Les contes de l'Oie Saoule

Chapitre 55 : La ballade du Castel assoupi - Ivresse d'un départ annoncé

3462 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 04/05/2026 00:46

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La route s'enfonçait sous une futaie qui fleurait bon la forêt domaniale jadis bien entretenue. Le baudet, aiguillonné par les senteurs d'humus et de sève, cheminait avec entrain sous une nef de verdure tendre où les hêtres déployaient leurs premières feuilles comme autant de vitraux translucides. Dans la charrette, nos deux vieilles dames goûtaient la magie du voyage, au doux cahot d’un trot guilleret.

De part et d'autre de la chaussée – quelle merveille que ces routes si bien bâties de l’ancien Arnor – des tapis de jacinthes des bois et de fines anémones des papetiers mouchetaient l'herbe d'indigo et de blanc pur, tandis que des nuées d'hirondelles striaient le ciel aperçu entre les cimes, pépiantes et vives.

Tout chapeau de paille et robe blanche, Melthril s'extasiait devant les bosquets de prunelliers où des merles chantaient le printemps. Arweneth, harnachée de cuir et bardée de fer, ne pouvait s'empêcher, malgré sa martiale vigilance, de humer la douceur des fleurs de pommiers sauvages. Dans cette clarté dorée, les ruines de l'Arnor – ses ponts, ses cippes, ses relais de poste – paraissaient fortes d’un souvenir glorieux et pleines de promesses de renouveau, et le cliquetis de la calèche sur le chemin raviné résonnait comme le prélude d'une pavane dont les deux dames, au milieu de cette débauche de vie, semblaient enfin avoir retrouvé le rythme.

Les deux amies jubilaient du bon tour joué au capitaine du village. Tout leur matériel et leurs provisions chargées à son nez et à sa barbe ! Et la tête ahurie des sentinelles sur les Hauts du Nord ! Absolument hilarant ! Mais s’ils se lançaient à leur poursuite ? Mais elles étaient déjà hors de portée ! Et de rire de plus belle. Tout de même ! Ils allaient s’inquiéter pour elles ! Balivernes ! Elles seraient prudentes, voilà tout ! Le capitaine les remercierait à leur retour ! Car elles ne reviendraient pas les mains vides !

Le vieux bidet, qui répondait au nom de Fier-sabot [1] malgré ses genoux cagneux et son souffle court, s’arrêta d’un coup sec. La charrette, un assemblage hétéroclite de planches grinçantes, s’immobilisa dans un craquement inquiétant. Sous la bâche de chanvre, le chargement s'entrechoqua dans un grand fracas et Melthril roula sur le plancher, versant cul par-dessus tête.

Le bidet avait perdu tout allant, tremblant et suant de peur. Arweneth descendit, tirant sa rapière d’un air décidé. Pourtant la vieille dame n’en menait pas large : dans le fossé, hérissé de flèches empennées de vert, gisait le cadavre d’un orc, presque entièrement dévoré par les bêtes sauvages. Sans doute un éclaireur intercepté par les patrouilles des Dúnedain… Serrant bien sa rapière et scrutant les alentours d’un air peu amène, elle prit le bidet par la bride et, le cajolant de mots rassurants, lui fit dépasser l’obstacle.

Dans la charrette, des coffrets de chêne et de longs rouleaux protégés par des toiles huilées était tombés sur les sacs de grains, la viande séchée et les réserves de nourriture fraîche. Melthril se redressait en massant ses côtes meurtries :

— Tout va bien, je n’ai rien, si vous voulez le savoir, finit par lancer sa petite voix courageuse, du fond de la cariole.

Puis, sur un ton un peu contrit :

— Mais je crains que notre repas de ce soir soit déjà décidé : de la bouillie de carottes aux pois concassés en entrée… suivie d’un hachis d’agneau, accompagné de purée de cartoufles et de ratatouille de saison ! Et pour finir, une compote de fruits rouges ! Et il reste des galettes de pain !

Arweneth, insensible à l’humour de sa compagne, remonta dans la cariole sans rien lui révéler de sa découverte macabre et relança le bidet.

Elle n’avait pas imaginé que les dangers du pays sauvage se seraient rappelés si rapidement à leur bon souvenir. Après tout, elles ne se trouvaient guère qu’à une journée de marche du refuge…

Arweneth raidit sa volonté, se faisant toutes sortes de réflexions : s’entraîner un peu au tir à l’arc, pour commencer, et puis imposer une sourdine raisonnable à ce moulin à parole qui l’accompagnait – autant sonner du cor au fond des bois ! – et puis quitter cette grand-route, où l’on ne manquerait pas de croiser des malandrins, et puis…

Nos deux voyageuses sautèrent la pause et cravachèrent jusqu’au soir et finirent par quitter la route pour suivre un chemin envahi par les ronces, jusqu’à atteindre une combe d’où jaillissait un ruisselet.

— Nous y sommes pour ce soir, décréta Arweneth en descendant du siège avec une raideur de statue de sel. À l’abri de ce talus, nous serons invisibles des maraudeurs.

Melthril descendit à son tour, ou plutôt se laissa glisser, étouffant un gémissement. Ses courbatures lui apprirent avec un réalisme implacable, que la joie un peu puérile d’avoir faussé compagnie au capitaine du village, à l’aurore et dans un silence de complot, avait un prix qu’il faudrait désormais payer... chaque soir !

— Invisibles, certes, mais moulues et transies, maugréa-t-elle. Allons, je vais ramasser du bois pour une petite flambée !

— Une flambée ? Jamais de la vie !

— Juste de quoi rassurer mes vieux os qui cliquètent ?

— Mais allumer un feu dans ces landes, c’est dresser un phare pour les serviteurs de l’Ennemi ! Nous mangerons froid, comme nos jeunes rôdeurs. Tu me remercieras, lorsque nous aurons évité quelques-uns de ces gobelins fouineurs.

— Vous avez raison, je le crains… Ma foi, tout cela s’avère contrariant et peu civilisé ! Mais je suppose que l’aventure aussi, a ses noblesses et ses contingences… En tout cas j’espère que nous aurons le droit de nous laver ? Sans quoi il suffira aux gobelins de nous repérer à l’odeur : moi la vieille bique trop bavarde, et vous le blaireau ronchonneur !

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Au plus profond de la nuit, un renard qui passait par le bois pour ses propres affaires s’arrêta quelques instants et flaira. Il trouva effectivement un cousinage avec la chèvre et le blaireau, mais reconnut surtout l’odeur de l’être humain.

— Des vieilles femmes ! pensa-t-il. Eh bien, quoi encore ? On a rapporté des choses étranges dans ces contrées, mais j’ai rarement croisé une humaine âgée dormant en plein air, sous un arbre. Encore moins deux d’entre elles ! Il y a là-dessous quelque chose d’anormal…

Il avait bien raison, mais n’en apprit pas davantage. [2]

Le goupil s’en fut, avec un glapissement perplexe.

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L'aube s'étirait sur la lande en un voile de nacre, révélant la tente de toile grise affaissée, de guingois, voile naufragée sous le poids de la rosée.

Arweneth avait rêvé de frises dorées, d’entrelacs subtils, de personnages compassés, figés dans la pavane colorée du temps. Elle s'éveilla la première, le corps perclus par la dureté du sol, mais le regard aussitôt capté par l’éclat d’Eärendil qui s’effaçait dans un ciel d'une pureté de cristal. Autour du petit campement, la nature sauvage s'éveillait au jour : le cri d'un rapace planant sur les crêtes, le froissement des hautes fougères moissonnées par les daims, les « toc-toc-toc-toc » du pivert résonnant au fond des bois, trahissaient des présences invisibles et sauvages.

Melthril émergea des couvertures à son tour, un sourire ensommeillé aux lèvres malgré ses cheveux en bataille, émerveillée par la lumière rasante qui faisait scintiller les arantèles comme des colliers de diamants. « Voyez, Arweneth, Manwë nous sourit ce matin », souffla-t-elle en réprimant une grimace de courbatures.

Sa commère fronça les sourcils : il manquait quelque chose dans ce touchant tableau…

— Fier-sabot ! Il s’est échappé, l’animal !

C’était la catastrophe. Plus de bidet, plus de cariole, plus de vivres, plus d’aventure, plus de devoir accompli ! Arweneth se leva en panique et se mit à battre frénétiquement les taillis. La vieille dame vociférait comme une damnée, de façon… fort peu distinguée. Melthril la rejoignit, fouillant fébrilement les halliers à son tour :

— Calmez-vous, m’amie, je vous en conjure ! Une brave bête comme Fier-sabot ne saurait manquer à son devoir, ni décevoir maîtresses aussi attentionnées que nous !

— Crois-tu donc ? Mais justement, dans notre fatigue, hier au soir, nous avons oublié de nourrir l’animal !

Melthril pâlit :

— Mais c’est indigne de nous ! Comment avons-nous pu ? Comment nous faire pardonner ?

Et la vieille dame de se lancer pieds nus, en chemisette sur le sentier, hélant à la cantonade, comme une amoureuse éperdue à la poursuite d’un galant inconstant.

Les commères cherchèrent longuement, en vain. Elles finirent par s’entre-regarder, incapables de se formuler l’une à l’autre ce que cette négligence impliquait désormais pour elles.

Mais, à force de se répéter « Comment nous faire pardonner ? », enfin Melthril put rassembler son bon sens. Elle s’en vint verser une demi-mesure de picotin dans une écuelle de bois. Après qu’elle eut brassé le grain, fait résonner l’appétissant friselis, répété le chaleureux appel de l’auge par toute la combe, enfin un museau gris, surmonté de deux oreilles de même, se profila à travers un noisetier.

Le bidet les toisait en mâchouillant avec l’air buté d’une brave bête dans son droit.

Il va sans dire que Fier-sabot fut bichonné et que les commères prirent de vigoureuses et rigoureuses résolutions, suite à ce fâcheux avertissement.

La toilette au bord du ruisseau d’eaux fraiches, fut encore un moment de serrer les dents en jouissant des joies spartiates de la pleine nature. Chaque aspersion dans le cou ou les membres nus des vieilles dames arracha un rictus ou un petit cri étouffé, mais aucune plainte.

— Le bassin d’aigues chaudes attendra, j'en peur ! Pour l'heure, c'est mon lumbago qui réclame une audience royale ! Mais la victoire réclame quelque sacrifice, je suppose ! résuma sobrement Melthril.

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Ainsi se déroulait l’aventureux voyage de nos respectables vieilles dames des Dúnedain.

La toilette au bord du ruisseau d’eaux fraiches était encore le moment de serrer les dents en jouissant des rudes joies de la pleine nature. Chaque aspersion dans le cou ou les membres nus des commères leur arrachait un rictus ou un petit cri étouffé, mais aucune plainte.

— La cuvette d’aigues chaudes attendra, j’en ai peur ! Mais la victoire réclame quelques sacrifices, je suppose ! résuma sobrement Melthril, passant sous silence son lumbago qui exigeait une audience royale…

Leur périple quotidien les menait toujours plus avant dans l’inconnu, aux marges de leur carte du Vieil Arnor, longuement enrichie des mises à jour apportées par les rôdeurs du village au fil de leurs patrouilles.

Arweneth conduisait la cariole, Melthril à la vigie et à l’intendance.

A l’heure du campement, après des lieues parcourues dans le silence de l’abnégation et de l’espoir, Arweneth prenait soin du bidet. Avec une solennité émue, elle se mettait à frictionner les membres de la bête avec un onguent à l’odeur de térébinthe, que Melthril avait déniché dans leur pharmacopée portative.

— Courage, noble compagnon ! Bientôt, tes sabots fouleront le pavé de la cour d’honneur. Tu logeras dans l’écurie des destriers du Baron ! chuchotait Arweneth à Fiert-Sabot, qui se gavait de fourrage péniblement rassemblé.

Melthril, de son côté, partait en quête des racines et postes que pouvait offrir les environs, lorsque la glane du jour s’était avérée pauvre.

Puis c’était le montage laborieux de leur tente, édifice précaire qu’elles camouflaient de leur mieux, avec la charrette.

Puisqu’elles s’interdisaient le feu, la chasse était inutile, et Arweneth regardait Melthril réaliser des prodiges en accommodant leurs maigres provisions, agrémentée des trouvailles du jour, avec son inventivité et son optimisme coutumiers.

— Nous sommes deux folles, murmurait Arweneth en acceptant son écuelle.

— Deux idéalistes en route pour la postérité, corrigeait Melthril.

— … mais deux idéalistes qui, demain, mettront cette pommade sur leurs derrières, leurs genoux et leurs paumes meurtries avant de reprendre la bride !

Car les mains de Melthril ne restaient jamais inactives durant le voyage, et les plantes qu’elle collectait ne servaient pas seulement à les nourrir.

Elles s’endormaient l’une contre l’autre dans l’obscurité, rêvant d’une œuvre immense aux accents de triomphe, qui annoncerait le renouveau des Dúnedain et guiderait leur destin, en tissant sur sa trame la pourpre du sang et l’or de la gloire.

Et parfois un renard s’en revenait jeter un œil suspicieux et désapprobateur sur cette scène hautement improbable.

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Nos deux dames des Dúnedain ménageaient les denrées séchées et leurs viandes fumées. Pour le repas de midi ce jour-là, Melthril tira de son sac, des racines de pissenlit séchées et quelques baies amères que Arweneth commença à mâcher, avec une expression sincère mais bien involontaire de martyre.

Melthril réprima un rire, farfouilla dans la cariole, saisit quelques ballots et s’éclipsa.

Arweneth n’en prit pas ombrage : chacun méritait quelque privauté pour satisfaire ses besoins naturels.

Mais au bout d’une demi-heure, elle commença à s’inquiéter. Lorsque Arweneth eut appelé, rebroussé chemin, battu les alentours et se fut tordu les mains de désespoir, sa commère revint tout soudain, un sourire en coin, les bras chargés de merveilles.

— Par toutes les étoiles d’Elbereth, où as-tu trouvé cela ? s’écria Arweneth incrédule.

Avec un détachement affecté, Melthril déposa sur la nappe une cruche de lait frais, un pot de miel et deux énormes miches.

— Chez un fermier, à deux collines d’ici !

— Il y a encore des fermiers dans les environs ? !!!

— Pas tout-à-fait. C’est un rôdeur du refuge de Caras Celairnen qui a ressenti le besoin de se consacrer à autre chose que la chasse à l’orc.

Arweneth s’assit, éberluée :

— Mais comment savais-tu que quelqu’un vivait si près d’ici ?

— Vous semblez ne pas l’avoir remarqué, mais moi si : nous avons croisé plusieurs ruches, disséminées au milieu des prairies, ces derniers milles. De belles ruches semblables à celles qu’entretient le père Malduin. J’étais donc sûre de trouver un ami, car on peut toujours se fier à quiconque prend soin des animaux !

Arweneth avait repris ses esprits et sa rapière en main, se relevant d’un air sévère :

— Mais malheureuse ! Es-tu bien certaine qu’il ne t’a pas suivie jusqu’ici pour nous détrousser et attenter à notre honneur ? Par la grâce d’Oromë, tu as donc pris le risque de parler à un étranger ! Et puis d’abord, de quoi vit-il, ce soi-disant fermier-rôdeur ?

Mais Melthril ouvrit leur coffre d’habits et se saisit d’une robe, qu’elle commença à rajuster, tout en répondant aux inquiétudes de sa commère :

— J’allais vous l’expliquer, m’amie, mais vous ne m’en laissez guère l’occasion. Voici toute l’histoire : Il s’agit d’un couple mixte, un rôdeur Dúnadan et une femme d’Eriador ; ils n’ont pas encore d’enfants ; alors je leur ai conseillé de prendre une décoction de… mais je m’égare. Comme vous le savez, les nôtres n’encouragent vraiment pas nos jeunes gens à se mêler à des étrangers ou à leur ouvrir nos refuges. Voilà vraiment une attitude particulièrement rétrograde et vieux-jeu ! Nous ne sommes plus au temps des grands seigneurs cherchant à marier leurs filles au sein de leur caste… Mais je m’égare. Comme vous l’imaginez, ces deux-là ont fort mal pris de ne pas être acceptés pour ce qu’ils sont, alors lui et son épouse – une jeune femme très énergique, une âme de guerrière comme vous, m’amie ! – ont décidé, disais-je, de s’établir ici, de faire leurs preuves. Je suis sûre qu’un jour ou l’autre, ils parviendront à faire fléchir ces vieux barbons et… mais je m’égare encore. Ils ramassent surtout le miel. Ils ont aussi trois jolies petites chèvres et cultivent un jardin potager. Bien sûr ils chassent tous deux et figurez-vous qu’ils font du feu ! Il faut dire qu’ils ne l’allument que lorsque la brume recouvre la forêt, ce qui fait qu’ils n’ont jamais eu de problème avec les gobelins !

— Un instant, mon amie, tu me donnes le tournis. Je veux bien croire que tu as toute confiance en ce jeune couple, mais admets tout de même que c’était fort risqué de ta part. Et comment les as-tu trouvés ?

— Mais ce sont eux qui m’ont trouvée aux abords du sentier, sans quoi j’aurais pu chercher des heures. J’ai tout de suite sympathisé avec la jeune épousée. C’est son anniversaire aujourd’hui, alors je vais lui offrir ma vieille robe de taffetas. Si vous saviez comme ça lui a fait plaisir que je la lui propose ! Vraiment, j’en ai encore les larmes aux yeux ! Il me suffit de raccourcir un peu les… mais ne nous égarons point !

— Tu as donné ta robe de gala ? Mais que vas-tu te mettre lorsque nous aurons restauré… mais où ai-je la tête, je n’ai aucun droit de questionner ce que tu fais de tes trésors. Et celui-ci fut consenti de grand cœur… quoiqu’avec quelque légèreté ?

— Non pas, m’amie : ces deux-là n’ont guère l’occasion de s’amuser, vous pouvez m’en croire, et ce cadeau est exactement ce dont ils ont besoin ! J’espère leur donner envie de venir nous voir ! Ils nous ont invitées à leur petite fête de ce soir et je n’ai pas eu le cœur de refuser, vous pensez bien : ils s’en font toute une joie !

Désarmée et abasourdie, Arweneth rengaina et se rassit sur la grosse souche qui lui servait de siège, contemplant sa commère avec un mélange d’incrédulité et d’admiration, alors que Melthril babillait :

— Et alors me voilà avec leurs cadeaux ! Goutez-moi ça, Arweneth ! s’exclama-t-elle en brisant la croûte avec un craquement délicieux à l’oreille. C’est plus civilisé que nos racines et ça donne du cœur au ventre pour affronter la tente !

Ce soir-là, nos respectables vieilles dames soupèrent infiniment mieux que d’ordinaire, à la table d’un jeune couple qui leur offrit aussi le gîte. Elles dormirent également d’un sommeil plus réparateur, et les découvertes de ce jour béni leur fournirent matière à bien des réflexions pour peaufiner leur projet.

« Les membres de la Compagnie ne sont liés par aucun serment ni aucun engagement à aller plus loin qu’ils le voudront. Car ils ne connaissent pas encore la mesure de leur propre courage et ils ne peuvent prévoir ce que chacun pourra rencontrer en chemin. Et peut-être trouverez- vous des alliés là où vous ne les attendez pas. » [3]

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NOTES

[1] Faintarth en Sindarin « Fier-sabot », de fain, sabot, pied dur, et tarth, endurant, tenace, qui persiste.

[2] Si vous souhaitez comprendre cette référence, il vous faut LIRE le Seigneur des Anneaux. Je n’en dis pas plus…

[3] J.R.R.Tolkien, Le Seigneur des Anneaux, La Fraternité de l’Anneau, Chapitre 3 - L’anneau prend le chemin du Sud.

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