SS ou le mensonge des fondateurs - traduit de russe - Auteur Zaraza Takaja

Chapitre 4 : L'Horcruxe

1949 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 09/03/2024 15:23

Pendant ce temps, le magicien se leva du lit et regarda autour de lui avec perplexité. Moi, je réfléchissais fébrilement. Naturellement, je ne crus pas du tout, que le légendaire fondateur Salazar Serpentard était devant moi. L’inconnu avait l’air bizarre : des vêtements démodés, de longs cheveux noirs, des ongles noirs et une peau incroyablement pâle. Ses yeux de serpent jaune vif avec une pupille verticale examinèrent attentivement la pièce.

Il ne ressemblait en rien au portrait du Fondateur accroché dans la salle commune des Serpentards. Il n’eut rien d’un vieillard millénaire, il paraissait avoir vingt-cinq, trente ans tout au plus. Donc, un magicien inconnu et potentiellement dangereux, s’introduisit dans une école pleine d’enfants.

Inspiration-expiration, un mouvement discret de la main et le bâton magique, fixé dans ma manche, tomba dans ma paume ouverte.

Je me plaçai sur le côté, position parfaite pour attaquer. Sans révérence ni protocole : je me préparais au combat, non à un duel. Sa baguette restait invisible. Excellent. Il perdrait donc quelques précieux instants à la dégainer. « Immobiliser, attacher, interroger ». Malheureusement, Potter se trouvait sur mon chemin. Si seulement, il avait eu assez de bon sens pour ne pas se placer sur la trajectoire des sortilèges !

— Potter ! à moi, vite !

— Mais, Monsieur... commença-t-il, sans avoir le temps de terminer. 

Un rapide Glisseo* non verbal et le sol sous les pieds de Potter devint lisse comme de la glace. Un geste maladroit propulsa le garçon dans les airs, qui renversa au passage une petite table ronde. Oh oui, Potter, en qualité de manœuvre de diversion, fut incomparable. Et quand le magicien inconnu se tourna, je lui lançai une combinaison de Petrificus Totalus, Confundo, Incarcerem.**

 Hmm, j'avais presque réussi. « Salazar », au dernier moment, guidé par son instinct, quitta la ligne d'attaque, en léger mouvement de glissement. Seul Incarcerem le rattrapa partiellement et une corde s’enroula autour de ses jambes. Le temps me manqua pour répéter la combinaison des sorts, tous mes muscles se raidirent et je m’effondrai sur le sol.

L'inconnu fit retomber les cordes d'un léger mouvement de la main.

— Bravo, Maître. Vous avez presque réussi à me surprendre. Soit, vous êtes très adroit, soit, j'ai perdu la forme. Mais je ne comprends pas la cause de votre attaque. Je ne vous ai pas menacé.

Il s'approcha de moi et me regarda avec ses yeux ophidiens. Là, ce fut une erreur de sa part. Je n’étais peut-être pas capable de bouger ou de parler, mais j’avais un atout dans ma manche. J'accrochai son regard et “Legilimens !” Je fis l’irruption dans la conscience de l’étranger, sans me soucier de son bien-être. Ma tête, comme d’habitude, explosa presque de douleur .

« Qui es-tu ? »  J’explorai sa mémoire comme une ménagère vide un poulet. « Que l’hippogriffe me bouffe ! c’est vraiment Salazar Serpentard » À la seconde même, une force monstrueuse m'expulsa de sa tête. Sous ce coup mental je perdis instantanément connaissance.

 Je repris mes esprits assis sur une chaise confortable.

— Êtes-vous réveillé, Maître Rogue ? Parfait. Comment vous sentez-vous ? demanda Salazar d'une voix délibérément attentionnée.

— Pas trop mal. Mais si je pouvais récupérer la capacité de bouger, je me sentirais beaucoup mieux.

Soudain, il rit. Pendant ce temps, j'observai la pièce, elle était exergue, comportant une cheminée, une vieille armoire et un bureau jonché de papiers. Potter était assis sur la chaise d'à côté et restait silencieux, une main posée sur sa bouche. Ses lèvres étaient fendues. Cette blessure ne provenait pas de sa chute, la marque cramoisie étant trop longue et fine. Elle ressemblait davantage à la trace d'un fouet ou d'une canne. Peut-être celle-là même que Serpentard tenait entre ses mains.

Je haussai un sourcil de surprise, regardant tour à tour Potter et le sorcier. Serpentard sourit, et prononça

— Nous avons eu une petite discussion avec Monsieur Potter. Votre élève a été assez irrespectueux dans ses propos. J'ai dû le calmer. Mais maintenant, je désire vous parler. Je comprends déjà pourquoi vous m'avez attaqué. Néanmoins, j'aimerais entendre votre version.

— Un magicien inconnu dans une école pleine d’enfants dont j'ai la responsabilité. Et vu les événements récents... je n'avais pas le droit de prendre des risques. Eh bien, ma liberté limitée me montre que vous pensez exactement de la même manière.

Serpentard fit pensivement le tour de la pièce.

— Mille ans... Mille ans ! Pourquoi... Même mon pauvre Saashess était devenu fou durant cette période. Maître Rogue, il se tourna soudainement vers moi. Vous êtes le doyen de ma faculté, et vous ne m'aviez pas reconnu ? Vraiment ?

— Hélas. Vous ne ressemblez pas du tout au portrait accroché dans la salle commune.

— Alors c'est comme ça... Mais ils savaient... Alors, ils ont décidé de m'effacer de l'histoire ? Ils ont même changé le portrait pour éliminer jusqu'à mon souvenir. Ils ne pouvaient pas entrer ici, alors ils ont tout simplement scellé la pièce, la transformant en tombe. Eh bien, apparemment, nous devrions « remercier » le directeur actuel d’avoir tellement affaibli les défenses de Poudlard que même les sceaux des Fondateurs sont  tombés !

— Le remercier ? Ça ne vaut pas le coup. Il ne comprendra pas.

Je regardai Potter avec surprise. Contre toute attente, il ne se précipita pas pour défendre Dumbledore, qui était mentionné d’une manière si négative. Mais il restait assis en silence et se contenta de nous foudroyer du regard. On pouvait penser qu’il était sous le coup de Silencio.

— Maître Rogue, racontez-moi brièvement ce qui s'est passé sur le plan historique et expliquez-moi l'état actuel des choses. Car, j'ai tiré fort peu des renseignements utiles, de discours confus de Monsieur Potter.

— Avec plaisir. Mais d'abord, pourriez-vous me libérer du sortilège de l’immobilité et me rendre ma baguette.

— Vous utilisez cette « béquille » ? Oh, je suis désolé. Vous êtes un maître des potions. Votre réserve de la force magique ne doit pas vous permettre de vous en passer.

— Je vais vous décevoir, Maître Serpentard. Je fais partie des quatre magiciens les plus puissants de la Grande-Bretagne. Maintenant, TOUT LE MONDE utilise cette « béquille » !

Devant le regard étonné de Salazar, je me contentai de sourire tristement. Il me regarda silencieusement pendant quelques secondes, puis d’un mouvement de main désinvolte me libéra. J’attirai non verbalement ma baguette magique et commençai mon récit.

Je lui ai tout raconté, sans rien enjoliver. J'ai expliqué ce que nous savions des Fondateurs, de l'Inquisition, de la persécution des sorcières et comment les magiciens avaient dû se cacher du monde moderne des Moldus. J'ai évoqué Poudlard qui tombait presque en ruines sous nos yeux, les attaques du basilic contre les élèves, Voldemort et Potter. Je n'ai pas dissimulé nos motivations pour venir ici. J'ai parlé longuement, pendant au moins une heure.

— Mon pauvre Saashess... Alors ce Voldemort prétendait être mon héritier ?

— Oui, et à en juger par l'histoire de Potter, son esprit contrôlait le basilic. Et Voldemort essayait de renaître.

— Renaître ? D'un horcruxe ? Ne me faites pas rire, Maître ! La nécromancie n'est pas votre spécialité, donc je vais vous l'expliquer : seule un liche, un mort-vivant, peut surgir d'un horcruxe. Et étant donné qu’il y a deux Horcruxes, le liche serait probablement fou.

— Deux Horcruxes ? Mais où est le deuxième ?

— Mais, devant vous ! 

Serpentard fit un signe de la main vers Potter. 

— C'est vrai, je n'ai regardé que très superficiellement. Le fragment d’âme dans le garçon semble petit. Si je comprends bien, le gosse était prévu en sacrifice au liche ? Après tout, si le mort-vivant a réussi à s’incarner, la seule façon de le mettre au repos éternel, est de le forcer à tuer son horcruxe de ses propres mains. Ensuite, « le retour magique » le détruira tout simplement.

Ces informations me plongèrent momentanément dans un état de stupeur. Mon esprit se mit à fonctionner à une cadence fulgurante, passant en revue les événements et les dates, anticipant les actions à entreprendre, évaluant les conséquences potentielles et esquissant les contours de l'avenir.

— Maître Serpentard, seul un nécromancien peut détecter un horcruxe ?

— Eh bien, en général, non. Tout guérisseur est obligé de ressentir des nécro émanations, même un sorcier-guérisseur scolaire. Mais seul un nécromancien peut se débarrasser d’un horcruxe.

— Donc Dumbledore connaissait l’existence de l'Horcruxe depuis le tout début ! Monstre !

— Maître Serpentard, commença Potter avec hésitation, qu'est-ce qu'un horcruxe ?

— Monsieur Potter ! Ne vous ai-je pas fait comprendre assez clairement que vous ne devez pas intervenir lorsque vos aînés parlent ?

— Désolé, Monsieur ! 

Potter s'enfonça dans son siège, rentrant la tête entre ses épaules.

— Les élèves n’apprennent pas du tout l'étiquette ? Si vous souhaitez poser une question, demandez d’abord la permission de participer à la discussion et, seulement après avoir reçu l’approbation, questionnez.

— Excusez-moi, Monsieur, puis-je demander ? commença Potter.

« Wow ! Je n’ai jamais pu atteindre une telle obéissance du premier coup ! »

— Demandez, Monsieur Potter.

— Qu'est-ce qu'un Horcruxe et pourquoi est-ce moi ?

— L'Horcruxe, Potter, c’est une partie de l'âme du magicien, qu'il divise délibérément, afin de créer un lien qui lui permettra de renaître après la mort. Et cela a un rapport direct avec vous. Vous êtes l'Horcruxe de Voldemort. Cette cicatrice sur votre front est le lien.

 Potter leva brusquement la main et toucha la cicatrice.

— Mais ils m'ont dit que cette cicatrice venait de l'Avada ! Ma mère, au prix de sa vie, a placé une protection par le sang sur moi et que Celui Dont On Ne Doit Pas Prononcer Le Nom n'a donc pas pu me tuer !

— Votre mère était-elle une nécromancienne, Potter ?

— Non, de quoi parlez-vous, monsieur !

— Alors COMMENT aurait-t-elle pu appliquer une protection du SANG ?! Ne dites pas de bêtises, Monsieur Potter ! À en juger par l'histoire, raconté par Maître Rogue, votre mère n'en avait ni le temps, ni les capacités ! PROTECTION DU SANG ! Ha ! Qui vous a raconté un mensonge aussi flagrant ? La protection du sang ou, comme on l'appelle à juste titre, le rituel « Mer d'Intare » peut être réalisé que par un maître nécromancien, et cela lui prendra vingt heures ! Et la cicatrice laissée par Avada c’est encore plus absurde ! Votre cicatrice est un horcruxe. Votre mère a été immolée dans un rituel de division de l'âme. Et vous étiez préparé dès votre naissance à être sacrifié !

Après ces mots, Potter pâlit. Et moi aussi, d’ailleurs. Maintenant, bon nombre des actions de Dumbledore trouvèrent l’explication : Sa réticence à enseigner quelque chose d’utile à Potter, l’encouragement de sa paresse et de ses aventures stupides. Avec la réputation d’un voyou téméraire, si Potter meurt de la main de Voldemort, tout le monde dira : « un jour cela devait arriver ! »


Notes



* glisseo – Sortilège qui rend le sol glissant

** Petrificus Totalus, Confundo, Incarcerem – Ensemble des sorts de combat : immobilisation, attacher



Laisser un commentaire ?