LE TRIANGLE DE KONOHA (Kakashi x OC)

Chapitre 216 : Un tour au bar

3928 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 07/04/2026 11:39

Chapitre 216 : Un tour au bar


Point de vue d’Hanako


Mei et moi avons déjà commandé des verres lorsque Rinko et Kakashi nous rejoignent à une table dans le bar. Ils ont l’air drôlement sérieux compte tenu de la petite soirée de célébration qui s’annonce et j’interroge Kakashi du regard alors qu’il s’installe à côté de moi dans la banquette, mais il ne me dit rien, il se contente d’attraper ma main pour en embrasser le dos alors que je devine le sourire en coin qu’il affiche sous son masque. Ça m’intrigue, mais je suis vite sortie de mes pensées par Mei, qui envisage déjà d’aller danser près du bar où quelques fêtards se tortillent en riant.

-         J’ai eu ma dose de danse à la soirée de Shin ! annonce-je en riant un peu.

-         C’est vrai, je t’avais épuisé ! se moque Rinko.

-         Il faut dire que tu ne danses pas vraiment, tu gesticules comme un dingue en me trainant avec toi ! le taquine-je en retour.

Il éclate de rire et Kakashi intervient :

-         Tu n’as qu’à inviter Mei à danser si Hanako n’en a pas envie, souligne-t-il.

Mei rit à son tour et un petit débat se lance entre nos deux amis, puisqu’elle soutient qu’il ne pourrait pas suivre son rythme alors qu’il lui prouve par A+B que si, avec un sourire plus que séducteur. Ils finissent par se décider à aller danser un peu en attendant nos boissons, et dès qu’ils s’éloignent, Kakashi se penche vers moi :

-         Tu ne trouves pas qu’il y a de l’attirance dans l’air ? demande-t-il.

-         Entre Mei et Rinko ? Bien sûr que si, mais ce sont deux séducteurs, alors je ne sais pas trop ce qui est réel là-dedans…, réponds-je pensivement.

-         Ça te dérangerait ? Si c’était réel ?

Je tourne la tête vers lui en fronçant les sourcils :

-         Tu n’es pas sérieux ? m’étonne-je. Tu me demandes vraiment à moi si ça me poserait problème qu’ils se tournent autour après ce que j’ai fait à Rinko ? Avec toi qui plus est… Ce serait drôlement culotté de ma part !

Il rit doucement en approchant son visage du mien pour me lancer son regard le plus charmeur :

-         Tu insinues que nous nous tournions autour ? ronronne-t-il. 

-         Légèrement…, glousse-je en me perdant dans ses yeux.

-         Ah bon… je croyais que nous nous disputions simplement, continue-t-il de sa voix suave.

Il me tire contre lui fermement pour nous rapprocher encore, pour nous isoler du bar bondé dans une petite bulle taquine et amoureuse.

-         Que nous nous disputions seulement ? m’amuse-je. Peut-être que c’était encore un peu trop ambigu au pays du gel, mais j’imaginais quand même que tu aurais compris que nous nous tournions autour quand nous avons commencé à nous embrasser.

Je savoure son petit rire grave, puis ses lèvres masquées qui se posent sur les miennes avec température. Je sens à son baiser que son masque le frustre, mais qu’il n’a pas envie d’enlever une seule de ses mains de moi pour le baisser, alors je m’en occupe pour lui et dès que nos lèvres nues se trouvent, nous perdons toute dignité pour nous transformer en deux adolescents qui se bécotent malgré la foule autour de nous. L’avantage des bars est que ce genre de comportement n’est clairement pas jugé ni même remarqué, et nous nous laissons consumer par notre passion dans nous soucier du monde extérieur.

Un baiser langoureux, une caresse sur ma cuisse, mes ongles qui se referment sur sa nuque, son souffle qui s’affole… Autant dire qu’il était temps que nous soyons interrompus par l’arrivée de Shin et ses amis des forces spéciales, qui s’installent autour de nous en sifflant gentiment Kakashi. Il ne rompt même pas brusquement notre baiser, il préfère simplement en baisser l’intensité, et je ronronne de bonheur contre ses lèvres souriantes jusqu’à ce qu’il détache finalement son visage du mien, bien qu’il me garde dans ses bras tout contre lui.

-         Hatake ? J’ai failli ne pas te reconnaitre… un séducteur pareil au bar de Konoha, ça ne pouvait pas être toi ! l’embête Toru.

-         Je pense que cette fois, j’aurai vraiment tout vu ! renchérit Nanba.

-         Coucou les amoureux, nous salue Hokuto avec sa tranquillité habituelle en se glissant à côté de moi.

Nos boissons sont apportées à notre table et Shin en profite pour payer une tournée générale dans la foulée, pour toute la joyeuse bande que nous sommes. Les discussions démarrent, Kakashi échange avec Toru sur un sujet sérieux qui concerne les forces spéciales, Shin et Nanba font les pitres avec un ami à eux que je ne connais pas et je découvre à quel point ils sont devenus complices tandis qu’Hokuto joue avec une cigarette éteinte entre ses doigts, en observant tout ce beau monde qui s’amuse.

-         Tu veux que je t’accompagne ? propose-je en désignant sa main.

-         Avec plaisir ma grande, répond-il en souriant.

Puisque je sais qu’il n’aura clairement pas froid sans, j’attrape la veste de Kakashi sur ses épaules en me levant, que j’enfile par-dessus ma robe du soir plutôt que ma petite veste. Un look encore très douteux, mais rien de plus agréable que d’être avec un radiateur comme lui quand on est une frileuse invétérée. J’en frissonne de bonheur en m’emmitouflant dans le tissu chauffé par sa peau brûlante et je suis Hokuto devant le bar pour qu’il puisse fumer en compagnie.

-         Tes amis ne t’accompagnent pas ? 

-         Il y en a toujours un qui se dévoue, rit-il en me désignant. Mais ça ne me dérange pas de le faire seul, il ne fallait pas te sentir obligée.

-         Ce n’est pas le cas, je me posais juste la question... Et puis j’avais envie de te parler un peu en tête à tête… Comment ça va ces derniers temps ? demande-je en souriant.

Il sait très bien que je fais allusion à ma soirée chez lui, parce qu’il affiche immédiatement un sourire qui ne me trompe pas, alors qu’il baisse le nez pour fixer le sol et me cacher son trouble. Peut-être même des joues un peu roses ? Je ne sais pas, mais ça me donne immédiatement un sourire immense à moi aussi.

-         Raconte-moi ! piaille-je avec bonheur.

Il relève enfin les yeux pour me lancer un regard brillant de bonheur :

-         Tu veux que je sois honnête ? demande-t-il.

-         Oui !

-         Notre conversation m’a fait un bien fou Hanako, sincèrement. Je… je ne sais pas, tu as créé une sorte de petit déclic en moi, une envie d’essayer, d’essayer vraiment de faire avancer les choses dans ma relation… Si tu veux tout savoir…

Sa voix n’est plus qu’un petit chuchotement timide sur la fin de sa phrase et je l’encourage avec excitation :

-         Bien sûr que je veux savoir !

-         On se cache moins, on cache moins notre proximité à nos collègues, on rit plus, on… se laisse être beaucoup plus proches… J’essaie de tenir bon, de me dire que si ça se remarque et que les choses dégénèrent, c’est peut-être parce que ça doit se passer comme ça finalement… peut-être que ce sera ça ma libération… Comme lorsqu’Hatake t’a fait son sale coup, ça a été terrible, mais ça a aussi été un nouveau départ pour vos deux, c’est ce que tu m’en avais dit… Peut-être qu’il faut que nous touchions le fond, que nous assumions le foin que ça créerait, les risques que ça engendrerait… mais qu’ensuite, les choses changeront. 

-         Comme pour Kakashi et moi, confirme-je avec émotion en hochant la tête.

-         Oui… et quand je vois comme vous êtes maintenant… c’est… Wouah ! Ça me fait rêver. On dirait que vous êtes au paradis, que tout est simple et évident… mais pour en arriver là, il aura fallu une rupture entre toi et Yûwaku, un déchirement entre lui et Hatake, un pétage de plomb de ce dernier et une fêlure phénoménale dans ton cœur à toi… On ne soupçonne pas tout ça quand on vous voit de l’extérieur, parce que vos épreuves vous ont rendu plus forts et ont permis que vous en arriviez à ce bonheur surréaliste.

-         Exactement.

-         Alors écoute, voilà, je crois que je commence à être prêt. Prêt à subir la tempête qui s’annonce, à la traverser et à peut-être enfin toucher le bonheur, conclut-il en souriant tranquillement.

-         Tu le toucheras Hokuto, tu nageras même dedans, j’en suis certaine ! Je le sens au fond de moi ! assure-je avec sincérité.

-         Et vous serez là pour moi quand les trois quarts de Konoha me lanceront des cailloux !

-         Exactement ! Nous serons toujours là pour des petites soirées à quatre, à vous regarder nager dans le bonheur comme nous le faisons lui et moi ! glousse-je.

Il rit en jetant son mégot avant de m’attraper par les épaules pour nous rentrer à l’intérieur avec son beau sourire toujours vissé aux lèvres :

-         Tu es vraiment une petite douceur Hanako, une crème…

Nous échangeons un regard complice avant de retourner à notre table surpeuplée, où Kakashi m’accueille avec bonheur alors qu’il continue sa conversation avec Toru. Il ne quitte pas son interlocuteur des yeux, mais il m’attrape pour m’assoir sur une de ses cuisses et me caler contre lui en passant un bras autour de mes hanches et son autre main sur ma cuisse, m’enveloppant dans ses bras. Puisque je suis sur Kakashi, Hokuto a la place de se remettre à côté de moi, mais depuis que Rinko et Mei sont revenus, nous sommes serrés à notre table. Ce qui me va très bien puisque ça me permet d’être blottie sur Kakashi sans que ça ne soit perçu comme un peu trop fusionnel, mais plutôt comme un gain de place non négligeable.   

Un peu intriguée par ce que m’a dit Kakashi tout à l’heure, j’espionne Rinko et Mei discrètement et je constate qu’ils sont effectivement bien séducteurs l’un avec l’autre. Autant je reconnais les attitudes d’un Rinko en chasse, autant j’ai la surprise de voir que Mei n’est pas en reste non plus et qu’elle lui offre ses yeux les plus irrésistibles. Ça ne m’étonne pas trop d’elle, elle n’est pas du genre à s’assoir sur une agréable nuit, mais je suis plus inquiète pour Rinko, qui risque d’être un peu étonné de se faire mettre à la porte dans la nuit comme une consommation usagée. Mon ami a beau être un coureur de jupon invétéré, je ne suis pas sûre qu’il se rende compte de qui il a en face de lui et je miserais tout ce que j’ai sur le fait que si l’un d’eux devait s’attacher à l’autre inopinément, ce serait assurément lui. J’espère qu’il n’en souffrira pas, car je connais le charme dévastateur de Mei et le cœur plus tendre de Rinko, malgré ce qu’il en pense et s’en avoue à lui-même.

Ils sont pour l’instant clairement dans une petite partie de chat et de souris, à se taquiner et se séduire comme si les autres n’existaient pas, et je commence à ne plus avoir trop de doutes sur l’issue de la soirée pour mes deux amis. Ce qui ne me pose bien évidemment aucun problème, je suis même un peu triste à l’idée que ça ne débouchera sur rien de spécial…

Je les laisse à leurs petits jeux de pouvoir et je m’intéresse finalement à la discussion de Toru, Kakashi et Hokuto, mes trois forces spéciales préférés. J’apprends avec tristesse qu’une grosse mission dans un petit pays est prévu dans quelques jours, et que Kakashi devra s’absenter un peu plus d’une semaine puisqu’elle nécessite les membres de l’Anbu spécialisés dans l’espionnage, à savoir les services secrets.

-         Tu vas partir ? geins-je en me glissant dans la conversation.

-         Oui, répond-il gentiment pour me réconforter.

-         Oh bichette, tu vas devoir te séparer de ton Hatake chéri ! s’amuse Toru avec des yeux taquins.

J’affiche une mine blasée alors qu’il rit comme un bossu de s’être moqué de moi.  

-         Laisse-là tranquille Toru, intervient Hokuto avec sa voix de velours habituelle mais ses yeux les plus sérieux.

Il n’a de toute façon jamais un mot plus que l’autre au quotidien, mais j’ai toujours trouvé qu’il dégageait quelque chose de puissant. L’homme calme et sécurisant par excellence, qui ne panique jamais et ne s’énerve jamais non plus. Il impose un respect naturel, sans hausser la voix ni se répéter et je ne suis donc pas étonnée une seule seconde que Toru se soumette immédiatement alors qu’on aurait pu imaginer qu’il enverrait gentiment se faire voir quelqu’un qui lui donne un ordre comme ça.  

Toru me sourit en tapotant mon genou :

-         Je suis désolé, je t’embêtais Hanako. Mon humour peut parfois être pris comme des piques pas très sympas mais il n’en est rien ! Je ne tiens pas à me faire taper sur les doigts par Hokuto.

-         Je sais que ce n’était pas méchant, réplique-je en souriant à mon tour.

-         Tu m’as déjà cerné ?! s’amuse-t-il.

-         Non, mais j’imagine que si tu t’étais moqué de moi méchamment, je serais déjà en train d’essayer d’empêcher Kakashi de t’arracher la tête. 

Les trois garçons éclatent de rire en admettant que je marque un vrai point et que c’est un façon plutôt sûre pour moi de déterminer si on me manque de respect ou non.

-         Hatake, notre chevalier blanc ! commente Toru en posant sa joue dans sa main, un petit sourire en coin taquin vissé sur les lèvres.

-         C’est vrai … Qui l’eu crû, s’amuse Hokuto.

-         La ferme les gars, où j’en prends un pour taper sur l’autre, ronchonne Kakashi.

-         Quel bonheur ce garçon…, soupire Toru avec humour. Un vrai rayon de soleil, qu’est-ce qu’il doit être agréable au quotidien…

-         Il l’est ! le défends-je. Il ne t’apprécie peut-être pas assez pour être agréable avec toi !

Je lève le nez, toute fière de l’embêter à mon tour, et il rit encore de son rire exubérant.

-         Je l’aime bien ta copine Hatake, on se marre bien avec elle !

-         Je sais, répond Kakashi.

-         Qui veut un verre ? demande Nanba à la cantonade en se levant.

-         Un pour moi Kobayashi ! s’exclame joyeusement Toru en se tournant vers lui.

Je lève une main en gloussant, ainsi que quelques personnes, et les boissons pleuvent à nouveau sur notre table.

*

Je passe une super soirée, je suis plus qu’heureuse de découvrir les amis de Kakashi et Rinko, car bien que ce dernier soit ami avec tout le monde, ce n’est pas le cas de mon ninja copieur. Depuis que je les connais, je sais qu’il côtoie plus ou moins une grande bande, celle de Rinko, mais je sais aussi que ses seuls vrais amis dans tout ce beau monde sont Rinko, Hokuto et Toru. Je prends plaisir à connaitre Toru ce soir, le seul des trois que je n’avais pas vraiment côtoyé jusqu’à présent et sa personnalité haute en couleur me plait.

Je savais que Toru était dans le genre de Rinko, je l’avais bien compris quand les garçons me parlaient de lui, mais le peu de fois où je l’avais vu, il était un peu plus calme que ça. Maintenant qu’il est à l’aise avec moi, il laisse sa personnalité facétieuse sortir, et je dois bien avouer que je l’apprécie beaucoup puisque les mufles malicieux n’ont plus de secret pour moi. En revanche, je suis toujours aussi sciée de me dire que c’est ce type qui dirige les forces spéciales alors qu’il est plein de vie, de rire et de bonne humeur. On m’avait déjà dit que c’était parce qu’il n’avait pas le caractère de Kakashi, qu’il arrivait bien mieux que ce dernier à prendre du recul sur son métier… mais je ne suis pas d’accord avec cette histoire que se racontent les habitants de Konoha.

Il est bien plus facile de mettre les choses sur le dos de Kakashi, de dire qu’il a un caractère très froid de base, qu’il est insensible et sombre, qu’il est imprévisible et lunatique, torturé par des évènements de vie douloureux… Kakashi est très sensible comparé à la moyenne, avec une vie difficile qui lui a appris à étouffer ses émotions… mais j’ai deviné avec le temps qu’il y avait autre chose, que la réalité était toute autre.

 J’ai compris au fur et à mesure de mes discussions avec lui sur ses missions que son incroyable niveau et son lien de confiance avec Minato ont joué un immense rôle dans ses massacres. Il est le meilleur membre des forces spéciales, de loin, et l’homme de confiance absolu de l’Hokage… il a donc été assignée sur toutes les missions les plus sanguinaires, difficiles et choquantes, puisque Minato voulait son bras droit sur place. Et c’est comme ça que Kakashi s’est retrouvé à commettre dix fois plus d’horreur que les autres, malgré un cœur dix fois plus sensible.

Minato s’en est rendu compte trop tard, et il a ensuite essayé de réparer ce qu’il avait fait, de « tirer Kakashi de ses ténèbres » … Il a presque réussi, mais un bout de mon amour est malheureusement resté quelque part dans ce passé macabre, un bout qu’il ne récupérera peut-être jamais… Mais je sais je n’aurai de cesse toute ma vie que d’essayer de le réparer.

Alors que je pense à lui et son passé, je l’observe avec tout mon amour. J’ai une envie furieuse de le prendre dans mes bras pour le câliner pendant des heures, pour réparer ce cœur fragile que tous ont pris pour un cœur de pierre.

Il intercepte mon regard tendre sur lui et il me sourit en se penchant vers moi :

-         Tu veux rentrer ?

-         Oui, j’ai bien envie d’un peu de nous, réponds-je.

Son sourire devient radieux, parce que c’est sa petite phrase à lui, qu’il utilise depuis que nous sommes enfin officiellement ensemble, qui le comble de bonheur chaque fois que ces mots passent ses lèvres et qu’il ne peut pas croire à son bonheur. Après des salutations longues, des tentatives pour nous retenir et une fausse crise de larmes de Rinko, nous rentrons à la maison.

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