SS ou le mensonge des fondateurs - traduit de russe - Auteur Zaraza Takaja

Chapitre 11 : La fête de Samain

2189 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 16/03/2024 15:12

J’ignorai ce que Serpentard avait dit à Dumbledore, mais l'école de Poudlard commença à changer. Lentement, mais sûrement : Les courants d'air éternels des couloirs et l'humidité du sous-sol disparurent. Maintenant, dans le salon des Serpentard, une chaleur agréable provenant des murs et du sol remplaça un froid glacial. Les escaliers étaient domptés, il s'avéra que leurs déplacements ne devaient pas être chaotiques, mais suivre les demandes des élèves, pour leur faciliter l’accès en classe. Les salles de cours vides et poussiéreuses disparurent pour être remplacées par les pièces destinées aux activités sportives ou des révisions. Il n’y avait que le Directeur Dumbledore, qui affichait l’air pâle et hagard.

La première sortie au Pré-au-lard fit sensation, comme d'habitude. Je m'attendais à ce que Potter essaie de trouver un moyen de quitter l'école, mais il se comporta d'une manière inhabituellement prudente.

En revanche, Lupin ne manqua pas l'opportunité de se montrer sous son "meilleur jour". Pour quelle raison devrais-je poursuivre ce demi-loup-garou, comme le nommait Serpentard ? Lupin aurait dû réaliser par lui-même l'imminence de la pleine lune, qui plus est durant Samain ! Mais non, sans mon intervention pour le lui rappeler, il ne songea guère à la potion ! Comportement inacceptable de la part d'un enseignant ! Je m'interrogeai sur les raisons qui justifiaient sa présence au sein de l'établissement.

J’entrai dans le bureau de Lupin, après un coup discret à la porte. J’y trouvai le propriétaire des lieux en compagnie de Potter.

— Oh, Severus c'est vous, sourit Lupin. Merci. Vous pouvez poser la potion sur la table.

Je posai la coupe en observant Lupin et Potter. Harry avait l’air de s’ennuyer ferme.

— Je suis en train de montrer à Harry le Merrow (diable d’eau). Lupin montra l'aquarium.

— Charmant, répondis-je sans regarder l'aquarium. - Buvez la potion maintenant, Lupin !

— Oui, bien sûr.

— Potter, avez-vous oublié, que vous êtes en Retenue ?

— Non, Monsieur, je me préparais déjà à partir ! répondit joyeusement le garçon.  

— Alors, allons-y !

Lupin but le reste de la potion d'un seul coup et grimaça.

— Quel goût atroce ! D'accord, Harry, si tu es en Retenue, on se reverra à la Grande Salle pour le dîner de gala.

Je me dirigeai vers chez moi et ce n’était qu’à l’arrivée dans le sous-sol, que je remarquai avec surprise Potter, qui me suivait.

— Avez-vous oublié quelque chose, Potter ?

— Je suis en Retenue, Monsieur ! prononça-t-il gaiement

Et puis il ajouta avec hésitation :

— C’est bien vrai, que je suis en Retenue ? Sinon, Weasley à son retour de Pré-au-lard va me casser les pieds jusqu'au soir.

— Préférez-vous découper les vers ?

— J'espère que vous me trouverez une tâche légèrement plus intéressante, Monsieur.

— D'accord, allons-y. Je dois préparer la deuxième portion de la potion anti-lycanthropie. Voyons si vous savez tenir un couteau.

Bizarrement, la soirée s’était très bien passée. Potter accomplit sa tâche lentement, mais avec précision. Je ne le pressais pas. Nous avions tout notre temps.

— Monsieur, puis-je poser une question hors sujet ?

— Demandez, Potter.

— Je pense que vous savez déjà, que l'épouvantard de Neville a pris votre apparence ? Voilà, ce que je voulais savoir :  Si Neville a si peur de vous, alors pourquoi l'avez-vous placé au premier bureau, juste en face de votre table ? Après tout, cela lui fait encore plus peur et maintenant, il fait exploser son chaudron à chaque cours.

— Eh bien, disons que je suis curieux de voir comment son don ancestral se manifeste.

— Don ancestral ? Lequel, Monsieur ?

— Eh bien, d'une part, la famille Londubat est composée des herboristes héréditaires. Mais sa mère, Alice Stone, est issue d'une famille de mages de combat. C'est Alice qui avait entraîné Frank dans l'Ordre du Phénix. Et c’est elle aussi, qui fut la principale force de frappe de leur duo. Neville a hérité les deux dons familiaux. Et si l’héritage de l’herboriste se manifeste paisiblement dans son amour des plantes, alors en tant que combattant, il a besoin d’un constant d’affrontement et des défis. Pensez-vous, Potter, que Londubat fait exploser les chaudrons uniquement parce qu'il se trompe dans le choix des ingrédients ? Pas du tout. Il n'y a pas beaucoup de potions dans le programme scolaire qui peuvent réellement exploser si elles sont mal préparées. La plupart deviendront tout simplement inutilisables. Mais Londubat parvient à faire exploser le chaudron à chaque cours. D’ailleurs, si je lui donne du thé et de la menthe, il fera exploser cette décoction aussi. C'est ainsi que se manifeste son talent ancestral. Il a peur comme s'il était en danger de mort. Et son pouvoir tente de le sauver. De quoi un soldat a besoin pour survivre ? Détourner l'attention, neutraliser l'ennemi et se cacher. C'est exactement ce qu'il fait. Notez que Londubat lui-même ne souffre presque jamais des explosions qu’il provoque. Mais il y a beaucoup d’effets visuels autour : le bruit, la fumée et la panique. Tout ce dont une personne formée a besoin pour sauver sa vie.

— Alors, en provoquant Neville, vous développez ses aptitudes ? Pourquoi faites-vous ça, Monsieur ?

— Je suis moi-même un mage spécialisé dans le combat. Et je sais combien il est difficile de développer ce don. Et il n'y a personne pour aider Londubat. Et un don non développé est dangereux, aussi bien pour le porteur que pour son entourage. Ainsi mis à l’épreuve, dans quelques années, il apprendra à le maîtriser.

— Donc le professeur Lupin avait raison, vous aimeriez vraiment enseigner La Défense ? 

— C'est absurde, reniflai-je. J'adore les potions et je ne vais pas les échanger contre autre chose. Et ce n’est pas parce que je peux le faire que j’en brûle d’envie ! Toute femme au foyer sait faire le ménage, mais cela ne veut pas dire qu'elle rêve d’embrasser la carrière de la femme de chambre ! Et sur ce, la Retenue est finie. Vous pouvez partir !


***


Halloween, comme toutes les fêtes à Poudlard, ne me plaisait pas. « Défigurer ainsi l’ancienne fête de Samain ! Pervertir sa signification et son essence même » Je m'attendais avec dégoût à une profusion de tartes à la citrouille et d'autres accessoires ridicules. Encore un signe que les magiciens oubliaient les lois magiques. Halloween c’était une fête venue du monde moldu. Les mages célébraient toujours Samain.

Seulement aujourd’hui, la Grande Salle était méconnaissable. Les étudiants et les enseignants  regardaient autour d’eux avec étonnement. Il n’y avait ni citrouilles, ni chauves-souris habituelles, ni banderoles stupides. La salle entière fut éclairée par une douzaine de feux, allumés dans des cercles de pierre spéciaux.

Des décorations composées de feuilles jaunes et rouges, de branches de sorbier et de bols de céréales à la place de têtes de citrouilles décoraient la pièce.

La table des professeurs ne se trouvait plus en travers de la salle, elle était divisée en deux par une console destinée à une seule personne. 

Je souris involontairement. Aujourd'hui, ce n’était pas Halloween ! Aujourd'hui, pour la première fois depuis de nombreuses années, l'école célébrait Samain !

Dès que les enfants et les enseignants prirent place, Salazar Serpentard apparut dans la salle. Il fit taire l’assistance d’un geste de la main.

— Je suis heureux de saluer l'école à l'occasion de la fête la plus importante pour les magiciens, commença-t-il d'une voix calme et émouvante.  À mon grand regret, la génération actuelle a oublié cette tradition. Il est donc temps de vous la rappeler. Selon le calendrier des magiciens l’année se divise en deux parties : sombre et claire. Les temps sombres commencent par la fête de Samain. Cette fête est également dédiée au dieu Samain, le Soleil mourant. Samain est également une occasion de se souvenir des parents et des proches décédés. Cette nuit-là, les esprits des morts retrouvent la liberté, jusqu'à l'aube. La nuit de Samain, les défunts rendent visite à leurs parents vivants, surveillent la célébration et y participent même. C'est la fête des morts et de la mort. La principale tradition de Samain est la communication avec nos disparus. Laissez-leur une friandise, regardez les anciennes photos sur lesquelles vos proches sont représentés de leur vivant. Si vous pensez que vous leur avez causé du tort, demandez pardon. Et lors de cette nuit magique vous avez une chance de l’obtenir. Il y a des couverts supplémentaires sur vos tables. Mettez-y la nourriture de vos assiettes et invitez les esprits des ancêtres ! Les âmes des anciens planent au-dessus de la table et écoutent les récits sur la vie de leurs descendants. Allumez des bougies en leur honneur, faites des offrandes ! Pendant le Samain Noir, il est de coutume de solder ses dettes. Abandonnez la colère et le ressentiment et demandez à Magie de rendre justice. Et elle vous entendra !

Serpentard sortit au milieu de la salle, leva les mains vers le plafond et commença à scander :

« L'eau pure est un symbole du sang de Dieu Cornu,

Celui qui va dans le monde souterrain.

Samain est la période de transition du jour à la nuit noire.

La nuit la plus sombre de l’année, c’est le temps de la Chasse Sauvage.

La roue de l'année tourne inlassablement.

Je te salue, la nuit de Samain. »

— Et maintenant ! Que la fête commence !

A ces mots, une longue rangée de bougies placées au centre des tables s’alluma. Et de la nourriture apparut sur les plats : la viande en ragoût, les légumes, les pommes et les noix et aucune citrouille. Des assiettes vides et des verres se placèrent à côté de chaque couvert, pour les présents aux ancêtres.

En entrant dans la Grande Salle, Harry fut surpris. Il n'avait jamais vu une telle splendeur à Poudlard. Et le directeur n'était plus assis au centre de la table, maintenant il se perchait modestement au bout de la rangée.

L’apparition et le discours de Salazar Serpentard furent impressionnants. Harry avait déjà entendu parler de Samain, mais jusqu’à ce jour, ne voyait pas la différence entre Samain et Halloween.

Harry ne prêtait pas attention à  Ron, qui marmonnait avec mécontentement « les citrouilles étaient plus amusantes ».

Harry mit soigneusement un peu de chaque mets dans l’assiette vide, en offrande aux esprits des défunts. Il se souvint des visages des parents, il aurait tellement voulu qu’ils soient là maintenant !

« Maman, papa et tous mes proches que je ne connais pas ! Venez me voir pendant cette fête et partagez mon repas ! Donnez-moi votre bénédiction et votre soutien ! J'ai tellement besoin de vous ! », pria mentalement Harry, versant du jus de pomme dans un gobelet vide.

Soudain il ressentit une légère brise, comme si des mains se posèrent sur ses épaules, les doigts aériens lui ébouriffèrent les cheveux. Harry éprouva le sentiment d’unité et de soutien et prit conscience que tout avait été fait correctement.

Le dîner se passait en silence. À la table des Gryffondors, comme d'habitude, on essaya d'en rire, mais il était clair que la majorité cachait leurs émotions derrière des voix trop fortes. Un peu plus tard, même les plus dissipés se calmèrent.


***


Harry suivit, ainsi que tous les Gryffondors, le chemin habituel jusqu'à la tour. Pour une raison inconnue un bouchon s’était formé devant le Portrait de la Grosse Dame.

— Que se passe-t-il ? demanda Ron en se mettant sur la pointe des pieds.

La porte du salon était fermée.

La voix de Percy s'éleva : 

— Laissez-moi passer, et le préfet, avec un air important, traversa la foule.

— Pourquoi y a-t-il un tel chaos ? Avez-vous tous oublié le mot de passe ?

Un silence se fit, Percy s’arrêta comme foudroyé sur place, puis lâcha un cri strident :

— Appelez le professeur McGonagall, de toute urgence et dépêchez-vous enfin !

Tous les regards se tournèrent vers lui, et ceux qui se tenaient loin derrière se mirent sur la pointe des pieds pour mieux voir.

Le professeur McGonagall apparut rapidement, les Gryffondors se séparèrent pour lui laisser un passage jusqu’à l'accès au salon et Harry avec Hermione se faufilèrent derrière elle.

Les enfants se pétrifièrent devant le spectacle de désolation : La Grosse Dame du portrait avait disparu, la toile était mutilée, le sol jonché de débris et un morceau de toile complètement arrachée.



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