SS ou le mensonge des fondateurs - traduit de russe - Auteur Zaraza Takaja

Chapitre 12 : Sirius Black

2652 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 17/03/2024 13:42

« Sirius Black est dans le château ! Un scoop ! » Il était peu probable qu'il avait pénétré dans le château sans aucune aide extérieure. Je me méfiai de la nomination de Lupin, même si ce demi-loup-garou seul, fut incapable de faire entrer Black. Je vis, presque clairement, une touffe de barbe grise ornée  des clochettes dépasser de cette histoire.

Les Gryffondors passèrent la nuit dans la Grande Salle pendant que les professeurs fouillaient minutieusement l'école jusqu'à l'aube. Sans résultat, j'en étais certain. De retour dans mon bureau à 4h48 du matin, je me retrouvai indécis : dormir pour à peine une heure semblait futile. Je me consacrai donc à la correction des essais.

Mais à peine les parchemins étalés sur le bureau, mon intuition hurla que je n’étais pas seul dans la pièce. Sans lever la tête, je sortis doucement la baguette.

« Où es-tu ? Montre-toi ! », pensai-je fébrilement.

Un léger mouvement, presque imperceptible, se produisit dans le recoin le plus éloigné du bureau, près de la cheminée. Je lançai un Incarcerem non verbal et bondis pour m'écarter de la trajectoire de tir. Une malédiction inconnue frappa l'endroit où j'étais assis un instant plus tôt. Ayant identifié l'angle d'attaque, j'enchaînai ma combinaison favorite : Petrificus Totalus, Confundus, Incarcerem. « Raté ! » J'évitai miraculeusement une nouvelle offensive. « Les jeux d'enfants sont terminés ! » Et je projetai le sortilège de ma création, le redoutable Sectumsempra.

— Pas mal, même beaucoup mieux, que ce à quoi je m'attendais, compte tenu de ce que j'ai observé ici auparavant.

Et avec un rire malicieux Serpentard se matérialisa dans le coin :

— Je n'ai pas reconnu le dernier sortilège.

Je stoppai, avec beaucoup de peine, la dernière malédiction et baissai ma baguette.

— Ceci est une invention personnelle.

— Intéressant. Mais ce n’est pas pour cela que je suis venu vous voir. Pour autant que je sache, vous avez accepté le rôle de « garant » de la famille Potter ? J'ai attrapé  une drôle de « bestiole » et elle a exprimé le désir de parler avec votre pupille.

— Si j’ai bien compris, cette « bestiole » répond au nom de Sirius Black ?

— C’est bien lui. Au début je me suis réjoui, qu'il soit venu à moi la nuit de Samain. Je pouvais l’utiliser dans le rituel comme sacrifice. Seulement, il prétend être le parrain magique de l'héritier Potter. Je souhaite donc, vous voir tous les deux dans mes appartements demain matin à neuf heures.

— Je vous ai compris, Maître Serpentard. Je voulais juste vous demander s’il existe un passage, plus pratique, que celui que nous avions emprunté auparavant. Vous savez, il n’est pas très commode.

Salazar éclata de rire.

— Hum ! Personne, avant vous, ne venait chez moi par les égouts ! D'accord, je vais vous ouvrir une entrée.

Il s'approcha du mur et passa la main dessus. Une porte apparut immédiatement dans la pierre monolithique.

— Demain... plus précisément, aujourd'hui à neuf heures, Maître !

Répéta Serpentard et, en ouvrant la porte nouvellement formée, se dirigea vers chez lui.

Sans y réfléchir à deux fois, j'annulai le premier cours de la journée, Serdaigle-Poufsouffle, et je cueillis, sans ménagement, Potter au petit-déjeuner.

— Venez Potter. Des Grands exploits nous attendent !

— Mais j’ai l'herboristerie maintenant, Monsieur...

— Je vous en dispense. Si on vous pose des questions, envoyez les curieux me voir. Allons-y !

— Mais les exploits de quel genre, Monsieur ?

— Les affaires de votre famille, Potter !

La porte dans mon bureau s'ouvrit facilement. Et nous entrâmes dans la Chambre des Secrets, les quartiers privés de Salazar Serpentard. Beaucoup de choses avaient changé ici au cours des six derniers mois : la saleté et la désolation disparurent, les murs vert foncé acquirent une noble teinte malachite, les colonnes étincelèrent d'argent, l'eau de la piscine devint limpide et la statue se transforma en une pyramide à gradins.

— Vous êtes ponctuel, Maître Rogue, J’en suis heureux. Suivez-moi, une voix insidieuse nous salua.

Serpentard nous conduisit à l'intérieur de la pyramide. Là, dans une petite pièce derrière un rideau magique, était placé Sirius Black, qui semblait désorienté.

Son apparence était encore plus misérable que celle de Lupin : émacié, la barbe hirsute, ses vêtements usés tombant en haillons. Seuls ses yeux d'un bleu intense me confirmèrent qu'il s'agissait bien du noble héritier des Black, et non d'un simple vagabond.

Dès qu'il nous vit, il se leva d'un bond, se précipita en tendant les mains et en hurlant et gémissait pitoyablement .

— Harry ! Mon petit Chiot ! Je suis tellement content de te voir ! Tu ressembles tellement à ton père !

Mais presque aussitôt, il changea d’humeur et de sujet.

— Je dois le trouver ! C'est de sa faute ! C'est lui, le traître !

Et une seconde plus tard, Sirius perdit tout intérêt pour la réalité, en se renfermant sur lui-même.

— Drôle de bestiole, rigola Serpentard. Apparemment, la proximité de mes gardes eut un effet très néfaste sur son psychisme. Mais j'ai, quand même, pu obtenir de lui quelques explications sensées. Cette créature prétend être votre parrain magique, Monsieur Potter et c'est, afin de vérifier cette information, je vous ai invité. Monsieur Potter, placez-vous au centre de l'hexagramme !

Potter, abasourdi par une telle nouvelle, prit, sans hésitation, la place indiquée.

— Laissez-moi vous regarder… 

Serpentard attrapa le menton d’Harry avec ses mains griffues et rapprocha son visage. Une seconde plus tard, il siffla en Fourchelang.

Potter lui répondit et une conversation tendue s'ensuivit entre eux. Je ne comprenais rien de ce qu’ils se disaient, mais les expressions de Potter étaient plus éloquentes que n'importe quel discours : d’abord la perplexité et la confusion, puis la colère. Harry secoua la tête en se libérant, Serpentard rit et le laissa partir.

— C'est drôle. Non, honnêtement, ce monde des idiots « sans peur et sans reproche » m'amuse ! Bon, voyons voir ce que nous avons ici.

Serpentard insuffla de la magie dans l'hexagramme qui s'emplit aussitôt d'une flamme noire. Parmi les symboles composant la figure, certains clignotaient vivement, d'autres luisaient faiblement, tandis que d'autres encore se contractaient, tentant de ramper loin du centre.

— Le rituel de parrainage a, donc, été exécuté, mais d'une manière très maladroite. Il y a bien un lien magique, mais c'est juste... hum. Il s'avère que cette « bestiole » n’est pas votre parrain mais votre vassal, l'héritier Potter. Alors, en avez-vous besoin, ou je peux le garder ?

— Je vous demande pardon, Maître Serpentard, mais, en raison de ma jeunesse, je ne suis pas encore capable d'évaluer correctement le degré de nécessité de telle ou telle action. Puis-je consulter Maître Rogue ? dit Potter

— Et je vois que le statut d’héritier vous a changé. Si vous continuez sur ce chemin, peut-être que je vous accepterai comme apprentie pour la suite de votre formation. Eh bien, vous pouvez demander conseil. Et vous pouvez, également, quitter l'hexagramme.

Serpentard s'écarta et s'installa sur une chaise pour nous observer, comme des acteurs d’un spectacle des plus amusants.

Je me souvins de ce que j'eus exigé de mes serpenteaux : « Confiance basée sur la connaissance. » Justement les connaissances dans cette matière me manquèrent. Lucius aurait été plus apte d’expliquer tout sur les vassaux de la famille.


— D'abord, Potter, nous devons découvrir dans quel but Black est venu. - Hé, Patmol, tu n'es pas encore mort, là-bas ? 

Je chatouillai Black avec un sortilège

— Servilus ! Que fais-tu ici ? Harry, éloigne-toi de lui !

— Pourquoi êtes-vous venu ici, Monsieur Black ? 

Potter s'approcha du rideau magique.

— Harry, mon chiot, ce n'est pas moi ! C'est le rat Pettigrow !

— Quel Pettigrow ?

— C'est lui, le traître ! Et il est ici ! Je l'ai vu dans le journal ! Ce Rat !

Dans un état proche de l'hystérie, trébuchant sur ses mots, Sirius expliqua avoir repéré Pettigrew sur une photo dans la Gazette du Sorcier. Il décrivit comment il s'était échappé d'Azkaban en se transformant en chien, sa traque du traître au sein de l'école, et comment il avait finalement été piégé.

— C'est un rat, Harry, le rat de ce type roux ! Je l'ai reconnu ! Il lui manque un doigt sur la patte ! 

— Rat d’un roux ? Le rat de Ron ? Croûtard ?!

À ces mots je ris.

— Qu'est-ce qui vous a fait autant rire, Maître Rogue ? demanda Serpentard légèrement surpris.

— Il s'avère que Weasley transporte un animagus, un homme, caché dans ses vêtements, presque sur son cœur ! 

— Il le transporte et en plus ils dorment dans le même lit ! suffoqua Harris.

— Mais il y a une autre chose qui m’intéresse, pourquoi Minerva, étant elle-même animagus, n'a pas reconnu son confrère ? Autant que je me souvienne, le rat était auparavant en possession de Percy Weasley. Il était impossible qu'elle ne l'ait jamais vu. Je me pose la question, s’il n’y a pas une touffe de la barbe à clochettes qui dépasse aussi de cette histoire ? dis-je pensivement.

— De quoi parlez-vous, Maître Rogue ?

— Réfléchissez, Potter. Je vous ai déjà dit que c'était Pettigrow qui avait livré votre famille au Seigneur des ténèbres. Seulement jusqu'à ce jour, j'étais sûr, que Black avait été emprisonné pour le meurtre des Moldus. Mais il s'avère qu'il est condamné pour une trahison qu’il n’avait pas commise. Dumbledore est très fort en Legilimancie. Ce ne serait pas difficile pour lui de découvrir la vérité. Mais lui-même, personnellement, en tant que président du Magenmagot, avait mit en tolle son fidèle disciple. Et le vrai traître vit tranquillement dans la famille Weasley depuis de nombreuses années. Dans la famille également fidèle à Dumbledore. Si Pettigrow avait eu peur au début, qu'est-ce qui l'a empêché de fuir cinq ans plus tard ? Mais non, il vit, sans crainte d'être découvert même ici, à Poudlard. Conclusion ?

— Le directeur Dumbledore était au courant et l'avait peut-être caché chez les Weasley lui-même ! Mais pourquoi ?

— Pour vous laisser, Héritier Potter, complètement orphelin et vous remettre en tutelle chez les Moldus. Après tout, si Black était libre, il aurait obtenu votre garde.

— Alors, il est vraiment mon parrain ? 

Potter s'approcha du rideau

— Non, comme vient de le dire Maître Serpentard, il est votre vassal. Et vous seul pouvez décider de la manière dont il vivra. Rappelez-vous juste, Potter, Sirius Black est malade. Il devra être soigné longtemps et cela nécessitera des potions spéciales.

— Pouvez-vous m'aider, Maître Rogue ? S'il vous plaît !

— Je peux préparer les potions, mais où allez-vous le loger, Potter ?

— Je le garde ici, ce sera intéressant pour moi d'observer un spécimen aussi inhabituel. Pour la première fois, je rencontre une créature qui a réussi à duper mes gardes, dit Serpentard.

Pendant que Potter réfléchissait, l'une des pentagrammes, tracés sur le sol, scintilla soudainement.

— Oh, nous avons encore un intrus ! Alors, voyons qui crée les vortex temporels ici, s’exclama Salazar ravi. 

Serpentard s'approcha du pentagramme et éteignit l'une des bougies qui brillaient le long de ses rayons, au même instant, Granger se matérialisa à l’intérieur de la figure géométrique.

— Une Jeune Dame ! Alors qui êtes-vous ?

— Hermione Granger ! Et je veux savoir dans quel but vous m'avez kidnappé !

— Comme c'est intéressant. Non, vraiment j’adore cet endroit ! Des spécimens l’un plus drôle que l’autre.

— Je ne suis pas un spécimen ! Je suis une étudiante de la maison Gryffondor ! Vous devez me laisser partir immédiatement, sinon je me plaindrai au doyen !

— Moi, jeune dame, siffla Serpentard d'un ton menaçant, je ne dois rien à personne ! Et encore moins à vous ! Mais, apparemment, personne ne vous a appris, que jouer avec le temps était dangereux ? Granger... Granger... Je ne me souviens pas d’une famille magique de ce nom..

— Mes parents sont des Moldus !

— Oh, vous faites partie de ces incultes, qui ont transformé le monde magique en cloaque ? Alors votre ignorance est compréhensible ! Qu'utilisez-vous ?

Serpentard passa sa main ouverte au-dessus d’Hermione. 

— Un médaillon ! Je crois que je vais vous le confisquer.

— Vous n'avez pas le droit ! C’est la propriété du Ministère !

— Alors, que le ministère vienne me le réclamer, sourit Serpentard et avec un léger mouvement des doigts, attira le Retourneur de temps vers lui.

Au cours des deux dernières minutes, j'empêchai, presque manu militari, Potter d'agir de façon irréfléchie. Il était clairement décidé à sauver son amie coûte que coûte, mais cela aurait été une catastrophe. Néanmoins il fallait faire quelque chose.

— Maître Serpentard, puis-je vous demander ce que vous comptez faire de Miss Granger ?

— Vous pouvez le demander, plaisanta-t-il.

— Ce qui m'intéresse, réside dans le fait que Miss Granger est une sorcière puissante, mais mal éduquée. Avec une bonne éducation, elle pourrait devenir « une parure » de monde magique. Aujourd’hui, notre monde est si pauvre en talents, qu'il serait dommage de les gaspiller.

— Hélas, c’est vrai. Le monde magique s'est affaibli. Silence !

 Serpentard agita la main avec mécontentement vers Granger et la voix de la jeune fille sembla se couper.

— Alors, Maître Rogue, êtes-vous prêt à prendre la petite dame en apprentissage ? demanda-t-il

« Oh, Merlin ! Il ne me manquait plus que ça ! D’accord, je peux tenter de remettre les idées en place à cette petite sotte »

— Miss Granger fait preuve de plus de talent pour les sortilèges, que pour les potions. Cela n’a aucun sens pour moi de l’accepter comme élève personnelle.

— Et pour moi, cela n’a aucun sens de former Monsieur Potter. Mais, comme vous l’avez dit vous-même, ce monde est trop pauvre en talents, pour les gaspiller. Et vous avez raison sur un point, la demoiselle a beaucoup de force magique. De plus, Maître Rogue, mon apparition ici a déjà provoqué une agitation malsaine. Bientôt, ceux qui se considèrent comme les Grands de ce monde, viendront me voir. Il est difficile pour une seule personne de lutter contre le système. Je vous propose donc, le rôle de mon assistant. L’emploi de Maître-mentor. Vous sélectionnerez pour moi des étudiants prometteurs et assurerez leur formation initiale. Je prendrai la suite.

Cette proposition me laissa sans voix, je servais déjà deux maîtres, et comme ce ne fut pas suffisant un troisième faisait son apparition. « Trop, c’est trop ». Mais avant que je puisse exprimer cette pensée, Serpentard me devança.

— Vous vous inquiétez pour vos obligations antérieures ? Et je vois bien que vos serments contradictoires vous tuent. Vous savez, en signe de bonne volonté, je vous en délivrerai. Mais en échange, j'exigerais un serrement, dont même la mort ne vous libérera pas ! Parce que je vous y retrouverai aussi. 

Les yeux de serpent de Salazar me fixèrent avec attention.

— Choisissez, Maître ! Ici et maintenant. Je ne le proposerai pas deux fois.

« Se débarrasser de la marque du Seigneur et du serment fait à Dumbledore, mais en obtenir une autre obligation en retour ? C’est clair qu’un seul souverain vaut mieux que deux. Surtout s'il s'appelle Salazar Serpentard ! »



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