Harry Potter (II) : La Prophétie et les Ombres du Passé
Chapitre 105 : L’entretien de Lily à Ilvermorny
1158 mots, Catégorie: M
Dernière mise à jour 21/04/2026 22:52
Lily n’y avait pas cru lorsqu’elle avait reçu le hibou de l’école de sorcellerie d’Ilvermorny. Elle avait relu la lettre plusieurs fois, persuadée qu’il s’agissait d’une erreur, jusqu’à ce que son mari lui apprenne que Lysander y était pour quelque chose, qu’il avait parlé d’elle à la directrice et qu’elle l’attendait dans l’après-midi pour un entretien. Elle avait alors senti son cœur se serrer : elle n’aurait jamais imaginé devoir repasser un entretien d’embauche après vingt ans de carrière à Poudlard, mais désormais la page Poudlard se tournait, et même si cela lui faisait un pincement au cœur, elle savait qu’elle devait avancer.
Elle prit un portoloin pour rejoindre les États-Unis, puis arriva dans le Massachusetts où, discrètement, elle monta dans le train qu’on lui avait conseillé de prendre. Le trajet lui parut à la fois long et irréel, comme si elle traversait une frontière invisible entre son ancienne vie et la nouvelle. Lorsqu’elle arriva enfin devant l’école d’Ilvermorny, elle resta un instant immobile, émerveillée par le château qui se dressait devant elle. Il n’avait rien à voir avec Poudlard, bien sûr, mais il dégageait une beauté majestueuse, presque solennelle, qui la toucha profondément. Les emblèmes des maisons lui rappelèrent étrangement ceux de Poudlard, sans qu’elle puisse expliquer pourquoi. Alors qu’elle observait les lieux avec fascination, une voix la fit sursauter.
— Excusez-moi Madame, mais êtes-vous Madame Lily Potter-Shacklebolt ?
— Oui, c’est bien moi. J’ai rendez-vous avec Madame Hawthorne pour un entretien, mais je ne connais pas suffisamment l’endroit pour m’y rendre, répondit Lily en regardant l’élève.
— C’est pour ça que je suis là, Madame. Je suis chargé de vous accompagner jusqu’au bureau de la directrice.
— Eh bien, je te remercie, je te suis alors, fit-elle en souriant.
Elle le laissa la guider à travers les couloirs, continuant à observer chaque détail avec émerveillement. Tout semblait harmonieux, lumineux, pensé avec soin. Lorsqu’elle entra enfin dans le bureau de la directrice, elle fut frappée par l’atmosphère du lieu : rien à voir avec ce qu’elle avait connu à Poudlard, c’était plus élégant, plus apaisant, presque cérémoniel.
— Bonjour Madame, merci de me recevoir. Je suis Lily Potter-Shacklebolt.
— Mais je vous en prie, Lily. Lysander Dragonneau m’a beaucoup parlé de vous, en bien je vous rassure. Alors dites-moi, pourquoi avoir quitté votre poste de potions à Poudlard ?
— Eh bien, à vrai dire, la directrice ne m’a pas laissé le choix. Une candidate externe ne voulait pas du poste vacant d’Assistante en soin aux créatures magiques et souhaitait absolument mon poste. Un défi de potions a été organisé et, malheureusement, j’ai perdu. Je me suis retrouvée Assistante alors que j’avais enseigné vingt ans en tant que professeure de potions. J’ai été humiliée plusieurs fois, aussi bien par la directrice que par certains enseignants. J’ai préféré partir, mais elle a exigé que mon fils aîné reste à Poudlard, tandis que mes autres enfants n’y étaient plus les bienvenus.
— Elle vous a écartée de votre poste uniquement parce qu’une candidate le voulait ? C’est inconcevable et intolérable. Je comprends parfaitement votre décision. Comme vous le savez, nous recherchons un professeur qualifié en potions. Je vous propose donc de préparer une potion pour moi, cela vous conviendrait-il ? Ainsi, je pourrai évaluer votre niveau de manière concrète.
— J’en serais ravie.
— Parfait, suivez-moi.
La directrice sortit de la pièce, suivie de Lily qui sentait son cœur battre un peu plus vite. Elle était stressée à l’idée de devoir préparer une potion sous le regard d’une directrice, mais si c’était le prix à payer pour obtenir ce poste, alors elle le ferait. Lorsqu’elle entra dans la salle, elle fut impressionnée par sa taille, sa luminosité, et par la propreté impeccable des établis. Tout était à l’opposé de ce qu’elle avait connu ces derniers mois.
— Bien. J’aimerais que vous me prépariez une potion de Felix Felicis. C’est une potion difficile, mais un professeur avec vingt ans de carrière devrait y parvenir sans problème. Prenez le temps nécessaire.
Lily sentit une vague de soulagement : elle connaissait cette potion, elle l’avait déjà réussie, et elle savait exactement ce qu’elle devait faire. Elle prépare ses ingrédients avec précision : œuf de Serpencendre, raifort, tentacules de Murlap, thym, coquille d’Occamy, poudre de Ruta. Ses gestes étaient sûrs, fluides, presque instinctifs. Tout se déroulait parfaitement, et lorsqu’elle atteignit la dernière étape, elle sentit son cœur se serrer d’appréhension avant de s’illuminer : la potion prenait une couleur or, brillante, stable, exactement comme elle devait être. Cette fois, elle avait réussi. Et elle en était profondément heureuse, preuve que la dernière fois, quelqu’un avait bel et bien saboté sa potion.
— Eh bien, elle est vraiment très réussie. Je vous félicite, c’est une magnifique potion. Vous avez réussi le test avec brio. Suivez-moi, nous allons retourner dans mon bureau pour poursuivre l’entretien.
Lily la suivit, le cœur plus léger. Elle sentait que c’était bon signe, qu’elle avait peut-être enfin trouvé un endroit où elle serait respectée. Elle espérait seulement que ses enfants en bas âge ne posent pas problème.
— Je vous félicite, Lily. Je suis heureuse de vous annoncer que vous obtenez le poste de professeure de potions. Maintenant, parlons organisation. Lysander m’a informée que vous aviez neuf enfants, dont plusieurs en bas âge. Sachez que cela ne me pose aucun problème. Je vous propose de pouvoir rentrer chez vous le vendredi soir afin de profiter de votre famille tout le week-end. Cela vous conviendrait-il ?
— Absolument, je vous remercie infiniment.
— Parfait. Sachez également que tous vos enfants, ainsi que ceux de votre frère, sont inscrits chez nous, hormis vos aînés à cause de Poudlard, si j’ai bien compris ce que m’a expliqué Lysander.
— Oui, c’est bien cela, et je vous remercie. Cela me touche beaucoup.
— Je vous en prie. Vous êtes très douée, et je serai honorée que vos enfants, ceux de votre frère, et vous-même fassiez partie de notre école.
— Merci du compliment, vraiment.
L’entretien touchant à sa fin, la directrice la remercia de sa venue et lui souhaita bon retour. Lily commencera dans deux semaines, le temps que tout soit en place. Lorsqu’elle rentra chez elle, elle annonça la bonne nouvelle à sa famille, qui décida de fêter cela dans deux jours.