SS ou le mensonge des fondateurs - traduit de russe - Auteur Zaraza Takaja
Chapitre 23 : Le tournoi (2ème partie)
2893 mots, Catégorie: T
Dernière mise à jour 16/04/2024 13:50
POV DU PROFESSEUR ROGUE.
Une fois que l'agitation suscitée par la désignation du quatrième champion se fut apaisée, après avoir procédé à la vérification des baguettes, accordé les entretiens nécessaires et annoncé la date de la première épreuve, les représentants du ministère quittèrent l'établissement. À l'issue de tous ces événements, je convoquai Harry dans mes appartements.
— Héritier Potter, voudriez-vous m'informer de vos projets futurs ? demandai-je sur un ton malicieux.
— Pardonnez-moi, Maître Rogue, de ne pas vous avoir prévenu tout de suite, mais je craignais que vous me dissuadiez.
— C'est la mission du Garant de la famille, Potter, une nécessité, afin que des héritiers pas trop intelligents ne gâchent pas tout ce qui a été créé avant eux !
— Encore désolé, Maître. C'était nécessaire.
— À qui ?
— À nous tous. Au directeur Serpentard, vous et moi.
— Formulation intéressante. Puis-je m'attendre à entendre la suite ?
L'histoire de Potter me fit réfléchir. En effet, j'avais complètement perdu de vue ce moment. Mais Serpentard fut plus attentif.
— Vous avez eu tort de penser, Potter, que je vous en dissuaderais. L'idée est vraiment bonne. Et plus encore, je vous aiderai. La seule chose qui m’intéresse, c’est comment vous avez réussi ce tour avec la Coupe ?
— Lorsque le Ministère a décidé d'organiser le Tournoi, ils ont présenté la Coupe au Directeur Serpentard. Il s'y intéressait et a consacré plusieurs jours à étudier ses propriétés.
Voici en substance ce que Harry me confia.
La coupe avait en effet été créée pour le Tournoi des Trois Sorciers. Et lorsque les noms en sortaient, un contrat magique était conclu. Les champions devaient participer et accomplir leurs tâches à tout prix.
Mais Maître Serpentard découvrit aussi qu'en plus des champions, des bénévoles pouvaient participer au tournoi.
Un contrat magique était également conclu avec eux, mais en moins restrictif. Un participant volontaire devait passer uniquement les épreuves qu'il était capable de réaliser, ce que le contrat principal ne permettait pas.
Le Tournoi des Trois Sorciers n'avait pas eu lieu depuis fort longtemps, et personne ne remarqua que les trois premières feuilles de papier étaient éjectées par des flammes bleues et que le préfixe « champion » était placé devant le nom.
— Et mon parchemin est apparu dans la flamme rouge et seul mon nom y était écrit, conclut Potter.
— La flamme rouge est-elle signe d'un contrat volontaire ? Comment avez-vous triomphé de la limite d’âge ?
— Tout simplement. Le ministère lui-même m’avait facilité la tâche, garantissant le droit de participer au tournoi pour les sorciers adultes.
— Et selon le Code Ancestraux, l'héritier légitime est reconnu comme majeur. Après tout, c’est précisément à cela que nous avons référé en proposant votre candidature de Garant de la famille Black. Bravo Potter, vous m'avez surpris ! Eh bien, je pense que vous arriverez à faire face aux épreuves. Si vous avez des questions, venez me voir. Mais on va changer la finale de ce spectacle. L'option proposée par Serpentard n'impressionnera pas le monde des sorciers. Je l'organiserai mieux. Mais nous en discuterons plus tard avec le directeur. Bonne chance, Potter, et patience. Vous en aurez bien besoin !
— Merci, Maître Rogue. Honnêtement, j'avais très peur que vous ne m’approuviez pas.
***
Potter accomplit la première tâche avec brio. Il se rappela à temps que le Magyar à pointes appartenait à la classe des reptiles et qu'il était tout à fait possible de négocier avec lui en Fourchelang. Ainsi, après une courte conversation, Potter s'approcha et tout simplement prit l'œuf, sous le regard attentif et calme du dragon.
La réponse au mystère de l'œuf lui fut suggérée par Diggory, qui avait décidé que rivaliser avec Potter sur un pied d'égalité serait humiliant pour lui en tant que sorcier plus âgé et plus prometteur. Et, transformant sa colère en compassion, il gratifia Potter d'un indice.
Mais, même après avoir résolu l'énigme, Potter échoua.
Tandis que les autres champions combattaient courageusement les grindylows et les sirènes, Potter se dandina sur le rivage, plongea quand même et faillit se noyer, assommé par les eaux glaciales du lac.
Je dus le sortir pour lui donner la Pimentine. En conséquence, enveloppé dans une robe chaude, avec une épaisse fumée sortante des oreilles, il observa le déroulement de l'épreuve depuis la berge. Les organisateurs avaient commis une erreur en suggérant à Potter de sauver Miss Weasley. Ils auraient dû choisir Granger, alors Harry aurait au moins essayé.
Nous attendîmes maintenant l'épreuve finale. Avec Serpentard, nous avions encore une fois discuté et planifié cet événement. J'avais su le persuader d'accepter mon projet. Si Potter agissait correctement, nous arriverions de le protéger.
***
Harry s'appuya sur le rebord de la fenêtre et observa les environs du château. Il commençait à faire nuit, les cimes sombres des arbres étaient agitées et bruissaient, les voiles du navire Durmstrang flottaient au vent.
Un hibou s'envola de la cheminée de cabane de Hagrid dans un nuage de fumée, se dirigea vers le château, fit le tour de la volière et disparut de la vue.
Harry ne voulait pas revenir dans la salle commune de Gryffondor et écouter les cris d'indignation de Ron parce qu’Harry n'avait pas sauvé sa sœur.
Il resta dans la volière jusqu'à la tombée de la nuit à regarder les hiboux se réveiller les uns après les autres et s'envoler pour chasser.
Le garçon réfléchissait sérieusement sur la possibilité d'être transféré à Serpentard, mais il ne voulait pas laisser Hermione seule.
FIN DE POV DU PROFESSEUR ROGUE
***
Au matin, les réserves de mauvaise humeur de Ron furent épuisées. Une chouette lapone atterrit sur la table juste en face d'Hermione en manquant de renverser l'assiette, suivie de quatre effraies, d'un hibou brun et d'une hulotte.
— Tu t’es abonnée à tous les journaux et magazines en même temps ? demanda Harry en rattrapant le verre d'Hermione, qui faillit être renversé par les hiboux, lesquelles commencèrent à se bousculer sur la table, chacune voulant remettre sa lettre en premier.
— Qu'est-ce que c'est que ça ?
Hermione prit la lettre à la chouette grise, l'ouvrit et commença à lire.
— Eh bien ! balbutia-t-elle en rougissant.
— Qu'est-ce qu'il y a ?
— C'est... c'est une absurdité... Hermione tendit la lettre à Harry.
La missive n’était pas écrite à la main, mais était composée de lettres découpées dans un journal et collées sur un morceau de papier. « Tu es une vilaine fille. Harry Potter est trop bien pour toi. Retourne auprès de tes Moldus. »
— Elles sont tous comme ça ! dit Hermione, avec gêne, après avoir ouvert toutes les autres courriers. « Harry Potter trouvera quelqu'un de mieux... », « Je devrais te faire bouillir dans des œufs de grenouille... »
— Il me semble que ce sont les facéties de quelqu'un de notre Maison, car tout a commencé immédiatement après la deuxième épreuve.
— À qui fais-tu allusion, Harry ?
— Je ne fais pas allusion, je le dis presque directement, rigola-t-il, en montrant par signe de tête Ron en colère et Gigny offensée. Écoute, Hermione, veux-tu changer de Maison ?
— Aller à Serdaigle ?
— Je pensais à Serpentard...
— Toi, tu pourras, soupira Hermione. Mais moi, ils ne m'accepteront jamais.
— Veux-tu que j'en parle à Doyen Rogue ? demanda Harry.
— Il ne s'agit pas du professeur Rogue. Les étudiants ne m'accepteront pas là-bas, je suis une née-moldu.
— Mais peut-être que tu y réfléchiras quand-même ?
— Je vais y penser, promit Hermione.
Mais Harry comprit qu'elle avait déjà tout décidé.
***
Habituellement, après les vacances de Pâques, Harry commençait à s'entraîner dur pour le dernier match de la saison de Quidditch. Cette année, le tournoi de Quidditch avait été annulé, et à la place, il fallait se préparer pour la troisième et dernière tâche du Tournoi des Trois Sorciers. Et personne ne savait de quel genre d’épreuve il s'agirait, ni comment s'y préparer.
Un jour, au cours de la dernière semaine de mai, le professeur McGonagall le retint en classe après la leçon.
— Vous devrez aller sur le terrain de Quidditch à neuf heures ce soir, Potter, dit-elle. Là, Monsieur Verpey expliquera à vous, ainsi qu'aux autres participants, ce qui vous attend au troisième tour.
***
— Eh bien, qu'en dites-vous ? demanda Verpey, visiblement content de lui, dès qu’Harry et Cédric escaladèrent le mur entourant le terrain.
— Ça pousse bien, dans un mois, cela atteindra les dix mètres. Bravo à Hagrid, qui a planté tout ça. Ne vous inquiétez pas, une fois le tournoi terminé, vous récupérerez votre terrain de Quidditch. Eh bien, vous avez compris ce que c'est ?
Tout le monde resta silencieux.
Krum devina en premier :
— Un labyrinthe.
— Bien trouvé ! C’est un labyrinthe ! La troisième tâche est donc simple. La Coupe des Trois Sorciers sera placée au centre, celui qui la touchera en premier gagnera.
Fleur fut surprise :
— Faut-il juste traverser le labyrinthe ?
— Il y aura des obstacles.
Verpey se frotta les mains en se balançant sur ses talons.
— Hagrid y mettra toutes sortes de créatures magiques... et il y aura des sorts aussi, il faudra les contourner… Ceux qui auront le plus de points seront les premiers à entrer dans le labyrinthe. Monsieur Krum, Monsieur Diggory, Miss Delacour et Monsieur Potter. Chacun de vous pourra gagner, tout dépend de la façon dont vous surmonterez les obstacles. C'est génial ! Non ? S’il n'y a pas de questions, alors rentrons au château, il commence à faire froid...
Et il dépassa Harry et se dirigea en toute hâte vers la sortie du stade. Harry était sur le point de le suivre quand Krum le prit par l'épaule.
— Pouvons-nous parler en privé ?
— Eh bien... oui, répondit Harry avec surprise.
— Allons faire un tour.
— Bien. Pourquoi va-t-on par-là ? demanda Harry alors qu'ils passaient devant la cabane de Hagrid et la calèche bien éclairée de Beauxbâton.
— Je ne veux pas que quiconque nous entende, répondit Krum.
Non loin du paddock des chevaux de Beauxbâton ils trouvèrent un endroit calme et isolé. Krum s'arrêta à l'ombre des arbres et se tourna vers Harry.
— Harry, je sais tout sur la troisième épreuve, commença-t-il. Mais là, je ne pourrais pas t'aider. Maître Rogue t'expliquera pourquoi. Mais je ne te générai pas non plus. Je voulais que tu le saches.
— D'accord, merci, Victor. Je m'en souviendrai…
— Tu voles parfaitement. J'ai vu ton entraînement, Krum changea soudainement de sujet.
— Merci !
Harry eut un sourire et se sentit immédiatement grandi.
— Et moi, j'ai vu comment tu jouais.
Soudain, quelque chose remua dans les arbres derrière Krum. Harry, qui connaissait bien les créatures qui peuplaient la Forêt Interdite, réagit aussitôt. Sans hésiter, il saisit Krum par le bras et le tira à l'écart.
— Qu'est-ce qui se passe ?
Harry se contenta de secouer la tête, scrutant toujours l'endroit où il croyait avoir aperçu un mouvement. Il tira sa baguette magique de sa poche. C'est alors qu'il vit Ron passer la tête de derrière un grand chêne.
— Harry, tu parles à Viktor Krum, l'Attrapeur de renommée mondiale ? ! Et tu ne m'as même pas appelé ! Et moi qui pensais que tu étais mon ami ! s'indigna, Weasley.
Harry juste grimaça. Il avait peut-être considéré Ron comme un ami l'année dernière, mais certainement plus maintenant. Krum sourit d'un air entendu et, touchant le coude d'Harry, lui montra le château.
— Rentrons ?
Tous les trois retournèrent au château. Victor, Harry et Ron qui n'arrêta pas de gémir et de se plaindre.
***
À mesure que le 24 juin se rapprochait, l'anxiété de Harry grandissait, mais d'une manière totalement différente de ce qu'il avait ressenti avant les première et deuxième épreuves. D'abord, il n'avait aucun doute : cette fois, sa victoire était certaine. Ensuite, ce serait le coup final : tout devait se terminer après cette épreuve et tous ses problèmes appartiendraient au passé.
Le soir du troisième tour, les Gryffondors firent un vacarme inhabituel pendant le dîner. À la table des Serpentards, Malefoy et Black chuchotaient en lançant des coups d'œil inquiets vers Harry. Malgré le festin somptueux étalé devant lui, Harry toucha à peine à son assiette.
Progressivement, le plafond enchanté passa du bleu azur aux teintes pourpres du couchant. Quand Fudge se dressa enfin, un silence total s'abattit sur la Grande Salle.
— Mesdemoiselles et Messieurs, dans cinq minutes, je vous inviterai à vous rendre sur le terrain de Quidditch, où commencera le troisième et dernière épreuve du Tournoi des Trois Sorciers. Et maintenant, je demande à tous les participants de suivre Monsieur Verpey jusqu'au stade.
***
Le terrain de Quidditch était devenu méconnaissable. Une haie imposante de vingt pieds de haut cernait désormais tout le périmètre. Face aux champions s'ouvrait une brèche sombre dans cette muraille végétale : l'entrée du labyrinthe. Le passage bordé de buissons touffus plongeait dans une obscurité qui fit frissonner Harry.
— Nous patrouillerons à l'extérieur, déclara le professeur McGonagall aux concurrents. Si quelqu'un est en difficulté et estime qu'une aide est nécessaire, il doit envoyer des étincelles rouges dans les airs et nous viendrons immédiatement à son secours. Tout est clair ?
Les champions acquiescèrent.
— Alors, en avant ! ordonna joyeusement Verpey aux quatre participants.
Harry fut le dernier à entrer dans le labyrinthe, mais il devait tout faire pour se retrouver en premier devant la Coupe.
— Bien. C'est l'heure ! dit-il à voix haute et activa l'artefact en forme de bracelet fourni par Serpentard.
Une projection apparut au-dessus, révélant sa position, le centre du labyrinthe et le chemin le plus sûr. Harry reprit ses repères et se mit à courir. Grâce à cet objet magique, il traversa tout le labyrinthe sans difficulté, seulement distrait par moments par les bruits derrière les murs végétaux.
À gauche... à gauche... Puis à droite. Le souffle court, Harry fonça pour éviter de se tromper de direction !
Enfin, il l'aperçut : à trois cents mètres environ, sur un piédestal bas, la Coupe tant convoitée étincelait.
Et à côté, adossé nonchalamment à la console, se tenait Viktor Krum.
— J'ai gagné, Harry, dit-il paresseusement.
— Oui, en effet, constata Harry en regardant autour de lui. Depuis combien de temps es-tu là ?
— Cela fait approximativement cinq minutes. Mais comme je l'ai promis, je ne me mêlerai pas de vos affaires.
Il y eut du bruit dans le couloir adjacent, alors, Krum sourit et se dépêcha de se cacher derrière le buisson le plus proche.
— Bonne chance, Potter !
C’était Cédric qui courait à toute vitesse. Soudain, une forme gigantesque surgit au-dessus de la haie qui bordait le chemin et fonça droit sur lui. Dans quelques secondes, le jeune homme allait se retrouver face à un monstre !
— Cédric ! Cria Harry. À ta gauche !
Cédric jeta un coup d'œil par-dessus son épaule : il pouvait encore négocier le virage et échapper à la monstrueuse créature ! Mais il trébucha et s'effondra, sa baguette s'échappant de sa main, comme si on lui avait fait un croche-pied. Une énorme araignée surgit alors de derrière le virage et fonça droit sur lui.
— Petrificus ! hurla Harry.
Le sortilège frappa le corps énorme et velu, mais il aurait aussi bien pu le frapper avec une pierre. L'araignée se balança légèrement et en oubliant Cédric et se précipita vers Harry.
— Petrificus Totalus !
Rien n'y fit : l'araignée était soit trop imposante, soit dotée d'une puissance magique trop importante, car les sorts ne faisaient que l'énerver davantage. L'espace d'un instant, Harry aperçut avec effroi huit yeux noirs brillants et la mâchoire hérissée de dents tranchantes comme des lames de rasoir.
Cédric lança deux autres sortilèges, bien plus puissants, qui eurent finalement raison de l'araignée : elle tomba sur le côté, en renversant la clôture et en bloquant le chemin par ses pattes poilues.
— Harry ! Tu vas bien ? Merci de m'avoir averti, je n'avais pas remarqué l'araignée.
Harry se retourna. La Coupe des Trois Sorciers brillait à deux pas derrière lui.
— Eh bien, nous le ferons ensemble. Ce n'est pas seulement une victoire pour toi ou pour moi. C'est une victoire pour Poudlard.
Cédric regarda Harry avec étonnement.
— Es-tu... tu es sûr ? Génial, dit-il. Alors, allons-y.
Il prit Harry par le coude et l'aida à boitiller jusqu'au piédestal où se trouvait le trophée. Tous les deux tendirent leurs mains vers les poignées brillantes de la Coupe.
— On compte jusqu'à trois, d'accord ? suggéra Harry.
— Un, deux, trois !
Et ils touchèrent la Coupe ensemble.