LE TRIANGLE DE KONOHA (Kakashi x OC)
Chapitre 215 : L’amour entre frères ♡
Après un repas dans les rires et la bonne humeur, Rinko décrète qu’il a envie de continuer sa soirée au bar, peu étonnant. Nous quittons donc le restaurant en direction du centre de Konoha, Shin part en coup de vent chercher les amis qu’ils devaient retrouver ensuite pour les inviter à venir avec nous, et lorsqu’Hanako s’agrippe au bras de Mei pour faire la route entre filles, j’attrape Rinko par le col pour le faire ralentir et nous isoler en arrière.
- Qu’est-ce qu’il y a mon lapin ? Une envie de me tenir la main en tête à tête ?! s’amuse-t-il.
- Pas du tout, une envie de discussion entre nous.
Il penche la tête sur le côté, mais il ralentit l’allure avec moi pour que Mei et Hanako partent hors d’écoute avant de me lancer un regard interrogateur :
- Tu as un problème ? s’inquiète-t-il.
- Pas le moins du monde… tout roule parfaitement ce soir, réponds-je joyeusement.
Il sourit déjà, avant même de savoir ce que je veux lui dire, parce qu’il est heureux de me voir heureux, comme d’habitude.
- Raconte ! me presse-t-il en me bourrant amicalement.
- Comment tu te sens ? Le départ de Nakama, ton envie du grand amour… ? demande-je.
- Oh ça…
- Oui, ça. J’aimerais beaucoup un petit point sur ta situation.
Il hoche la tête silencieusement, le temps d’organiser ses pensées.
- Bah… tu sais, je t’ai dit que j’avais pas mal réfléchi pendant ma mission à Iwa…
- Oui ? l’encourage-je.
- Je t’avais dit que ça concernait en partie tout ça. Ça m’a vraiment fait un bien fou, j’ai trié un peu mes sentiments… en fait, pour tout te dire, c’est suite à une discussion avec Nakama que j’ai eu envie de partir m’aérer la tête. Elle a su me … cerner, me faire comprendre des choses sur moi et sur ce que je voulais…
- Quelle genre de choses ? demande-je.
- Je préfèrerais garder ça pour moi lapin, répond-il en grimaçant. Ce n’est pas que j’ai envie de te cacher des choses mais… ça ne t’avancerait pas à grand-chose de le savoir et ça me mettrait sans doute mal de t’en parler… Je préfèrerais vraiment que tu n’insistes pas parce que…
- Hé, calme Rinko. Bien sûr que tu peux le garder pour toi, le rassure-je sans comprendre son malaise.
Il m’offre un beau sourire avant de reprendre :
- C’est gentil. En tout cas, elle m’a vraiment retourné la tête, je te jure…
- C’est l’effet Nakama ! m’amuse-je. Tu es toujours convaincu qu’elle est la femme de ta vie ?
- Pas du tout, justement… C’est en partie ce que nous avons abordé et elle m’a fait comprendre que non, je ne l’aimais pas… Elle m’a aussi fait réaliser que j’attendais effectivement plus de la vie, je t’avais déjà dit que je voulais me poser plus sérieusement, mais je le pensais sans le penser, c’était plus un caprice… Pour faire comme toi et Hanako, c’est compliqué.
- Et tu ne veux plus te poser ? m’inquiète-je.
- Si, mais plus pour les mauvaises raisons. Je ne savais même pas que c’était pour les mauvaises raisons, tout ça est fou. En tout cas, je suis allé à Iwa pour mettre tout ça au clair et me ressourcer, pour … ouvrir mon cœur genre…, dit-il en donnant l’impression qu’il se prend lui-même pour un crétin.
- Arrête de te juger Rinko, le réprimande-je. C’est plutôt très bien, et je ne risque pas de te charrier, je t’en prie, regarde-moi avec Hanako…
- Un vrai petit lapin blanc tout duveteux, m’embête-t-il.
- Oui, et tu sais quoi ? Je l’assume. Il y a une femme derrière tout valeureux et implacable guerrier ! plaisante-je.
Nous rions en échangeant un regard complice, et je viens visiblement de le rassurer suffisamment pour qu’il s’ouvre entièrement :
- Cette fois je suis prêt Kakashi. Prêt à ce que ça me tombe dessus, à devenir quelqu’un d’autre, à rendre heureuse une femme et à faire de mon mieux pour former des genin… Je veux être un mec sur qui on peut compter, un mec bien dans ses pompes, qui arrête de manger des céréales dans son appart bordelique après une cuite la veille… Je reste moi, je veux toujours m’amuser, faire la fête… Mais j’ai envie de trouver une femme qui m’acceptera comme je suis et avec qui je pourrai me poser pour de vrai un jour, commencer à construire l’après, la vie que j’aurai quand je me serai calmé si tant est que ça arrive un jour … tu vois ?
Il m’observe avec des yeux incertains, comme si ce qu’il disait était incompréhensible.
- Bien sûr que je vois Rinko. Tu as l’impression que ce que tu veux est un peu flou, mais ce n’est pas ça, c’est jute que tu ne veux plus ce que tu avais avant sans être prêt à ce que ta vie devienne fondamentalement sérieuse. C’est plutôt très clair, tu veux une femme bien dans ta vie sans nécessairement que ça soit le mariage et la cohabitation tout de suite… Tu veux former des genin sans t’empêcher de sortir te mettre minable de temps en temps… et tu veux essayer de travailler sur ton côté bordelique tout en sachant que ça prendra un peu de temps avant d’être acceptable !
Il éclate de rire en me tapant sur l’épaule :
- Bon sang, c’est exactement ça ! Tu me connais mieux que je ne me connais des fois. En tout cas, pour l’instant, j’ai enclenché mon envie de devenir instructeur, et j’estime que je suis un poil plus ordonné… Il ne me reste plus que la gonzesse à trouver, et ce ne sera pas Nakama ! conclut-il avec son sourire éclatant.
- C’est très bien… dis-moi, tu te souviens que tu m’avais demandé de trouver pour toi la femme qui te conviendrait… celle avec qui ça pourrait être sérieux… qui ne serait pas une de tes blondes écervelées qui te bassinent en trois minutes ?
- Je ne l’avais pas exactement formulé comme ça ! rit-il. Mais oui, je me souviens très bien, et je compte sur toi lapin ! Je sais que tu me trouveras une fille bien, une fille qui vaut le coup et qui me correspond… Comme je viens de le souligner, tu me connais mieux que je ne me connais ! Alors j’ai toute confiance en ton jugement.
- Ça tombe très, très bien… parce que c’est précisément de ça que je voulais te parler.
Il s’arrête net en ouvrant des yeux exorbités :
- C’est pas vrai ?! Tu l’as trouvé ?! s’exclame-t-il.
J’attrape son épaule pour le remettre en avant, histoire que les filles ne nous sèment pas – toujours moi et mes petits problèmes de contrôle, notamment mon besoin d’avoir Hanako en visuel – et Rinko m’observe avec curiosité.
- Oui, je l’ai trouvé, affirme-je.
- Non mais… vraiment ? insiste-t-il sans y croire.
- Ah oui, vraiment. Je suis absolument sûr de moi mon très cher lapin.
Comme chaque fois que je lui retourne notre surnom, il affiche un sourire plus qu’heureux et ses yeux brillent de bonheur. Ce type est une crème, et je suis enchanté d’avoir trouvé la fille de ses rêves.
- Alors, crache le morceau ! s’excite-t-il.
Je ne réponds pas, je préfère simplement pointer mon index de ma main encore sur son épaule en avant. Il ne saisit pas tout de suite, il fronce les sourcils en suivant mon doigt, et lorsqu’il comprend que je pointe Hanako et Mei, il perd son sourire.
- Tu te moques de moi là ? demande-t-il.
- Pas du tout.
- Kakashi…, soupire-t-il avec lassitude. Mei est complétement hors de ma ligue…
- Mais n’est-ce pas justement ce dont nous avions parlé ?! Que tu t’obstinais à aller vers les mêmes femmes, insupportables soit dit en passant, parce que tu n’osais justement pas t’attaquer à des femmes plus… intéressantes ?
- Kakashi, la seule gonzesse hors de ma ligue vers laquelle je me suis tournée est Hanako, et on sait tous comment tout ça a fini, tranche-t-il.
- Je suis casé maintenant, je ne te piquerai pas la prochaine, plaisante-je timidement.
Il éclate de rire avant de me pousser violemment sur le côté de la route en me traitant d’enfoiré, mais son rire tonitruant est sincère, et je suis ravi d’être bien sûr que toute rancœur entre nous est enterrée.
- Tu es né pour me faire chier Kakashi ! Je ne serais même pas étonné que tu te désintéresses d’Hanako dès l’instant où je me trouverai une copine, quand tu te rendras compte que c’est finalement elle, la femme de ta vie ! siffle-t-il avec humour.
- Tu sais bien que non, réponds-je en souriant.
- Evidemment que je le sais, c’est elle pour toi, confirme-t-il en me rendant mon sourire.
- Oui… et je t’assure que je suis convaincu que c’est elle pour toi, répète-je en pointant encore Mei. Tu m’as toujours fais confiance Rinko, je me trompe rarement… tu le sais bien.
Il hoche la tête en observant Mei, les yeux dans le vague, l’air de vraiment réfléchir à ce que je lui dis.
- Ecoute Kakashi, elle est… bordel tu as vu la femme que c’est ?! Elle est belle, intelligente, médecin… elle a cinq ans de plus que moi, une aura de zinzin… Elle ne s’intéressera jamais à un débile comme moi…
- Je suis sûr que si.
- Nous n’avons rien en commun, rien. Ça ne sert à rien que je tente, je ne suis même pas sûr d’avoir les balloches pour tenter !
- Alors… pour les points communs, permets-moi de te contredire. Si j’ai bien compris, vous avez tout de même un sacré point commun…
- Le sexe ? s’étonne-t-il.
- Ne dis pas ça comme si ce n’était rien, excuse-moi, mais il me semble bien que c’est une part plutôt très importante dans ta vie et difficilement canalisable !
- Ça va, je ne saute pas sur tout ce qui bouge non plus ! se vexe-t-il.
- Mais non. Mais tu aimes le… je ne sais même pas comment appeler ça… Le libertinage ? Tu aimes tout tester, varier les plaisirs, changer de partenaire… Avant toute cette histoire avec Hanako, tu m’avais même déjà confié que c’était l’une des choses qui t’empêchait le plus de te trouver quelqu’un pour de vrai ! Tu savais que tu serais incapable d’être fidèle !
- D’accord, mais je crois que j’en suis capable désormais, je pense que je saurais me tenir.
- Tu « crois », tu « penses » … Alors imagine te trouver une femme comme toi ! Qui ne te demandera pas de te tenir ! Une femme avec qui tu peux être toi-même, dans tout ce qui te caractérise ! Une femme qui t’accompagnera volontiers vous chercher je ne sais quel plan pour votre samedi soir ou te laissera aller butiner à droite et à gauche sans regarder parce qu’elle s’en moque complétement ! Une femme aussi libre que toi, aussi ouverte et libertine ! Qui considère tout ça comme une « partie de cartes » !
Il est abasourdi par ce que je lui dis, et il fixe désormais Mei avec des yeux complétement ahuris.
- Kakashi… c’est impossible, chuchote-t-il.
- Bien sûr que si. Outre cet aspect, vous collez Rinko… bordel vous collez ! Cette femme a assez d’aura pour te tenir, pour te faire plier, pour te faire ramper à ses pieds … Je suis convaincu que tu n’attends que ça, c’est même tout ce qui t’a plus chez Nakama… de te faire calmer, remettre à ta place… Cette femme est un roc, une force tranquille, bien dans sa peau, bien dans sa vie… Elle saurait te gérer, elle adorerait te mener par le bout du nez, et je sens que tu adorerais ça. Tu as toujours le contrôle dans tes relations avec tes jeunes blondes, alors qu’à chaque fois que Mei t’approche ou te touche, tu te figes et tu rougis !
Il rougit automatiquement en croisant les bras :
- Et qu’est-ce qui te fait dire que j’aime ça ? ronchonne-t-il.
- Je le sais c’est tout. Dès que j’ai vu votre échange à la cérémonie de Shin, j’ai été scotché. Mon intuition s’est allumée, j’ai senti immédiatement que c’était elle, mais j’ai attendu de vous revoir tous les deux pour t’en parler.
Il hoche la tête, de plus en plus convaincu par ce que je lui dis malgré sa trouille plus que visible.
- Et elle ? demande-t-il d’une voix faible. Qu’est-ce qu’elle te dit ton intuition pour son côté ?
- Elle, elle te mangerait tout cru.
- Sérieux ?
- Oui, mais tu vas ramer un peu je pense. Elle te mangerait tout cru comme quatre-vingt-dix pourcent des femmes, mais elle ne t’envisage pas comme un soupirant potentiel. Elle a de toute façon l’habitude de se faire des « jeunots » et de les envoyer bouler après ! ris-je.
- Je n’ai aucune chance Kakashi ! geint-il.
- Mais si ! Arrête de douter de moi. Je préfère te prévenir que tu vas ramer, mais tu es irrésistible Rinko, tu as même réussi à avoir Hanako, Hanako ! m’exclame-je comme si c’était à peine croyable.
- Et on sait tous comment ça a fini, répète-t-il avec fatalité.
- Oui, parce que ça n’a pas marché entre vous, vous n’êtes pas compatibles… mais tu l’es avec Mei, et à force, elle s’en rendra compte. Il faut juste que tu ne jettes pas l’éponge après votre première nuit.
- Après notre première nuit ?! rit-il.
- Oui, ce soir ou la prochaine fois que tu la verras, ça ne devrait pas tarder, affirme-je avec assurance. La tension entre vous est dingue, ce n’est qu’une question de temps. Mais après ça, elle te jettera, et c’est là qu’il faudra t’accrocher… Si elle te plait bien entendu, mais je n’en doute pas.
- Kakashi…, soupire-t-il.
- Essaie au moins. Si elle te plait, tu n’as rien à perdre. Au pire, tu passes une jolie nuit avec elle et au mieux, tu te trouves la femme de ta vie. Et entre ces deux extrêmes, il y a plein de possibilité ! Une amante régulière ou occasionnelle, une amie, un joli souvenir… Tu n’as rien à perdre si ce n’est un peu d’égo et tu n’es pas du genre à t’en formaliser.
- C’est vrai ça…, murmure-t-il en envisageant enfin la chose.
- Bien sûr que c’est vrai.
Un petit blanc s’abat, pendant lequel je le laisse réfléchir et se questionner pour de vrai. Nous approchons du bar, les filles entrent déjà dedans et il s’arrête finalement devant la porte pour me regarder :
- Tu penses vraiment que j’ai une chance ?
- Une très bonne chance, c’est elle Rinko, je ne peux pas mieux te dire. Alors attrape-moi ce taureau par les cornes, tente ta chance, accroche-toi, et passe le reste de ta vie avec une femme qui te rendra heureux sans te changer et te comblera comme jamais tu n’aurais pensé ça possible. Ça existe, je suis la preuve vivante que tu peux rencontrer la bonne personne, la femme de tes rêves, celle que tu n’aurais jamais oser rêver rencontrer… Et si j’ai eu la mienne, c’est en partie grâce à toi, à ta résilience, à ta gentillesse sans limite… Tu es le meilleur homme qu’il puisse exister Rinko… Fais-moi confiance, laisse-moi t’ouvrir les portes du paradis que tu m’as ouvert en premier…
Il me regarde encore, ses yeux pétillent, son plus beau sourire se dessine et il secoue la tête doucement :
- Tu sais que je t’aime Kakashi, sincèrement ?
- Parce que je t’ai trouvé Mei ? plaisante-je.
- Non, parce que tu es la première personne à m’avoir aimé exactement comme je suis. Tu es mon meilleur ami, tu t’es torturé pendant des mois pour essayer de ne pas gâcher mon bonheur au détriment du tien, tu t’es planté devant moi pour m’avouer ton plus grand secret droit dans les yeux alors que je sais à quel point ça a dû être difficile, à quel point tu t’es flagellé de m’avoir fait ça alors que tu ne pouvais pas lutter contre tes sentiments… Tu ne m’as jamais abandonné, tu as toujours veillé sur moi… Je sais qu’on fait tout un foin du grand amour passionnel, mais on oublie trop souvent l’amour platonique, entre frères comme nous... Il est pourtant tout aussi fort, il y a des amitiés qui valent tout l’or du monde, si tu savais comme je t’aime Kakashi…
- Je t’aime aussi Rinko, tu le sais bien... Tu es plus que mon frère, tu es un bout de moi.
Nous nous sourions, aussi gênés l’un que l’autre par cette effusion d’amour inopinée, mais tous nos sentiments l’un pour l’autre passent dans ce regard, dans ce regard entre deux hommes qui se sont tombés dessus un jour par hasard, pour devenir des frères à tout jamais.