Kaʻohana koko a me kaʻohana o ka naʻau

Chapitre 9 : Eleonore

1914 mots, Catégorie: G

Dernière mise à jour 16/01/2025 02:27

La sonnerie du téléphone réveilla Danny, avant même qu'il n'ouvrit les yeux, il sentit le corps chaud d’Elena contre lui. Malgré l’insistance de la sonnerie, il attendit quelques secondes, appréciant le contact de la peau de la jeune femme contre la sienne, se remémorant la soirée de la veille.

Dans ses bras, Elena se tourna pour plonger ses yeux bleus, bien ouverts dans les siens.

_Trop tard. Murmura-t-elle, alors que la sonnerie venait de s’arrêter.

           Danny fit une moue.

_Il est trop tôt pour répondre au téléphone. Répondit-il d’une voix encore endormie.

_Eh bien lieutenant Williams, ce n’est pas très sérieux. Le taquina-t-elle,n tout en posant sa main sur son torse.

_Oui, tu as raison … soupira-t-il. Il l’embrassa longuement comme pour retarder le moment de revenir à la réalité.

Danny se tourna et cherchas à tâtons son téléphone au sol ; ils avaient quelque peu semé leurs vêtements tout autour du lit.

_Le boulot… grogna-t-il avant de rappeler, légèrement redressé.

           Elena se rapprocha, admirant le dos musclé qui se tenait devant elle.

_Williams. Dit-il en faisant abstraction du frisson qui le parcourut quand Elena fit glisser ses doigts le long de son dos.

_Oui … Je m’en occuperai … très bien … oui j’enverrai le rapport au commandant McGarrett … Oui … Au revoir.

           Danny jeta son téléphone au bout du lit et se tourna vers Elena ; en apercevant son sourire, il se pencha vers elle.

_Une affaire ?

_Juste de la paperasse à remplir … répondit-il en glissant sa main le long du visage d’Elena pour la repousser contre l’oreiller. C’est dur d’être le chef !

           Elena rit devant l’air important que se donnait Danny. Ils se recalèrent tous deux dans le lit face à face.

_Ne te plains pas trop ! Pour travailler en France, pour quelques missions, là-bas, il faut remplir une centaine de papiers, juste pour pouvoir éternuer ! lui expliqua Elena en souriant.

           Danny rit devant sa répartie.

_Pour les missions top secret, il faut aussi que tu remplisses de la paperasse ? demanda-t-il.

_Disons que je me garde le droit de ne pas toujours demander l’autorisation avant de bouger le petit doigt !

_Comme quand tu rentres par effraction chez les gens pour leur poser des questions. Essaya Danny.

           Elena sourit en coin, bien consciente que Danny essayait d’en savoir plus sur la raison de sa présence chez McGarrett.

Une petite voix trottait toujours dans la tête de Danny ; il se posait toujours des questions concernant ce qui amenait Elena chez Steve. Pour autant, il sentait bien qu’en présence de la jeune femme, il n’arrivait pas toujours à garder la distance qu’il lui fallait pour être vigilant.

           Elena garda son sourire, mais se redressa sur son bras, le regard plus sérieux.

_Ce n’est pas top secret, car cela ne concerne pas l’agence de renseignements. J’ai des choses à demander au commandant McGarrett qui sont … personnelles. Mais dès que j’aurai mis cette affaire au clair, je te l’expliquerai.

           Elena le regarda droit dans les yeux, et Danny sentait toute l’honnêteté qu’elle semblait vouloir lui prouver.

_Tu sais qui rentrerait par effraction juste pour parler avec quelqu’un ?

           Elena le regarda intriguée.

_Je ne te vois pas trop faire ça, hormis si une enquête le demandait de manière importante et immédiate …

           Danny hocha la tête.

_Steve ! répondit-il. Cela serait tout à fait son style !

           Elena sourit, mais un air de réflexion sembla traverser son visage.

_Je vais bien m’entendre avec ton coéquipier quand il sera revenu.

           Danny soupira, en revoyant Kono, ou lui-même penser à Steve en voyant Elena opéré.

_J’en ai bien peur ! répondit-il d’un air désabusé.

           Elena rit.

_Pourtant tu as l’air de le porter en haute estime je crois. Lui demanda-t-elle.

_Bien sûr. Lui répondit-il. Tu as pu voir que nous étions une véritable famille, Steve en est le pilier.

           La jeune femme l’écoutait avec attention, un sérieux auquel Danny n’était pas habitué de sa part. Danny préféra se contenter de la réponse qu’elle lui avait donnée précédemment au sujet de Steve. Il avait posé sa main sur sa taille, et lui caressait la peau d’un geste machinal. Elena sembla sortir soudainement de ses pensées, et elle se pencha vers lui, commençant à embrasser délicatement son torse et remontant lentement vers le cou.

Danny soupira, immédiatement ses pensées s’estompèrent et il se laissa aller.


           Kelley se tenait droite, les mains derrière le dos, devant son supérieur.

_Lieutenant, êtes-vous sure de cette décision ? redemanda l’homme très sérieusement.

           Kelley allait libérer ses quartiers à la base, et son supérieur l’avait fait appeler. L’homme d’une cinquantaine d’année, qui gérait une partie de cette grande base californienne, était quelqu’un de compréhensif, mais il était visiblement embêté par le départ de l’un de ses meilleurs lieutenants des Forces Spéciales.

_Je ne sais pas monsieur si cette décision sera définitive. Avoua Kelley. Mais le bonheur de cet enfant passe en premier.

_C’est comme si vous l’aviez promis à ces parents. Devina le Général. C’est tout à votre honneur de faire cela. Et je vous connais assez pour savoir que vous n’êtes pas un soldat à faire demi-tour une fois engagée dans une mission. Vous allez y arriver !

_Merci mon Général.

_Sachez que pour un soldat comme vous, il y aura toujours une place sur le terrain ! Et je dois vous dire aussi que votre nom circulait pour passer Commandant.

           Kelley faillit se mordre la lèvre ; elle avait tellement travaillé pour en arriver là, et à présent elle devait renoncer à cela, à deux doigts de faire un nouveau bond en avant.

_Merci mon Général ! Je ne quitte pas l’armée pour autant, je verrai une fois installée ce que je peux faire.

_C’est dans votre sang ! Bonne continuation Lieutenant !

_Merci mon général ! Fit Kelley en refaisant son salut, avant de sortir du bureau.

Dans les couloirs, elle croisa nombre de visage connus, qui la saluèrent. Arrivée vers sa voiture sur le parking de la base, elle jeta un dernier coup d’œil à l’ensemble des bâtiments. Elle disait au revoir à une façon de vivre, à un travail et à des amis. Mais une autre part d’elle-même était transportée par un sentiment d’exaltation. Elle aimait les défis, et les nouveaux challenges ! Et celui-ci en valait vraiment la peine : elle pensait à ce petit garçon adorable, pour lequel elle allait tout changer.

Kelley se mit au volant de sa Shelby Mustang GT500, une voiture de collection qu’elle affectionnait beaucoup, et après un dernier regard vers la base démarra en trompe au son puissant du V8.


           Kelley referma la porte derrière l’assistante sociale et retourna voir Steve, resté avec Keynan dans le salon.

_Je ne pensais pas que ce serait aussi long ! Dit-elle. Çela fait deux semaines et toujours pas le droit de quitter l’état avec Keynan ! Tu te rends compte si à chaque fois que nous devions partir en mission il fallait autant de paperasses ! On ne ferait jamais décoller un Black Hawks !

           Steve sourit devant l’impatience du lieutenant ; il éprouvait néanmoins le même sentiment. Tous deux se sentaient à l’étroit dans cette maison. Ils avaient un peu aménagé des espaces personnels pour chacun d’entre eux, avec un matelas dans le petit bureau pour Steve et un dans la chambre de Keynan pour Kelley. Mais ils avaient de plus en plus l’impression de tourner en rond. A la fois, il y avait encore beaucoup de choses à régler avant de pouvoir rentrer à Honolulu.

_On devrait avoir une réponse d’ici peu ! Répondit Steve. Tu as eu ton père ?

           Kelley fit une moue.

_Oui ; et depuis il me demande chaque jour quand est-ce que l’on est sur l’île ! Je crois qu’il est encore plus impatient !

_Au moins, tu auras aussi quelqu’un sur place !

           Kelley lui sourit avec un haussement de sourcils.

_Nous allons juste à côté de Pearl Harbor ! Si tu savais le nombre d’amis que j’ai sur place ! Et puis, moi je suis quelqu’un de très sociable, je me fais rapidement de nouveaux amis !

Steve leva la tête amusée.

_Plus sérieusement, il va falloir faire un programme de qui sort, quel soir, parce qu’avec toutes les invitations que nous allons avoir, il va falloir gérer correctement ! continua Kelley.

_Comme lors de la permission à Guam ? demanda Steve.

           Kelley braqua son regard sur Steve. Les images de ce souvenir lui était revenu en tête et cela lui avait échappé. Il essayait de déchiffrer ce que pouvait penser son amie mais il ne parvenait pas à savoir ce que ce souvenir avait pu déclencher chez elle. Kelley finit par sourire.

_Oui. Répondit-elle. C’était une permission très arrosée…

           Kelley resta quelques secondes devant lui, se tenant en silence, comme si elle hésitait à ajouter quelque chose. Steve cherchait toujours à deviner ce qu’elle pouvait penser, tout en faisant semblant de s’intéresser au jeu de Keynan. Mais elle n’ajouta rien, gardant le mystère de ses réflexions pour elle-même. 

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