Harry Potter (II) : La Prophétie et les Ombres du Passé
Chapitre 104 : Lysander annonce sa réussite
1452 mots, Catégorie: M
Dernière mise à jour 14/04/2026 22:26
Lysander venait de sortir du périmètre de Poudlard et se retrouvait traversé par un mélange d’émotions contradictoires. Il ne savait pas vraiment quoi penser de cet entretien : au début, la directrice lui avait semblé parfaitement normale, professionnelle même, mais plus la discussion avançait, plus quelque chose en elle s’était modifié. Cela avait commencé lorsqu’elle avait appris qu’il avait plusieurs enfants, puis lorsqu’il avait expliqué qu’il ne pourrait pas être présent les week-ends, et enfin lorsqu’elle avait posé ce regard presque évaluateur sur ses vêtements, comme si sa tenue en disait plus long sur lui que ses compétences. En y repensant, il se demanda si ce n’était pas pour cette raison que Lily n’avait jamais été pleinement intégrée lorsqu’elle était Assistante : peut-être qu’elle aussi n’entrait pas dans le moule vestimentaire ou comportemental que cette femme semblait exiger. Il n’en était pas certain, mais une chose était claire : si on lui confiait ce poste, il devrait se méfier d’elle et apprendre à composer avec sa personnalité. Il n’était pas venu pour plaire, mais pour protéger trois enfants, et il avait fait une promesse qu’il tiendrait coûte que coûte.
Il marcha quelques instants en silence après avoir quitté les grilles du château, laissant le vent froid lui fouetter le visage tandis qu’il tentait de remettre de l’ordre dans ses pensées. Il se sentait à la fois soulagé d’avoir terminé cet entretien et profondément troublé par la manière dont il s’était déroulé, comme si quelque chose lui avait échappé sans qu’il puisse mettre le doigt dessus. Il avait l’impression d’avoir été observé, évalué, pesé, non pas pour ses compétences mais pour ce qu’il représentait, pour ce qu’il était en dehors de son travail. Cette sensation lui laissait un goût amer, une pointe d’injustice mêlée à une inquiétude sourde : et si, malgré tous ses efforts, il n’était pas considéré comme un candidat légitime ? Et si sa vie de famille, qu’il chérissait plus que tout, devenait un obstacle plutôt qu’une force ? Il inspira profondément, essayant de calmer le tumulte intérieur qui menaçait de l’envahir.
Il transplana devant la maison d’Albus, espérant sincèrement que son ami serait fier de lui. La maison se dressait devant lui, chaleureuse et familière, avec ses volets encore clos et la lumière douce du matin qui filtrait à travers les rideaux. Une fine odeur de café et de pain grillé s’échappait par une fenêtre entrouverte, signe que la famille venait tout juste de commencer sa journée. Le jardin, encore couvert de rosée, brillait sous les premiers rayons du soleil, et Lysander sentit une vague de réconfort l’envahir : ici, tout semblait simple, paisible, loin des regards scrutateurs et des jugements silencieux qu’il venait de subir.
Il frappa à la porte, qui s’ouvrit presque aussitôt sur Alice II, en robe de chambre, les cheveux encore en bataille. Elle le regarda une seconde, surprise, puis s’écarta pour le laisser entrer.
— Bonjour Lysander, on ne t’attendait pas aussi tôt. Entre donc, je préviens Albus. Excuse-moi pour la tenue, on vient tout juste de se lever.
Elle resserra machinalement sa robe de chambre autour d’elle, un sourire un peu gêné aux lèvres.
— Je suis navré, j’aurais dû vous envoyer un hibou avant… et merci. J’attends dans le salon pendant que tu préviens Albus.
Il passa une main nerveuse dans ses cheveux, regrettant déjà de ne pas avoir prévenu.
Il la regarda s’éloigner, un peu gêné par la situation, se promettant de prévenir la prochaine fois. Il se rendit dans le salon et tenta de calmer son agitation. La pièce était baignée d’une lumière douce, encore marquée par le désordre du réveil : un plaid froissé sur le canapé, deux tasses abandonnées sur la table basse, un jouet d’enfant oublié dans un coin. Cette atmosphère simple et vivante lui fait du bien.
Quelques minutes plus tard, Albus arriva, habillé, les cheveux encore humides, mais affichant un sourire sincère.
— Lysander, désolé pour ma femme, on n’avait pas prévu ta visite aussi tôt, mais je ne t’en veux pas, tu ne pouvais pas savoir. Alors dis-moi tout, comment cela s’est passé ?
Il s’assit en face de lui, les coudes posés sur ses genoux, le regard attentif et sincèrement concerné.
— Eh bien, au début très bien, les questions étaient normales jusqu’à ce qu’on en vienne à ma vie de famille. Après tout, j’ai douze enfants, elle voulait savoir où ils étaient inscrits, mais le plus perturbant a été ce regard qu’elle m’a lancé à propos de mes vêtements, ceux que je porte quand je suis sur le terrain. Pour elle, cela ne faisait pas professionnel, et elle a insinué que la professeur actuelle pourrait ne pas me faire confiance en me laissant gérer certaines activités durant les cours.
— Et du coup, elle a dit quoi pour ta vie de famille nombreuse ? Pour les vêtements, si je me souviens bien, le professeur de botanique n’a jamais eu besoin d’avoir une tenue comme les autres professeurs. Enfin, ce n’est que mon avis, mais c’est du chipotage. Tu penses que c’est ça qui a fait que ma sœur n’a pas été intégrée avec ce professeur ? Pourtant Lily s’habille normalement.
— Je n’en sais rien pour la tenue de Lily, toutefois il faut absolument que tout se passe bien, donc je ne vais pas avoir le choix de changer mes tenues de travail. Pour ma famille nombreuse, je l’ai rassurée en lui expliquant que je pourrai gérer la semaine et que le week-end, je souhaite pouvoir retrouver ma famille. Elle a fini par faire une exception pour moi.
— Oui, mais je t’en prie, fais attention à toi lorsque tu y seras. Tant mieux si cela a été accepté, d’ailleurs c’est ce à quoi Lily avait droit quand elle y était.
— Oh, je vois. Eh bien, je vais me méfier, merci. Au fait, j’ai envoyé un hibou à la directrice d’Ilvermorny pour Lily : elle accepte de la recevoir pour un entretien. Je me suis également arrangée pour que ses enfants, hormis Harry, et les tiens, hormis Mylena, soient inscrits officiellement à Ilvermorny.
Albus resta un instant silencieux, les yeux légèrement écarquillés, comme s’il avait besoin de quelques secondes pour assimiler l’information. Il connaissait la réputation d’Ilvermorny, son exigence, sa bienveillance aussi, et il savait à quel point cette opportunité pourrait changer la vie de Lily et des enfants.
— Je… je ne sais pas quoi dire, murmura-t-il finalement, la voix un peu tremblante. C’est inespéré. Lily va être soulagée, vraiment.
Lysander hocha la tête, un léger sourire aux lèvres.
— La directrice me doit quelques faveurs, et elle a toujours eu beaucoup d’estime pour les Potter. Elle m’a assuré qu’elle prendrait le temps d’écouter Lily, de comprendre sa situation, et qu’elle ferait tout pour lui offrir un environnement stable.
Albus inspira profondément, comme si un poids venait de glisser de ses épaules.
— Tu n’imagines pas ce que ça représente pour nous.
— Oui, je n’allais pas t’abandonner, toi et les enfants, sans école pour étudier, et je connais très bien la directrice. Je te remercie. Dans ce cas, je te dis à la prochaine, Albus.
Après avoir salué son ami, il sortit de la maison et transplana devant la sienne. Lorsqu’il poussa la porte, il trouva sa femme dans la cuisine, encore en pyjama, en train de préparer le petit-déjeuner. Elle leva les yeux vers lui, surprise de le voir revenir si tôt.
— Alors ? demanda-t-elle, la voix pleine d’espoir.
Il s’approcha d’elle, posa une main sur son épaule et laissa un sourire sincère éclairer son visage.
— J’ai réussi.
Elle porta une main à sa bouche, les yeux brillants, avant de se jeter dans ses bras. Pendant quelques instants, tout le reste disparut : les inquiétudes, les jugements, les doutes. Il n’y avait plus que ce moment, simple et précieux, où il pouvait enfin respirer.