Harry Potter (II) : La Prophétie et les Ombres du Passé
Chapitre 99 : L’Audience — Première partie
1817 mots, Catégorie: M
Dernière mise à jour 07/04/2026 11:05
Peu de personnes avaient été mises au courant de ce qui se déroulerait ce matin‑là. Le Ministre avait exigé une audience privée, loin des journalistes, loin des rumeurs. Dans la petite salle capitonnée du Ministère, seuls quelques membres du conseil d’administration avaient été convoqués.
Les premiers à arriver furent les époux Malefoy. Cela leur laissait quelques minutes pour ajuster leur stratégie.
— Lavinia, je ne pensais pas que tu serais autant impliquée, murmura Scorpius en vérifiant que personne ne les écoutait. Jamais je n’aurais imaginé qu’Alexis et Albus iraient jusque‑là. Vous avez bien fait pour les lettres… elles constituent une preuve solide.
— Je sais ce que j’ai à faire, répondit-elle calmement, le regard fixé sur la porte qui s’ouvrait déjà.
Sophia entra, livide. Une femme terrorisée, dont l’asservissement devait tenir bon. Il le fallait.
— Oh, mon amie… j’ai peur de perdre mon poste à cause d’eux, souffla-t-elle en se rapprochant de Lavinia.
— Ne t’inquiète pas, dit Lavinia avec un sourire parfaitement faux. Je suis là. Je ferai tout pour que tu le gardes.
La porte s’ouvrit de nouveau. Alexis, Lily, Albus et les autres membres du conseil prirent place. L’atmosphère se tendit aussitôt.
— Bien, commença l’un des administrateurs, si nous sommes réunis aujourd’hui, c’est à la demande du Ministre, pour examiner l’injustice que son épouse dit avoir subie de la part de la directrice.
Lily inspira profondément, comme si elle se préparait à jouer un rôle.
— Il y a quelques semaines, j’ai reçu un hibou très tôt le matin, juste avant de descendre déjeuner. La lettre m’annonçait qu’un défi de potions aurait lieu l’après‑midi même, parce qu’une candidate souhaitait prendre mon poste. Et cette candidate… c’était Lavinia Malefoy. J’ai été scandalisée.
— Scandalisée pourquoi ? demanda un membre du conseil. Parce qu’elle est une Malefoy, ou pour une autre raison ?
— Parce qu’elle était jalouse, répondit Lily sans hésiter. Jalouse qu’Alexis m’ait choisie. Elle n’a jamais supporté de nous voir ensemble à Poudlard. À l’époque déjà, elle avait tout tenté pour nous séparer.
— Donc vous pensez que c’est pour cette raison qu’elle a voulu votre poste ?
— Oui.
La directrice, jusque‑là silencieuse, prit enfin la parole.
— Si une candidate demande un défi pour déterminer laquelle est la plus compétente, il est parfaitement acceptable de l’accorder. Je n’ai fait qu’accepter. Je ne suis pas responsable si Lily n’a pas été à la hauteur.
— Nous sommes d’accord, répondit un administrateur. Mais revenons à l’injustice que vous dites avoir subie.
Lily se redressa, la voix soudain tremblante.
— Elle ne m’a pas laissé me défendre lorsqu’elle a choisi Lavinia à ma place. J’ai travaillé vingt ans à ce poste. Et elle m’a parlé froidement, comme si je n’étais rien. Elle m’a imposé le poste d’assistante de soin aux créatures magiques. Et l’humiliation a continué… Lavinia, tout comme la professeure actuelle, n’a cessé de me parler avec froideur, de m’humilier devant les élèves.
— C’est faux, répliqua la directrice. Le défi prévoyait que la perdante deviendrait assistante. Je n’ai fait qu’appliquer les règles.
Lily serra les poings.
— Et le commentaire sur ma grossesse, hein ? Vous m’avez dit, je cite : « Dois‑je vous rappeler que vous avez souvent été absente à cause de vos grossesses ? » Pour moi, c’est une attaque personnelle.
Un silence lourd suivit l’accusation de Lily. On aurait pu entendre une plume tomber.
Les membres du conseil échangeaient des regards prudents, certains déjà mal à l’aise, d’autres clairement prêts à en découdre.
Sophia, jusque‑là parfaitement immobile, leva enfin les yeux. Elle ne parla pas tout de suite. Elle observa Lily, puis Alexis, puis le conseil. Quand elle prit la parole, sa voix était d’une douceur glaciale.
— Je me permets de rectifier un point, dit-elle. Je n’ai jamais attaqué Lily sur sa grossesse. J’ai simplement rappelé un fait administratif : ses absences répétées compliquaient la gestion du poste. Ce n’était ni un jugement, ni une attaque personnelle. Juste… une réalité.
Lily se raidit, prête à répliquer, puis Lavinia vient à se lever pour prendre la parole.
— Concernant la jalousie… oui, dit-elle d’une voix parfaitement posée. J’en ai ressenti. À Poudlard, j’avais des sentiments pour Alexis. De vrais sentiments. Et vous flirter devant moi m’a rendue amère. Je ne vais pas prétendre le contraire.
Un murmure parcourut la salle, plus fort que précédemment.
Ce n’était pas une rumeur, pas une accusation : c’était une vérité nue, assumée. Lily ouvrit de grands yeux, comme si elle venait de recevoir un coup invisible. Elle n’avait jamais imaginé que Lavinia dirait cela ici, devant tout le monde, sans trembler.
Alexis, lui, se figea. Il ne détourna pas le regard cette fois : il resta immobile, comme si chaque mot de Lavinia le forçait à revisiter des souvenirs qu’il avait soigneusement enterrés.
Lavinia poursuivit, imperturbable, mais avec une nuance nouvelle dans la voix — une maturité froide, presque mélancolique.
— J’étais jeune. J’étais idiote. Je pensais que… que ce que je ressentais avait de l’importance. Et vous, Lily, vous aviez cette facilité à attirer les regards, à rire, à vous approcher de lui comme si c’était naturel. Oui, cela m'a blessé.
Oui, j’étais jalouse. Je ne vais pas réécrire l’histoire.
Elle marque une pause. La salle entière retenait son souffle.
— Mais ce que j’ai ressenti à seize ans n’a jamais dicté mes décisions d’adulte. Je n’ai jamais cherché à vous séparer. Vous êtes ensemble aujourd’hui, et cela n’a jamais été remis en cause par moi. Pas une seule fois.
Lily déglutit difficilement. Elle semblait à la fois touchée, humiliée, et furieuse que Lavinia puisse exposer ainsi une vérité intime… sans en avoir honte.
Alexis, lui, avait les mâchoires serrées. Il ne parlait pas, mais son silence était lourd, presque coupant. Il ne savait pas s’il devait se sentir flatté, coupable, ou trahi par cette confession tardive.
Lavinia conclut, d’une voix plus basse, mais d’une précision chirurgicale :
— Ce que j’ai ressenti autrefois n’a rien à voir avec ce qui s’est passé vingt ans plus tard. Je n’ai jamais utilisé mes sentiments d’adolescente pour influencer une décision professionnelle. Jamais.
Le conseil échangea des regards chargés. Certains semblaient surpris par cette franchise. D’autres, intrigués par la maîtrise émotionnelle de Lavinia. Et quelques-uns… commençaient à douter sérieusement de la version de Lily. Le silence qui suivit l’aveu de Lavinia était presque palpable.
Lily, blessée, respirait trop vite. Le conseil observait, intrigué, certains déjà en train de réévaluer toute l’affaire.
Et Alexis… Alexis ne bougeait plus. Ses doigts, posés sur la table, se crispèrent imperceptiblement. Son regard, d’ordinaire si assuré, se durcit. Il tenta de reprendre la parole avec son calme habituel, mais sa voix dérapa légèrement.
— Je… je crois qu’il est inutile de remuer des souvenirs d’adolescence, dit-il, trop vite, trop sèchement. Ce n’est pas le sujet.
Personne ne répondit. Ce silence-là, c’était un piège. Alexis inspira, cherchant à reprendre le contrôle, mais Lavinia l’observait avec une neutralité parfaite, presque provocante dans sa maîtrise.
Lily, elle, se recroquevillait dans sa colère blessée. Un membre du conseil intervint, la voix posée :
— Monsieur le Ministre, ces souvenirs semblent pourtant éclairer certains comportements actuels.
Alexis tourna brusquement la tête vers lui.
— Je vous assure que non, répliqua-t-il, un peu trop fort.
Sa voix claqua dans la salle.
Lily sursauta.
Sophia baissa les yeux.
Le conseil échangea un regard lourd de sens.
Alexis comprit qu’il venait de franchir une ligne. Il tenta de se reprendre, mais son masque se fissurait.
— Ce que je veux dire, reprit-il d’un ton forcé, c’est que… que les sentiments de Lavinia à seize ans n’ont aucune pertinence ici. Nous parlons d’une injustice professionnelle, pas de… de vieilles histoires.
Mais sa voix tremblait légèrement. Il n’arrivait plus à masquer l’agacement, la peur sourde que la situation lui échappe.
Et c’est là que Lavinia frappa, calmement, sans hausser le ton, mais avec une précision chirurgicale.
Elle inclina légèrement la tête, comme si elle observait un enfant pris en faute.
— Monsieur le Ministre… si mes sentiments d’adolescente n’ont aucune importance, pourquoi êtes-vous si nerveux ?
Un souffle parcourut la salle.
Le conseil se redressa.
Lily devint écarlate.
Alexis ouvrit la bouche, mais aucun son n’en sortit.
Lavinia, elle, ne souriait pas. Elle ne triomphait pas. Elle constatait.
— Je n’ai rien à cacher, poursuivit-elle. Je viens de l’admettre devant vous tous. Et je n’en ai pas honte.
Elle marqua une pause, puis ajouta, d’une voix plus basse :
— Mais vous, Monsieur le Ministre… qu’est-ce qui vous met autant sur la défensive ?
La salle explosa en murmures.Le conseil échangea des regards avides.
Lily posa une main tremblante sur le bras d’Alexis, comme pour le retenir de répondre. Et pour la première fois depuis le début de l’audience… Alexis paraissait vulnérable. Lily n’avait pas supporté la dernière phrase de Lavinia. Elle se redressa brusquement, les joues rouges, les yeux brillants d’une colère qu’elle ne parvenait plus à masquer.
— Ça suffit ! lança-t-elle, la voix tremblante mais tranchante. Vous n’avez pas le droit de parler à Alexis comme ça. Pas ici. Pas devant tout le monde.
Le conseil se tourna vers elle, surpris par l’explosion.
Lily n’était plus la victime calme qu’elle tentait d’incarner depuis le début : elle était blessée, piquée au vif, prête à mordre.
— Vous insinuez qu’il est nerveux ? continua-t-elle, les mains crispées sur la table. Mais c’est normal qu’il le soit ! Vous venez d’avouer que vous étiez amoureuse de lui ! Vous croyez que ça n’a aucun impact ? Vous croyez que ça ne compte pas ?
Elle se tourna vers le conseil, cherchant leur soutien, mais son regard était trop agité, trop chargé d’émotion brute.
— Alexis n’a rien à cacher, rien ! C’est un homme droit, un Ministre exemplaire ! Et vous… vous profitez de cette salle pour régler vos comptes personnels !
Sa voix se brisa légèrement sur la fin