SS ou le mensonge des fondateurs - traduit de russe - Auteur Zaraza Takaja

Chapitre 8 : Gringotts

2552 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 13/03/2024 16:20


La banque Gringotts était ouverte 24 heures sur 24. Harry l’apprit de Maître Rogue, quand la conversation tourna vers la situation financière de la famille Potter. Seulement, il espérait se contenter de correspondre avec la banque par hibou, mais il s’avéra qu'il devait se présenter en personne.

— Bonne nuit, le respectable gardien d'or ! salua Harry. Puis-je voir le gestionnaire des biens de la famille Potter ?

— De la part de qui ? demanda le gobelin avec mécontentement, en continuant de compter démonstrativement les pièces.

— Harold James Potter, héritier de la famille Potter !

— Un instant, Monsieur.

 Quelques minutes plus tard, un autre représentant du peuple gobelin entra dans la salle.

— Harold James Potter, héritier de la famille Potter, suivez-moi s'il vous plaît, annonça-t-il majestueusement et se dirigea dans le fond du bâtiment.

Le gobelin conduisit Harry dans son bureau, s'assit sur une chaise haute et prononça :

— Je suis Gripsec, le gestionnaire des biens de la famille Potter ! Et vous, si je comprends bien, vous êtes Harold James Potter, héritier de la famille Potter ?

— C'est moi, estimable Gripsec. J’ai eu quatorze ans et je désire accéder au statut d’héritier.

— Savez-vous, M. Potter, que pour accepter ce statut, la présence d'un tuteur ou d'un magicien adulte est nécessaire ?

— Oui, je le sais, honorable Gripsec, mentit Potter sans sourciller.

Il avait, depuis bien longtemps, appris à garder le « poker face » devant ses proches moldus et cette compétence se révéla maintenant très utile.

— Mais mon tuteur, Albus Percival Wulfric Brian Dumbledore, ne peut pas venir en raison de son emploi du temps chargé. Je veux demander l'aide d'un autre magicien. Seulement, je n'arrive pas à le contacter. Je n'ai qu'un numéro de téléphone moldu. Pourriez-vous l'inviter ?

— Qui sera votre garant ?

— Maître des potions Severus Rogue.

— Patientez, je vais vérifier... Gripsec plongea dans les livres. Ah, l'héritier de la famille Prince ! Un choix judicieux, c’est un excellent candidat. Je le convoquerai, mais s'il refuse d’être votre garant, alors je serai dans l’obligation de contacter votre tuteur...

Harry retint la respiration. « Les Ancêtres et la Magie, faîtes que le Professeur soit d’accord ! Aidez-moi ! Le directeur Dumbledore ne donnera jamais son consentement ! »

Dix longues minutes plus tard, Maître Rogue se rua dans le bureau.

— Potter ! Encore vous ! Qui d’autre pourrait me faire lever en pleine nuit !

— Toutes mes excuses, Maître, Harry se leva de sa chaise et s'inclina. Mais à part vous, je n'ai personne d'autre à qui s’adresser !

— Alors, vous avez décidé d’accepter le statut d'héritier ? Questionna Rogue

— Oui Maître. Et, en tant que futur héritier, je vous demande de devenir le « garant de la famille » !

— J'accepte !

Le rituel en lui-même ne nécessita guère de temps et se déroula avec une remarquable simplicité : vérification  du sang, confirmation de l'identité et du statut, puis invocation des ancêtres en les priant d'accueillir l'héritier et de lui conférer l'intégralité de ses droits.  Le garant de la famille attesta de la sincérité de ses intentions et s'engagea formellement à assurer la formation de l'héritier.  

Ainsi, le statut d'héritier devint un fait incontestable.

— Potter, en tant que garant, je vous conseille de changer la clé du coffre-fort et de demander la liste de toutes les dépenses sur les deux dernières années. Et aussi, exigez, pour tout retrait au-dessus d'un certain montant, une confirmation de l'héritier. Par exemple, pour le retrait au-dessus de cent gallions.

— Maître, je suis loin du monde de la finance, pouvez-vous me dire à quoi sert tout cela ?

— Héritier Potter, votre première clé circule entre des mains diverses depuis longtemps, alors qu'elle devrait être entre les vôtres. Il faut que vous sachiez où va votre argent. Il est préférable de demander un rapport par écrit. Les gobelins pourront l’adresser à moi. Et une fois le rapport arrivé à Poudlard, je vous le transmettrai. Et pour que personne sans votre accord ne puisse emporter un montant supérieur à cent gallions de votre coffre.

— Honorable Gripsec ! Faites ce que conseille le garant de la famille !

— Tout sera fait, Héritier Potter ! Je vous en prie, prenez votre nouvelle clé ! L'ancienne est annulée !

— Potter, prenez tout de suite le montant dont vous avez besoin. Ou, encore mieux, commandez un porte-monnaie sans fond lié à vous par la magie !

— Faites-le, Gripsec ! confirma Harry.

— Eh bien, maintenant, permettez-moi de prendre congé. Aujourd'hui, je veux trouver du temps pour dormir !

— Merci, Maître, de m'avoir accordé votre temps ! 

Potter s'inclina maladroitement, en raccompagnant Rogue.


Harry quitta Gringotts et se promenait le long du Chemin de Traverse lorsqu'une main se posa sur son épaule. En tournant la tête, il découvrit à qui appartenait cette extrémité qui l'étreignait fermement. Un frisson glacial parcourut son échine. C'était le ministre de la Magie – Cornelius Fudge.

— Harry, je suis heureux de t’avoir trouvé ! Viens vite, ici ce n'est pas le meilleur endroit pour discuter.

Fudge la conduisit au Chaudron Baveur. Tom, le propriétaire de l'établissement, les accompagna le long d'un couloir étroit jusqu'à un petit salon. D'un simple claquement de doigts, il alluma le feu dans la cheminée puis, s'inclinant respectueusement, se retira. Fudge indiqua alors à Harry un siège près de l'âtre.

— Assieds-toi, Harry.

Le garçon prit place. Le feu dans la cheminée flamboyait vivement, mais Harry avait la chair de poule. Fudge ôta sa robe de sorcier rayée, remonta légerment son pantalon couleur vert-bouteille et s'installa en face de lui.

— Harry, je suis le Ministre de la Magie - Cornelius Fudge.

Harry le reconnut. Il avait déjà vu Fudge, mais à l’époque garçon se cachait sous la cape d'invisibilité de son père, et Fudge n'était pas censé le savoir.

Tom apporta un plateau de thé et des toasts chauds, qu’il posa sur la table entre les convives, et sortit en fermant la porte.

— J'avoue, Harry, commença Fudge en servant le thé, nous étions tous très inquiets. Fuir ainsi de chez toi !!! Quitter tes proches de cette manière !!!! Dieu merci, il ne t'est rien arrivé !

Fudge beurra le petit pain et tendit l'assiette à Harry.

— Mange, Harry. Tu tiens à peine debout. J'ai des bonnes nouvelles. Tu veux savoir ce qu'en pensent ton oncle et ta tante ? Je ne vais pas te mentir, ils étaient très en colère. Cependant, il sont prêts à l'accueillir de nouveau l'été prochain. Mais les vacances de Noël et de Pâques tu devrais rester à Poudlard.

Fudge leva sa tasse et sourit affectueusement à Harry, comme à un neveu bien-aimé. Harry, surpris, ne put prononcer un mot. Puis il retrouva sa voix :

— Je reste toujours à Poudlard pendant les vacances de Noël et de Pâques. Et je n’ai pas du tout envie de retourner à Privet Drive!

— Ne dis pas ça, Harry. Tu es juste inquiet, dit Fudge, perplexe. Ce sont tes proches parents. Je n'ai aucun doute qu'au fond vous vous aimez. Réfléchissons maintenant à l’endroit où tu vivras pendant les deux dernières semaines des vacances. Je te suggère de rester au Chaudron Baveur.

Fudge toussota soudainement et enfila sa robe rayée.

— Ce n’est pas tout, mais je dois partir. Les affaires n’attendent pas, tu comprends.

Harry passa le reste des vacances dans le Chaudron Baveur, en observant avec intérêt et dégoût les locataires qui y séjournaient : de drôles de petites sorcières venues de province pour faire du shopping, des magiciens échevelés et frustes. 

« Par Merlin, quelle pitié ! Et l'on appelle cela l'Angleterre Magique ! » À présent, il saisissait pleinement ce que Maître Rogue expliquait concernant l'apparence des sorciers : elle reflétait véritablement l'étendue de leurs capacités. « Et le professeur se lamente de ses serments qui le consument ! Mais comparé aux habitués du Chaudron Baveur, il resplendit comme un Malefoy face aux Weasley ! », songeait-il.


Et tout ce petit monde parlait de Sirius Black : « Je ne laisserai pas mes enfants quitter la maison jusqu'à ce qu'il soit renvoyé à Azkaban !! » Tel était l’avis général.


Harry acheta les manuels scolaires selon la liste, les étudia, ainsi que les livres ancestraux et le Code de l'Héritier Potter, qu'il avait pris à la banque.


Un jour, lorsqu’il marchait dans la rue, complètement perdu dans le temps, il entendit soudain :

— Harry ! Harry !!!

Il se retourna. Les voilà ! Ron, le visage parsemé de taches de rousseur, Hermione arborant un teint hâlé, tous deux installés à une table du café de Florian Fortarôme, lui adressaient des signes de main avec enthousiasme. Réprimant une grimace face au flot de souvenirs qui l'assaillait, Harry prit place aux côtés de ses amis.

— Ce n’est pas trop tôt ! sourit Ron. Nous sommes passés au Chaudron Baveur, mais ils nous ont dit que tu n’étais pas là. Alors, nous nous sommes rendus chez Flourish et Botts, et Madame Malkin, et...

— Oui, j'ai déjà tout acheté depuis la semaine dernière, expliqua froidement Harry. Comment avez-vous su que j'étais au Chaudron Baveur ?

— Papa me l'a dit, répondit Ron. Il travaille au ministère de la Magie et a entendu parler de l'incident

Il s'avéra que Ron et Hermione prirent également des chambres au Chaudron Baveur. Cette situation contraria fortement Harry, résolu à étudier les ouvrages de sa famille et appréhendant que l'exubérante famille Weasley ne l'en empêche. Effectivement, ils ne lui accordaient pas un instant de solitude, malgré ses demandes répétées. Finalement, il renonça à ses efforts. Les Traîtres à leur sang, impossible d'y remédier.

Les jours qui suivirent, Harry entendit des rumeurs surprenantes : 

« Sirius Black recherche Potter, c’est clair »

« Fudge est heureux que Harry soit en vie et autorise le garçon se promener uniquement sur le Chemin de Traverse »

« l’Administration fournira deux voitures du Ministère le jour de la rentrée, pour que les Weasley puissent s'occuper de l’élu jusqu'à ce qu'il monte dans le train. »


***



Allongé sur le lit de sa chambre au Chaudron Baveur, Harry réfléchissait. Étrangement, il n'éprouvait aucune crainte, bien que Black, ce criminel ayant ôté la vie à treize personnes par le passé, fût à sa recherche. « Par Merlin ! Une fraction de l'âme de Voldemort est logée dans ma tête — voilà qui est véritablement terrifiant ! En comparaison, Black franchement, fait pâle figure ».


Le jour de départ, dans la matinée, Monsieur Weasley conduisit Harry vers la première des deux vieilles voitures vert foncé, prêtées par le Ministère. Les voitures étaient conduites par des sorciers vêtus en costumes de velours émeraude, pour passer « inaperçues ».

« Merlin et Morgane ! Ne pouvaient-ils pas, tout simplement, sortir dans le Londres moldu pour observer ce que les gens portent ! Ou consulter les nés-moldus ! Quelle misère ! Et ce sont des employés du Ministère ! », rumina Harry

Ils arrivèrent à la gare vingt minutes avant le départ du train. Les chauffeurs leur trouvèrent des charrettes et chargèrent leurs valises. Puis, ils dirent au revoir à Monsieur Weasley en touchant leurs casquettes et repartirent dans les voitures, qui se faufilèrent, d'une manière miraculeuse dans le tout début de la longue file d’attente devant le feu tricolore.

Un instant, et les enfants furent sur le quai 9 3/4, ou Poudlard Express attendait les voyageurs. La locomotive écarlate soufflait des nuages ​​de fumée, qui enveloppaient la plate-forme pleine d'enfants et de sorciers les accompagnant. Harry espérait que dans le train on le laisserait tranquille.

Harry, Ron et Hermione marchèrent le long de la travée à la recherche d'un compartiment libre,  la chance leur sourit tout au bout de la voiture.


Dans le compartiment se trouvait un unique passager assoupi près de la fenêtre. Le trio pénétra dans l'espace. Étrange. Le Poudlard Express était exclusivement réservé aux élèves et, hormis la sorcière proposant des friandises, ils n'y avaient jamais rencontré d'autres adultes. L'homme arborait une robe usée et raccommodée, semblait souffrant et émacié, mais relativement jeune malgré sa chevelure grisonnante.

Les écoliers entrèrent en fermant la porte derrière eux et s’installèrent loin de la fenêtre.

— Qui est-ce ? Murmura Ron.

— Professeur R.J. Lupin, ne tarda pas à répondre Hermione.

— Comment le sais-tu ?

— Regarde sa valise. C’est écrit dessus. 

Elle montra l’étagère au-dessus de la tête de l’homme.


Dans l'après-midi, la pluie se mit à tomber, les silhouettes estompées des collines ondulaient devant la fenêtre tandis que les enfants commençaient à leur tour à sombrer dans une douce somnolence.

Ils furent tirés de leur sommeil par les pas dans le couloir, qui stoppèrent pile devant le compartiment. Un trio de leurs « ennemis jurés » apparut à la porte : Drago Malefoy, Vincent Crabbe et Gregory Goyle.

— Qui vois-je ? dit Malfoy, comme d’habitude, en étirant paresseusement les mots. La Puce et le Renard ! 

Il ouvrit plus grand la porte. Crabbe et Goyle rirent à l'unisson.

— J'ai entendu dire, Weasley, que ton père, pour une fois, avait gagné beaucoup d'or, commença Malefoy. Par hasard ta mère ne serait-elle pas morte de joie ?

— Héritier Potter, Drago fit disparaître son sourire narquois et baissa poliment la tête en apercevant Harry.

— Héritier Malefoy, répondit Harry sur le même ton.

— Je n'ai pas l'intention de tolérer ça Malefoy ! Encore un mot sur ma famille, et ta tête 

...Ron fit l’air de frapper sauvagement un opposant invisible.

Mais en ce moment, le train tressaillit et s'arrêta. Les bagages tombèrent des étagères, et soudain, toutes les lumières s’éteignirent et le train fut plongé dans l’obscurité totale.

La porte du compartiment s'ouvrit, dévoilant une silhouette drapée d'une cape, dont la tête frôlait le plafond. Le visage de l'inconnu demeurait entièrement dissimulé sous sa capuche. Harry ressentit un haut-le-cœur lorsqu'il aperçut la main de cette entité qui dépassait de l'étoffe. Cette extrémité luisante, d'une teinte grisâtre, recouverte de sécrétions visqueuses et de croûtes, évoquait celle d'un cadavre ayant séjourné trop longtemps dans l’eau. 

La main ne fut visible qu'un bref instant : la créature parut percevoir le regard de Harry et s'empressa de dissimuler son appendice dans les replis du tissu sombre. L'être encapuchonné émit alors un son prolongé et sifflant, mi-râle mi-souffle, comme s'il cherchait à aspirer, au-delà de l'air, tout ce qui l'environnait. Les occupants du compartiment se trouvèrent soudain plongés dans un froid polaire. La respiration de Harry se figea. Le givre s'infiltrait sous son épiderme, progressant dans sa poitrine jusqu'à atteindre son cœur.

— Chhhefff…..Bossss …. ! Murmura doucement le quidam. – Bosss…., nous vous attendions depuis si longtemps...



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