Harry Potter (II) : La Prophétie et les Ombres du Passé
Chapitre 100 : L’Audience — Deuxième partie : le Verdict
1402 mots, Catégorie: M
Dernière mise à jour 07/04/2026 11:11
La sorcière du conseil déplia la lettre de Sophia. La salle se tendit aussitôt. Sophia, droite, immobile, affichait une neutralité presque trop parfaite.
La sorcière commença.
— À l’attention du conseil d’administration. Je souhaite clarifier les circonstances entourant la démission de Madame Potter, assistante du professeur de soins aux créatures magiques. Après plus d’une semaine d’absence non signalée, j’ai été contrainte de constater qu’elle ne se présentait plus à son poste.
Lily serra les poings, mais resta silencieuse.
La sorcière poursuivit.
— J’ai supposé qu’elle traversait une période difficile, mais n’ayant reçu aucune communication de sa part, je ne pouvais qu’attendre son retour pour comprendre la situation. Son absence prolongée a désorganisé le fonctionnement du département.
Alexis fronça les sourcils.
La sorcière continua.
— Lorsque Madame Potter est revenue accompagnée de Monsieur le Ministre, elle m’a annoncé sa décision de démissionner. Je lui ai alors expliqué que, conformément aux procédures internes, toute démission pouvait entraîner une réévaluation administrative de la situation des élèves directement liés au membre du personnel concerné.
Lily se leva d’un bond.
— C’est faux ! Il n’existe aucune procédure comme ça ! Tu nous as menacés, Sophia ! Tu as dit que nos enfants seraient désinscrits !
Sophia tourne la tête vers elle, calmement.
— Lily… j’ai simplement expliqué les conséquences possibles. Je n’ai jamais menacé qui que ce soit.
La sorcière reprit la lecture.
— Monsieur le Ministre a contesté cette information, affirmant que je n’avais pas l’autorité nécessaire pour prendre une telle décision. Je comprends son point de vue, mais je n’ai fait que rappeler les règles telles que je les connaissais. Je regrette que cela ait été interprété comme une menace.
Alexis se redressa, furieux.
— Je n’ai pas “contesté”. Je t’ai dit que tu te croyais au-dessus des lois ! Tu n’avais aucun pouvoir pour désinscrire un enfant !
Sophia répondit d’une voix égale.
— Je n’ai jamais prétendu avoir ce pouvoir. J’ai seulement voulu être transparente.
La sorcière replia la lettre.
Un silence lourd s’abattit.
Le sorcier aux cheveux argentés prit la parole.
— Madame Sophia, vous écrivez que vous avez rappelé des règles. Or, après vérification, il n’existe aucun règlement permettant de désinscrire un enfant parce qu’un parent démissionne. Pouvez-vous expliquer cette contradiction ?
Sophia inspira, puis répondit d’une voix parfaitement stable.
— Je… je me suis peut-être trompée dans ma formulation. Je voulais dire que la situation devait être réévaluée. Je n’ai jamais voulu imposer quoi que ce soit. J’ai simplement présenté les choses comme je les comprenais.
Le membre du conseil intervient.
— Pourtant, votre lettre laisse entendre que Madame Potter s’est montrée agressive et qu’elle se croyait au-dessus des règles. Sur quoi vous fondez-vous ?
Sophia répondit sans hésiter.
— Sur sa réaction. Elle a refusé d’entendre mes explications. Elle a dit qu’elle n’avait pas à se soumettre à ce genre de procédure. J’ai eu l’impression qu’elle rejetait toute forme de cadre administratif.
Lily éclata.
— Parce que tu inventais des règles ! Tu inventais des procédures ! Tu nous as pris en otage !
Sophia cligna des yeux, lentement.
— Je suis désolée si tu l’as vécu ainsi. Ce n’était pas mon intention.
Cette réponse, raisonnable en apparence, sonnait pourtant étrangement… calibrée.
Trop lisse.
Trop prudente.
Comme si elle récitait quelque chose qu’elle avait répété.
Le conseil échangea un regard lourd de sens.
Lily tremblait de rage.
Alexis comprenait que la lettre, loin de les aider, les enfonçait.
Et Lavinia… Lavinia observait Sophia avec une intensité glaciale, comme si elle voyait exactement ce qui se jouait derrière ces mots trop bien alignés.
Alexis se leva d’un mouvement sec, incapable de rester assis après la lecture de la lettre de Sophia. Son regard brûlait d’une colère froide qu’il tentait encore de contenir, mais sa voix vibrait d’une tension prête à rompre.
— Cette lettre est une réécriture complète des faits. Sophia a menacé ma femme. Elle a menacé nos enfants. Elle a affirmé pouvoir les désinscrire alors qu’elle n’en avait absolument pas le droit. Aucun règlement ne lui donne ce pouvoir, et vous le savez.
Le sorcier aux cheveux argentés le fixa sans ciller.
— Monsieur le Ministre, nous avons bien noté votre contestation. Mais nous devons examiner les faits tels qu’ils nous sont présentés.
— Les faits ? répéta Alexis, la voix plus dure. Les faits sont simples : Lily a disparu parce qu’elle était humiliée, brisée par ce qu’elle a vécu. Elle n’a pas prévenu parce qu’elle n’en avait plus la force. Et quand elle est revenue, Sophia l’a accueillie avec des menaces déguisées. C’est ça, la vérité.
Sophia répondit d’une voix parfaitement égale.
— Je n’ai jamais menacé qui que ce soit. J’ai seulement expliqué les conséquences possibles.
— Conséquences inventées ! explosa Alexis. Tu as inventé des règles ! Tu t’es comportée comme si tu étais au-dessus des lois !
Sophia cligna des yeux, lentement.
— Je n’ai fait que rappeler ce que je pensais être les procédures.
— Il n’existe aucune procédure ! s’emporta Alexis. Et tu le savais très bien !
Le membre massif du conseil leva la main pour imposer le silence.
— Monsieur le Ministre, veuillez vous asseoir. Nous allons rendre notre décision.
Alexis resta debout une seconde de trop, puis se rassit lentement, les mâchoires serrées.
Le sorcier aux cheveux argentés prit la parole, sa voix grave résonnant dans la salle.
— Après examen des témoignages, des lettres reçues et des comportements observés durant cette audience, le conseil rend son verdict.
Il marque une courte pause.
— Premièrement : Madame Sophia demeure directrice de Poudlard. Aucun élément ne permet de conclure à une faute professionnelle suffisamment grave pour justifier sa destitution.
Sophia resta immobile, mais un tressaillement imperceptible passa dans son regard.
— Toutefois, poursuivit-il, les contradictions relevées dans sa lettre et certaines formulations ambiguës imposent un renforcement de la supervision administrative. Un auror sera mandaté pour effectuer des visites régulières et s’assurer du bon fonctionnement des relations entre la direction et le corps professoral.
Le second membre du conseil prit le relais.
— Deuxièmement : Concernant les élèves. Après examen des faits, seuls trois enfants ne seront pas désinscrits de Poudlard : Elizabeth Potter, Mylena Potter et Harry II Shacklebolt.
Lily porta une main tremblante à sa bouche.
— Les autres enfants concernés, poursuivit-il, seront intégrés à Ilvermorny, où leur scolarité pourra se poursuivre sans perturbation.
— Vous ne pouvez pas faire ça ! s’étrangla Alexis.
— La décision est prise, Monsieur le Ministre, répondit calmement le sorcier.
Le troisième membre du conseil enchaîna.
— Troisièmement : Madame Potter. Le conseil reconnaît que vous avez subi une situation émotionnellement difficile et que votre absence prolongée était liée à un état de détresse. Vous recevrez une compensation financière pour le préjudice moral et professionnel subi.
Lily cligna des yeux, incapable de répondre.
— De plus, ajouta-t-il, vous bénéficierez d’un accompagnement pour retrouver un poste dans l’établissement de votre choix, avec un aménagement d’horaires adapté à votre situation familiale.
Enfin, le sorcier aux cheveux argentés conclut.
— Quatrièmement : Madame Malefoy. Aucun élément ne permet de conclure à une faute de votre part. Vous êtes déclarée non coupable de tout ce qui vous a été reproché.
Lavinia ne bougea pas, ne sourit pas, ne triomphe pas. Elle resta simplement droite, calme, comme si elle avait toujours su que ce moment arriverait.
— L’audience est levée.
La salle se figea dans un silence lourd, presque irréel, tandis que chacun mesurait les conséquences de ce verdict.