Sold Out Soul

Chapitre 14 : VEKTOR BUNKER PALACE

Chapitre final

3342 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 08/03/2026 19:46

L’avion privé du MI6 perçait le voile compact des nuages bas, traversant la brume glaciale qui recouvrait la Sibérie d’un manteau de silence. À travers le hublot, Bond observait les vastes étendues enneigées, interrompues par des structures militaires éparpillées, vestiges de l’ère soviétique qui semblaient refuser de s’effacer du paysage. 

L’aéroport militaire, sombre et austère, n’était qu’une série de hangars gris bordés de pistes à peine dégagées de la neige. Aucun signe de vie visible, si ce n’étaient quelques silhouettes rigides postées aux abords du tarmac.

Lorsque l’appareil toucha le sol dans un choc maîtrisé, Bond échangea un bref regard avec Aria. Elle n’avait pas prononcé un mot depuis la descente, son regard rivé sur l’horizon, comme si elle s’efforçait de lire l’avenir dans la blancheur infinie du paysage sibérien. Il devinait cependant la tension sous son masque de calme. Cette mission, bien que sous couvert diplomatique, n’en était pas moins une incursion sur son propre territoire.

La passerelle s’abaissa dans un sifflement hydraulique, laissant l’air glacial s’engouffrer brutalement dans la cabine. Bond resserra machinalement son manteau de cachemire autour de lui et descendit les marches, le vent fouettant son visage avec une intensité presque hostile.

Sur le tarmac enneigé, une rangée de soldats russes se tenait immobile, silhouettes sombres contrastant avec la blancheur ambiante. Devant eux, une figure imposante s’avança, ses bottes résonnant sur le béton gelé. Le général Vasilyev.

Un homme aux traits taillés à la serpe, crâne rasé, uniforme impeccable où brillaient ses médailles et galons. Son regard gris acier passa brièvement sur Bond avant de s’arrêter sur Aria.

— Major Miaoukine, votre réputation vous précède.

Sa voix était tranchante, presque mécanique, dénuée de toute chaleur. Aria répondit en russe, d’un ton maîtrisé.

— C’est un honneur, général.

Elle lui serra la main sans ciller. Bond, en observateur silencieux, nota le léger raidissement de la mâchoire de Vasilyev. Il y avait quelque chose entre eux, une dynamique subtile qui laissait deviner un respect forcé, peut-être une méfiance mutuelle.

Puis, lentement, Vasilyev pivota vers Bond.

— Et vous devez être le célèbre 007.

Il laissa planer un silence, comme s’il attendait une réaction. Bond soutint son regard sans broncher.

— Le seul et unique, général.

Aucune trace d’amusement chez Vasilyev.

— Moscou a autorisé votre venue, mais pas votre curiosité.

Un sourire effleura les lèvres de Bond.

— Je suis ici pour la coopération scientifique.

— Bien entendu, Monsieur Bond. Comment pourrait-il en être autrement…

Le général claqua des doigts. Un soldat s’avança avec une mallette sécurisée, qu’il ouvrit devant eux. Deux badges d’accès, frappés du symbole de Vektor.

— Votre identification. À porter en permanence.

Bond prit son badge et le fit tourner entre ses doigts, jaugeant son poids. Un simple sésame ou un mouchard intégré ? Probablement les deux.

— Vous suivrez le protocole. Pas de faux pas et tout se passera bien.

Il fit signe à ses hommes.

— Emmenez-les à Vektor.

Le ton était sans appel.

Bond et Aria montèrent dans un véhicule blindé, l’intérieur exigu et austère baigné dans une semi-obscurité. Pas un mot ne fut échangé pendant le trajet.

Après une heure de trajet à travers l’immensité glaciale de la Sibérie, la silhouette du complexe Vektor émergea enfin, massive et austère, se détachant du brouillard givrant comme une forteresse oubliée du monde.

Vektor n’était pas un simple centre de recherche. C’était une citadelle de béton et d’acier, un vestige de la Guerre froide où les ombres du passé semblaient s’accrocher aux murs.

Un périmètre de barbelés électrifiés encerclait la base, accompagné de miradors où des projecteurs découpaient la nuit de faisceaux tranchants. 

Des gardes en combinaisons polaires blanches patrouillaient le long des clôtures, armés de fusils d’assaut et accompagnés de chiens-loups, silhouettes nerveuses contre la neige.

Les bâtiments principaux, disposés en un vaste réseau souterrain, formaient un enchevêtrement de blocs gris anthracite, marqués de numéros et de symboles cryptiques, rappelant les vestiges des laboratoires secrets de l’Union soviétique. Aucun signe extérieur ne laissait deviner leur fonction.

Un immense bunker en forme de dôme, à moitié enfoui sous la neige, semblait être le cœur névralgique du complexe. Sa surface lisse et impénétrable évoquait davantage un silo militaire qu’un centre scientifique.

Derrière lui, une structure plus récente, surélevée et hérissée d’antennes paraboliques, tranchait avec l’architecture vieillissante du reste du site. Probablement un centre de commandement, d’où les autorités russes pouvaient surveiller chaque recoin du complexe.

Lorsque le convoi blindé atteignit l’entrée principale, Bond aperçut les portes massives en béton armé, hautes de plusieurs mètres, qui s’ouvrirent lentement dans un grincement sourd.

Il savait déjà une chose :

Une fois à l’intérieur, en ressortir serait une toute autre affaire.


Le convoi blindé franchit les lourdes portes du complexe Vektor, pénétrant dans un tunnel souterrain illuminé par une lumière crue et blafarde. Les murs de béton renforcé suintaient d’humidité, et l’air était chargé d’une odeur métallique, un mélange de froid, d’essence et de désinfectant industriel.

Bond échangea un regard furtif avec Aria, mais elle garda le sien figé droit devant elle, impassible. Elle était chez elle, mais elle savait qu’ici, personne ne lui accorderait sa confiance.

La voiture s’arrêta dans un hangar souterrain immense, où d’autres véhicules blindés étaient alignés sous la surveillance de soldats armés. Plusieurs passerelles métalliques surplombaient la zone, et Bond repéra des caméras pivotantes suivant chaque mouvement.

Ils n’étaient pas seulement des invités.

Ils étaient surveillés.

Un groupe d’hommes en blouse blanche s’approcha, escorté par un officier du FSB en uniforme sombre. Au centre du groupe, un homme trapu aux cheveux grisonnants s’avança d’un pas sec et mesuré.

Leonid Koval, directeur scientifique de Vektor.

Il portait des lunettes épaisses qui lui donnaient un air académique, mais Bond sentit immédiatement que cet homme était plus qu’un simple scientifique. Sa posture était rigide, sa voix contrôlée, comme s’il pesait chaque mot.

— Bienvenue à Vektor. 

Sa voix était pourtant douce, presque courtoise. C’est un honneur de vous recevoir, Major Miaoukine. Commandant Bond.

Il tendit une main à Aria, qui la serra brièvement, avant de se tourner vers Bond.

— Nous espérons que votre voyage a été agréable.

Bond hocha légèrement la tête, un sourire poli mais distant sur les lèvres.

— Le paysage sibérien a un charme certain.

Koval haussa un sourcil, comme s’il pesait la réponse.

— Vektor n’est pas connu pour son hospitalité, mais nous nous efforcerons de rendre votre séjour… productif.

Derrière lui, l’officier du FSB prit la parole.

— Nous devons procéder à un protocole de sécurité avant de vous laisser accéder aux installations.

Deux soldats s’avancèrent avec des tablettes de contrôle biométrique.

— Reconnaissance faciale. Scan thermique.

Bond et Aria ne bronchèrent pas. C’était un test.

La procédure dura quelques minutes. Les soldats capturèrent leur empreinte rétinienne, leur empreinte vocale et prélevèrent même une minuscule goutte de sang sur le bout de leur doigt.

Bond savait ce que cela signifiait : ils avaient désormais un profil médical complet sur eux.

Lorsque tout fut terminé, l’officier du FSB hocha la tête vers Koval.

— Profil biométrique validé. Données conformes.

Koval esquissa un sourire satisfait.

— Parfait. Veuillez me suivre.

Ils s’engagèrent dans un long couloir aux murs d’acier, où de discrets haut-parleurs diffusaient un signal sonore à intervalles réguliers, presque hypnotisant. Bond nota des caméras cachées dans les coins, des systèmes de détection de mouvement intégrés au sol.

Un complexe scientifique ? Non. Un centre militaro-industriel ultra-secret.

Après plusieurs contrôles, ils arrivèrent dans une salle d’observation ultra-sécurisée.

Derrière une épaisse vitre blindée, Bond aperçut un groupe de chercheurs en combinaisons hermétiques, manipulant des échantillons biologiques sous des hottes filtrantes. Des bras mécaniques prélevaient des substances dans des capsules scellées.

Koval, mains croisées dans le dos, déclara d’un ton calme. 

— Voici le centre principal de recherche virologique de Vektor. Nos experts travaillent actuellement sur l’analyse du virus que votre gouvernement nous a envoyé.

Il appuya sur un panneau de contrôle. Un écran holographique s’activa, affichant une représentation moléculaire du virus.

— Nous allons isoler la souche et procéderons à plusieurs simulations pour comprendre son mode de propagation.

Bond observa les images avec attention. Tout semblait… trop bien présenté. Trop parfait.

Comme si on leur montrait exactement ce qu’ils étaient venus voir.

Aria, qui s’était tue jusque-là, intervint en russe :

— Et la souche de variole ? Les tests montrent-ils une interaction possible avec ces agents ?

Un silence s’installa. Derrière la vitre blindée, un scientifique détourna brièvement les yeux.

Un autre, en train de manipuler un échantillon sous une hotte de protection, laissa échapper un léger sursaut.

Bond capta chaque réaction.

Il posa lentement ses mains sur le rebord de la console de commande, comme s’il se détendait… mais son regard ne quittait pas Koval.

Le directeur scientifique ajusta ses lunettes et esquissa un sourire poli.

— Major Miaoukine, je crains que vous ne soyez victime d’informations obsolètes.

Il prit un ton professoral, comme s’il expliquait quelque chose d’évident.

— Vous le savez aussi bien que moi : il ne reste plus de variole sur cette planète. Les deux derniers échantillons recensés, l’un à Atlanta et l’autre ici en Russie, ont été détruits, conformément aux traités internationaux.

Elle savait exactement de quel événement il parlait.

Mais quelque chose sonnait faux dans la réponse de Koval.

Bond le savait aussi.

Koval était trop à l’aise en affirmant cela. Comme s’il suivait un script parfaitement répété.

Bond haussa un sourcil, croisant les bras.

— Et pourtant, on nous dit que des rumeurs persistent.

Koval fit mine de sourire, mais son regard s’était légèrement durci.

— Les rumeurs sont le passe-temps favori des paranoïaques et des complotistes de votre pays, monsieur Bond.

— J’ai entendu parler d’un projet classifié, nommé Zarya. C’est lié à ça ?

À cet instant, un des scientifiques laissa tomber un dossier sur la table.

Un frisson imperceptible parcourut la pièce.

Vasilyev, resté silencieux jusque-là, s’avança.

— L’inspection est terminée pour aujourd’hui, nous poursuivrons demain.

Sa voix était tranchante, sans appel.

Bond jeta un dernier regard à la vitre blindée, où les chercheurs semblaient plus tendus qu’ils ne l’étaient en arrivant. Ils étaient sur quelque chose. Quelque chose que les Russes ne voulaient pas qu’ils voient.

Le couloir dans lequel ils furent conduits menait à une porte grise anodine, marquée simplement par un numéro : C-213. À l’intérieur, aucun luxe, aucun superflu. Un appartement de fonction spartiate, tout juste assez grand pour deux visiteurs de passage.

Un salon exigu, éclairé par des lampes au néon encastrées dans le plafond, séparait deux chambres identiques, chacune équipée d’un lit étroit, d’un bureau métallique, et d’une armoire verrouillée. Une cuisine sans charme, fonctionnelle, complétait le décor. 

Leurs bagages avaient été déposés et avaient été sans aucun doute ouverts et fouillés à l’exception d’une mallette portant le sceau diplomatique de la Grande-Bretagne.

Bond posa la mallette scellée sur la table centrale, jeta un regard circulaire. Les caméras étaient discrètes, mais bien là — dans les coins supérieurs de la pièce, une à l’angle du couloir, l’autre près de la cuisine.

Il ne dit rien. Il n’en avait pas besoin. Aria observait les mêmes détails. Le silence s’installa. Un silence lourd, où chaque geste, chaque souffle semblait compté, épié.

Elle retira son manteau, l’accrocha sans un mot. Puis elle s’avança vers le petit fauteuil face au canapé.

— Ils nous regardent.

Aria jeta un œil sur la table.

— Qu’est-ce que tu transportes de si précieux pour qu’on t’accorde un sceau diplomatique ?

Bond fit sauter le scellé et les loquets. La mallette s’ouvrit doucement… révélant une seule chose à l’intérieur : une bouteille de whisky single malt, GlenDronach, millésime 1993.

Aria haussa un sourcil, surprise. Puis un léger sourire effleura ses lèvres.

— Vraiment ? C’est tout ce que tu as amené ?

— Je suis un homme prévoyant.

Il prit deux verres dans le placard de la kitchenette, les posa sur la table, et servit sans se presser.

— Qu’ils regardent. dit-il calmement en lui tendant le verre puis il ajouta :

— Et parfois, ce genre de détails sauve une soirée.

Elle attrapa le verre, le fit tourner doucement entre ses doigts, appréciant l’odeur avant même d’y goûter.

— Une vodka aurait plus été de circonstance.

— La vodka n’a jamais rien adouci, répliqua Bond en s’asseyant.

Un silence s’installa, dense. La lumière blafarde des plafonniers ne faisait qu’ajouter à l’impression d’enfermement.

Aria porta le verre à ses lèvres, puis le reposa sans boire.

— Tu savais. dit-elle simplement.

Bond s’adossa à la table, verre en main.

— Je soupçonnais.

— Non. Tu savais. répéta-t-elle, plus bas.

Il soutint son regard.

— Ce qu’ils nous ont montré aujourd’hui, ce n’était qu’un théâtre. Pas un vrai laboratoire.

Elle hocha lentement la tête.

— Tu n’es pas venu uniquement pour livrer un échantillon.

Tu cherches autre chose.

Un silence.

Puis, plus bas, comme si elle effleurait une hypothèse qu’elle connaissait déjà :

— Zarya ?

Bond ne répondit pas. Il porta simplement son verre à ses lèvres.

Elle soupira.

— Moscou ne m’a jamais parlé de ce projet. Le FSB non plus.

Elle se renfonça dans le fauteuil, bras croisés, le regard fixé sur lui.

— Je croyais que tu me faisais confiance.

Bond posa calmement son verre.

— Je te fais confiance.

C’est la situation qui ne m’inspire rien.

Un silence retomba, plus dense.

Puis elle reprit, d’une voix plus posée :— Qu’est-ce que tu crois qu’ils cachent ici ?

— Quelque chose qui ne devrait pas exister.

Elle fixa un point au mur, comme si elle pesait cette phrase. Les caméras les observaient toujours. Mais dans cette ambiance neutre, chaque mot devenait un double-jeu.

— Et tu comptes le trouver cette nuit ?

Bond esquissa un mince sourire.

— Pas encore. Il faut attendre qu’ils se croient en sécurité. Le vrai spectacle commence quand le rideau se referme.

— Fais attention, James. Tu n’es pas en terrain neutre ici.

Elle s’enfonça un peu plus dans le fauteuil. Son regard s’était durci.

— Je suis Russe, James. Je suis censée être chez moi ici. Et pourtant…

— Tu n’es chez toi nulle part quand tout le monde te ment.

Elle le fixa longuement.

— Et toi ? Tu es chez toi ici ?

— Je ne suis jamais chez moi. Et c’est comme ça que je reste en vie.

Elle détourna les yeux, soupira, puis murmura :

— On ne pourra pas rester longtemps. Dès qu’ils comprendront que nous ne sommes pas là juste pour un transfert d’échantillon…

— Je sais.

Il se leva, alla vers la fenêtre — décorative, puisqu’elle ne donnait sur rien — et resta là un instant.

— Ils nous testent autant qu’on les teste.

— Et s’ils décident de te garder ?

Bond se retourna, son regard glacé.

— Alors je me débrouillerai pour partir. Avec ou sans leur permission.

Elle but une gorgée. Le whisky lui brûla légèrement la gorge. Elle le laissa faire.

— Tu comptes entrer dans leur système ?

Il s’approcha, reprit place.

— Je compte aller là où ils ne veulent pas que j’aille.

— Et tu comptes m’y entraîner ?

— Je compte sur toi pour faire le bon choix. Elle laissa passer un silence, puis répondit sans détour : 

— J’ai l’impression que tu comptes sur beaucoup de choses en ce moment.

Elle se leva sans attendre sa réponse et se dirigea vers sa chambre.

Mais au seuil de la porte, elle s’arrêta.

— Tu sais ce qui me gêne le plus, James ?

Il attendit.

— Je ne sais pas si je vais te suivre… ou t’arrêter.

Et elle disparut dans l’ombre de la pièce.

Bond resta seul un instant, puis tourna légèrement la tête vers la caméra. Il leva lentement son verre. Un toast silencieux aux fantômes qui les observaient. Puis il le but d’un trait, sans grimacer. Le plan était déjà en marche.



Le silence nocturne du complexe Vektor avait quelque chose d’artificiel. Trop maîtrisé. Trop pur. Bond s’était installé dans l’obscurité, allongé sur le sofa du salon, immobile, les yeux ouverts, à écouter la respiration lointaine des murs, les cliquetis métalliques intermittents d’un système de ventilation vieillissant, les pas étouffés des rondes invisibles.

Chaque bruit devenait suspect. Chaque silence, une question sans réponse.

Soudain, un léger grincement à peine perceptible. Il tourna la tête. La porte de l’entrée venait de s’ouvrir très lentement. Une silhouette hésitante se glissa à l’intérieur du salon. Pas un garde. Pas un soldat. Un homme en blouse.

Un scientifique. La quarantaine, maigre, le pas incertain. Il avançait comme s’il défiait ses propres nerfs.

Bond se redressa sans bruit.

Le scientifique l’aperçut, sursauta légèrement mais n’entra pas plus loin. Il resta figé dans l’embrasure de la pièce, juste à la limite de l’angle mort de la caméra du salon.

Il leva la main. Paume ouverte, paume nue. Un geste neutre. Pacifique. Risqué.

— Je n’ai pas beaucoup de temps… murmura-t-il, sa voix à peine audible, rauque de tension.

Bond resta debout, silencieux. Il ne fit aucun geste.

L’homme continua :

— Je travaille sur Zarya. Je sais… Je sais ce qu’ils préparent.

Il sortit un petit dispositif mémoire de la poche intérieure de sa blouse. Un objet gris, sans inscription. Bond ne bougea toujours pas.

— Je ne peux pas vous le donner ici. On est surveillés.

Tout le temps. Mais… demain… pendant la visite technique… bâtiment 3, aile nord. Niveau -2.

Le scientifique jeta un regard paniqué par-dessus son épaule. — Venez seul. Sinon je ne vous dirai rien.

Et déjà il reculait, sans attendre de réponse. Il ne regarda même pas vers la chambre d’Aria. Comme s’il savait qu’elle n’était pas celle qu’il devait convaincre. Ou peut-être… qu’il se méfiait d’elle.

Il disparut dans le couloir, sa silhouette avalée par l’ombre comme si elle n’avait jamais été là.

Bond resta debout un moment. Le calme revint. Un calme tendu, électrique.

Il jeta un coup d’œil vers la caméra au plafond. Le voyant rouge clignotait toujours.

Laisser un commentaire ?