LE TRIANGLE DE KONOHA (Kakashi x OC)
Chapitre 223 : L'examen chûnin, la troisième épreuve
3189 mots, Catégorie: T
Dernière mise à jour 17/04/2026 11:57
Chapitre 223 : L’examen chûnin, la troisième épreuve
Point de vue de Kakashi
Le moment me parait suspendu hors du temps, je fixe Kiyowa avec inquiétude alors que le jônin l’observe avec un sourire vicieux.
- Il faut qu’elle bouge, tout de suite ! vocifère-je à voix basse.
- Mais pour quoi faire ? Que veux-tu qu’elle fasse ?! rétorque Nakama.
- Il faut qu’elle se cache, pour que le jônin ne l’attrape pas ! Le temps qu’elle réfléchisse ! Qu’elle mette en place une stratégie ! tonne-je.
- Les autres l’ont presque tous attaqué de pleine face avec toute leur puissance et aucun n’a pu passer…, acquiesce Shin. Si Kiyowa agit différemment, si elle connait une autre façon de faire… alors peut-être…
- Bien sûr que oui !! m’agace-je. Il faut qu’elle réfléchisse ! Qu’elle se serve à son avantage des massacres qui viennent d’avoir lieu au lieu d’en avoir peur ! Qu’elle crée un double ! Qu’elle le mène en bateau !
- Quoi ?! demande Gaï sans comprendre.
- Oh rien !! aboie-je. Elle sait très bien ce qu’elle doit faire, nous l’avons fait des centaines de fois, allumer ses neurones et réfléchir ! Laissez tomber ! Elle va le faire, elle va y arriver, j’ai toute confiance !
Hanako attrape simplement ma main pour la presser et je devine qu’elle me sourit gentiment, mais je ne détourne pas le regard de l’arène, je caresse simplement sa main en retour pour lui montrer que je suis sûr de moi.
J’ai bien entrainé Kiyowa, elle est un petit prodige, elle va y arriver.
Point de vue de Kiyowa
Je suis cachée sur une branche, dans la forêt dense de l’arène et mon byakugan me permet de voir le jônin qui rôde à ma recherche. Mon mode furtif le plus pointu est activé, je suis normalement indétectable mais j’ai un petit doute, parce que je respire par la bouche, encore un peu trop inquiète pour être sereine. Je me repasse en boucle devant les yeux les lèvres de Kakashi senseï, ses mots qui m’ont rassuré… Je peux le faire, si Kakashi senseï dit que je peux le faire, alors c’est que je le peux, je ne dois pas me laisser influencer par les défaites écrasantes qui viennent d’avoir lieu, puisqu’aucun genin n’est revenu sur ses deux pieds dans le vestiaire.
Je me calme peu à peu, je laisse la quiétude lutter contre l’adrénaline dans mes veines, je ferme même les yeux quelques secondes pour me concentrer au maximum. Lorsque je les rouvre, je suis prête.
Je me lance à pas de plume, je saute sur quelques branches, jusqu’à arriver derrière le jônin que j’observe. Je fixe sa poche arrière, pleine de shuriken, et je vois la clé à travers le tissu. Elle est mon objectif, je me concentre dessus et je m’élance au sol. Je cours à toute vitesse dans le dos de mon adversaire, qui se retourne d’un bond en m’entendant arriver. J’évite une technique, deux shuriken, et je réalise vite que je ne pourrai pas l’affronter, ce serait trop risqué. Je me repropulse en l’air, je tente une deuxième feinte, une deuxième attaque, mais il modifie sa position pour les parer dès l’instant même où mon corps se modifie et qu’il lui indique mon intention. Une fois de plus, impossible d’y aller et je préfère battre en retraite dès que le stress recoule à flot dans mes veines.
En quelques secondes, je disparais, malgré la course poursuite intense qui s’effectue dans les branches, parce que je donne tout pour rester calme, organisée et prudente. Je me remets en sécurité, camouflée à la cime des arbres, le cœur battant la chamade, à me dire que je n’y arriverai jamais.
Ce jônin est trop fort, je ne peux pas l’attaquer de front comme je viens de le faire, et pourtant Kakashi senseï pense que je peux y arriver… Alors je dois faire ce qu’il me répète toujours : réfléchir, trouver une solution. Il dit qu’il y a toujours une solution, qu’il faut que je trouve des alternatives en cas d’adversité, que je pense autrement, que je tourne le négatif en positif… Le constat qui me vrille la tête est très clair : Je ne suis qu’une pauvre genin face à un jônin, je n’ai aucune chance… Comment me servir de cette situation à mon avantage ?
Je me creuse la tête quelques minutes, les yeux fermés et je me plonge dans mes entrainements avec Kakashi senseï, je passe dans mes oreilles le nombre de fois où il me dit que je ne suis pas une pauvre genin, que je serai l’une des plus grandes ninjas de Konoha, que je l’égalerai un jour, que je suis meilleure que beaucoup de chûnin actuels… Plus je me répète ces phrases, plus je prends confiance et plus je me calme. Il faut que je fasse confiance à mon senseï de cœur, il faut que je considère que je ne suis pas comme les autres, que je peux trouver comment tourner la situation à mon avantage pour réussir cette épreuve et la solution apparait finalement dans ma tête, aussi claire que s’il me l’avait soufflé : Je ne suis pas une pauvre genin, mais ce jônin n’en sait fichtrement rien. Il ne me connait pas, il ne connait pas mes capacités, il vient de terrasser quinze genin les doigts dans le nez… Sa confiance est au maximum, il faut que je m’en serve contre lui.
Je rouvre les yeux, plus déterminée et confiante que jamais, prête à mettre en œuvre ma stratégie. Je crée rapidement un clone, que j’envoie dans les branches en se comportant comme une genin « classique » pour induire mon adversaire en erreur. Les pas de la deuxième Kiyowa sont un poil trop bruyants, elle n’est pas aussi prudente que moi, pas aussi attentive… comme je pouvais l’être avant de suivre mon entrainement particulier d’espionne. Pratiquement instantanément, le jônin repère mon clone, un sourire confiant s’étire sur ses lèvres et il se lance à sa poursuite avec la discrétion d’une plume. Immédiatement, je me laisse tomber de ma branche en mode furtif absolu, faisant moins de bruit que le vent, et je me mets moi-même en chasse du jônin, qui ne me repère évidemment pas. Je fixe à nouveau sa poche arrière, je survole les éléments de la forêt telle une ombre, la distance s’amenuise et je ne me fais toujours pas repérer puisque mon adversaire est complétement focalisé sur mon double.
Je reste patiente, méthodique, je prends tout le temps qu’il me faut pour m’approcher jusqu’à presque pouvoir toucher son dos, et si ce combat était mortel, alors cet homme serait sans doute déjà mort d’un kunaï lancé avec précision dans sa nuque. Ce constat me fait encore gagner en confiance en moi et je parcours finalement les dernières dizaines de centimètres qui me sépare de lui en planant tel un aigle.
Tout se passe très vite, juste avant que mes pieds n’atteignent le sol, je glisse ma main dans la poche du jônin pour y attraper la clé, puis je me réceptionne en une roulade des plus silencieuses dans son dos, la clé dans la main.
J’ai été tellement discrète qu’il ne m’a pas entendu, et la seule chose qui lui apprend que la clé vient d’être dérobée est sans doute le minuscule contact que j’ai fait en l’attrapant dans sa poche. Je la tiens devant mes yeux, face à lui, et j’entends les hurlements d’allégresse en hauteur, sur les bords de l’arène, sans doute de l’intégralité des gens de Konoha. Je commence à peine à sourire lorsque mon adversaire se jette sur moi.
Il me surprend tellement que je manque de me faire avoir, mais j’arrive à l’éviter de justesse et je remercie du fond du cœur la vitesse légendaire de Kakashi senseï, qui m’a appris à éviter les hommes plus rapides que des éclairs. Je l’esquive en une roulade, dans l’incompréhension totale puisque j’ai pourtant attrapé la clé, mais je n’ai pas le temps de me poser plus de questions lorsque je le vois qui bande ses muscles, prêt à me sauter dessus une seconde fois.
Je me projette en l’air tout en glissant la clé dans ma propre poche tandis que le hurlement de Rinko retentit dans l’arène, alors qu’il insulte l’intégralité de Suna en criant que j’ai la clé et que ce n’est pas juste.
Je ne me laisse pas déstabiliser, je veux ma promotion de chûnin et je l’aurai, alors je ne lâche rien et je serre les dents sous la concentration tandis que j’évince de mon esprit tous les hurlements que je peux entendre de mes camarades de Konoha. Je me reconcentre à trois cents pour cent en évitant encore l’attaque rapide de mon adversaire.
Je ne suis plus à couvert et je n’ai pas envie de m’enfuir, je sais que ça ne servirait à rien. Le deal était la fichue clé et si ce type a décidé de changer les règles, alors à moi de m’adapter plutôt que d’aller pleurnicher. Je le surprends donc encore, lorsque je lui fonce dessus franchement en arrêtant d’esquiver ses techniques, pour aller le combattre au corps à corps en criant sous la force que je me donne, et le vrai combat débute.
Le jônin est scié par mon niveau, il m’attaque férocement, il distribue une quantité dingue de coups à mon intention, que j’évite avec brio. Nos kunaï tintent l’un contre l’autre, si vite que le silence n’a plus sa place entre nous. Je puise dans mes réserves pour ne pas perdre le fil, je laisse mon instinct agir, comme me le souffle toujours Kakashi senseï dans nos combats. Mes parades sont instinctives, je ne réfléchis même pas, je laisse tous mes ressentis me guider. Je pare coup sur coup, j’esquive, je me baisse, je roule, mais j’analyse.
Chaque coup qu’il me met entre dans ma tête, rejoint le schéma mental que je crée, la carte d’identité combattive de mon adversaire. J’applique encore les conseils de mon senseï, je n’agis pas bêtement, je choisis la prudence et la sécurité. Je défends jusqu’à ce qu’une ouverture sûre se présente à moi pour attaquer et je sais déjà que je pourrais faire ça toute la nuit s’il le fallait, parce que ma volonté brûle en moi comme un immense feu.
Le combat s’étire, les minutes passent et plus je me bats, plus j’analyse, plus ça me parait simple, plus je doute. On dirait que cet homme ne me sort pas toute sa puissance, je ne peine pour l’instant pas vraiment à parer ses coups et je crains qu’il n’attende que je l’attaque pour me sortir toute sa technique. Sauf que cette analyse est étrange, je vois ses yeux qui enragent à mesure qu’il n’arrive pas à me toucher, je vois sa frustration qui explose, ses dents qui se serrent… Comment pourrait-il jouer la comédie à ce point ? Mais comment pourrait-il être au maximum alors qu’il est jônin… ?
Une fois de plus, la réponse s’impose dans mon esprit, et dès qu’elle le fait, c’est un tel choc que je manque de me prendre un coup de kunaï. Le moment où je réalise que oui, je peux le faire, parce que cet homme est bel et bien au maximum de ses capacités alors que ça me parait presque risible… Mais c’est tout simplement parce que j’ai l’habitude de me battre contre Kakashi senseï, et que ce dernier n’est pas un jônin comme les autres. Il n’est pas simplement l’un des meilleurs ninjas du village, il est l’un des meilleurs ninjas du monde, il est cent fois meilleur que l’homme qui se tient en face de moi, cent fois plus rapide, plus féroce, plus chirurgical… et ça fait des semaines que je me bats contre lui en le prenant pour une référence alors qu’il est a priori extrêmement peu probable que je me retrouve un jour face à un ninja de sa trempe.
Je suis habituée à me battre contre un ninja légendaire, le célèbre ninja copieur… bon sang, bien sûr que je peux le faire !!
Ma confiance en moi éclate dans mon corps, elle diffuse dans chacune de mes veines, je sens presque mes muscles qui se gonflent, ma puissance qui explose les plafonds, mon chakra qui bouillonne au fond de moi, prêt à exploser et prouver de quoi je suis capable.
D’une seconde à l’autre, tout change. C’est moi qui prends l’ascendant, c’est moi qui fonce tête baissée en distribuant des coups chirurgicaux plus rapides que des flèches, c’est moi qui vois la surprise au fond des yeux de mon adversaire alors qu’il recule en m’esquivant comme il le peut. Je ne lâche rien, je déploie tout, je me laisse inonder par tout ce que j’ai jusqu’au fond du ventre, par toutes mes techniques de combats, tout mon niveau, toute la puissance que Kakashi senseï me promet que j’ai au fond de moi.
Je me transforme en tornade, mon adversaire tourne la tête dans tous les sens pour essayer de me repérer, pour parer mes kunaï à la dernière fraction de seconde, je le suis chaque fois qu’il roule ou saute, je ne le lâche pas d’une semelle et il fatigue. Il fatigue suffisamment pour me laisser placer une technique, au bon moment, une technique qui le percute avec violence et l’envoie valser quelques mètres plus loin. Il saute à peine sur ses pieds que je plane déjà sur lui en lui en en envoyant une autre, qui fonce droit sur sa personne alors qu’il écarquille les yeux et se jette sur le côté pour esquiver. Je suis le lion et lui la gazelle, il lutte pour sa vie alors que je me régale, il est pourtant le jônin et moi la genin.
Et enfin, j’ai l’ouverture pour gagner, au moment où j’atterris devant mon adversaire comme un aigle qui se pose, mon chakra prêt, complétement modelé. Il écarquille une dernière fois les yeux tandis que je pousse ma main dans sa direction pour lui infliger une paume du hakke puissante, qui le terrasse finalement.
Point de vue de Kakashi
Le jônin s’écroule, vaincu, et je plaque une main sur mes lèvres alors que l’intégralité des spectateurs est silencieux. J’étais sûr et certain qu’elle pourrait lui prendre sa foutue clé, mais je suis devenu fou lorsque le combat a continué injustement et que j’ai eu peur pour sa vie. La main d’Hanako est encore serrée avec force autour de mon bras puisqu’elle me retenait de me jeter dans l’arène, et pourtant, le jônin est complétement k.o. alors que ma petite Kiyowa est encore figée dans sa position de paume du Hakke, les sourcils froncés et son air déterminé en place.
- Bordel de merde !! crie finalement Rinko.
Il réveille enfin la foule de spectateur qui se met à bondir, à applaudir, à célébrer Kiyowa comme une héroïne vu la prouesse qu’elle vient de réaliser à seulement douze ans. Hanako couine dans les ultrasons, Nakama siffle avec zèle, Rinko beugle, Mei sourit en sautant dans les bras de Rinko qui la réceptionne… Et moi, je fonce simplement. Je descends les escaliers dix par dix alors que je réalise qu’elle vient de le faire, qu’elle vient de prouver aux organisateurs sadiques de Suna que leur projet de n’avoir aucun promu à cet examen vient d’échouer. Kiyowa était la dernière à passer, elle est la seule qui vient de réussir cet examen.
Je défonce pratiquement la porte des vestiaires et Kiyowa tourne la tête vers moi alors que son visage s’illumine. La seconde suivante, elle court à toute vitesse dans ma direction pour se jeter dans mes bras, elle s’accroche à ma nuque et heureusement, parce qu’elle a si vite couru sur moi que son corps entier est encore projeté dans son mouvement et qu’elle nous fait tourner sur nous-même alors que mes bras se referment autour d’elle et que ma fierté explose dans chacune de mes cellules.
- Bordel, je suis tellement fier de toi !! m’exclame-je.
- C’est grâce à vous Kakashi senseï ! Entièrement à vous ! Je savais que vous me feriez réussir, je savais que j’y arriverais grâce à tous nos entrainements ! crie-t-elle.
- Tu as réussi toute seule Kiyowa ! Grâce à ton sérieux et ton application ! Tu te le dois entièrement ! Et te voilà chûnin ! m’exclame-je.
Elle se blottit dans mon cou en riant et je resserre mes bras autour d’elle alors que Gaï débarque derrière nous et que ses deux équipiers le talonnent en hurlant d’allégresse.