Harry Potter (II) : La Prophétie et les Ombres du Passé

Chapitre 101 : Les conséquences immédiates

1051 mots, Catégorie: M

Dernière mise à jour 07/04/2026 11:17

Alexis & Lily — dans le bureau du Ministre


Le bureau d’Alexis était plongé dans une pénombre lourde, seulement éclairé par la lueur tremblante d’une lampe. Dès que la porte se referma derrière eux, Lily s’effondra sur le fauteuil face à son bureau, les mains tremblantes, le souffle court. Alexis fit les cent pas, incapable de rester immobile, comme un fauve enfermé dans une cage trop étroite.


— Ils ne peuvent pas faire ça, murmura Lily, la voix brisée. Ils ne peuvent pas envoyer nos enfants là-bas… Ils ne peuvent pas…


— Ils l’ont fait, répondit Alexis d’une voix dure. Et ils l’ont fait parce qu’ils ont cru Sophia. Parce qu’elle a su se tenir. Parce qu’elle a su mentir sans trembler.


Lily releva la tête, les yeux rouges.


— Elle nous a menacés, Alexis. Elle a dit que si je partais, nos enfants seraient désinscrits. Elle l’a dit devant toi. Pourquoi ils ne l’ont pas entendu ?


— Parce qu’elle a réécrit l’histoire avant nous, répliqua Alexis. Parce qu’elle a eu le temps. Parce qu’elle a préparé sa version. Et parce que moi… j’ai perdu mon sang-froid.


Il s’arrêta, les mains crispées sur le dossier de sa chaise.


— Je n’aurais pas dû m’énerver. Je n’aurais pas dû lui crier dessus. Je leur ai donné exactement ce qu’ils voulaient voir : un Ministre partial, instable, incapable de se maîtriser.


Lily secoua la tête.


— Non. Tu m’as défendue. Tu as fait ce que n’importe quel mari ferait.


— Je suis Ministre, Lily. Je n’ai pas le droit d’être un mari dans une salle d’audience.


Un silence lourd s’abattit.


Lily murmura :


— Et maintenant… qu’est-ce qu’on fait ?


Alexis s’assit enfin, les coudes sur le bureau, les mains jointes devant sa bouche.


— On se bat. On récupère nos enfants. On récupère ton poste si tu le veux. Et on met Sophia face à ses contradictions.


Lily inspira profondément, comme si elle tentait de rassembler les morceaux d’elle-même.


— Je ne veux plus jamais remettre les pieds à Poudlard, Alexis.


— Alors tu n’y retourneras pas, répondit-il sans hésiter. Je te trouverai un poste ailleurs. Un poste où tu seras respectée. Où personne ne pourra t’humilier.


Il ajouta, plus bas :


— Mais je ne laisserai pas Sophia gagner.


Lily ferma les yeux, et pour la première fois depuis des jours, elle laissa échapper un sanglot silencieux.


Alexis se leva, contourna le bureau et la prit dans ses bras.


— Je te le promets, Lily. Je te le promets.


Scorpius & Lavinia — dans le bureau de Scorpius


Le bureau de Scorpius était plongé dans une semi‑obscurité, éclairé seulement par la lueur froide d’une lampe suspendue. Dès que la porte se referma derrière eux, il verrouilla d’un geste sec, puis resta un instant immobile, les mains posées sur le bois sombre de son bureau, comme s’il avait besoin de sentir quelque chose de solide sous ses doigts.


Lavinia, elle, se tenait près de la fenêtre, droite, silencieuse, son visage parfaitement maîtrisé. Mais Scorpius la connaissait trop bien pour ne pas voir la tension infime dans la ligne de ses épaules.


Il finit par parler, la voix basse, presque un souffle.


— C’est exactement ce qu’elle voulait.


Lavinia tourna légèrement la tête vers lui.


— Oui.


Scorpius inspira profondément, comme si l’air lui revenait enfin.


— Les enfants envoyés à Ilvermorny… Sophia maintenue en place… un auror dans les murs… Lily brisée… Alexis affaibli… et toi blanchie. Tout est… aligné.


Lavinia répondit d’une voix calme, presque douce.


— La Rose Noire ne laisse rien au hasard.


Scorpius se redressa, passa une main dans ses cheveux, puis s’approcha d’elle.


— Tu as fait exactement ce qu’il fallait. Sophia a tenu. Elle a dit ce que tu lui as ordonné de dire. Elle n’a pas flanché une seule seconde.


Lavinia baissa légèrement les yeux, un éclat froid traversant son regard.


— Elle n’a pas le choix.


Scorpius hocha la tête, mais son expression se durcit.


— Et pourtant… elle devient instable. Je l’ai vu. Elle commence à se fissurer. Pas assez pour que le conseil le remarque, mais assez pour que moi je le voie.


Lavinia répondit sans hésiter.


— L’asservissement n’est pas une science exacte. Il amplifie ce qui existe déjà. Sophia était fragile. Elle l’est encore. Mais elle obéira. Tant que je le veux.


Scorpius s’approcha davantage, jusqu’à pouvoir poser une main sur la sienne.


— Et tu le veux ?


Lavinia releva les yeux vers lui, son regard d’un calme glacial.


— Je veux ce que la Rose Noire veut.


Un silence dense s’installa, chargé d’une compréhension silencieuse. Scorpius serra doucement sa main.


— Alors nous avons gagné aujourd’hui.


Lavinia secoua la tête.


— Non. Nous avons avancé. Ce n’est pas la même chose.


Scorpius la fixa, intrigué.


— Tu penses qu’il y aura des complications ?


— Il y en a toujours, répondit-elle. Alexis ne va pas s’arrêter là. Lily non plus. Et Sophia… Sophia est un outil utile, mais instable. Il faudra surveiller.


Scorpius soupira, mais un sourire discret étira ses lèvres.


— Tu sais… quand je t’ai vue sortir de cette salle, j’ai cru que tu allais exploser. Mais tu as gardé ton calme. Comme toujours.


Lavinia répondit simplement :


— Je n’avais pas besoin d’exploser. Tout s’est déroulé comme prévu.


Scorpius s’approcha encore, posa son front contre le sien.


— Et maintenant ?


Lavinia murmura, presque inaudible.


— Maintenant, on attend les instructions.


Scorpius ferma les yeux, soulagé.


— Et en attendant… on savoure un peu, non ?


Lavinia esquissa un sourire très léger, presque imperceptible.


— Juste un peu.


Ils restèrent ainsi, dans le silence feutré du bureau, deux ombres parfaitement alignées, deux pièces d’un même jeu, deux serviteurs d’une force plus grande qu’eux — et parfaitement satisfaits du chaos qu’ils venaient de laisser derrière eux.



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