SS ou le mensonge des fondateurs - traduit de russe - Auteur Zaraza Takaja

Chapitre 3 : Maître Serpentard

1498 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 08/03/2024 18:05

« Un ingrédient bien préparé représente la moitié du succès. Un ingrédient rare correctement préparé en constitue même les deux tiers. Le problème, c'est que la connaissance seule ne suffit pas, il faut aussi maîtriser la technique. Cela demande de l'expérience, de la concentration et une main assurée. Potter ne possédait aucune de ces qualités. Je me demandais donc, en contemplant avec désolation la dépouille du basilic, où je pourrais bien l'affecter pour qu'il provoque le minimum de dégâts. »

Et je n’avais aucun doute sur le fait que des dégâts il va en causer. Au cours des deux dernières années, j'avais plutôt bien analysé ce nigaud. Potter, tout en ayant de bonnes capacités naturelles, ne voulait catégoriquement pas réfléchir par lui-même. Et il y avait deux raisons à cela : Granger et Weasley. La première me faisait penser à McGonagall par son air d’intello ennuyeuse. Elle s’était autoproclamée « le cerveau » du Trio d’Or, privant les deux autres de droit à la parole, sous le prétexte qu'elle « savait tout ». Quant au second, il s'agrippait à Potter comme un boulet, l'empêchant de progresser davantage.

Ce qui m'irritait le plus était l'attitude de Potter. Il ressemblait à une merde d'hippogriffe, dérivant au fil de l'eau sans même se donner la peine de pagayer. Et dans quel but ? Granger lui indiquerait les zones périlleuses tandis que Weasley l'aiderait à s'y enfoncer. Dumbledore, non content d'observer cette situation, semblait même l'encourager. Pour quelle raison ? Pourquoi avait-il besoin d'un Potter incompétent, dépourvu d'intelligence et paradoxalement trop sûr de son impunité ? Enfin, tout cela est fort bien... Mais, par Merlin, Mordred et Morgane, où vais-je donc pouvoir le caser ? »

— Potter ! hurlai-je si fort que le pauvre garçon tressaillit et bondit sur place. Ne croyez surtout pas que votre Retenue se limitera à observer mon travail, vous vous fourvoyez complètement ! Prenez le couteau en argent numéro un et commencez immédiatement à écorcher la queue par segments ! 

— Pardonnez-moi, Monsieur, mais je n'ai pas de couteau... 

— Potter ! Par chance pour vous, j'en possède un ! Dois-je vraiment vous expliquer ce qu'est le dépouillage segmentaire ? demandai-je avec ironie. 

— Eh bien, c'est une méthode pour retirer certaines parties... 

— Potter ! Un segment n'est pas simplement « une partie » ! C'est un morceau de chair physiquement rattaché ! Est-ce suffisamment clair ?! 

— Oui, Monsieur... bêla cette erreur de la nature. 

— Alors, au travail !

Hmmm ! L’animal était lové sur lui-même sa queue reposant près de sa tête.  C'était idéal. Je pouvais donc contrôler le processus. Sans cela, cet imbécile magique, aurait privé Poudlard de la moitié de la peau du basilic. Dans l'ensemble, Potter ne faisait que me gêner. Mais, en le gardant avec moi, je pensais à l'avenir. Impossible de découper la créature en une seule journée. Je devrais donc y retourner plusieurs fois, et j'avais besoin de quelqu'un pour déverrouiller le passage. Je détestais solliciter de l'aide, préférant exploiter les circonstances à mon avantage.

— Potter ! Mais Que faites-vous ?! J'ai dit : pelage de façon segmentaire, et pas n’importe comment !

Cet imbécile magique réussit d’endommager le tractus gastro-intestinal et fut entièrement recouvert des restes du dernier repas du basilic.

— Potter ! gémis-je pratiquement.

— Désolé Monsieur...

— Excuro ! 

Un léger mouvement de baguette et ses vêtements reprirent leur aspect d'origine. 

— Je ne pense pas, Potter, que vous ayez les moyens de vous offrir une nouvelle tenue tous les jours !

— J’en ai… Je les ai  ! s'exclama Potter, par esprit de contradiction

— Eh bien… Et bien, c’est pour cela que vos vêtements ressemblent à ceux d'un SDF ! Prenez-vous exemple sur Monsieur Weasley ?

Je ne savais pas pourquoi, mais j’avais envie de le secouer. James avait été un « golden boy » très soigné et immensément fier de ses nobles origines. J'attendais la même chose de Harry, mais étrangement, Potter semblait, en permanence être vêtu des guenilles. Cela me faisait enrager.

— Désolé, Monsieur !

Et ce fut tout, ce que réussi à bêler cette erreur de magie « désolé Monsieur » Sans blague ? Et rien de plus ? Pas de fanfaronnade, pas d'arrogance, pas de la mention de son statut d’élu et de la dette de monde entier envers lui ? Je regardai avec surprise ce... ce magicien.

— Potter ! Votre apparence est essentiellement votre "carte de visite" - c'est sur cette base qu'on évaluera vos compétences de magicien ! Souhaitez-vous passer pour un incompétent ?!

— Et vous, Monsieur ?

— Quoi Moi, Potter ?

— Votre apparence ! Savez-vous au moins à quoi vous ressemblez ?

— Pouvez-vous m’éclairer, Potter ? souris-je.

— On vous traite de « bâtard aux cheveux gras » ! cria-t-il en se recroquevillant, comme s'il s'attendait à recevoir des coups.

— « Bâtard », Potter, juste pour que vous le sachiez, c'est le fils illégitime d'un noble magicien ! Ce n’est pas seulement un gros mot. Et dans mon cas, c’est plutôt justifié. Oui, je suis un Bâtard ! Maintenant, que vous êtes au courant, cette connaissance vous rend-elle plus heureux ?

— Non, Monsieur...

— Et pourquoi ?

— Je ne sais pas, Monsieur. Mais c’est dégueulasse d’insulter une personne à cause de ses origines. On ne choisit pas ses parents.

— Oh, Potter, vous savez réfléchir ?! C'est une révélation pour moi ! Et bien, vous-même... est-ce que vous vous sentez être de la noblesse ?

— Non, Monsieur !

— Et pourquoi ? Votre père était l’héritier d'une ancienne famille ! Et vous-même, vous êtes le futur Lord Potter ! Qu'est-ce vous gêne ?

— Je ne suis pas un Lord, Monsieur...

— Qui vous a dit ces bêtises ? Vous êtes l'héritier Potter ! Considérez ce titre. Aujourd'hui, vous m'avez convaincu que vous êtes capable de réfléchir. Sans Granger et Weasley, qui parasitent sur votre nom ! raisonnez par vous-même !...Et c’est suffisant pour aujourd'hui, je vous retrouve demain à dix heures, près du lavabo des toilettes de Mimi Geignarde ! Et gardez vous bien d’être en retard ! Je vous rappelle : Vous êtes en Retenue !!

 

***


Je rangeais les ingrédients obtenus jusque tard dans la nuit. Notre butin de premier jour représentait déjà un dixième du montant total de financement de l'année. Et si nous parvenions à débiter soigneusement le basilic entier, cela constituerait la moitié du budget annuel de Poudlard !

Le lendemain, Potter fut plus ponctuel que jamais auparavant. A mon arrivée dans les toilettes il m’y attendait déjà. Cette fois-ci, sans tester ses connaissances, je proposai à Potter d'utiliser un ensemble de sorts prêts à l'emploi. Et quelques minutes plus tard nous fûmes de retour dans le sacro-saint du Salazar Serpentard.

Un basilic mort, ce n’était pas si mal. Mais à part ça, je m'intéressais au système en entier. Par conséquent, avant de commencer la découpe, nous fîmes le tour de la pièce.

— Potter, que pensez-vous de cet endroit ?

— Qu'est-ce qui vous intéresse, Monsieur ?

— Vos impressions.

Potter hésita :

— Il me semble, Monsieur, qu’il y a plus de la place ici, qu’il en faut pour un basilic…

— Argumentez !

— Ces rampes conviennent tout à fait aux reptiles, mais les marches sont clairement destinées aux humains ! Monsieur !

— Bien ! Et vous en concluez ?

— Il doit y avoir une autre porte ici !

— Et où ?

— Ici, par exemple ! 

Potter pointa son doigt vers une arche discrète. « Ouvre-toi », siffla-t-il en Fourchelang, et la pierre monolithique se déplaça sur le côté.

Pendant quelques secondes, nous regardâmes avec incrédulité le passage. Il était clair que Potter lui-même ne s’attendait pas à un tel résultat. En qualité d’aîné et plus expérimenté je pris la situation en main et ouvrit la marche avec prudence.

Une pièce apparut sous nos yeux. Tout était aux couleurs de Serpentard : le gris, le vert et l'argent. Au milieu de toute cette splendeur, sur un lit immense, gisait un homme endormi. Et, avant que je puisse l’arrêter, Potter, avec son insouciance habituelle, posa sa main sur le front du gisant.

— Monsieur, il est vivant ! s'exclama cette erreur de la nature. Il est tiède et son cœur bat !

— Bravo, Potter ! Et savez-vous qui c'est ?

L'homme endormi soudain répondit à sa place :

— Salazar Serpentard, à votre service ! Puis-je savoir qui êtes-vous, Maître, qui accompagne mon héritier ? 

Salazar, visiblement, s’adressa à moi, car j’étais vêtu de la Robe de Maître des potions. Mais alors l’héritier c’était Potter ?!!!!

— Harry, éloigne-toi du corps ! commandai-je

— Pas besoin, Maître. Je ne ferai pas de mal à mon descendant ! répondit l'inconnu.

Ou, peut-être, quelqu’un de très connu, voire célèbre ? Salazar Serpentard lui-même ?


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