SS ou le mensonge des fondateurs - traduit de russe - Auteur Zaraza Takaja

Chapitre 2 : la Chambre des Secrets

1891 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 08/03/2024 17:23

« Hm-oui. Quel humour bizarre pousse quelqu'un à placer l'entrée de la Chambre des Secrets dans les toilettes des filles ? », me dis-je en contemplant avec répulsion le lavabo écarté et le tuyau crasseux qui s'enfonçait en dessous. 


— Je présume, Potter, que c'est la seule entrée dont vous avez connaissance ? demandai-je fort à propos. 

— Mais, Monsieur, bêla cette aberration ambulante. C'est la seule entrée. 

Je retins mon souffle pendant cinq secondes, puis expirai doucement, combattant l'impulsion irrésistible de gifler ce "petit malin".

— Potter, si vous daigniez réveiller votre cerveau, ne serait-ce qu'un instant, même dans votre esprit peu encombré de réflexions, une évidence s'imposerait. Ce conduit, dis-je en désignant le tuyau, est conçu pour le passage des reptiles. Pas des humains !

— Hum, comme c'est intéressant, murmura Dumbledore en s'asseyant près du trou. 

Il y jeta un coup d'œil, passa la main dans sa barbe et sourit à ses pensées. 

— Je crois bien que je vais tenter l'aventure !  

Rassemblant les plis de sa robe lilas décorée de papillons scintillants, le plus puissant sorcier de son époque sauta dans l'ouverture avec l'enthousiasme d'un enfant.  


— À vous, Potter ! ordonnai-je.  Le garçon obéit sans discuter et suivit le directeur dans le trou.  


« Et voilà nos fameux magiciens ! Le glorieux passé et l'avenir prometteur de l'Angleterre ! Que Merlin nous préserve des imbéciles ! »


En quelques secondes, je combinai les sorts de manière non verbale : le Locomotor*, Impedimenta** et Impervius***, afin d'éviter tout contact avec le mucus des parois, puis je m'engageai à mon tour dans l'orifice. Glisser dans ce conduit s'apparentait à une descente interminable sur des montagnes russes, plongées dans l'obscurité et tapissées de substances visqueuses. Des ramifications s'ouvraient sur les côtés, mais aucune n'égalait la largeur du canal principal qui plongeait abruptement.  


Je jaillis hors du tuyau et, grâce aux sortilèges, me posai délicatement sur le sol. Ma précaution de me protéger s'avéra judicieuse. J'aurais risqué d'être entièrement souillé de boue, sort qui n'avait pas épargné Potter. Sous mes pieds, quelque chose émit un craquement des plus déplaisants.

 « Squelettes de rats », grimaçai-je mentalement.


Durant ce temps, Dumbledore réajusta sa tenue avec soin. Nous entamâmes notre progression dans le tunnel, éclairé par un puissant Lumos maxima invoqué par le directeur. Harry laissait derrière lui des traces boueuses. En effet, le directeur avait pris soin de nettoyer ses propres vêtements, sans toutefois prêter attention à l'état du gamin. Albus et Potter avançaient en conversant au sujet de Tom Jedusor. Je n'écoutais pas délibérément, mais au fil des années, cette habitude profondément ancrée de maintenir tout sous surveillance avait laissé son empreinte. Ma main se dirigea instinctivement vers mon avant-bras, et ce ne fut que par un intense effort de volonté que je parvins à interrompre ce geste.


J'aperçus au sol la mue du serpent géant, vieille et desséchée, tout juste bonne pour des potions de qualité médiocre. Plus loin se trouveraient sûrement des ingrédients plus précieux : le basilic entier, par exemple. « Du poison, du sang, de la peau, des crêtes !  combien ça peut valoir ?!  Et si on le découpait avec précision, sans endommager les glandes salivaires et venimeuses... Ah, un rêve ! »


Le tunnel que nous empruntions tournait sans fin. Après un dernier virage, nous découvrîmes devant nous un mur lisse orné de deux serpents sculptés, enroulés en anneaux, leurs têtes dressées, avec d'immenses émeraudes scintillantes en guise d'yeux.

— Encore une porte ? N'as-tu pas craint de venir jusqu'ici, Harry, mon garçon ? 

— Mais Ginny s'y trouvait ! Je devais la secourir ! s'écria le garçon d'un ton pathétique. 

— Vous feriez mieux de secourir vos vêtements, Potter. Excuro ! 

Un geste souple de sa baguette, les habits souillés de Potter retrouvèrent leur état initial. Potter s'avança vers la porte et s'immobilisa, comme paralysé par l'appréhension de l'ouvrir. 

— Fais preuve de courage, mon garçon. Tu n'as plus rien à redouter, l'encouragea Dumbledore d'une voix bienveillante et apaisante. 

Potter laissa échapper un soupir. 

— Ouvre-toi ! commanda Harry dans un sifflement grave.


Séparant les serpents, une brèche se forma et les segments de murs qui en résultèrent glissèrent avec fluidité sur les côtés.  Une fois l'ouverture franchie, nous nous trouvâmes au seuil d'une vaste salle baignée d'une faible luminosité. Des colonnes ornées de serpents de pierre entrelacés s'élançaient vers un plafond qui se dissipait dans les ténèbres, projetant de longues ombres sombres à travers cette pénombre aux teintes verdâtres. L'espace était illuminé par une vingtaine de torches enchantées. Chacun de nos pas engendrait un écho qui se répercutait contre les parois, traversées par des ombres mouvantes.  Au-delà de l'ultime paire de colonnes, adossée au mur du fond, se dressait une statue colossale qui s'élevait jusqu'à la voûte. 


— Salazar Serpentard, prononçai-je à voix basse, presque en un souffle.

En effet, Potter ne s'était point fourvoyé. Il s'agissait véritablement de la Chambre des Secrets du Fondateur. Un authentique prodige, pour ce personnage écervelé qu'était Potter. Il aurait tout aussi bien pu nous conduire vers le dépotoir de Hagrid, plutôt qu'au sanctuaire de Serpentard.  


Au pied même de la statue reposait la dépouille colossale d'un basilic : d'immenses orbites désormais vides, la gueule béante d'où émergeait une unique défense venimeuse, sans trace de la seconde.  


Potter s'immobilisa près de la dépouille. La tête du basilic était monumentale, atteignant presque la stature d'Harry lui-même.


« Par Merlin ! Comment ce "petit malentendu sur pattes" a-t-il pu affronter le roi des serpents ?! Un simple coup de queue du reptile, et Potter aurait été projeté contre le mur et réduit en bouillie ! Même l'épée de Gryffondor n'aurait pas suffi à le sauver. Cela nécessite un sang-froid extraordinaire et une chance inouïe ! » 


— Nous devons tout inspecter minutieusement ici, déclara Dumbledore d'un air pensif, jetant un regard pénétrant par-dessus ses lunettes en demi-lunes. - Harry, mon garçon, je te demande de ne toucher à rien jusqu'à ce que le professeur Rogue ou moi-même t'en donnions l'autorisation. Il pourrait y avoir de nombreux objets dangereux, et je ne voudrais vraiment pas que tu sois blessé.


« Quelle inquiétude et préoccupation dans cette voix ! Mais où était cette même inquiétude quand des enfants subissaient des attaques dans ton école, ou lorsque Potter et Lockhart sont venus ici ! Pfft, Lockhart... quel genre de professeur de Défense a-t-on recruté là ! Même Rusard aurait été plus efficace ! » 


— Très bien, Monsieur le directeur Dumbledore, puis-je m'asseoir ici ? 


— Certainement, Harry. Ce ne sera pas long. Severus, commençons.


Je compris aussitôt où Albus se dirigeait. La bouche ouverte et la barbe de la statue formaient des marches assez pratiques pour qu'une personne puisse y monter. Cette configuration n'était visiblement pas destinée au basilic, ce qui laissait penser que l'accès menait à un endroit précis utilisé par des humains. 

Mon intuition était juste. La bouche de la statue nous conduisit à un cabinet de travail : un grand bureau en bois massif recouvert d'un tissu vert, un fauteuil confortable et des bibliothèques. Des bibliothèques vides ! Seule une fine couche de poussière indiquait que des livres s'y trouvaient autrefois. La déception qui se dessina sur le visage de Dumbledore fut comme un baume apaisant pour mon cœur.


« Alors, Vieil homme, tu espérais garder pour toi seul les notes personnelles de Salazar Serpentard ? » pensai-je avec délectation. 


— Severus, mon garçon, qu'en dis-tu ? C'est bien un bureau de travail. Mais où sont donc passés tous les livres et les manuscrits ? 

— Tom Jedusor. Il connaissait cette pièce et l'a manifestement visitée. Le journal avait d'ailleurs guidé Miss Weasley jusqu'ici. Et Tom se proclamait héritier de Serpentard. D'après Potter, il commandait aussi le basilic. Les étagères sont poussiéreuses, mais nettement moins que les autres meubles. Je crois qu'il a emporté toutes les notes quand il a quitté Poudlard. 

— Quel dommage, quelle tristesse. Des ouvrages uniques tombés en de si mauvaises mains. Eh bien, nos espoirs ne se sont malheureusement pas concrétisés. Ou peut-être est-ce mieux ainsi. Posséder une telle littérature représente un danger considérable. Continuons nos recherches, mon garçon, pour voir si nous découvrons autre chose.


Un examen plus minutieux ne révéla aucun élément supplémentaire. La salle inférieure, avec son dallage de pierre poli et son bassin, était manifestement conçue pour accueillir le reptile. L'eau croupissante et verdâtre du bassin témoignait de l'existence passée d'un système d'écoulement, désormais obstrué, ne laissant filtrer qu'un filet d'eau insignifiant.  Nous consacrâmes près d'une heure à explorer méticuleusement les lieux, sans découvrir ni passage secret additionnel, ni trésor quelconque, exception faite des émeraudes ornant les yeux des serpents. Force était de constater que la relique la plus précieuse de la Chambre des Secrets demeurait le basilic lui-même.


— C'est bien dommage, soupira Albus. Néanmoins, nous pouvons désormais avoir la certitude que la Chambre des Secrets ne présente aucun danger. — Fumseck !


Un instant plus tard, cet oiseau de malheur fit son entrée dans la pièce. Ce volatile possédait un tempérament aussi détestable que sa pupille. En effet, le directeur n'était autre que la Pupille de Fumseck ! Albus pouvait bien essayer de « faire prendre des vessies pour des lanternes » aux autres, mais pas à moi. J'étais parfaitement conscient qu'un phénix, créature magique s'il en est, ne pouvait être réduit au statut de simple familier. Il appartenait exclusivement à Poudlard et prenait sous sa protection chaque directeur pour la durée de son mandat.


— Je pense qu'il est temps de rentrer, dit Dumbledore. 

— Et le basilic ? demandai-je avec sarcasme. Qui s'en occupera ? 

— Severus, mon garçon, tu as toi-même affirmé que c'était un travail très méticuleux. Je suis certain que toi, en tant que maître des potions, tu sauras parfaitement gérer un tel ingrédient. 

— J'accepte. Mais Potter reste avec moi ! 

— Mais pourquoi, Directeur Dumbledore ? s'indigna le garçon. 

— La retenue, Potter ! devançai-je Albus. 

— Pourquoi, Monsieur ?! Potter bondit de sa place. 

— Pour avoir détruit une créature magique particulièrement rare appartenant à l'école ! Trois jours de retenue pour le basilic ! 

Je sifflai presque en Fourchelang, observant avec satisfaction l'expression indignée sur le visage de Potter se transformer en résignation.


Notes  :

* Locomotor - un sort pour déplacer une personne dans les airs.

** Impedimenta est un sort de freinage.

*** Impervius est un sort hydrofuge.



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