La dernière disciple d'Inu no Taishō

Chapitre 38 : La rivière figée

3098 mots, Catégorie: G

Dernière mise à jour 06/05/2026 20:01

L'eau claire courait entre les pierres couvertes de mousse, vive et froide sous l'ombre des arbres. 


Pourtant, là où ses sandales effleuraient la surface, le courant se figeait aussitôt en plaques minces, presque transparentes, qui craquaient derrière elle avant de se rompre.


Elle avançait sans ralentir.


Ses longs cheveux bleu pâle tombaient dans son dos, repoussés derrière ses oreilles pointues.


Sa démarche avait cette souplesse silencieuse des félins qui n'ont pas besoin de hâter leur approche : chaque appui semblait déjà choisi avant que son pied ne touche l'eau. 


Chez les Hyōnekozoku, Tōran n'était pas seulement une combattante. Il y avait dans sa manière d'occuper l'espace une autorité froide, héritée d'un clan qui n'avait jamais appris à courber l'échine.


Son kimono gris bleuté tombait sobrement autour d'elle. Une protection rigide couvrait l'une de ses épaules ; une lame courte reposait à sa taille.


Un bourdonnement troubla soudain le bruit du ruisseau.


Tōran s'arrêta.


Devant elle, un insecte jaune flottait entre deux branches basses.


Elle l'observa sans surprise.


- Encore ces vermines.


L'eau du ruisseau jaillit brusquement, se dressant en une pointe claire avant de se durcir d'un seul coup. 

Le pic de glace transperça le saimyōshō en plein vol. L'insecte tomba, figé, puis éclata en fragments contre les pierres.


Tōran ne baissa même pas les yeux.


- Sors donc de l'ombre.


Un mouvement répondit parmi les arbres.


Une silhouette blanche apparut derrière un tronc couvert de mousse.


Une fourrure épaisse tombait sur ses épaules et effaçait presque les contours du corps qu'elle enveloppait.


Au-dessus, un masque de babouin bleu avançait son museau et ses orbites vides vers le ruisseau.


La voix de Naraku s'éleva. 


- Tu as l'œil plus juste que tes frères.


Tōran ne cilla pas.


- Et toi, tu as la prudence d'un yōkai qui sait qu'il n'est pas désiré. Tu n'as même pas pris la peine de venir avec un vrai corps.


- La prudence n'est pas un défaut.


- Alors parle. Que veux-tu ?


- Ton clan réunit les fragments du Shikon no Tama.


Un sourire bref passa sur les lèvres de Tōran, froid, confiant.


- Si tu es venu les prendre, approche.


- Si j'étais venu les prendre, cette conversation serait inutile.


Tōran le fixa.


Naraku poursuivit :


- Je viens t'indiquer un fragment que tu n'as pas encore.


Un silence passa entre eux, seulement troublé par le ruisseau.


- Il est porté par une louve.


Le visage de Tōran demeura fermé, mais son regard changea.


- Continue.


- Elle fut la disciple d'Inu no Taishō.


Le froid autour d'eux s'épaissit.


- Celui qui a tué ton père.


Tōran parla plus bas :


- Mayoiga.


Naraku l'observa.


- Je vois que le nom ne t'est pas inconnu.


- Pourquoi viens-tu me donner cette information ?


Naraku garda le silence un instant.


- Je ne te la donne pas. Je la replace entre les mains de ceux à qui elle importe.


La glace s'étendit lentement autour des pieds de Tōran, figeant la surface du ruisseau.


- Elle porte un fragment. Elle a servi Inu no Taishō. Et tu connais déjà son nom.


Un sourire mince, presque invisible, apparut dans l'ombre du museau bleu.


- Je peux maintenant t'indiquer où elle se trouve.


Tōran ne répondit pas.

Sous ses pieds, la glace continua de s'étendre.


---


Mayoiga avait quitté la vallée sans se retourner.


Derrière elle, Ryūkotsusei demeurait scellé dans la montagne, réduit à une masse sombre entre les falaises. 


Elle marcha longtemps, sans direction précise.


Son pas restait égal, presque tranquille.


Ses pensées, elles, ne l'étaient pas vraiment.


La sensation de la main de Sesshōmaru sur sa gorge revint. La facilité avec laquelle il l'avait soulevée.


Et surtout, son regard.


Ce n'était pas la violence qui demeurait.


C'était le jugement.


Mayoiga ralentit à peine.


Elle lui avait laissé ce droit.


L'espace d'un instant, suspendue dans sa main, elle avait accepté qu'il soit celui qui nomme sa faute.


Comme s'il parlait depuis une hauteur intacte.


Comme s'il n'avait jamais tendu la main vers Tessaiga.

Comme s'il n'avait jamais, lui aussi, refusé le choix d'Inu no Taishō lorsqu'il ne lui convenait pas.


Une irritation froide passa en elle.


Puis les mots de Myōga revinrent plus difficiles à écarter.


Elle avait failli effacer la raison pour laquelle Inu no Taishō s'était sacrifié.


Mayoiga détourna les yeux.


Devant elle, les arbres s'ouvrirent.


Une rivière large coupait la vallée. 


Plus loin, quelques maisons de bois se tenaient au bord de l'eau.


Des hommes pêchaient près de la rive.


Certains tenaient de longs filets qu'ils lançaient à deux dans le courant ; d'autres relevaient des nasses tressées d'osier, les pieds dans l'eau jusqu'aux genoux. 

Leurs voix portaient faiblement dans l'air, mêlées au bruit de la rivière.


Mayoiga s'arrêta.


Les humains ne l'avaient pas encore vue.


Puis l'air changea.


Le vent perdit sa tiédeur.


À la surface de la rivière, un frisson blanc se répandit.


D'abord une ligne mince entre deux pierres. Puis une plaque. Puis une autre.


L'eau se figea dans un craquement sec.


Un des pêcheurs releva brusquement la tête.


- Qu'est-ce que...


Le filet qu'il tenait se raidit entre ses mains, pris dans la glace naissante. Plus loin, les nasses cessèrent de bouger dans le courant.


Le froid gagna la berge.


Les hommes reculèrent.


L'un d'eux aperçut Mayoiga. 


Son visage pâlit.


- Un yōkai...


La panique passa d'un corps à l'autre plus vite que la parole.


Les filets furent abandonnés. Les hommes se mirent à courir vers le village, trébuchant dans la boue, appelant ceux qui se trouvaient encore près des maisons.


Mayoiga ne bougea pas.


Son regard se porta vers la rivière.


La glace continuait de s'étendre.


- Tōran.


Le nom tomba sans surprise.


Au milieu du courant figé, une silhouette se dessina, avançant comme si la rivière lui appartenait déjà. 


Elle ne regarda pas les hommes qui fuyaient.


Elle ne regarda pas le village.


Ses yeux restaient fixés sur Mayoiga. 


Elle s'arrêta près de la rive, à quelques pas.


- Cela faisait longtemps, Mayoiga. Je te croyais morte.


Son regard descendit lentement jusqu'au point précis où le fragment battait sous la chair de la daiyōkai.


- Il n'a donc pas menti.


La louve ne bougea pas.


- Tu portes bien un fragment de la Perle de Shikon.


- Il ?


Tōran eut un sourire bref.


- Peu importe.


La glace gagna la berge dans un craquement sec.


- Ce fragment servira une cause plus grande que toi.


Le froid se resserra autour d'elles.


- Nous allons ramener notre père.


Tōran poursuivit, sans hausser la voix :


- Lorsqu'il se relèvera... le Nord lui appartiendra de nouveau.


La glace craqua légèrement sous ses pieds.


- Et l'Ouest suivra.


Son regard se durcit.


- Inu no Taishō a cru pouvoir arrêter notre roi en l'abattant. Il n'a fait que laisser une dette à ses fils.


Mayoiga parla enfin.


- Ton père est mort parce qu'il a provoqué l'Ouest.


La glace cessa de s'étendre. 


- Il a réclamé des terres qui ne lui appartenaient pas. Il a ouvert une guerre qu'il n'était pas certain de gagner.


Les yeux de Tōran se rétrécirent.


- Notre roi méritait ces terres.


Mayoiga la regarda avec froideur.


- Tu l'as trop longtemps regardé depuis ses genoux pour distinguer sa grandeur de son avidité.


- Tu oses parler de regard, toi ? Une louve qui a choisi de ramper derrière un chien étranger pendant que ses propres terres étaient menacées ?


Mayoiga ne répondit pas.


Tōran fit encore un pas.


- Tu étais née au Nord. Et pourtant tu as porté son ordre, son nom, sa guerre.


- Inu no Taishō ne m'a jamais demandé de lui appartenir.


- Alors pourquoi es-tu restée ?


Le silence tomba.


Mayoiga soutint son regard, mais quelque chose, derrière ses yeux, se referma.


Tōran le vit.


- Voilà.


Un sourire froid passa sur ses lèvres.


- Tu comprends donc ce que signifie servir un être plus grand que soi.


- Je comprends surtout ce que signifie confondre un mort avec une direction.


Le sourire de Tōran disparut.


Mayoiga reprit :


- Tu ne veux pas seulement ramener ton père. Tu veux ramener le monde où ta place auprès de lui avait encore un sens.


La glace craqua sous les pieds de Tōran. Mayoiga poursuivit.


- Et si tu le ramènes avec des fragments souillés, tu ne serviras pas sa mémoire. 


Tōran eut un rire sec.


- Tu oses parler de souillure alors que tu portes toi-même un fragment ?


- Oui.


Cette fois, la réponse de Mayoiga fut immédiate.


- Justement.


Une longue fissure courut à la surface de la rivière, l'eau gelée se souleva en une colonne claire. Elle s'étira, s'affina, prit forme entre ses doigts.


En quelques secondes, une lance de glace reposait dans la main de Tōran.


La pointe se tourna vers Mayoiga.


- Donne-moi le fragment. 


- Non.


Les yeux de Tōran brillèrent d'une colère glacée.


- Tu vas mourir ici, Mayoiga.


Tōran se jeta sur elle.

En un bond, elle quitta la rivière, lance levée.


Mayoiga ne recula pas vraiment.


Son corps glissa simplement hors de la trajectoire, d'un déplacement bref, presque sans appui. 


La pointe de glace passa devant son visage sans la toucher.


Tōran pivota aussitôt.


Mayoiga leva la main.


Une ligne bleue jaillit de ses doigts.


Tōran bondit en arrière, reprenant appui sur la rivière gelée. Le trait passa devant elle, frappa un arbre, ricocha, puis traversa la glace.


Un instant, rien ne bougea.


Puis la lumière se propagea sous la surface.


La rivière s'illumina d'un bleu violent.


La glace se fissura de partout.


Des lignes coururent sous les pieds de Tōran. Le sol devenait instable.


Son regard se durcit.


Elle bondit de nouveau vers Mayoiga.


Mayoiga s'effaça entre les arbres.


Tōran la suivit sans hésiter.


Mais sous le couvert du sous-bois, l'espace changea.


Une nouvelle ligne bleue jaillit. 


Tōran l'évita d'un mouvement sec, mais le trait frappa un tronc, ricocha contre une pierre, puis revint sous un angle impossible.


Elle leva sa lance. La pointe intercepta l'impact de justesse.


Un second trait partit aussitôt. Puis un troisième.


Entre les arbres, les lignes ne s'éteignaient plus. Elles se brisaient, se répondaient, se multipliaient dans l'ombre verte.


Une coupure nette s'ouvrit sur le bras de Tōran, puis une autre, plus basse, le long de sa hanche.


Elle serra les dents, tenta de reprendre de la distance, mais chaque appui l'exposait à un nouvel angle.


Mayoiga, elle, ne bougeait presque pas.


À quelques pas entre les troncs, droite et silencieuse, elle levait simplement la main.


Et l'espace répondait.


---


Une masse de lianes se resserrait au centre de la clairière.


Le yōkai qu'elles retenaient au sol ne bougeait plus. Son corps, couvert d'épines, avait été brisé par endroits, puis immobilisé dans une torsion impossible. 


Les lianes s'enfonçaient encore dans sa chair comme si elles continuaient à boire ce qu'il restait de lui.


Shūnran se tenait à quelques pas.


Ses longs cheveux roux retombaient sur ses épaules, retenus d'un côté par une petite fleur pâle. 


Son kimono vert clair, bordé de rouge, donnait à sa silhouette une douceur presque déplacée au milieu des lianes et du sang. 


Dans sa main, un fragment de la Perle de Shikon luisait faiblement.


Elle le contempla un instant, puis referma ses doigts. 


Un bourdonnement traversa l'air.


Shūnran leva aussitôt la tête.


Une forme blanche masquée se détacha entre les arbres.


Shūnran ne recula pas, mais les lianes se resserrèrent aussitôt autour d'elle, dressées comme des serpents prêts à frapper.


- Qui est là ?


La voix de Naraku s'éleva, douce, presque indifférente.


- Ta sœur, Tōran, est en danger.


Le regard de Shūnran se durcit.


-Tōran


Un doute passa brièvement dans ses yeux.


- Elle ne perd pas si facilement... 


- Elle affronte seule l'ancienne disciple d'Inu no Taishō.


Un silence bref passa.


Les doigts de Shūnran se refermèrent davantage sur le fragment.


- Où ?


- Près de la rivière, au sud de Mizukawa.


Elle ne bougea pas tout de suite.


- Je ne te connais pas.


Les lianes glissèrent lentement sur le sol, gagnant quelques pouces vers lui.


- Pourquoi est-ce que je te croirais ?


Naraku ne fit pas un pas.


- Rien ne t'y oblige. 


Le silence retomba.


Shūnran resta immobile une seconde encore, partagée entre la méfiance et l'urgence.


Puis les lianes se replièrent brusquement.


Elle se détourna.


- Si tu mens, je reviendrai.


Naraku ne répondit pas.


Shūnran disparut entre les arbres, le fragment serré dans sa main.


Naraku resta seul dans la clairière.


Il ne bougea pas tout de suite.


Son regard suivit la direction où la yōkai avait disparu.


Un silence revint.


Alors seulement, Naraku porta la main à son masque.


Il le retira sans hâte découvrant son visage à la régularité trop parfaite des choses façonnées plutôt que nées. 


La pâleur de sa peau rendait plus nets encore le dessin de ses yeux.


Il n'y avait sur ces traits ni triomphe ouvert, ni satisfaction grossière, seulement une confiance tranquille.


Naraku baissa légèrement les yeux vers le sol, pensif. Puis son regard se releva.


Quelque chose passa dans l'air.


Entre deux branches hautes, une petite silhouette serpentine glissa sans bruit.


L'un des shikigami de Kikyō. 


Le visage de Naraku se ferma. Sa bouche se pinça à peine.

Pas de colère. Pas même une surprise véritable.

Seulement une contrariété froide, presque dédaigneuse.


- Kikyō.


Il resta immobile, les doigts refermés sur son masque de singe.


Puis elle apparut.


La prêtresse avançait sans bruit, son arc à la main. 


La lumière filtrait entre les branches et dessinait sur son vêtement blanc et rouge des éclats pâles. 


Elle s'arrêta à bonne distance.


- Tu poursuis toujours les fragments, comme si la Perle pouvait redevenir entière entre tes mains.


Naraku esquissa un sourire.


- Elle le sera.


Kikyō fit un pas, très lentement.


- Pourtant, je crois qu'il reste un fragment que tu ne pourras jamais prendre.


Le miasme se souleva faiblement autour de lui.


- Rien ne m'est inaccessible.


- Si. 


Kikyō baissa légèrement les yeux.


- Celui qui bat en elle.


Un silence plus profond tomba.


Naraku ne répondit pas.


Kikyō observa cette immobilité. La manière dont il ne niait pas. 


- Lorsque mon arc s'est tourné vers cette louve, tu n'as pas envoyé l'une de ces enveloppes vides comme aujourd'hui. 


Elle releva les yeux vers lui.


- Tu es venu toi-même.


Un bref silence suivit.


- Tu t'es exposé pour l'arracher à ma flèche.


Naraku répondit enfin :


- Tu surestimes ton importance. Je n'avais rien à craindre de toi.


- Peut-être.


Kikyō ne détourna pas les yeux.


- Mais ce n'est pas ainsi que l'on protège un simple fragment.


Le miasme rampa sur la mousse.


Naraku eut un sourire plus mince.


- Il aurait été regrettable de perdre trop tôt une arme utile.


- Une arme.


Elle répéta le mot sans ironie ouverte. 


- Est-ce ainsi que tu la nommes pour ne pas regarder ce qu'elle est réellement ?


Quelque chose, dans les yeux de Naraku, se fit plus froid.


Kikyō poursuivit :


- Onigumo voulait la Perle.


Elle marqua une pause.


- Mais il ne la voulait pas pour elle-même, n'est-ce pas ?


Le silence se resserra.


- Il voulait qu'un certain regard le voie la tenir.


Naraku ne sourit plus. 

Il répondit d'une voix basse, parfaitement maîtrisée :


- Un regard n'a jamais donné de pouvoir à personne. La Perle, elle, en donne.


- Et pourtant, tu l'as ramenée.


La phrase tomba aussitôt.


Naraku la fixa.


Kikyō poursuivit :


- Tu l'as tirée de la mort. Tu lui as donné un corps mêlé au tien. Et tu l'as gardée près de toi.


Le silence se tendit.


- Si tu lui prends son fragment...


Kikyō marqua une pause.


-... tu détruis le regard pour lequel Onigumo voulait la Perle.


Naraku parla plus bas :


- Tu me sous-estimes, Kikyō.


Son sourire reparut, froid, parfaitement maîtrisé.


- Je ne suis pas Onigumo.


Il releva le masque de babouin et le posa sur son visage.


- Je suis Naraku.


L'instant d'après, d'immenses racines sombres jaillirent sous la fourrure blanche, épaisses, noueuses, vivantes.


Elles se tordirent puis fondirent sur Kikyō.


Elle ne bougea pas.


Son arc se leva dans un geste simple. 


La flèche partit.


Une lumière pure traversa les ténèbres mouvantes.


La masse sombre qui soutenait la silhouette de Naraku éclata en fragments impurs, consumés par la purification.


Le corps se disloqua.


Le masque heurta le sol dans un bruit sec et roula entre les racines mortes. 


Il ne resta plus qu'une amulette de bois. 


Kikyō abaissa son arc.


Son regard resta posé sur l'objet sans s'en approcher.


---


La pièce baignait dans une pénombre bleutée.


Naraku était assis au sol près de la fenêtre ouverte. 


Sur la bordure de bois, un talisman venait de se briser.


Il heurta le rebord, puis tomba sur le tatami dans un bruit sec.


Il baissa les yeux vers l'objet fendu.


Son visage se durcit.


Ce n'était pas la destruction de cette enveloppe qui l'atteignait.


C’était l’obstacle que Kikyō venait de rendre visible.


Il ne se dressait pas devant lui.


Il était en lui.


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