SS ou le mensonge des fondateurs - traduit de russe - Auteur Zaraza Takaja

Chapitre 22 : Le tournoi

1869 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 12/04/2024 15:55

POV De Professeur Rogue


Je réunis le Conseil des doyens en fin de soirée, alors que les étudiants se trouvaient déjà dans les salles communes de leurs Maisons respectives.

« Pourquoi moi et pas Minerve ? » soupirai-je avec lassitude. C'était juste un cri du cœur. Je comprenais parfaitement les raisons pour lesquelles Serpentard m'avait nommé directeur, mais cela ne facilitait en rien ma tâche. Le moment était vraiment mal choisi, avec ce tournoi en plus ! J'aurais voulu discuter calmement avec Karkarov, mais je devais plutôt me concentrer sur l'organisation de l'événement. « Bravo Lucius, tu m'as vraiment "rendu service" ! »

La discussion s'éternisait depuis deux heures. Flitwick voulait accueillir les invités de Durmstrang chez lui, attiré par leur réputation en magie de combat. Pendant ce temps, Chourave et McGonagall se disputaient pour recevoir les Beauxbâtons.

— Les délégations arrivent après-demain, coupai-je. Le château est prêt et les elfes de maison ont déjà reçu leurs instructions. Je prendrai en charge les Durmstrang. Filius, tu t'occuperas des Beauxbâtons.

— Pourquoi Serdaigle ? Pourquoi pas chez Pomona ou moi ?

Minerve ne cachait pas son indignation.

— À Poufsouffle ? Pour qu'on nous prenne pour des molasses ? Ou à Gryffondor pour qu'on soit complètement ridiculisés !

— Severus...

— Quoi, Severus ? Pomone, que peut bien montrer ta Maison aux représentants de l'école française ? Comment se faufiler jusqu'aux cuisines pour quémander des sandwiches ? Et toi, Minerve ! Y a-t-il un seul jour où les Gryffondor ne terminent pas leur repas avec des bonbons vomitifs ou des gâteaux qui font sortir des bulles de savon du nez ? C'est une honte ! Il faudrait vraiment mettre un frein aux frasques des jumeaux Weasley ! Non, Serdaigle est le seul choix sensé. Si nous ne pouvons pas être courtois, montrons au moins notre intelligence.

— Pourquoi tiens-tu à t'occuper des Durmstrang, Severus ?

— C’est un compromis, Filius. Comme ça personne n'est satisfait !

— Severus ! Alors tu penses que je ne m'en sors pas avec ma faculté ? dit McGonagall très énervée.

— Eh bien, Minerve, prononçai-je avec un sourire charmeur. Tu es un excellent organisateur ! J'étais sur le point de te demander de te charger de la préparation de la réception. Il nous reste que deux jours. Tu vois, je n'ai pas le temps...

— D'accord…

McGonagall hocha la tête en signe de conciliation. 

— Je pense qu'il est nécessaire...

— Minerve, on en parlera plus tard. Il est presque onze heures. Je te fais entièrement confiance et je suis sûr que tu feras tout de la meilleure façon possible.

— Bien sûr, Severus.

— Alors c'est tout pour aujourd'hui.

Enfin ! Ce foutu Tournoi n'avait pas encore commencé, et je le détestai déjà. L'école était sens dessus dessous ! Les plans scolaires tombèrent à l’eau ! Trois écoles... Et ils étudieront tous ici ! Mais les programmes étaient complètement différents, alors il fallait désormais s'adapter à chacun !

 

Avec lassitude, je m'appuyai mon dos sur le dossier de mon fauteuil. Un bout de papier tomba devant moi. « Doyen Rogue, passez me voir accompagné de Monsieur Black et Monsieur Potter, SS. » « Eh bien, que s'est-il encore passé ?! »

Ayant automatiquement envoyé un Patronus à Black lui demandant de venir dans mon bureau, j’étais sur le point d'acheminer le deuxième à Harry quand je compris que ce n'était pas la meilleure des idées. En conséquence, je griffonnai sur un morceau de papier un mot et le lui fis parvenir avec l'elfe de maison.


 ***


Il était près de onze heures du soir, mais quand l'extension des feux avait-elle arrêté Potter ? Regulus arriva bien avant lui.

 —  M'avez-vous appelé, Doyen ? demanda-t-il.

Je soupirai, car j'avais bien entendu à son ton à quel point il était amusé. Mais je ne trouvai rien à redire sur les mots employés.

— Entre. Nous devons attendre Potter. Le directeur Serpentard veut vous voir tous les deux.


Un mois et demi s'était écoulé depuis que Serpentard s'était retiré des affaires scolaires. Immédiatement après les vacances, il s'était lancé dans un rituel extrêmement complexe. Sa convocation signifiait qu'il avait terminé.


Potter arriva dix minutes plus tard, et nous descendîmes tous les trois vers les quartiers de Serpentard.

Il nous attendait dans son bureau personnel. Livide, à en avoir la peau légèrement bleutée et les yeux creusés, il se reposait sur sa chaise en observant le plafond orné de motifs.

— Prenez place, Doyen Rogue, Monsieur Black, Monsieur Potter, dit-il avec une politesse mesurée.

— Maître Rogue, quand les délégations des écoles étrangères sont-elles attendues ?

— Dans deux jours. Nous les accueillerons, les installerons, puis laisserons le ministère déterminer le calendrier des épreuves.

— Parfait. Je viens de finaliser l'essentiel du travail. Isabelle, tu peux entrer, appela-t-il.

Une femme élégante aux cheveux noirs et bouclés pénétra dans le bureau.

— Permettez-moi de vous présenter, Messieurs, Isabelle Black.

— Black ? s'étonna Regulus.

— Comment, Regulus, tu ne m'as pas reconnue ?

Elle sourit et secoua ses cheveux d'une manière très particulière. Je connaissais parfaitement ce geste.

— Bella ?! dis-je, émerveillé.

— Bellatrix ! 

Regulus devina aussi.

— Non, Bellatrix Lestrange est morte. Je m'appelle Isabelle Black.

— Eh bien, je vous laisse discuter entre vous un instant. Belle a quelque chose à vous dire. Et j'emmène Monsieur Potter. Nous aussi, nous avons à parler.

Sur ces mots, Serpentard se leva et fit signe à Harry de le suivre.

— Bella, tu étais à Azkaban, n'est-ce pas ? demandai-je en plissant les yeux.

— Severus, tu es superbe ! Dans mes souvenirs, tu étais moins beau garçon.

— Bella ! Ne me parle pas de mon apparence !

— Oh, ça t'ennuie ? Peu importe. Et je m'appelle Isabelle. Regulus, je suis contente que tu sois en vie.

— Bella ! Explique !  

J'ajoutai du métal dans ma voix.

— On m'a donné une nouvelle vie, un nouveau nom et rendu mon sang d’origine. Je n'ai pas menti quand j'ai dit que Bellatrix Lestrange était morte. Elle est morte à Azkaban et moi, je suis née.

Regulus parut surpris.

— Comment est-ce possible ? 

— Maître Serpentard m'a apporté son aide. Et c'est précisément ce dont je souhaitais vous parler. Lord Black !

Elle mit un genou à terre.

— En tant que personne partageant le sang de votre famille, je vous implore de m'accorder votre protection.

« La réintégrer dans la famille ? Qu'est-ce qui lui fait penser... ? » me demandai-je, surpris.

Regulus demeura muet pendant plusieurs minutes, analysant la situation. Puis, il se redressa, arpenta pensivement la pièce avant de s'immobiliser près d'elle.

— Isabelle Black ! En ma qualité de chef de famille, je ne peux accepter ton retour. Cependant, en tant que Lord Black, je peux t'intégrer à la lignée.

— J'accepte, mon seigneur !

Bella baissa la tête.

« Comment ? Refuser son retour dans la famille revient à nier la parenté. Mais l'accepter dans la lignée lui donne accès à la magie ancestrale. En clair, de membre à part entière de la famille, Bella deviendra une vassale ! Et elle y consent ? Qu'est-ce qui l'a rendue si conciliante à Azkaban ?! »

— Pour le moment, je ne suis pas en mesure d'accomplir le rituel. Dès qu'une telle opportunité se présentera, je vous en informerai, Miss Black.

— Merci, mon seigneur.


 ***


Serpentard et Potter revinrent pendant que j'essayai de comprendre ce que j'avais entendu. Harry avait l'air perplexe et un peu embarrassé, mais essayait de ne pas montrer son état. Bien sûr, je me demandai ce que Serpentard lui avait dit. Harry était un héritier légitime et avait pleinement conscience de ce que cela signifiait. Il était donc capable de me demander de l'aide au besoin.


Il faisait déjà nuit, nous dûmes donc les escorter, Harry et Regulus, jusqu'à la salle commune de leurs Maisons.

Merlin en soit loué, Serpentard reprit ses fonctions de directeur dès le lendemain. Cela signifia que je n’aurais pas à me débattre dans les méandres bureaucratiques et m’occuper personnellement des invités.   Une pause bienvenue !

Les représentants des deux écoles étrangères firent leur entrée simultanément. Dans un silence empreint de solennité, les colonnes d'invités pénétrèrent dans la Grande Salle, où les étudiants attendaient avec impatience.


Madame Maxime dirigeait la délégation de Beauxbâtons. C'était une femme d'une stature imposante, rivalisant avec celle de Hagrid, au teint olivâtre et au visage distingué. Ses cheveux lustrés étaient élégamment tressés en un chignon bas sur la nuque. Elle était parée d'une somptueuse robe de satin noir qui l'enveloppait entièrement, tandis que son cou et ses doigts étaient ornés d'opales de la plus belle qualité. Une quinzaine d'élèves l'accompagnaient, tous des adolescents vêtus de robes de sorciers en soie fine. En plein hiver !


La deuxième colonne était menée par Karkarov, un sorcier de haute stature, élancé, arborant une chevelure grise et courte ainsi qu'une barbiche terminée par une élégante bouclette. Il portait des fourrures argentées, d'une texture lisse et lustrée, parfaitement assorties à sa chevelure. Il dirigeait une formation d'une douzaine de personnages imposants, d'une carrure comparable à celle de Crabbe et Goyle, tous vêtus de manteaux en fourrure à l'aspect hirsute.


Le tirage au sort était programmé pour le jour suivant.


***


« Champion de Durmstrang - Viktor Krum. »

La salle fut secouée par des applaudissements et des cris enthousiastes. Viktor Krum se leva de son siège et, en se voûtant, se dandina vers la table des professeurs.

« La championne de Beauxbâtons, - Fleur Delacour ! » annonça le ministre Fudge.

Une jeune fille, qui ressemblait tellement à un Vélane, se leva gracieusement de sa chaise, rejeta une vague de cheveux blonds en arrière et défila entre les tables d'un pas léger.

« Champion de Poudlard - Cédric Diggory. »

La table des Poufsouffle explosa en manifestations d'allégresse. Les élèves bondissaient, trépignaient et s'égosillaient pour acclamer Cédric tandis qu'il s'avançait vers la table professorale. Les ovations mirent un temps considérable à s'estomper.

La Coupe de Feu vira soudainement au rouge écarlate. Des étincelles s'en échappèrent. Des flammes surgirent, propulsant dans les airs un nouveau parchemin. D'un geste instinctif, Fudge tendit la main et s'en saisit. Après un silence prolongé, il s'éclaircit la voix et annonça : « Harry Potter. »

Aucune acclamation ne suivit, seulement un murmure sourd, semblable au vrombissement d'un essaim d'abeilles courroucées planant au-dessus de l'assemblée. Harry se redressa et s'achemina avec lenteur vers la table des professeurs. La distance lui parut interminable ! Le bourdonnement s'intensifia, les regards le transperçaient tels des projectiles mortels. Une éternité sembla s'écouler avant qu'il ne parvienne enfin face au ministre Fudge, qu'il fixa droit dans les yeux.

— Il doit y avoir une méprise, s'agita Fudge.

— Impossible, rétorqua le directeur Serpentard avec une parfaite indifférence. La coupe a désigné un nom, ce qui implique que le contrat magique est scellé. Veuillez rejoindre les autres, Monsieur Potter.


« Là, je n'ai pas compris ! Que s'est-il passé, ici et maintenant ? »


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