et Shin finissent même par nous rejoindre pour participer à l’entrainement tandis que nos trois médecins se dorent la pilule et je dois dire que je ne vois pas quel genin pourrait être mieux entrainé qu’elle alors qu’elle a un senseï remarquable au quotidien, mes entrainements réguliers depuis des semaines et maintenant une après-midi d’entrainement face à deux autres très bons jônin de Konoha qui se permettent de donner eux-mêmes leur conseils.

En fin de journée, Kiyowa est épuisée mais gonflée à bloc, plus confiante que je ne l’ai jamais vu. Elle passe sa soirée à la villa avec nous, parce qu’elle a drôlement bien mérité de s’amuser un peu dans la grande piscine et cette fichue gamine – que  j’aime de tout mon cœur – convainc  une bande d’adulte de faire des combats de Kibasen.

Hanako monte donc sur les épaules de Shin, Nakama sur celles de Rinko et Kiyowa sur les miennes pour que nos portés s’affrontent les uns contre les autres tandis que Mei arbitre tout ce petit monde. Kiyowa tient largement tête aux deux autres filles, elle les bat même à plate couture sous nos rires et lorsqu’elle arrive à déstabiliser Rinko des épaules de Shin, nous clamons tous qu’elle est la future légende de Konoha. Rinko n’était pas au maximum de ses capacités, mais il explique qu’il était largement concentré et je sais donc qu’elle écrasera n’importe quel adversaire qu’on lui attribuera lors des duels de demain.

*

Et effectivement, elle brille.

Nous sommes dans une grande arène fermée, je me ronge les ongles sur le bord en attendant son tour alors que je n’en avais franchement pas besoin. J’assiste dans un premier temps au combat le plus expéditif que je n’ai jamais vu, lorsqu’elle tombe contre un genin qui ne lui arrive pas à la cheville et qu’elle le met hors-jeu en trois minutes chrono sous mes yeux les plus fiers.

La journée déroule pour cette première salve de combat, tous sont assez rapides, si bien que le deuxième tour s’enchaine dans la foulée. Il ne reste plus que la moitié des effectifs suite au premier tour, les meilleurs, et Kiyowa tombe contre l’adversaire que je redoutais. C’est un genin de Kumo, leur plus prometteur, qui possède une force surréaliste et je suis tellement stressé en attendant qu’elle l’affronte que je fais les cents pas le long de l’arène sans même suivre ce qu’il s’y passe. Gaï est confiant, il tente de me rassurer mais je ne suis pas véritablement inquiet qu’elle perde… je me rends compte que je ne supporte pas l’idée que quelqu’un lui fasse du mal et que j’appréhende surtout ma propre réaction si ça devait être le cas. Je me vois déjà sauter au milieu de l’arène, écraser son adversaire et finir derrière les barreaux à Suna pour agression, ce qui fait mourir de rire Nakama lorsque je lui confie mes peurs. Elle promet de me retenir en cas de soucis, et lorsque le soleil se couche, mon cœur accélère puisque vient le tour de Kiyowa.

Le combat est long, parce que son adversaire ne se laisse pas faire, mais il n’est pas non plus ardu, puisqu’elle ne se fait pas toucher. Je jubile pratiquement en voyant qu’elle applique mes conseils à la lettre et que c’est ce qui lui permet de ne pas se faire avoir. Je savais qu’elle était une excellent combattante, mais je crois que je n’avais pas assez pris la mesure de ce que j’ai pu lui apporter moi. Les jônin apprennent les bases à leurs genin, ils ont tant à leur transmettre… Moi, j’ai passé des heures à former Kiyowa comme une espionne, pas comme une genin, et son adversaire est dérouté de la voir disparaitre toutes les deux minutes de sa vue alors qu’il est incapable de la repérer. Elle est plus discrète qu’une ombre, plus rapide d’un courant d’air et elle arrive sans cesse à l’approcher furtivement d’assez près pour lui mettre un coup chirurgical avant de disparaitre pour éviter le contre coup qui ne manquerait pas de l’assommer avec la puissance qu’il possède. Ce gamin était sûr de gagner ses combats, il n’en a jamais perdu, mais il n’a jamais affronté un courant d’air non plus et il est en train d’apprendre que la puissance ne fait clairement pas tout, comme je l’ai déjà dit des centaines de fois à Naruto.

J’ai pratiquement l’impression de la voir se battre contre lui, il se relève toujours, il lance des attaques puissantes qui pourraient la tuer, mais elle est insaisissable, comme moi, et la fierté explose dans mon corps alors que je vis le combat avec tellement d’intensité que je suis penché sur la rambarde.

Finalement, l’acharnement de ma protégée paye. Grâce à son endurance donnée par Gaï, à sa prudence conférée par mes soins et à l’assurance dingue qu’elle a gagné en passant l’après midi avec Rinko qui la vantait avec plus de zèle que le zèle lui-même, elle finit par l’avoir. Son adversaire est à bout, son chakra diminue, sa fatigue augmente, son attention baisse… alors que Kiyowa est aussi fraiche qu’au début, signe qu’elle est loin d’avoir déployée toute sa puissance.

Elle a affaibli son ennemi avec patience et rigueur, jusqu’à lui tomber dessus au moment précis où je lui aurais hurlé de le faire si j’en avais eu le droit, et j’étouffe un cri victorieux lorsqu’elle surgit de nulle part au moment critique avec une technique dévastatrice et son byakugan activé. Il ne la voit même pas venir, elle plane comme l’aigle qu’elle est sur lui, avec sa vue perçante et ses serres mortelles. Le combat pur dure quelques minutes à peine, il n’a même pas le temps de respirer, elle l’attaque à une allure qui dépasse l’entendement, elle envoie technique sur technique, évite les siennes, lui met des coups de plus en plus violents et enfin, il s’écrase, complétement k.o. alors qu’il était le favori de cet examen chûnin.

Quelques minutes plus tard, je l’attends avec impatience à l’extérieur, et quand elle sort, elle ne lance même pas un regard à Gaï cette fois, elle vient directement me voir en piaillant avec excitation. Nous refaisons tous les temps forts de son combat, je la noie de compliments, je lui dis à quel point je suis fier d’elle et elle rougit jusqu’à la racine des cheveux face à mon expressivité, bien loin de mon comportement habituel.

En tout cas, de retour à la villa où elle nous accompagne encore, nous discutons de la troisième épreuve inconnue. Les combats sont en général la troisième épreuve et j’en déduis donc que si ce n’est pas le cas ici, c’est que la troisième risque d’être très ardue et qu’ils ont procédé à l’élimination des plus « faibles » avant, pour qu’ils n’aient pas à se frotter à la troisième. Ça ne nous rassure pas, mais nous ne pouvons pas deviner ce qui les attends alors je l’encourage à ne pas trop paniquer, surtout en considérant qu’elle est désormais officiellement la meilleure genin de cet examen.

-         Si la troisième épreuve n’est faite que pour les meilleurs, c’est que la meilleure des meilleurs peut la réussir Kiyowa, souligne-je encore une fois.

-         Sans doute, mais ça reste très angoissant, répond-elle. N’a-t-on pas une petite idée de ce que ça pourrait être ? Il me semble qu’il y a souvent des épreuves de survie ?

-         Les épreuves de survie durent longtemps, commente Rinko. Cet examen semble pouvoir se dérouler sur trois jours alors…

-         Ils avaient tout de même précisé que des jours pouvaient s’ajouter, souligne Shin.

-         Oui, en cas de retard sur une épreuve…

-         Et pourquoi faire tant de mystères ?! s’agace Hanako qui frotte le dos de Kiyowa pour la rassurer.

-         Pour l’effet grandiose…, répond Shin. Ces examens sont souvent l’occasion pour les villages de se faire mousser auprès des autres, à celui qui organisera l’examen le plus mémorable…

-         C’est vrai, confirme-je.

Kiyowa tourne une tête très inquiète vers moi :

-         Si l’épreuve s’étire dans le temps, vous devrez rentrer à Konoha ! s’angoisse-t-elle.

-         Mais non, la rassure-je. Je ne partirai pas d’ici avant toi, même si ça dure deux semaines.

-         Que vont-ils faire de toute façon ? ricane Hanako. Venir nous chercher à Suna par la peau du cou ? Bon sang, ils seraient bien reçus par Kakashi !

Toute notre bande éclate de rire, ce qui détend considérablement Kiyowa, particulièrement quand Nakama s’engage à nous héberger chez elle Hanako et moi, en cas de prolongation de l’examen. Nous passons la soirée entière à tous lui donner nos conseils les plus divers et variés puisque nous ne savons pas à quel sauce elle va être mangée.

*

 Le lendemain matin, c’est le grand jour, la troisième épreuve mystère de Kiyowa.

Pour l’occasion, nous nous rendons tous au bâtiment du Kazekage pour la soutenir. Kiyowa est visiblement anxieuse, elle tourne comme un lion en cage, faisant des allers-retours entre Gaï et moi-même sans moufter, simplement pour dépenser son énergie. Honnêtement, tous les genin qui ont passé les premières épreuves sont dans le même état et je ne suis pas serein non plus. Un homme de Suna sort finalement au pied du bâtiment et nous nous réunissons tous autour de lui pour écouter.

-         L’épreuve du jour débutera dans une quinzaine de minutes, nous allons vous amener où elle prendra place et vous attendrez votre tour isolés de vos senseï. Vous êtes prévenu, cette examen ne verra pas naitre beaucoup de chûnin, il y a de grandes chances qu’aucun d’entre vous ne le soit… Mais si vous la passez, alors vous serez sans doute les chûnin les plus méritants de l’histoire. L’épreuve du jour requiert de vous la discrétion du vent, caractéristique du désert où nous nous trouvons…

Son discours s’arrête là-dessus et tous les genin tremblent des pieds à la tête. Un petit chaos se met en place, un mouvement de foule qui suit l’homme pour se rendre au lieu de l’épreuve et Kiyowa me saute dessus :

-         Qu’est-ce que ça veut dire Kakashi senseï ?! Je n’ai rien compris, nous n’avons aucune information !

-         Ça veut dire que l’épreuve risque d’être très tendue, réponds-je avec honnêteté.

Elle affiche une tête inquiète et je serre son épaule dans ma main pour lui donner du courage, alors que je suis de plus en plus inquiet. La procession nous conduit jusqu’à un immense bâtiment, l’arène extérieure de Suna. J’encourage une dernière fois Kiyowa avant de monter le long des escaliers immenses qui mènent tout en haut de l’arène, où nous découvrons une forêt dense avec en son centre une clairière.

-         De la survie ? propose Hanako en m’observant.

-         Non, l’arène est bien trop petite, réponds-je pensivement.

Toute notre bande de Konoha s’installe le long de la barrière, je m’y appuie sur les avant-bras en essayant d’analyser les choses mais je ne trouve aucun indice. L’homme qui nous a emmené apparait alors au milieu de la clairière et nous annonce l’épreuve, que les genin viennent de découvrir dans les vestiaires.

-         Les genin auront une tâche, très simple et pourtant si dure… Ils devront affronter un de nos jônin, qui possède une clé dans sa sacoche de shuriken. L’objectif est simple, dérober cette clé, sans se faire mettre k.o.

Un silence de mort tombe, nous sommes tous abasourdis par cette épreuve et le jônin qui s’apprête à affronter les genin se place au centre de l’arène tandis qu’une cloche annonce l’entrée du premier participant. C’est Hanako qui revient à elle en premier :

-         Non mais je rêve ! vocifère-t-elle. Qu’est-ce que c’est que cette épreuve ?! Même un chûnin bien formé n’est pas censé avoir la moindre chance face à un jônin ! Ils sont la définition même des meilleurs ninjas d’un village ! Comment des genin pourraient-ils avoir une chance ?!

Elle en est rouge de colère, tous nos amis vocifèrent, tous les senseï des villages venus passer l’examen sont hors d’eux également et un vent de colère s’abat sur le haut de cette arène.

-         Kakashi, mais comment est-ce possible ?! insiste Hanako.

-         Cette épreuve est faite pour taper fort, murmure-je en affichant une tête décomposée. Suna ne cherche pas à certifier beaucoup de chûnin, ils le disent eux-mêmes… ils veulent une épreuve qui restera dans les annales comme celle qui aura fait échouer toute une promotion, ou comme celle qui aura révélé des futures légendes des villages alentours…

-         Tu m’étonnes que l’épreuve éliminatoire ait eu lieu avant…, s’énerve Hanako. Un genin face à un jônin ! Heureusement qu’ils ont éliminés les plus faibles bon sang ! Il pourrait y avoir des morts ! Ça va être terrible ! Tout ça pour qu’on se souvienne de l’examen ! Ça me révolte !

-         Ce n’est pas adapté à des genin ! hurle Rinko en se penchant par-dessus la rambarde à l’adresse du jônin qui tourne en rond à la recherche de son petit adversaire.

-         C’est du délire ! Je ne comprends pas ce qu’il leur a pris ! s’énerve Nakama à son tour.

Je suis toujours blanc comme un linge, j’observe le premier genin se faire massacrer en direct par le jônin, qui n’y va pas de main morte, et lorsque le petit ninja s’écrase au sol, inconscient après quelques minutes de combat, les hurlements reprennent autour de moi.

-         Bande de salops ! hurle Rinko, complétement hors de lui.

Mei attrape son bras pour le caresser gentiment, sans doute pour le retenir un peu, parce que j’ai bien l’impression qu’il est à deux doigts de bondir dans l’arène. Un deuxième genin apparait alors, il attaque de plein front le jônin, tout le monde retient son souffle mais le « combat » est le même. En quelques minutes de lutte inégale, le chûnin d’Iwa se fait projeter à plusieurs mètres de haut avant de retomber k.o.

Rinko et Nakama sont complétement dingues, Mei et Shin tentent de les calmer malgré leurs airs angoissés, Hanako a les mains sur les lèvres et Gaï recule de deux pas sans qu’un seul son ne sorte de sa bouche, rarissime.

Lorsque le troisième genin se fait anéantir, les hurlements deviennent féroces, ils me vrillent les oreilles puisque tout le monde crie, tous les senseï, sauf moi.

-         Ça va Kakashi ? me demande Hanako en me serrant le bras, les yeux emplis de larmes.

-         Ça va…, murmure-je en fixant avec toute ma concentration le jônin sous mes yeux.

Mon calme attire l’attention de mes amis, qui se taisent tous plus ou moins pour m’observer comme si j’étais dingue. Je ne détache pas mes yeux du combat en cours, j’analyse tout, sa façon de se déplacer, sa façon d’attaquer, ses schémas, tout

-         Elle peut le faire…, ajoute-je de ma voix plus basse que jamais. 

-         Kakashi… c’est un jônin, commente Gaï d’une voix tendue.

-         Oui… mais Kiyowa peut le faire, elle doit sans doute être à deux doigts de s’évanouir… mais elle peut le faire, elle est excellente, bien meilleure que tous les autres… Et cette épreuve concerne de la furtivité pure, pratiquement de l’espionnage, dérober quelque chose à quelqu’un… c’est tout ce qu’elle veut devenir, tout ce dans quoi elle excelle, tout ce à quoi je l’entraine depuis des mois… Si un seul genin peut réussir cette épreuve, c’est elle.

Tout le monde me regarde silencieusement, plein de doutes, mais c’est parce qu’aucun d’entre eux n’a fait les entrainements que j’ai fait avec Kiyowa, pas même Gaï… Je suis intransigeant avec elle depuis des semaines, nous travaillons tout ça depuis le pays des sources chaudes, je lui apprends à ne pas se faire voir, à se déplacer sans produire le moindre son, à se servir de son environnement, à créer des stratégies, à toujours voir le positif d’une situation pour le tourner à son avantage, à ne jamais céder à la panique et se dire que tout est terminé…

-         Cette épreuve demande toutes ses plus grandes qualités, Kiyowa deviendra l’une des meilleurs espionnes que Konoha n’ait jamais connu… Elle peut le faire, affirme-je avec force en vrillant toujours mes yeux sur le jônin qui écrase son dixième genin avec facilité.

Mes amis ne crient plus, ils me font confiance et ne vocifèrent plus comme si elle n’avait aucune chance, ils sont tous simplement inquiets.

Les genin passent les uns après les autres… L’après-midi avance, les combats sont tous affreux à regarder et lorsque c’est la petite tête inquiète de Kiyowa qui s’avance dans l’arène, je serre la barrière entre mes mains de toutes mes forces. Elle est la dernière à passer, tellement angoissée par toutes les défaites précédentes que ses jambes tremblent et c’est le pire cas de figure, parce que je sais qu’elle a besoin de toute sa confiance en elle, c’est la seule chose qui déterminera si elle réussira ou non. Mais je la comprends bon sang, comment donc pourrait-elle imaginer avoir une chance face à un jônin ?! Ça me rend fou.

Elle active son byakugan et le miracle se produit, lorsqu’elle tourne automatiquement la tête pour me regarder, pour chercher le soutien dont elle a besoin. Je ne vais pas tricher, je ne vais pas lui murmurer les faiblesses de son ennemi ni les stratégies qu’elle doit adopter… non, je vais simplement lui donner cette foutue confiance.

Le moment dure une seconde maximum, une seconde où elle me dévisage avec crainte et que je la fixe en retour avec tout mon aplomb.

-         Tu peux le faire, articule-je simplement sur mes lèvres muettes en baissant mon masque.

Je sais que son byakugan lui aura permis de lire sur mes lèvres, tout comme mon sharingan me révèle désormais son visage, qui passe de la peur à la détermination la plus pure. Elle s’en remet à moi, elle m’offre sa confiance aveugle, elle sait que si je lui dis qu’elle peut le faire, c’est qu’elle le peut et je vois l’œil du tigre qui se verrouille dans ses grandes pupilles fantomatiques.

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