Kaʻohana koko a me kaʻohana o ka naʻau

Chapitre 28 : Ino Doris

2597 mots, Catégorie: G

Dernière mise à jour il y a 3 jours

Un silence pesant régna quelques secondes après le départ de Kelley et Danny. Doris jeta un coup d’œil vers la porte et fit mine de soupiré.

_Exactement le caractère de sa mère … dit Doris.

           Si elle avait voulu détendre l’atmosphère, ce fut un fiasco car Steve se tendis encore davantage. Même s’il fut soudainement intrigué par le fait que Doris ai connu la mère de Kelley, Steve chassa immédiatement le sujet de sa tête. Il savait à quel point sa mère pouvait être douée pour changer de sujet ou noyer le poisson.

_Doris ! On n’est pas ici pour parler de la famille White ! répliqua-t-il d’une voix sèche.

           Sa mère se mordit les lèvres pour ne pas lui redemander de l’appeler « maman ». Elle savait que ce n’était pas le moment, elle n’était pas vraiment en bonne posture.

_On est plutôt là pour parler de la nôtre de famille ! ajouta Elena.

           Le frère et la sœur purent voir leur mère se troublé, comme si le fait de faire front tous les deux, lui faisait un peu plaisir, même si c’était contre elle.

_Oui, je pense que je vous dois quelques explications … répondit Doris d’une voix beaucoup plus douce et incertaine.

           Elle traversa la cuisine d’un pas lent, comme si la conversation pouvait devenir plus facile dans le salon. Un regard sur les murs, et la pièce, lui réchauffa le cœur. Même si certaines choses avaient changé, c’était toujours agréable de se retrouver chez soi. La maison était empreinte de la présence de John, avec un petit plus très récent surement apporter par Keynan. C’était comme si la maison avait repris vie. Elle soupira et se tourna vers ses deux enfants.

_J’aurais aimé pouvoir m’expliquer auprès de Marie…

_Elle n’a pas voulu. Répondit sèchement Steve, il en avait plus que marre de tourner autour du pot et de jouer les intermédiaires pour apaiser les choses entre elles. Nous on est là ! On veut savoir pourquoi tu ne nous as rien dit ! Pourquoi tu as encore attendu que l’on découvre la vérité par nous-même !

           Doris se laissa tomber sur le canapé, elle était lasse de se battre contre eux et contre ses propres mensonges.

_C’est la principale raison pour laquelle j’ai dû me faire passer pour morte. Commença-t-elle alors. J’étais enceinte de toi, Elena, et je savais que Wo Fat était sur les traces de Shelburne. Je n’aurais pas pu vous protéger tous les trois, ni John … Il fallait que je m’éloigne et que je change d’identité pour votre sécurité à tous !

           Doris reprit une grande bouffée d’air pour se donner du courage mais ne continua pas pour autant.

_Sa c’était il y a longtemps ! intervient Elena. Depuis les choses ont changé !

_Oui, mais vous n’étiez toujours pas en sécurité ! Regarde Steve, Wo Fat c’est échappé plusieurs fois de prison ou de transfert … et à chaque fois il a essayé de te tuer ensuite !

_Oui, mais même avant que j’apprenne que tu étais encore en vie ! Pourquoi tu ne m’as pas dit la vérité à la mort de Wo Fat ? Il ne risque pas de ressusciter lui ! C’est moi qui l’ai tué !

 _Ce n’était pas fini ! Il y a toujours du danger lié à Shelburne !

_Lequel ? Wo Fat est mort !

_Je ne l’ai pas encore identifié …

_C’est trop facile … râla Elena. En attendant tu nous as mentis ! Tu m’as mentis ! J’aurais pu connaître mon père !

_Cela vous aurait mis tous les deux en danger. Insista Doris.

_Et pourquoi m’as-tu entraîné à ce point depuis mon enfance ? Pour affronter le danger !

_Oui… mais uniquement au cas ou tu n’aurais pas pu l’éviter !

           Elena secoua la tête excéder. Steve soupira.

_Est-ce que tu nous cache encore quelque chose ? demanda-t-il.

           Doris sembla chercher des yeux la réponse.

_Elena … tu as connu John McGarrett car il a animé des camps de jeunes quand tu venais ici, à Hawaï, en vacances. Je n’ai pas pu faire mieux, le temps que le gros du danger concernant Wo Fat ne soit apaisé. Et Steve … J’ai fait promettre à Joe de ne jamais t’en parler, ni à toi ni à sa fille bien sûr ! Je savais que vos chemins étaient amenés à ses croiser …


           Steve était assis sur le fauteuil, dans la chambre de Keynan, les yeux rivés sur l’enfant en train de dormir paisiblement. Il se sentait vidé par la conversation qu’ils avaient eût avec Doris. C’était comme s’il n’avait obtenu aucune réponse, vu qu’ils les avaient déjà trouvés eux-mêmes. Il se sentait, trahi, encore, par celle en qui il aurait dû avoir le plus confiance sur cette terre.

Doris était partie en prévenant qu’elle resterait sur l’île jusqu’à avoir de leurs nouvelles. Elle avait l’air de très mal vivre cette situation, malgré les airs qu’elle essayait de se donner.

Un sentiment de lassitude et de tristesse l’avait totalement submergé et il n’avait fait que gamberger toute la journée. La respiration régulière du petit l’enveloppait peu à peu d’un sentiment de calme, sans parvenir à apaiser complètement le flot incessant de ses pensées.

Soudain il senti des bras passés en douceur dans son cou, et l’entouré avec réconfort. Il n’avait même pas entendu les pas entré dans la pièce, il aurait pu sursauter si le contact n’avait pas été si doux. 

La sensation lui embrouilla les pensées, et il eût instantanément l’impression que son cerveau cessait de tourner en rond, tandis qu’un frisson lui parcourut le dos.

Il sentie Kelley poser sa tête sur la sienne, tandis que ses cheveux venaient lui caresser le cou et les épaules.

Steve remonta ses mains pour s’emparer des bras de Kelley et presser ses doigts chaleureusement autour de ces-derniers.

Il ne dit rien, ne brisant pas le silence de la pièce, tout juste traversé par la respiration discrète de Keynan. Elle ne dit rien non plus. Steve sentait qu’il n’y avait rien à dire, il savait qu’elle le comprenait, sans jugement. Et qu’elle respectait qu’en ce moment précis, aucun mot ne lui apporterais de l’aide.

Steve ferma les yeux, appréciant d’autant plus le silence de la pièce qu’il faisait écho au calme qu’il ressentait enfin en lui. C’était comme si ses pensées tumultueuses c’était enfin apaisé, bercer par la mélodie respiratoire de Keynan et le contact avec Kelley.

Ils restèrent là, immobile et silencieux, dans la pénombre. Et Steve apprécia la présence de Kelley, sans artifice, elle était là pour lui. Sans un mot, sans un geste de plus, il se sentait simplement bien grâce à sa présence.

Instinctivement, il resserra sa prise, comme pour se raccrocher à elle et pour ne pas la laisser partir. Il sentie soudain à quel point, elle était devenue importante, à quel point elle avait pris de la place dans sa vie. Et le fait de savoir qu’il pouvait s’appuyer sur elle en toute circonstance le réconforta.


Steve rentra dans la cuisine ou Kelley faisait déjeuner Keynan. Il venait de se doucher après son footing matinal. Kelley lui avait proposer de prendre son tour, sachant qu’il avait sûrement besoin de se vider la tête. Ils avaient organisé une alternance pour pouvoir profiter chacun leur tour de la plage au lever du soleil, ou du réveil de Keynan.

Steve se fit une tasse de café et attrapa un pancake encore tiède, que Kelley venait de faire. Il se tourna ensuite vers elle et vers l’enfant. Après quelques grimaces à l’attention de ce-dernier, il regarda Kelley. Contrairement à la veille où il n’avait pas envie de parler de ce qu’il c’était passer avec sa mère, ce matin il avait envie d’en discuter avec elle.

Comme si elle avait lu dans ses pensées, Kelley le devança, alors qu’il cherchait par où commencer.

_Alors que vous -t-elle dit hier ? demanda-t-elle.

           Steve soupira en levant les épaules.

_Rien de surprenant vu que l’on s’avait tout … elle a dit que c’était pour nous protéger, qu’elle craignait que nous soyons encore en danger à cause de WoFat …

_Peut-être qu’elle dit vrai … émis Kelley.

           Steve se tourna vers elle, en ouvrant de grands yeux.

_Hé ! s’exclama-t-il. Kelley White, la seule et unique personne à tenir tête à Doris McGarrett, les yeux dans les yeux ! A lui rentré dedans sans ménagement il y a moins de 24h … maintenant tu es de son côté ?

           Kelley sourit.

_C’est sûr que je ne suis pas la plus grande fan de Doris McGarrett ! Déjà pour ce qu’elle vous a fait à toi et à Elena … Sûrement aussi, parce qu’à cause d’elle, j’ai réalisé que mon père n’était pas si incorruptible que je le pensais ! Et que je me suis aperçu que c’était à cause d’elle, pour elle, qu’il a rompu le serment qu’il m’avait fait !

           Kelley marqua une pause comme pour se remettre de ce qu’elle venait de dire à haute voix. Admettre que son père lui avait menti, même par omission, était vraiment dur à encaisser.

_Mais peut-être que c’est vrai… peut-être qu’elle se fait vraiment du souci, qu’il y a quelqu’un d’autre derrière WoFat, comme lui-même cherchait à venger l’arrestation de son père et la mort de sa mère !

           Steve observa l’air très sérieux de Kelley, sans un mot, il voulait vraiment avoir son avis.

_Je suis sûr qu’au début en tout cas elle ne cherchait qu’à vous protéger, et que c’est sûrement encore le cas maintenant. Après, on sait tous les deux qu’après un mensonge, surtout de cette ampleur, il est dur de dire la vérité.

           Steve hocha la tête.

_Tu te fais l’avocat du diable ! marmonna-t-il.

_Ne t’inquiète pas ! Je me charge de montrer à Doris McGarrett que tous les White ne sont pas à son service ! répliqua Kelley avec un sourire. Mais toi ? Que vas-tu faire ?

           Steve réfléchit, il n’était toujours pas sûr de la réaction qu’il se devait d’avoir.

_Je n’en sais rien. Lâcha-t-il. Ce qu’elle a fait … je ne sais pas si on peut l’excuser, ou lui pardonner …

_Non. Répondit simplement Kelley, en fixant son regard dans celui de Steve.

           Un silence envahit la pièce, alors que les deux étaient perdus dans leurs pensées. Kelley finit par jeter un coup d’œil à Keynan, qui attendait patiemment dans la chaise haute.

_Mais tu as déjà perdu beaucoup de temps avec elle. Finit-elle par lâcher.

           Steve fronça les sourcils, il voulait savoir où elle voulait en venir.

_On sait tous les deux mieux que personne comme les gens peuvent partir vite. Tu as déjà perdu beaucoup de temps, et je pense qu’elle s’est punie autant qu’elles vous as puni. Elle a fait des erreurs … ne fait pas les mêmes qu’elle.

           Steve garda quelques secondes le silence, comme pour digérer ce que son amie venait de dire.

_Ou as-tu trouver autant de sagesse ? demanda-t-il avec un sourire.

           Kelley lui répondit tout en souriant d’un air mystérieux.

_J’ai toujours été la voix de la sagesse, c’est juste que tu n’écoutais pas assez bien !


           Danny tendit l’oreille, guettant le moindre bruit dans la maison. Il resta quelques secondes immobiles, retenant presque sa respiration. Soudain il tourna la tête en sentant les yeux d’Elena braqué sur lui.

_Qu’est-ce qu’il t’arrive ? demanda-t-elle, à peine réveillée, intriguée par l’air de Danny.

_J’écoutait …

_Tu écoutais quoi ? insista-t-elle.

_Les bruits dans la maison.

_Mais il n’y a aucun bruit … répondit-t-elle, avant de soupirer. D’accord ! Tu vérifiais qu’aucun bruit n’indique la présence de Doris McGarrett dans la cuisine !

           Danny haussa les épaules.

_C’est juste que cette fois s’il y avait eût du bruit je t’aurais laissé y aller seule ! répondit-il.

           Elena fit mine de s’offusquer, mais rigola.

_Et si à la place d’un ancien agent de la CIA que je connais, tu m’envoie seule dans la cuisine et je tombe nez à nez avec des cambrioleurs ?

_Les pauvres ! soupira Danny en se penchant vers elle. J’hésiterais même à aller les aider à s’enfuir !

           Elena ria, alors que Danny se penchait pour l’embrasser.

_Plus sérieusement. Continu a-t-il alors qu’il l’avait repoussé sur l’oreiller et se tenait au-dessus d ’elle. Les visites surprises d’agent de la CIA au réveil, connue ou inconnue, on essayera d’éviter à l’avenir !

_Tu es difficile aussi … elle avait fait le petit déjeuner ! 

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