LE TRIANGLE DE KONOHA (Kakashi x OC)

Chapitre 217 : Un être vous manque, et tout est dépeuplé

2419 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 08/04/2026 11:14

Chapitre 217 : Un être vous manque, et tout est dépeuplé


Point de vue de Kakashi

Après une mission d’une bonne semaine et demie, je suis rentré à Konoha hier dans l’après-midi. Hanako s’était débrouillée pour être de garde pendant ce temps-là, histoire de ne pas perdre de temps lorsque nous sommes tous les deux à la maison. Après les missions comme celles-ci, il est de coutume d’avoir le droit à quelques jours de vacances, que je compte bien prendre dès que j’aurai fini ma journée de boulot aujourd’hui.

Car être commandant apporte son lot de paperasse, que je me dois de régler aujourd’hui avant de pouvoir prétendre à des petites vacances. Une longue journée cloîtré entre les quatre murs de mon bureau m’attend donc et je soupire en voyant la pile de papiers qu’il me faut traiter aujourd’hui.

On m’apporte mon courrier en milieu de matinée, et mon moral remonte en flèche lorsque je découvre que j’ai une lettre de Nakama dans le tas. Elle me manque terriblement depuis son départ il y a quelques semaines, je pense à elle presque quotidiennement, chaque fois qu’il m’arrive quelque chose que j’ai envie de lui raconter, qu’une envie inopinée de glace me saisit ou que Rinko la mentionne dans une discussion. Ses lettres sont toujours un vrai bonheur, j’adore lire son quotidien à Suna, ses petites piques tranchantes sur ses collègues, ses remarques acerbes sur les hommes qu’elle rencontre et surtout, ses plaisanteries à longueur de lignes. Elle se moque beaucoup de moi, qui lui raconte absolument tout ce qu’il m’arrive, et elle aime s’appeler « mon journal intime », ce qui n’est sans doute pas si loin de la vérité.

 Il faut dire qu’il est compliqué pour moi de plaisanter par écrit ou de rebondir sur ses histoires qui me font pourtant énormément rire, alors la seule option que j’ai trouvé pour lui signaler à quel point je suis heureux que nous gardions contact a été de lui raconter tout ce que je faisais, comme de grands récits à mon journal de bord. Je veux juste qu’elle comprenne que j’aime nos échanges, que je l’aime elle, et prendre le temps de lui rédiger de longues pages pour lui raconter ce qu’il se passe à Konoha me semble être une façon de lui montrer. Je suis sûr qu’elle le sait, je devine qu’elle sourit à chaque fois qu’elle reçoit plusieurs pages manuscrites d’évènements lambda de Konoha de ma main, qu’elle sait parfaitement que c’est ma façon maladroite de lui montrer ce que je ressens.

J’ai déjà fait soupirer Hanako avec mes écrits, lorsqu’elle était tombé sur une de mes lettres avant que je ne lui envoie et qu’elle avait eu la curiosité de la lire. Elle m’a fait sa mauvaise tête, en disant que Nakama n’avait pas besoin de savoir que nous étions allés au restaurant deux soirs de suite, que nous avions fait une promenade dans les bois et que je lui avais offert des fleurs. Je crois qu’elle ronchonne par principe, puisque je n’ai pas manqué son regard attendri lorsqu’elle a découvert tout ce que je racontais à Nakama.

J’ouvre donc la lettre de ma meilleure amie en m’adossant dans ma chaise et je passe les cinq minutes suivantes à me régaler de ce qu’elle me raconte. En revanche, la fin de sa lettre me laisse triste, puisqu’elle m’y avoue que je commence à drôlement lui manquer, qu’elle a beau avoir des amis à Suna, le meilleur est bloqué à Konoha. Elle plaisante en me demandant si Hanako accepterait de déménager à Suna avec moi, puis elle termine sa lettre en disant qu’elle commence à sérieusement envisager cette histoire de vacances dans mon appartement et qu’elle se demandait si j’étais sérieux quand je lui avais proposé cette solution.

J’attrape un papier et je commence à rédiger ma réponse, en lui assurant que j’étais très sérieux, mais je suis interrompu par des petits coups anxieux sur ma porte. Dès que j’invite Kiyowa à entrer, elle s’enfile comme la petite tornade qu’elle est :

-         Kakashi senseï, ça ne va pas du tout ! s’angoisse-t-elle. L’examen chûnin est dans quelques jours et nous n’avons pas pu nous entrainer depuis presque deux semaines !

Je lui désigne calmement la chaise en face de mon bureau et elle s’y assoit, droite comme un i et le visage toujours soucieux.

-         Tu es prête, affirme-je. Nos entrainements ne changeront rien au fait que tu passeras cet examen haut la main.

-         Peut-être, mais ils ont le mérite de me rassurer. Gaï senseï a triplé nos entrainements, mais ce n’est pas suffisant, j’ai besoin de votre patte, vous m’apprenez tellement de choses ! Je vous en prie ! insiste-t-elle.

-         Je pourrais peut-être te caser un entrainement demain, propose-je. Je serai en repos en théorie, alors j’aurai du temps… Il faudra simplement que je voie avec Hanako si c’est bon pour elle.

-         Vous savez que ce sera bon pour elle, elle accepte toujours nos entrainements ! Elle dit qu’il est important que vous me formiez.

C’est vrai, mais comment expliquer à ma protégée que la situation est un peu différente lorsque deux amoureux transis prennent quelques jours de repos à deux après une semaine et demie de séparation ? Je ne doute pas qu’Hanako acceptera, mais je ne doute pas non plus que nous aurons sans doute du mal à sortir du lit demain. Je préfère assurer le coup et je parcours ma pile de dossiers pour voir ce qu’il me reste à faire aujourd’hui.

-         Tu n’as rien à faire aujourd’hui je suppose ? Puisque tu débarques dans mon bureau en milieu de matinée… ? demande-je.

-         Non, je suis libre… j’espérais vous faire suffisamment pitié pour que vous m’entrainiez, avoue-t-elle.

-         Ecoute, je vais tenter de finir ce que j’ai à faire rapidement, et s’il n’est pas trop tard, nous irons nous entrainer aujourd’hui…, réponds-je pensivement.

-         Merci Kakashi senseï, vous n’imaginez pas comme ça me touche, je commence à vraiment angoisser…, soupire-t-elle de soulagement. Et puis l’examen est dans trois jours, comment est-il possible que je ne sache même pas encore où il a lieu ?! C’est stressant, vous en conviendrez…

Je fronce automatiquement les sourcils, très surpris :

-         Comment peux-tu ne pas être au courant ? Gaï a dû avoir l’information… je ne comprends pas. Nous avons reçu des documents sur l’examen, il me semble les avoir vu passer dans le bureau de l’Hokage.

-         Je ne sais pas, soupire-t-elle. Gaï senseï est très occupé en ce moment…

Gaï est en effet parti sur quelques missions de rang s récemment et j’entends bien que ça a pu lui faire sortir tout ça de la tête. Il ne se rend sans doute pas compte que ça impacte Kiyowa, puisque les autres genin sont plus sereins qu’elle – bien qu’ils ne lui arrivent pas à la cheville – et ils ne doivent pas se poser trente-six questions. En revanche, je connais par cœur ma petite Kiyowa, et je sais qu’avoir l’information l’aider à s’apaiser.

-         Reste ici, je vais allez chercher les documents.

Je file en coup de vent chercher la grosse enveloppe dans le bureau de Minato, et lorsque je me rassois à mon bureau pour l’ouvrir, la surprise est totale. L’examen se déroule à Suna, et dès le moment où je lis le nom du village, l’idée fixe d’y accompagner Kiyowa se grave dans ma tête.

Premièrement, je serais ravi de l’accompagner pour cet examen, deuxièmement, je sais que Kiyowa gagnerait des litres de confiance en elle en sachant que je l’y accompagne et dernièrement, je ne peux déjà plus m’ôter de la tête que je pourrais passer quelques jours avec Naka. Je fixe le document, complétement figé alors que mon esprit tourne à cent à l’heure.

-         Qu’est-ce qu’il se passe ? s’angoisse Kiyowa.

-         Rien… rien ne t’en fais pas. L’examen est à Suna, il dure trois jours officiellement, pour les trois épreuves, mais ça peut déborder si une épreuve met du temps à se terminer…, récite-je pensivement en continuant de réfléchir.

Je suis censé être en repos avec Hanako à partir de demain, je ne suis pas sûr qu’elle serait ravie de passer nos vacances à Suna, puisqu’elle ne porte pas Nakama dans son cœur, mais je sais aussi qu’elle acceptera sans doute en sachant à quel point ça me rendrait heureux…

Kiyowa parle à toute vitesse en fond de mes pensées, elle s’inquiète puisqu’elle ne connait pas Suna, mais elle est heureuse d’avoir eu l’information pour s’y préparer. Je la laisse évacuer ses inquiétudes sans l’interrompre, déjà parce que ça lui fait du bien, mais surtout parce que je suis trop absorbé par le dilemme au sein de ma tête.

Quand elle s’arrête enfin, je prends le temps de la rassurer et je lui assure que je me débrouillerai pour que nous nous entrainions cet après-midi. Hors de question que je sacrifie une seule heure des trois prochains jours à la maison avec Hanako si nous partons pour Suna...

Je fiche donc Kiyowa hors de mon bureau pour pouvoir avancer dans mes papiers et elle disparait sans se faire prier à la perspective de nous entrainer cet après-midi. Je termine rapidement ma réponse à Nakama, pour l’informer de la situation et lui dire que je risque fort de débarquer à Suna dans très, très peu de temps. Voilà qui devrait donner le sourire à mon amie, puisque le mien ne cesse de creuser mes joues.

*

Peu après midi, j’ai presque terminé mon travail, mais je suis une fois de plus interrompu, par mon chakra préféré au monde cette fois.

-         Entre mon ange, qu’est-ce que tu attends ? m’amuse-je en voyant qu’elle n’entre pas.

Elle se glisse dans mon bureau et vient jusqu’à moi avec une petite mine qui me remue. Elle a l’air triste et inquiète, toute penaude et hésitante…

-         Ça va ? m’inquiète-je tout de suite.

Elle s’assoit sur mon bureau en affichant toujours sa petite moue travaillée et j’attrape ses jambes pour les caresser en attendant qu’elle me dise ce qui ne va pas. Elle est rarement comme ça, toute la malice a déserté ses traits aujourd’hui et c’est insupportable pour moi.

-         Ça fait un moment que je tourne en bas du bâtiment…, chuchote-t-elle. Je ne savais pas si je devais te dire ce qui me tracasse, j’ai peur que tu surréagisses… Mais je me suis dit que tu l’apprendrais ce soir quoi qu’il arrive alors… autant venir chercher un peu de réconfort dès maintenant puisque je ne me sens pas très bien.

-         Mon ange… mais qu’est-ce qu’il se passe ?! geins-je.

Elle lève des yeux inquiets et je serre ses jambes dans mes bras.

-         Je ne veux pas que tu surréagisses…, insiste-t-elle. Je ne veux pas que tu aies de problèmes alors qu’il n’a rien fait… je ne veux pas que tu aies de problème tout court… Mais je ne peux pas te le cacher, tu le sauras vite…

-         S’il te plait, dis-moi les choses. Je suis là pour toi, je te promets de ne pas « surréagir » … Il s’est passé quelque chose à l’hôpital ce matin ?

-         Oui… Je ne t’en ai pas parlé avant parce que je ne voulais pas que ça t’énerve, je pensais que je gérerais mieux que ça la situation… Mais pendant ta mission, quand j’étais de garde, Tao s’est mis à aller de mieux en mieux…

Je me tends déjà des pieds à la tête mais j’essaie de toutes mes forces de ne pas le montrer à Hanako, qui me dit alors la chose que je redoute dans un coin de ma tête depuis de longues semaines maintenant.

-         Il est sorti, souffle-t-elle finalement. Il est sorti de l’hôpital ce matin, alors que les anciens n’ont toujours pas décidé d’une sanction à part le retirer des forces spéciales… Il est libre Kakashi, il se promène dans Konoha le nez au vent alors que… que…

Bordel, j’aurais vraiment dû tuer cet enfoiré.

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