Danse avec moi, loin de cet enfer || Le choix de Toya Todoroki
"Et puis, pour une fois, je te demande de sauver quelqu'un. C'est un peu ce que tu ne peux pas t'empêcher de faire, non ?"
Hawks fulmine. Comme si ce n'était pas suffisant de le réveiller en pleine nuit pour lui demander de faire plus d'une centaine de kilomètres pour le dépanner... Il fallait en plus que Dabi se foute ouvertement de sa gueule ? Il lui raccroche au nez, très tenté de jeter son téléphone à l'autre bout de son lit et de retourner dormir, mais se retient. Il a beau ne pas aimer du tout la manière dont le vilain se sert de lui, il doit admettre que la situation l'intrigue beaucoup.
Rien dans leur échange improbable n'est dans les habitudes du criminel. C'est déjà étrange qu'il l'appelle au beau milieu de la nuit : mais qu'il l'appelle lui, tout court, et pour lui demander un service sort complètement du personnage. Après tout, Dabi et lui n'ont échangé seul à seul que lors de sa période de recrutement à l'Alliance, et leurs interactions étaient purement fonctionnelles. Depuis que cette dernière est devenue le Front de Libération du Paranormal et qu'ils ont été affectés à des Divisions différentes, ils ne se sont plus vraiment adressé la parole. Ils se sont peut-être aperçus deux ou trois fois dans les couloirs de la résidence, mais le héros n'avait fait que croiser brièvement son regard brûlant et insondable.
Tout aussi surréaliste, il y a aussi l'autre partie de sa demande. Sauver quelqu'un ? Il ne parvient pas à imaginer le vilain faire soudainement preuve d'empathie et de bon cœur. C'est trop gros. A-t-il vraiment osé inventer de toute pièce une histoire aussi invraisemblable pour ne pas lui laisser le choix d'accepter ? Vu l'intonation de sa voix au téléphone, sèche mais moqueuse, c'est difficile de croire qu'il se trouve réellement en situation désespérée. Alors pourquoi prendre la peine de lui mentir aussi peu subtilement ? Quel serait son intérêt à le faire ?
Rien ne fait sens dans son discours. Hawks a beau tenter d'interpréter leur échange de toutes les manières possibles, il ne parvient pas à se figurer ce qui l'attend à Gifu. Et s'il s'agissait d'un piège ? Dabi vient juste d'admettre qu'il ne lui fait toujours pas confiance... Et s'il cherchait à le confronter loin du Manoir pour se débarrasser définitivement de lui ? En un contre un, le feu n'est vraiment pas à son avantage, et il n'y aurait personne aux alentours pour lui venir en aide... A-t-il fini par le percer à jour, par comprendre qu'il est un agent double ?
D'un autre côté, il ne peut pas risquer non plus de perdre sa position avantageuse au sein du Front à cause d'un mauvais pressentiment. Et puis, rendre service à son ennemi lui permettra peut-être de gagner sa confiance, et d'en apprendre plus sur lui à l'avenir.
Hawks pousse un profond soupir, à présent tout à fait réveillé. Il a déjà pris sa décision, même si elle ne lui plaît vraiment pas. De toute façon, il ne parviendra plus à fermer l'œil, trop intrigué par la situation... C'est exactement comme il le craignait : l'imprévisibilité de Dabi allait lui en faire voir de toutes les couleurs.
Il se lève de son lit, se rhabille en quatrième vitesse, enfile son équipement de héros et quitte la résidence sans un bruit. Il n'a bien sûr pas oublié la multitude de petits capteurs et micros attachés à ses plumes en permanence et sans lesquels il ne peut pas partir. Dehors, avant de décoller, il prend une grande inspiration et affirme tout haut, afin que les micros sur ses ailes entendent bien sa voix :
"Je pars aider cet imbécile de Dabi."
De cette manière, il espère ne pas trop alerter Skeptic et ses autres surveillants de son départ suspect en pleine nuit.
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"Yumei."
Ses yeux frémissent derrière ses paupières closes. Au vu de la luminosité qu'elle entrevoit, elle croit flotter dans une sorte de vide blanc, légère, calme. Dans cette apesanteur, les douleurs de son corps lui semblent presque anecdotiques, reléguées à de simples mauvais souvenirs. Elle écoute cette voix, basse et suave, qui appelle son nom dans un chuchotement qui la fait frissonner. Elle aimerait ouvrir les yeux, apercevoir son propriétaire, mais son visage semble refuser de lui obéir. Alors elle attend, elle se laisse flotter et elle écoute cette voix qu'elle aimait tant l'appeler depuis les profondeurs de son esprit.
Elle ne saurait pas dire combien de temps elle reste suspendue comme ça. Mais elle remarque que, progressivement, la voix se fait plus dure. La douceur laisse place à l'amertume, puis c'est la colère qui appelle son prénom, de plus en plus ferme, de plus en plus proche de ses oreilles. Elle tente de rester calme, mais elle ne parvient toujours pas à ouvrir les yeux, ni même à bouger, et la panique commence doucement à la gagner. L'étendue blanche et relaxante de son esprit se transforme petit à petit en menace oppressante. Elle aimerait courir, mais ses jambes pendent mollement dans le vide et elle est incapable d'en reprendre le contrôle.
"Yumei !"
Ses souvenirs lui remontent alors que la voix se fait de plus en plus menaçante. Ils lui reviennent avec une telle violence qu'elle se remet à trembler. Elle tente de bouger, désespérément, malgré la léthargie dans laquelle elle se trouve embourbée. Elle voudrait simplement tourner la tête. S'assurer qu'elle est hors de danger. Mais elle n'y arrive pas.
Ouvre les yeux, allez. Bouge-toi de là. Il va te retrouver.
Dans un ultime effort, elle parvient à mordre sa lèvre inférieure. L'impression de douleur lui permet de retrouver ses sens, et même si elle flotte toujours dans ce vide, elle parvient enfin à entrevoir son environnement.
Je suis dans un rêve. Ce n'est pas réel. Je suis hors de danger.
Est-elle seulement sûre de ce qu'elle affirme ? Quels sont ses derniers souvenirs, déjà ? Où se trouve son corps endormi, actuellement ? Les derniers évènements sont encore très flous dans son esprit.
J'ai couru. J'ai couru, et...
Un tas d'images la rattrapent, lui coupant le souffle quand elle se rappelle sa dernière confrontation avec un meurtrier. Elle agite les bras et les jambes désespérément, flottant toujours dans le vide de ses pensées. Elle doit se réveiller, absolument. Ou il va lui faire du mal. Elle ne vient pas de fuir une menace, quitte à se salir les mains, pour se retrouver piégée dans une autre. Ce n'est pas juste, ça ne devrait pas se passer comme ça.
"YUMEI !"
L'appel gronde. Elle parvient enfin à tourner la tête, la terreur dans son regard. Elle croise celui de la voix. Ses traits déformés par la colère, si familier et si monstrueux à la fois. Mais progressivement, ce visage appartenant à son passé se transforme. Des cheveux noirs en bataille et une peau couverte de brûlures prennent sa place et la dévisagent d'un air assassin, deux billes bleues brillantes fixées sur elle comme si elles cherchaient à transpercer son âme. Une autre voix a pris la place de la précédente, froide, accusatrice.
"Qu'est-ce que tu viens de me faire ?!"
Elle voudrait crier, mais elle n'y parvient pas. Alors elle ferme ses paupières, fort, très fort pour chasser les images de son esprit. Elle prie de toutes ses forces pour que ce cauchemar s'arrête. Pour qu'elle se réveille dans son lit, et que rien de cette soirée infernale ne se soit passé pour de vrai.
...
Soudain, elle revient à la réalité. Elle ouvre les yeux, le front couvert de sueur, essoufflée comme si elle venait de courir un sprint. Elle balaye rapidement son environnement du regard, méfiante, angoissée, jaugeant aussi vite que possible sa situation. Elle est assise par terre, sur un trottoir sale et humide, dans ce qui ressemble à un passage sous une voie ferrée. Il fait très sombre, trop sombre. Mais le silence qui règne autour d'elle lui fait espérer l'absence d'un danger imminent. Elle prend quelques secondes pour revenir à elle, et pour se concentrer sur sa respiration jusqu'à ce que cette dernière se fasse plus régulière.
Alors qu'elle commence seulement à se calmer, c'est à ce moment-là qu'elle les croise. Ces deux billes bleues brillantes qui la fixent, glaciales, depuis la paroi opposée du tunnel.
Elle pousse un petit cri étouffé, ramenant ses pieds contre elle comme si cela serait suffisant pour se protéger de son agresseur. En face d'elle, lui aussi est affalé au sol, dos au mur, son genou gauche ramené au niveau de son torse, son autre jambe repliée sous la première. Son pied gauche tape furieusement sur le sol, signe d'anxiété ou d'impatience, elle ne saurait pas le dire.
Il remarque qu'elle a repris conscience, mais la dévisage sans un mot. Il a l'air plus calme, même si son visage est froid et fermé. Elle ose se dire qu'il n'a plus l'intention de la tuer... du moins, pas dans l'immédiat.
"La princesse se décide finalement à sortir de sa torpeur ?"
Étonnée par cette remarque pleine de sarcasmes, elle reste silencieuse. Elle se sent toujours épuisée : les émotions intenses de cette nuit sans dormir prêtes à la faire craquer à tout moment. Elle s'est réveillée uniquement par peur du danger, après avoir réalisé qu'elle avait sombré dans l'inconscience en présence d'un potentiel tueur en série. Malheureusement pour elle, elle ne pense pas être en mesure de marcher. Elle ne peut qu'espérer que ses jambes la portent à nouveau si elle se sent dans l'obligation de prendre la fuite, mais honnêtement, elle en doute.
Elle ne trouve rien à répondre à la question de son interlocuteur, continuant à calmer sa respiration à l'aide d'exercices de relaxation qu'elle a appris lors de ses séances de méditation. Il ne semble pas représenter un danger immédiat. Du moins, son attitude et le calme dans sa voix ne laissent pas entendre qu'il a l'intention de lui faire du mal pour le moment.
Elle l'observe sortir son téléphone de sa poche, probablement pour regarder l'heure. Il siffle entre ses dents, visiblement agacé, alors que son pied continue toujours de taper nerveusement sur le sol à intervalles irréguliers. Elle en profite pour analyser encore un peu plus son environnement, repérer les issues pour préparer son éventuelle fuite. Mais, très vite, elle réalise qu'il doit s'agir de la pire idée dans sa situation.
Il est plus fort, plus rapide et en meilleur état de santé que moi. Si je me mets à courir, il m'immobilisera ou me tuera définitivement avec ses flammes. Et de toute façon... où est-ce que je pourrais aller... ?
Cette dernière réalisation lui fait à nouveau remonter les larmes aux yeux. L'homme s'en rend compte, et pousse un grognement ennuyé, agacé de la voir encore pleurer. Mais comment pourrait-elle faire autrement, vu la nuit de cauchemars qu'elle est en train de passer ?
"Je t'emmène à ma résidence. Tu vas pouvoir te reposer et soigner tes blessures."
Son cœur rate un battement. D'abord persuadée d'avoir mal entendu, elle est forcée de constater que le visage de son interlocuteur a l'air on ne peut plus sérieux et qu'il ne semble pas se moquer d'elle.
"Pourquoi... vous... ?"
Elle n'arrive toujours pas à parler davantage. L'émotion, le choc et la fatigue lui nouent encore la gorge, ce qui provoque un nouveau sifflement d'agacement chez l'homme face à elle. Il finit par se relever, s'étirant de tout son long avant de poser ses épaules contre le mur, bras croisés. Tout dans son attitude indique qu'il ne représente plus une menace pour elle, et cette confirmation lui permet de se détendre au moins un petit peu.
"Je ne suis pas un héros, ni une bonne âme. Il y a juste des choses que je dois comprendre."
Elle saisit immédiatement l'allusion. Aucun des deux n'ose en dire plus. Ce n'est pas le moment.
Un silence coule entre eux, pesant, troublé finalement par un bruit de grands battements d'ailes, puis des pas résonnant en échos dans le tunnel, de plus en plus proches. La jeune femme se raidit à nouveau, tendue à l'idée qu'une seconde personne se joigne à eux. Mais sa peur est de courte durée : elle reconnaît aussitôt l'homme sortant de la pénombre pour les rejoindre. Hawks, le Numéro 2 des héros.
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Alors que Dabi commençait sérieusement à perdre patience, c'est une véritable délivrance pour lui d'entendre atterrir le héros à quelques pas d'eux. Il se sent lessivé : cette nuit tire beaucoup trop en longueur, et il n'a aucune envie d'échanger des banalités avec son otage, de toute façon incapable de formuler une phrase cohérente. Il s'avance de quelques pas dans le passage afin d'accueillir son complice, un air faussement boudeur sur le visage.
"Tu ne t'es pas pressé, dis-donc. J'ai bien cru avoir le temps de mourir d'ennui."
Le héros ailé lui renvoie un regard assassin, ce qui le fait sourire. Il ne saurait pas dire pourquoi, mais cela lui fait toujours très plaisir de le mettre en colère.
"Au cas où tu ne l'avais pas remarqué, je suis un oiseau, pas un avion de chasse."
Dabi laisse échapper un petit rire, puis hausse les épaules dans une attitude des plus désinvoltes.
"Je suis un peu déçu, c'est tout. Je m'attendais à mieux."
Hawks ne prend pas la peine de répondre. Il se désintéresse de son interlocuteur pour observer la jeune femme assise au sol, l'air soucieux. Il semble se retenir difficilement de courir à son chevet pour s'inquiéter de son état, pas trop sûr de comment il est autorisé à réagir en face du vilain. Quand à elle, elle le dévisage avec des yeux ronds, probablement assaillie d'un tas de questions. Sous le choc d'assister à un échange entre l'un des plus grands héros du pays et l'un des criminels les plus recherchés, comme s'il s'agissait d'une situation tout à fait normale.
"Alors... tu m'as vraiment appelé pour aider quelqu'un."
Le jeune héros semble indécis, probablement en proie à un tas de réflexions contradictoires. Dabi lui renvoie un sourire moqueur, satisfait d'être la cause de toute cette confusion.
"Tu en doutais ? Ça me blesse que tu ne me fasses pas confiance.
— Sérieusement, c'est toi qui me reproches de ne pas te faire confiance ?" rétorque le héros d'un regard sombre.
Il marque un point. Le jeune vilain doit bien admettre être agréablement surpris que cet homme soit venu aussi vite et sans hésiter. Pas qu'il ait vraiment eu le choix, bien sûr... mais peut-être que sa méfiance envers lui était un poil excessive.
"D'accord, d'accord. Je t'en dois une, héros. Maintenant, est-ce qu'on peut se concentrer sur la raison de notre présence ici ?"
Hawks soupire, tendu, jetant des regards de plus en plus inquiets et insistants en direction de la victime au sol. D'un signe du menton, Dabi lui indique qu'il lui autorise à aller auprès d'elle, ce que le jeune homme exécute sans hésiter. Il l'entend prononcer quelques paroles rassurantes, comme il a appris à le faire dans son travail, en bon petit toutou du gouvernement qu'il est. Une fois certain que la jeune femme n'est pas en danger immédiat, il relève la tête vers le criminel.
"Et donc, qu'est-ce que tu attends de moi ? Tu n'avais pas besoin de me faire traverser la région pour lui appeler une ambulance.
— J'ai besoin que tu la ramènes au Manoir."
L'homme ailé semble s'étrangler à moitié en entendant sa requête, lâchant un petit piaillement incontrôlé.
"Pardon, j'ai dû mal entendre. Tu veux quoi ?!
— Elle veut rejoindre le Front. Mais elle ne sait pas marcher, et je n'ai pas envie de jouer les baby-sitters. Alors je te laisse faire le taxi à ma place."
Incrédule, le héros croise le regard de la jeune femme, probablement en train de se dire qu'elle n'a rien d'une criminelle. Elle se contente de lui répondre avec un sourire maladroit, toujours incapable de parler, et surtout complètement dépassée par les évènements. Face à son absence de résistance, le rapace semble tomber des nues.
"C'est une blague !"
Dabi ne peut s'empêcher de lui rire à la figure. La mine déconfite du héros est absolument irrésistible. Il se reprend, lui offrant son plus beau sourire démoniaque, battant des cils pour se moquer encore un peu plus de lui.
"Tu sais pourtant que je ne recrute que la crème de la crème.
— Oh, ferme-là..."
Hawks passe une main sur son visage, visiblement très fatigué de la tournure des évènements. Il jette un dernier regard soucieux à leur otage, avant de se redresser, agitant ses ailes pour les étirer un peu.
"Je viens de me farcir une demi-heure de vol, alors tu m'excuseras, mais je fais une pause avant de repartir."
Cette affirmation ne plaît pas vraiment au criminel. Il n'a aucune, mais alors aucune envie de passer un moment de détente en compagnie de ce satané piaf. Malheureusement, il comprend que c'est le prix à payer pour obtenir ce qu'il veut. Il recule de quelques pas et retourne s'asseoir contre le mur, adoptant la même position que quelques instants plus tôt.
"Tant que tu la ramènes à bon port, tu te démerdes comme tu veux. Je prendrai le premier train pour rentrer de mon côté."
Un silence lourd et gênant suit ses paroles. Aucun des deux n'a envie de discuter, et leur invitée surprise n'est pas plus en mesure de leur faire la conversation. Dabi recommence à taper nerveusement du pied au sol, le bruit de son épaisse semelle sur le pavé résonnant en échos contre les parois du tunnel. Au bout de quelques longues minutes à s'échanger des regards méfiants, Hawks n'y tient plus. Il renonce à son repos, annonçant qu'il se sent déjà prêt à repartir. Merci bon dieu.
Le héros aide la jeune victime à se relever, échangeant encore avec elle quelques mots réconfortants. Dabi l'observe d'un air mauvais. Son sourire amical l'agace au plus haut point. Voilà exactement la raison pour laquelle il ne parvient toujours pas à lui faire confiance : il a l'air trop gentil, trop bienveillant pour être réellement un traître envers la société héroïque. Hawks frémit soudain, semble remarquer le regard glacial dans son dos. Il se tourne vers lui, gêné et partagé entre sourire et froncer ses sourcils, indécis du comportement à adopter dans cette situation, plus pressé que jamais de quitter cet endroit au plus vite.
"Et bien... On va décoller ! On se revoit au Manoir."
Dabi tente de garder un air neutre, secrètement très enthousiaste à l'idée de se retrouver enfin seul sans ces deux boulets. Il lui répond d'une voix fatiguée, détournant la tête sans prendre la peine de les regarder partir.
"Je serai de retour dans la matinée."
Le héros n'attend pas un instant de plus. Il accompagne l'otage à l'extérieur du pont, et s'envole finalement avec elle, laissant le criminel pousser un profond soupir de soulagement.