SS ou le mensonge des fondateurs - traduit de russe - Auteur Zaraza Takaja

Chapitre 10 : Unius victum

1860 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 15/03/2024 14:27

Après avoir réuni les préfets accompagnés de Drago dans mon bureau, je les fixai du regard et déclarai :

— Alors, qui peut m'expliquer ce qui s'est passé dans la Grande Salle aujourd'hui ?

Les étudiants gardèrent le silence et je ne les bousculai pas. Après tout, ils avaient tous parfaitement compris que je ne demandais pas un compte rendu des événements, mais les conclusions qu'ils en avaient tirées.

— Je vais vous donner un indice. Qu'y a-t-il d'inscrit au-dessus de la porte du salon de notre faculté ?

— « Unius victum » ! murmura Jasper. L'unique victime ! Un rituel, Monsieur ? Grâce auquel Salazar Serpentard a traversé le temps. C'est pourquoi dans toutes les sources, livres et manuscrits, il est mentionné comme disparu.

— Quel rapport entre « Unius victum » et tout cela ?

— Il n'a pas réalisé le rituel lui-même, devina Gemma Farley. Il a été sacrifié. Les fondateurs l'ont offert en sacrifice pour atteindre leurs objectifs ! Voilà pourquoi le portrait dans notre salon ne correspond pas à l'apparence de Salazar Serpentard. Le portrait est un faux. Mais alors, peut-être que d'autres faits connus de sa vie sont également des faux !

— Bien raisonné. Qu'avez-vous appris de la leçon que Maître Serpentard a donnée aux autres Maisons ?

— Respect, dignité, détermination.

— Comment allons-nous nous comporter ?

— Rester unis, suivre l’étiquette et faire preuve de supériorité.

— Pas uniquement de supériorité, notre confiance doit être basée sur la connaissance. Si vous n’êtes pas sûr, mieux vaut garder le silence que de vous ridiculiser. Aujourd'hui, Salazar Serpentard est le magicien le plus puissant. Et cela signifie...

— Des changements ! Et notre tâche est de les mettre à notre avantage !

— Pouvez-vous expliquer cela aux autres ?

— Oui, Monsieur ! répondirent les étudiants à l'unisson.

— Alors, en avant ! Et expliquez tout aux élèves de première année. Vous savez ce qu'il faut faire. Drago, toi, tu restes !

Après le départ des préfets, je regardai attentivement mon filleul.

— Drago, as-tu vu Potter ?

— Oui. Nous nous sommes rencontrés dans le train. Je dois dire que l'héritier Potter a beaucoup changé. Et en mieux.

— Et que comptes-tu faire maintenant ?

— Mon père m’a dit que Potter avait un parent influent, utile pour nous. Et compte tenu des changements que j’ai observés, je pense que je peux repartir à zéro dans la relation avec l'héritier Potter. Oublier nos différends antérieurs.

— Un parent influent. Oui. Peux-tu deviner qui c’est ?

Drago réfléchit un instant, puis prononça avec perplexité :

— Salazar Serpentard ! Ce n'est donc pas pour rien qu’on avait traité Potter de son héritier !


***


L'arrivée de Salazar Serpentard dans la Grande Salle stupéfia Harry. Salazar était le propriétaire de l'école ! Celui qui pouvait demander des comptes aux enseignants ! Mais dans le salon de la Maison rouge et or, cette information provoqua une réaction bien différente. Les Gryffondors prenaient des paris avec ferveur sur le temps qu'il faudrait au directeur Dumbledore pour remettre le nouveau venu à sa place. Ce sorcier avait vanté la Maison Serpentard devant tous ! Sans son recours à la magie noire, les courageux Gryffondors lui auraient aussitôt montré qui dirigeait vraiment cette école !


Pendant ce temps, Harry devait faire face aux questions insistantes de Ron. « Où as-tu mis tes lunettes ? D'où viennent ces nouveaux habits ? Tu ressembles maintenant à un Malefoy » Les plaintes habituelles de Ron devenaient rapidement irritantes, comme toujours. En plus, Harry s'inquiétait beaucoup pour son amie.

— Hermione, tu ne penses pas, que ton emploi du temps est erroné ?

— Je peux tout gérer. Nous en avons discuté avec le professeur McGonagall.

— Mais, regarde, insista Harry. Sur ta liste tu as la Divination ce matin à neuf heures, et en dessous, également à neuf heures, l’Etude des Moldus.

Il se pencha plus bas sur le programme, n'en croyant pas ses yeux.

— La Numérologie est aussi à neuf heures. Bien sûr, tu es la plus intelligente d’entre nous. Mais pas au point de suivre les trois cours en même temps. Et franchement, je ne comprends pas pourquoi aurais-tu besoin d’étudier les Moldus ? Tu es déjà issu d'une famille des moldus. Ce serait plus logique, si tu étudiais les lois de la magie.

—  Je connais les lois. Je possède un livre du ministère.

— Je ne parle pas de lois laïques, mais de lois magiques ! Tiens, prends ça.

Harry fouilla dans son coffre et en sortit un livre enveloppé dans du papier journal.

— Mais je dois le rendre bientôt, alors lis-le rapidement. Mais voyons voir ! Hermione ! J'ai choisi la Numérologie et les Runes ! Pourquoi j’ai à la place la Divination et des Soins aux Créatures Magiques dans mon emploi du temps ?

— Je pense que tu dois aller le demander au professeur McGonagall. C'est peut-être une erreur !          

Plein d'indignation, Harry se rendit chez McGonagall. Seulement, cette démarche ne fut pas couronnée de succès.

— Désolé, Harry, mais ton emploi du temps est approuvé. Et tu ne peux pas le changer.

— Approuvé par qui, Professeur ?

— Par le Directeur Dumbledore !

« Encore le directeur ! - Mais pourquoi ? Pourquoi n'est-il pas satisfait des matières que j'ai choisies ? Peut-être parce que j'y apprendrai, au moins quelque chose, au lieu de perdre du temps ? Je vais devoir aller voir Maître Rogue. Peut-être qu'il me conseillera quelque chose... », pensa Harry en se rendant en traînant la patte à sa première leçon des Soins aux Créatures donné par Hagrid.


***


Le même jour, tard dans la soirée, Harry s’échappa du salon de sa Maison et sous la cape d'invisibilité, se glissa dans les sous-sols. Un coup timide à la porte de Maître Rogue, une minute d'attente angoissante et la porte s’ouvrit, en mettant fin aux craintes d’Harry d’être venu au mauvais moment. Le propriétaire des lieux, jeta un regard autour de lui, sourit et dit ironiquement :

— Potter ! Je vous donne dix secondes pour vous rendre visible ! Sinon je vous claque la porte au nez !

— Désolé, Monsieur ! prononça Harry en enlevant sa cape. Je ne voulais être vu par personne. Puis-je vous parler ?

— Entrez donc ! Alors, Potter, qu'est-ce qui vous amène chez moi ?

— Je voulais vous rendre les livres. Pas tous, à vrai dire. J'ai prêté « Les Lois de la Magie » à Hermione pour qu'elle le lise. Cela ne vous dérange pas, n'est-ce pas ? Je ne lui ai pas dit où j’ai trouvé ce manuscrit !

— Cela ne me dérange pas, Potter. Miss Granger est une sorcière très prometteuse. Et si vous parvenez à lui faire assimiler quelques vérités simples, le monde magique y gagnera. C'est tout ?

— Non, Monsieur. Je voulais aussi vous consulter. Le directeur Dumbledore a approuvé pour moi les cours facultatifs que je n'avais pas choisis ! Est-ce que cela peut être réparé, d'une manière ou d'une autre ?

— Quels cours ?

— La Divination et les Soins aux Créatures, mais j’avais demandé la Numérologie et les Runes !

— Mais ce sont des matières très complexes, Potter. Êtes-vous sûr de pouvoir y arriver ?

— Maître Rogue, même si j'obtenais qu’un « satisfaisant » pour ces leçons, ce serait mieux qu’un « très bien » pour des sottises !

— Oh, avez-vous appris à réfléchir, enfin, Potter ?

— Le fragment de l’âme de Voldemort est dans ma tête et ceci m’oblige à chercher les solutions et de raisonner.

Je sifflais comme un serpent.      

— Potter ! Ne prononcez jamais ce nom devant moi !

— Pourquoi, Monsieur ? Vous l'avez prononcé vous-même plus d'une fois !

— Regardez ! Je retroussai ma manche pour montrer le tatouage délavé d’un crâne. - Maintenant, répétez le nom !

— Voldemort ?

Devant les yeux d'Harry, le motif noir terne devint plus net et commença à pulser.

— Son nom agit comme un appel. Chaque fois que vous le dites devant moi, je ressens un inconfort.

— Désolé, Monsieur ! Je promets que je ne recommencerai plus !

— Potter ! Ne vous ai-je pas expliqué assez clairement qu’il ne fallait pas faire des promesses inconsidérées ?

— Toutes mes excuses, Monsieur, dit Harry, embarrassé. Je ne le ferai plus, tout simplement !

— Je profite de votre présence, pour vous transmettre le rapport sur vos finances que les gobelins m'ont envoyé ! Je vous recommande de le consulter ! 

Je posai devant Harry une enveloppe épaisse ornée du logo de Gringotts.

Harry déchira le papier et se plongea dans un monde de chiffres jusque-là inconnu de lui et difficilement compréhensible  : Reçus, intérêts, paiements, retraits... Tandis que Harry essayait de classer tout ça dans sa tête, on frappa à la porte de manière convenue. Après un coup d'œil à Potter immergé dans les finances, je déverrouillai la porte.

— Parrain ! J’ai reçu une lettre de mon Père et j'aimerais… 

Drago ne finit pas sa phrase, fixant son regard étonné sur mon invité. Potter, semblait être prostré au-dessus des documents.

— Héritier Potter, je ne m'attendais pas à vous voir ici ! dit Drago poliment, mais avec une pointe de sarcasme.

— Héritier Malefoy, moi non plus, je ne m'attendais pas à ce que vous rendiez visite à votre doyen à une heure aussi tardive, répondit Harry de manière semblable.

— Laissez-moi vous demander, quel incident a tellement retenu votre attention, que vous êtes resté éveillé si tard ?

Avec une curiosité mal dissimulée, Drago fourra son nez dans les livres de comptes.

— Oh, je vois que vous êtes alarmé par le fait, que les Weasley avaient eu la chance d'aller se reposer en Egypte à vos frais ?

Harry fronça les sourcils, mais trouva la force de demander :

— Et où est-ce que tu as vu ça ?

— Ici ! Mille deux cents galions pour une fête d'anniversaire ! Soit, vous, Héritier Potter, avez reçu des cadeaux pour ce montant, soit... Malheureusement le montant correspond exactement aux « gains » de la famille Weasley dans une loterie.

Potter fixa la ligne avec incrédulité. Mais les chiffres étaient impitoyables et ne voulaient pas se transformer en autre chose.

— Si vous rencontrez des difficultés avec ce rapport, je peux vous aider et conseiller ! Et c’est complètement gratuit. Pour ainsi dire, de l’entraide familiale, rigola Drago.

Harry leva les yeux et regarda son ancien ennemi.

— Où étais-tu avant, cousin ?

Drago renifla : 

— Je t'avais proposé mon amitié !  Mais tu avais refusé, choisissant Weasley plutôt que moi. Mais tu sais, je suis prêt à réessayer !

Drago s'approcha et tendit la main ouverte à Harry.

— Bonjour, je m'appelle Drago Malefoy ! Héritier Malefoy ! Êtes-vous Harry Potter ? J'ai beaucoup entendu parler de vous.

— Salut, répondit Harry en lui tendant la main. Je suis Harry Potter ! Héritier Potter. Il ne faut pas se fier à tout ce qu’on entend, il faut exiger des preuves !

À ces mots, les deux garçons éclatèrent de rire et se serrèrent la main.



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