L'étrange anneau du Roi Isildur

Chapitre 7 : Le complice

1297 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour il y a 4 jours

Ville basse

Auberge du Poney Boiteux.


- On a une idée de quoi il ressemble !?

- Non aucune, je te l'ai dit, j'ai juste reçu un message sur une pierre. C'est lui qui nous reconnaîtra.

- Bon beh, en attendant, buvons !

Les deux larrons s'installèrent et prirent deux chopines plus grandes que leur tête.

- J'ai réfléchi à ce que je voulais faire avec l'argent, si on réussi la mission... Je veux acheter un grand bateau ! On pourra faire livrer des cargaisons de Pélargir aux Havres Gris. Si ça marche bien, je pourrais même en acheter d’autres. Capitaine d'une flotte ! Pardi, ça aurait de la gueule.

- Moi je vais devoir acheter une maison close, vu qu'à cause de toi, j'ai été banni à vie de chez dame Téowyn.

Anarin fronce soudain les sourcils.

- Cousin, regarde discrètement sur la droite. Le type bizarre qui fume sa pipe, il nous fixe depuis que nous sommes entrés...

Caché dans un coin, un homme fumait en effet une longue pipe en écorce de chêne. La préférée des rôdeurs. Ses grands yeux noirs étaient plantés dans leur direction.

- Tu penses que c'est lui ?

- Ça pourrait bien, il a tout l'air.

Burek était dubitatif.

- C'est drôle, son visage me dirait presque quelque chose, mais je ne sais pas quoi.

L'homme se leva brusquement. Il prit avec lui sa grande chope de picrate et s'avança droit vers eux. Son gabarit était imposant. Grand, épaules saillantes, cou aussi large qu'un buffle. Le genre d'individu qu'il vaut mieux avoir avec soit.

Anarin et son compère toisaient le colosse avec un petit rictus approbateur. Un rôdeur comme ça à leur côté, tout devenait possible.

- Laissons le parler en premier.

Arrivé à leur hauteur, il s’invita à la table.

- Toi le nabot, on se connaît non ?

C'est à Burek qu'il s'adressait, la mine intriguée.

- Justement je me disais la même chose...

Anarin était surpris, ce n'est pas vraiment l'introduction qu'il attendait.

- Ça y est ! Ça me revient ! C'est toi l'escroc grassouillet qui m'a vendu de la fiente de pigeon en m'assurant que c'était une crème elfique contre les aphtes !

- Aaah mais ouiii, je m’en souviens aussi !

Burek tira un grand sourire, le souvenir d'une belle escroquerie bien faite le remplissait toujours de joie.

Anarin n'en revenait pas.

Je suis dans un monde parallèle...

Le rôdeur, lui, ne rigolait pas.

- J'attends ce jour depuis longtemps, vulguaire gueux des bas fonds.

Il attrapa sa chope et d'un grand geste fulgurant, l'a fracassa sur la tête de Burek.

Immédiatement, Anarin répliqua. Il empoigna la sienne et l'a balança de toute ses forces. Malheureusement, prit par l'adrénaline, il rata sa cible. La chope alla s'écraser sur la tête d'un pauvre type deux tables plus loin.

- Chiotte de Balrog...


Évidemment, la victime du projectile perdu, ne chercha pas à comprendre. Une Chope pleine jaillit dans l'autre sens. Anarin l'essquiva et elle atterrit dans le crâne d'un morfondu qui sortait des toilettes.

Quelque fusse la langue parlée par tous les ivrognes en présence, tout le monde comprit ce qui était en train de se passer.

- BAGARRE GÉNÉRALE !!!

Le rôdeur attrapa Burek par derrière et se mit à l'étrangler avec son bras. Anarin lui sauta sur le dos et s'agrippa à lui. Les trois fauteurs de trouble étaient maintenant imbriqués comme des poupées russes.

Les projectiles fusaient de toutes parts. D'abord des chopines, des bouteilles et des assiettes. Chacun reçut sa part. Ça fait mal mais ça n'assome pas. Le pugilat pouvait continuer.

Quand on fut à court, on se saisit alors des tables et des chaises.

Burek se débattait, le rôdeur cherchait à se dégager et Anarin s'accrochait. Coincés dans le tourbillon de la bagarre générale, les trois poupées russes se mirent à tournoyer comme une toupille. Aux grès des projectiles, la toupille penchait, un coup à droite, un coup à gauche.

En plus des projectiles, coup de poings, crochets et uppercut étaient distribué à tout va. Anarin balançait des coups de pieds dans tout les sens pour punir tant bien que mal les malendrins.

Burek était de plus en plus mal en point. L'étranglement portait ses fruits. Le malheureux commençait à tourner de l'œil. Ça n'échappa pas à son cousin.

Il faut que je fasse quelque chose...

Toujours perché sur le dos de son rôdeur, il releva la tête un instant et regarda autour de lui.

Si seulement je pouvait attraper une arme, ou quelque chose de contendant.

Il se dégagea une main et fouilla les poches de son agresseur à la quête d'une dague ou d'un couteau. Autour de sa ceinture, il en vit une.

Voilà ! Je dois l'attraper vite.

Il passa les prochaines minutes à tendre le bras, désespérément, vers la dague, mais dans la mêlée générale, c'était peine perdue.

- Aaarghhh ! Arrière train de gobelin ! Sens ma vengeance !

Le rôdeurs commençait à eructer comme une bête victorieuse. Le gueux qui lui avait fait étaler de la fiente de volatile sur les lèvres pendant une semaine, était tout près de rendre gorge.

Anarin perdait espoir. Une table fusa aux ras de ses cheveux et faillit le décapiter.

Piouu... Une autre comme ça et c'est la fin. Attends...

Il releva une nouvelle fois la tête et se mit à scanner la pièce.

Soudain une grosse chaise en bois jaillit des airs. Anarin l'attrapa en plein vol. De toute la force de son bras, il l'écrasa sur le crâne du rôdeur, juste au dessus de la nuque.

La masse de muscle, s'écroula au sol. Le gondorien se jeta sur son cousin.

- Burek ! Burek ! Ça va !?

- T'en a mis du temps ! J'ai failli crever moi !

- Sortons d'ici. Viens, appuie toi sur mon épaule.

Les deux compère, bien amochés, se frayèrent un chemin tant bien que mal vers la sortie. Arrivé la porte, une voix gronda derrière eux.

- Hé vous la !!

Ils se retournèrent. C'était le tavernier.

- Vous croyez que je vous ai pas vu. C'est vous qui avez commencé cette bagarre.

Il était rouge de rage, dans la main droite il tenait nonb pas une bouteille ou une chaise, mais une grande masse d'arme ornée de petites piques en fer.

- C'est mon auberge ici. Personne ne d”clanche de bagarre sans mon autorisation ! Vous servirez d'exemple, je vais vous éclater la cervelle, minable vermine.

Anarin acusa le coup. Burek, toujours sonné, bougeait à peine les jambes. Lui même était à bout de force...

Mince, je crois que cette fois...

Le tavernier leva sa masse d'arme en l'air et chargea les deux malotrus qui avaient transformé son auberge en champs de bataille.

Presque arrivé sur sa cible, le fou furieux reçut un gigantesque coup de bottes dans les côttes. Il valdingua et se mangea le mur en pleine face. Dodo instantané pour le tavernier en colère.

Anarin, surprit d'être encore en vie, ouvra les yeux. Devant lui un grand type avec une balafre au visage lui souriait.

- Le capitaine balafré !?

- En personne ! Et toi tu es Anarin je présume. C'est le message sur le caillou, ravis de te rencontrer, on a pleins de trucs à se dire. Nous recherchons la même chose n'est-ce pas ?

Le balafré se pencha à l’oreille du gondorien miraculé et murmura.

- L'étrange anneau de notre bon roi Isildur...

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