LE TRIANGLE DE KONOHA (Kakashi x OC)
Chapitre 221 : Suna
Point de vue de Kakashi
Nous faisons la route pour Suna toute la journée du dimanche avec les jônin qui accompagnent leur genin à l’examen.
Hanako et Mei restent toutes les deux isolées, sans doute à discuter de tout un tas de choses maintenant qu’elles se voient moins, Gaï est avec les autres jônin et tous les genin sont ensemble. Je suis officiellement avec Rinko et Shin, qui entretiennent une conversation tout seuls parce que je passe mon trajet à surveiller Kiyowa, complétement sous le choc.
Elle passe la journée avec un genin que je ne connais pas, dont je me fous de toute façon et qui risque de se prendre mon raiton dans peu de temps parce que je ne supporte pas qu’il la colle comme il le fait. Je ne fais que de le regarder de la tête aux pieds, je lui trouve des centaines de problèmes, dans son maintien, son équilibre, la force de ses jambes… je ne cesse de froncer les sourcils chaque fois qu’il la fait rire et de me renfrogner chaque fois qu’elle glousse de façon un peu trop aiguë.
- Qu’est-ce que tu as mon ronchon ?
Je sursaute presque lorsqu’Hanako referme sa petite main autour de la mienne en fin de journée, alors que nous arrivons bientôt.
- Comment ça ?
- Je ne sais pas, tu as une drôle de tête, on dirait que tu es contrarié…, dit-elle avec douceur.
Je ne vois pas trop de raison de lui mentir.
- Je ne sais pas… tu connais le gamin avec Kiyowa ? demande-je.
- Il s’appelle Taka, je sais qu’il est le genin d’Asuma… Pourquoi ?
- Je ne sais pas… je ne le sens pas… Il a l’air d’un vicieux… et mauvais..., bougonne-je.
- Mais qu’est-ce que tu racontes Kakashi ?! s’exclame Hanako en riant.
- Mais je ne sais pas ! Regarde-le ! beugle-je.
- Je le regarde ! Et je ne vois rien ! Simplement deux jeunes adolescents qui rient tranquillement ! glousse-t-elle.
- Mh…, marmonne-je.
Nous courons deux minutes en silence, jusqu’à ce qu’Hanako s’esclaffe encore :
- Kakashi ! Arrête de le fixer comme ça ! On dirait que tu vas lui lancer un genjutsu !
- Je n’en suis pas loin…, ronchonne-je.
- Mais il n’a rien fait de mal ! Il se présente simplement à son examen chûnin, comme Kiyowa !
- Puisque je te dis que je ne le sens pas ! Et puis regarde-le, il a une jambe plus grande que l’autre de deux millimètres, il ne surveille pas les alentours, son équilibre est légèrement trop sur la droite et je te parie qu’il ne me verrait pas venir si je lui lançais un kunaï ! Il n’a pas le niveau de passer l’examen chûnin, je ne comprends même pas ce qu’il fiche là ! Et je ne le sens pas ! Mon intuition me crie qu’il n’est pas un type bien, qu’il a de mauvaises intentions !
Hanako éclate encore de rire, alors que je suis plus que sérieux et plus elle me regarde, plus elle rit. Lorsqu’elle se calme, elle presse ma main en posant ses yeux les plus doux sur moi :
- Mon amour… Tu es bien sûr, complétement certain, que tous ces sentiments négatifs ne viennent pas un tout petit peu du fait que ce garçon ait l’air intéressé par ta petite Kiyowa… ?
Je me renfrogne complétement, ce qui fait glousser discrètement Hanako bien qu’elle essaie de se retenir pour me soutenir. Elle caresse ma main gentiment tandis que j’analyse la situation à la lueur de cette nouvelle possibilité.
- C’est possible…, marmonne-je finalement.
- C’est fort possible, renchérit-elle d’une voix douce.
- Oui… Bon, peut-être bien… mais ce type n’est pas assez bien pour elle, ça se voit tout de suite…
- Kakashi…, soupire-t-elle en se retenant encore de glousser.
- Mais c’est vrai ! Et puis elle est beaucoup trop jeune ! Qu’est-ce que c’est que ce jeune pervers qui tente de se rapprocher d’elle ! Elle a douze ans ! beugle-je.
Hanako nous éloigne encore un peu du groupe, puisque j’hausse drôlement la voix. Dès que nous sommes véritablement seuls, elle tâche de me parler avec tact :
- Kakashi… ce n’est pas parce que tu as attendu la fin de ta vingtaine pour t’intéresser subitement à une femme que c’est la norme… Il n’est pas rare que les genin tombent amoureux…
- Amoureux…, articule-je, complétement choqué.
- Oui, amoureux. Il y a beaucoup des couples de Konoha qui sont amoureux depuis l’académie… Prend l’exemple de ton senseï et de Kushina… Ils se sont rencontrés très tôt…
- Ça n’a rien à voir ! me hérisse-je encore.
- Oui, ça n’a rien à voir parce qu’on parle de Kiyowa et que tu es sa mère poule ! siffle-t-elle en me lançant des yeux sévères.
- Mais non… c’est… je…, bafouille-je.
- Ce garçon a l’air très bien Kakashi ! Il a eu des notes excellents à l’académie, c’est un genin très bien vu, très respectueux et il la fait rire ! Alors il faut arrêter ton cirque maintenant ! me dispute-t-elle plus sévèrement.
Je lui lance un petit regard en coin en restant silencieux, un peu calmé par ses beaux yeux qui me défient d’oser ronchonner encore, et je sais que je vais finir par me prendre une vraie soufflante si je continue.
- Laisse-la vivre sa vie Kakashi, reprend-elle plus gentiment au bout d’une minute. Quel est le fond du problème ?
- J’ai peur qu’il lui fasse du mal, admets-je finalement.
- Ça peut arriver, ils pourront finir leur vie ensemble comme se séparer au bout de quelques semaines, c’est la vie…
- S’il la fait pleurer, je l’égorge ! bougonne-je.
- Kakashi !
Et j’ai le droit à la soufflante jusqu’à ce que nous arrivions à Suna.
*
Dès que les gardes nous laissent entrer dans le village, les jônin et les genin partent au bâtiment principal en quelques bonds pour se présenter, notre groupe d’amis prend la direction de la maison que nous avons loué et je me redresse, les sens aux aguets.
Hanako comprend tout de suite ce que je cherche et elle lâche ma main pour me laisser libre un instant avant que je ne sente la présence de Naka. J’ai à peine le temps de pivoter sur ma droite que je la vois arriver en courant et j’ouvre mes bras pour l’accueillir, alors qu’elle se jette dedans quelques secondes plus tard en riant d’allégresse. Je la serre contre moi de toutes mes forces, elle m’imite à m’en casser la nuque et nous n’arrêtons plus de rire tant nous sommes heureux de nous retrouver.
- Quel joli couple…, peste Hanako avec une pointe d’humour.
Nous rions un peu plus et je repose Naka par terre, qui attrape ma tête pour me coller un bisou bruyant sur chaque joue :
- Il est là ! Mon taulard à Suna ! Enfin ! piaille-t-elle.
- Comment vas-tu Naka ? Tu attends depuis longtemps ? Tu as des vacances ? la mitraille-je immédiatement.
- Bien, non et oui ! répond-elle en sautillant.
- Vraiment ?! Tu seras disponible les trois jours ?! m’excite-je.
- J’en ai posé cinq ! rayonne-t-elle.
Hanako approche, les bras croisés et les yeux légèrement plissés, comme pour me rappeler sa présence et j’ouvre automatiquement un bras pour qu’elle se glisse en dessous.
- Je suis heureuse de te revoir Hanako, dit mon amie en souriant.
- Je ne sais pas si je suis heureuse, mais disons que je ne suis pas en colère…, répond Hanako en masquant son sourire.
- On progresse, souligne Naka avec une mine satisfaite.
- Kakashi t’a tant manqué que ça ? Non parce que, quand je vois les lettres qu’il t’envoie, je me demande plutôt s’il ne t’ennuie pas à mourir… J’avoue ne pas être allée au bout de celles que j’ai pu interceptées, me tacle gentiment mon petit ange.
- Tu n’es pas allée au bout parce que tu as le Kakashi original en chair et en os au quotidien ! Si tu n’avais que ça de lui, crois-moi, tu les lirais ! réplique Nakama avec bonne humeur.
Nous nous mettons en route en direction de la maison, et si Hanako reste calée dans mon bras gauche, Nakama attrape le droit pour le tenir serré contre elle alors que nous nous lançons déjà dans une conversation animée. Hanako n’a pas l’air jalouse du tout, elle observe avec de grands yeux les rues de Suna, qu’elle découvre pour la première fois, en tenant ma taille. Sa main effleure même de temps en temps le flanc de Nakama, puisqu’elle est collée contre moi aussi, mais je n’ai pas un seul regard mauvais de mon ange, ce qui participe simplement à me faire l’aimer davantage. Naka repère vite aussi que la température entre elles a l’air bien meilleur qu’avant, puisqu’elle ose timidement poser quelques questions à Hanako, qui lui répond plutôt gentiment.
Lorsque nous arrivons à notre location, les autres ont déjà envahi les lieux et débattent ensemble pour se répartir les chambres. Dès que nous passons la porte, Rinko tourne un visage rayonnant vers Nakama, qui à ma plus grande surprise, lui saute dans les bras également alors que toute notre bande les approche pour la saluer chaleureusement.
Nous visitons ensuite la maison et je découvre que Rinko et Hanako se sont clairement fait plaisir, parce qu’elle est incroyable.
La villa est de plein pied, comme un immense carré avec en son centre la terrasse et la piscine dans un grand et magnifique patio. Les pièces à vivres représentent un côté du carré, celui près de la terrasse du patio, où une grande table pourra tous nous accueillir, et les nombreuses chambres sont réparties le longs des trois autres côtés. Pour passer d’une chambre à une autre ou aux pièces principales, il faut utiliser un couloir abrité mais ouvert sur le patio, ce qui est plutôt incroyable pour des habitants de Konoha qui connaissent le froid et le gel.
- Bienvenue au soleil ! rayonne Nakama en ouvrant les bras face à nos têtes ahuries.
- Vous vivez à moitié dehors toute l’année ? demande Shin.
- Et bien, oui… il fait toujours chaud ici, même quand il fait froid ! répond-elle en riant.
La nuit devient noire, nous sommes tous plantés au milieu du grand espace salon/cuisine, complétement ouvert sur le patio où les guirlandes solaires et la piscine éclairent si joliment l’extérieur que je meurs moi-même d’envie d’y aller.
- Et bien moi, je vais me changer ! Je transpire ! s’exclame finalement Hanako.
Nous sommes tous d’accord avec elle et nous prenons donc les petits couloir abrités pour nous répartir dans nos chambres. Puisqu’Hanako et Rinko ont loué la maison, tout le monde était d’accord pour leur attribuer les meilleures chambres, à savoir les plus grandes et isolées des pièces communes, sur le côté opposé du carré que représente la maison. Les deux chambres sont spacieuses, chacune d’un bout et séparées au milieu par les deux salles de bain privatives qu’elles contiennent, offrant une intimité que je juge extrêmement intéressante entre les espaces chambres.
Dès que nous entrons dans la nôtre, Hanako se jette sur les deux fenêtres traversantes qui s’y trouvent, dont l’une donne sur le patio et l’autre sur la rue, pour créer un courant d’air, et je commence à me sentir mal. Je n’ai jamais vu Hanako avoir chaud, elle a toujours frais ou froid et je n’ose pratiquement plus l’approcher.
- Quelle chaleur ! soupire-t-elle en agitant une main.
- Naka m’a dit que les températures se rafraichissaient après minuit en général… nous dormirons les fenêtres ouvertes… je peux dormir par terre si tu veux, dis-je d’une petite voix coupable.
- Quoi… ? Mais pourquoi ?
- Je… je ne crois pas être le petit-ami idéal pour un village comme Suna, continue-je du bout des lèvres en ouvrant nos sacs sur le bout du lit.
Hanako glousse avant de venir à genoux sur le matelas pour se mettre face à moi en attrapant mes joues pour relever mon nez et m’embrasser avec amour. Je n’ose pas la prendre dans mes bras, mais elle les passe elle-même autour de sa taille et de son cou, ce qui me donne suffisamment d’assurance pour la serrer. Lorsqu’elle se détache de mon visage, ses yeux sont aussi rieurs qu’amoureux :
- Je préfère transpirer des litres que de ne pas dormir avec mon soleil personnel, même au milieu d’un désert…, me rassure-t-elle.
- Vraiment ?
- Bien sûr que oui, et tu sais que j’aime le chaud mon amour, surtout celui que tu irradies, alors arrête tes bêtises.
Elle m’embrasse encore, elle se prélasse même dans l’étreinte brûlante de mes bras pendant quelques minutes avant d’enfiler une petite robe légère, et dès que je suis en tee-shirt, nous ressortons pour retrouver nos amis.
Rinko et Nakama sont déjà dans la piscine tout habillés, avec un Shin qui vient visiblement de s’y faire trainer de force pendant que Mei les observe d’un œil doux depuis un transat. Hanako est évidement tentée par la baignade et elle retourne aussi sec dans notre chambre passer un maillot de bain tandis que je vais m’installer sur un transat en enlevant mon haut.
Quelques minutes plus tard, je discute avec Mei tandis que nos amis s’amusent tous ensemble dans l’eau et je me régale du spectacle. J’adore voir Hanako et Nakama rire ensemble, Rinko et Naka embêter Shin qui est bien plus calme qu’eux, en essayant majoritairement de se mettre à deux pour le couler et surtout, voir Hanako le défendre farouchement alors qu’elle a la force d’un moustique. Et j’aime bien être avec Mei, il est agréable de ne pas toujours être le seul sur le côté, d’avoir quelqu’un avec qui discuter et observer les autres… Cette petite bande fait tellement sens qu’on dirait qu’elle a été écrite pour passer du temps ensemble.
Une bonne heure plus tard, Hanako sort pour venir vers moi en trottinant, les lèvres un peu trop bleutées pour être honnêtes. Je lève les yeux au ciel et elle se terre contre moi dans le transat pour venir se réchauffer en ronronnant.
- Je n’avais pas grand souci à me faire, il n’y a que toi pour avoir froid ici…, soupire-je.
- Naka dit que c’est une nuit plutôt fraiche, souligne-t-elle.
Je ne peux que remarquer qu’elle l’a appelé « Naka » et mon cœur bondit dans ma poitrine.
- Et puis il est onze heures du soir ! Nous avons couru toute la journée ! Je suis affamée ! Trempée ! Ça n’aide pas à maintenir ma température ! ajoute-t-elle sur un ton plaintif.
- Nous avons commandé des pizzas, elles devraient arriver, répond tranquillement Mei.
- Vraiment ?! piaille Hanako.
- Tu pensais que ton Kakashi allait te laisser le ventre vide ? Je t’en prie Hana…, répond Mei en lui faisant un clin d’œil.
Elle rougit de plaisir avant de se lover plus près de moi et je passe mes bras autour d’elle pour la réchauffer au maximum tandis que Rinko nous rejoint en entendant visiblement parler de nourriture. Il discute avec Hanako en enlevant ses habits trempés pour se mettre en caleçon, et je capte immédiatement le regard de Mei sur lui. Je suis presque sur les fesses de voir les yeux avec lesquels elle regarde le torse de mon ami et je devine très largement que Rinko ne m’a pas tout dit quant à l’issue de la soirée que nous avions passé avec eux au bar de Konoha. L’arrivée des pizzas coupe court à mon analyse et nous nous installons à la grande table pour manger tous ensemble. Je n’ai pas l’occasion de creuser la chose puisque je passe mon repas à discuter avec Naka et que nous décidons ensuite de nous baigner.
Cette fois, Mei et moi nous joignons à eux et j’ai le bonheur d’avoir Hanako dans les bras pour qu’elle n’ait pas froid. Je la promène donc dans l’eau comme j’aime le faire, en tête à tête, ravi que les autres nous laissent tranquilles puisqu’ils barbotent tous ensemble à l’autre bout de la piscine.
La nuit est chaude, l’eau fraiche me fait du bien, la soirée est si douce… Hanako est accrochée à ma nuque, penchée en arrière pour avoir les cheveux dans l’eau alors qu’elle glousse de son acrobatie… elle se redresse régulièrement pour m’embrasser et me câliner, pour poser son front contre le mien, pour me souffler à quel point elle m’aime au creux de l’oreille. Nous barbotons tous les deux jusqu’à ce que les autres aillent se coucher, fatigués par la longue route que nous avons fait, un peu frileux d’être dans l’eau si tard alors que nous sommes réchauffés tous les deux par ma température élevée.
Hanako clame encore que ma chaleur est une bénédiction, même au milieu du désert, puisqu’elle nous permet de profiter de la piscine toute la nuit si nous en avons envie. Nous continuons donc de nous promener dans l’eau en discutant de ce que j’ai vu entre Mei et Rinko, ce qui ne manque pas d’interpeller Hanako, qui décide que nous mènerons l’enquête dans les prochains jours pour savoir s’il y a eu rapprochement ou non entre nos amis.
Nous partons nous coucher une bonne heure après les autres, mais notre programme en tête à tête continu puisque nous sommes suffisamment rafraichis par notre bain nocturne pour nous agiter un peu avant de dormir.