Guérir ensemble

Chapitre 17

1336 mots, Catégorie: G

Dernière mise à jour 20/09/2022 20:21



La scolarité des enfants était probablement un sujet dont il devrait parler avec Drago, pour avoir son point de vue. Après tout, son ancien camarade avait choisi un percepteur à domicile contrairement à Harry qui laissait ses enfants aller à l’école publique sorcière. Ce serait une occasion pour eux de débattre d’un sujet neutre, sans craindre d’être submergés par les souvenirs de la guerre… Il avait promis à Albus Severus de réfléchir à la possibilité de les retirer de l’école où il était apparemment la cible de toutes les convoitises, et il comptait bien tenir sa promesse, se souvenant à quel point lui-même avait détesté la célébrité qui l’entourait à Poudlard.


Harry finit par s’endormir, épuisé, toujours perdu dans ses réflexions sur l’avenir.



*



Son fils était plus détendu au réveil, comme s’il avait oublié les craintes qu’il avait eues la veille au sujet de son nouvel ami. Harry avait prévu de ne pas aborder le sujet, pas juste avant de partir à l’école, jusqu’à ce que le hibou qui amenait la Gazette lâche le journal au milieu de la table, à la vue de tous.


Harry resta figé en fixant la une, horrifié. Albus Severus regardait également la première page, les yeux pleins de larmes, mais silencieux, les mains crispées en poings, soudain très pâle. Heureusement, Lily Luna, la tête dans son bol n’avait rien vu.


La photo de Drago Malefoy adolescent s’étalait en gros plan, le visage tuméfié, portant son numéro d’identification d’Azkaban. C’était probablement la photo qu’ils avaient prise lorsqu’ils l’avaient enfermé, il semblait défait et effrayé sur l’image. Bien loin du terrible criminel pour lequel ils essayaient de le faire passer.


Le titre était racoleur, comme toujours. Il hurlait, en caractères énormes, remplissant chaque blanc restant de la première page : « Le Mangemort qui murmurait à l’oreille du Sauveur ».


Finalement, Harry attrapa le journal brusquement, déchirant presque les pages dans sa précipitation, pour lire ce qui était écrit. Visiblement, une source « bien informée » avait révélé à la « journaliste de talent » qu’était Rita Skeeter que Harry Potter avait quitté son poste d’Auror, le rêve de sa vie, après avoir rencontré Drago Malefoy sur le chemin de Traverse et après avoir passé plusieurs heures en sa compagnie. Skeeter — c’était toujours elle qui rédigeait les articles au sujet de Harry malgré les nombreuses plaintes du jeune homme à son sujet — se demandait de quelle façon le Mangemort faisait chanter leur héros adoré et elle espérait que quelqu’un agirait pour tirer le pauvre Harry Potter des griffes acérées du Serpentard manipulateur.


Harry grogna et froissa le journal avec rage, marmonnant au sujet de cette journaliste prête à tout pour faire parler d’elle. Il lui fallut quelques instants pour se calmer et lorsqu’il se retourna son cœur se serra durement en croisant le regard plein de larmes d’Albus et sa mine désespérée. Le petit garçon souffla d’une voix brisée, retenant avec peine ses larmes.

   — Papa… S’il te plaît, on peut rester à la maison, aujourd’hui ?


Harry ferma les yeux et hocha la tête, sans même chercher à argumenter. Lily n’aurait probablement pas à subir de questions trop gênantes, elle était encore trop jeune. Mais Albus devrait faire face à la curiosité déplacée de ses camarades et à leurs quolibets méchants.

Il savait parfaitement ce que c’était d’être le point de mire de toute l’attention et il ne comptait pas forcer son fils à le supporter.


Ils terminèrent le petit déjeuner en silence, toute joie envolée. Même Lily regardait alternativement son père et son frère, l’air inquiet.

Harry était déterminé à contacter Drago un peu plus tard, pour s’assurer qu’il n’avait pas de problèmes et pour s’excuser de l’avoir fait revenir en premier plan malgré lui.


*


Harry était en train de faire la vaisselle, le regard dans le vague et réfléchissant à la façon dont il pourrait museler Skeeter, lorsque la cheminée s’illumina. Aussitôt, il lâcha la tasse qu’il tenait, la laissant se briser au sol sans s’en inquiéter et il fit volte-face, baguette en main, prêt à attaquer tout intrus qui tenterait de pénétrer chez lui.

Malgré son état dépressif depuis dix ans, il n’avait pas perdu ses réflexes et sa puissance magique.



En voyant la petite silhouette émerger de l’âtre, il baissa sa baguette et se précipita, comprenant immédiatement. Il attrapa Scorpius dans ses bras pour le serrer contre lui en s’assurant qu’il ne soit pas blessé.

   — Scorpius ? Tout va bien ? Qu’est-ce qui se passe, mon grand ?   


Le garçonnet sanglotait nerveusement et tremblait, presque en état de choc dans les bras de Harry. Il avait les yeux écarquillés et il s’agrippa à Harry comme si sa vie en dépendait. Ce dernier lui caressait doucement le dos, essayant de l’apaiser. En entendant l’agitation, Albus Severus arriva en courant, les yeux écarquillés et se figea en voyant son ami dans cet état, bouche ouverte, choqué.

Harry se redressa et fit signe à Albus d’approcher, d’un geste vif.

   — Al, je vais avoir besoin de toi. Tu peux veiller sur ta petite sœur et sur Scorpius ? Je dois aller voir comment va son père. Je veux que vous restiez ici, sans bouger, OK ? Quoi qu’il arrive, restez en sécurité ici. Tu peux me le promettre ?


Albus hésita un bref instant, puis il hocha vivement la tête. Bien qu’effrayé, il gardait assez de calme pour écouter les consignes et comprendre l’importance du moment. Il attrapa le bras de Scorpius pour le tirer contre lui, et le serra dans ses bras, sans un mot de plus, fixant son père avec inquiétude.


Harry leur jeta un coup d’œil soucieux, puis il courut vers la cheminée, tout son esprit tourné vers Drago maintenant que les enfants étaient en sûreté. Juste avant de lancer une poignée de poudre de cheminette, il murmura, se répétant pour être certain qu’aucun des enfants n’aurait l’idée de vouloir le suivre.

   — Ne bougez pas. Restez à l’abri. Je reviens dès que possible.

Puis, il eut juste à prononcer la destination, le cœur battant, terriblement inquiet.

   — Maison de Drago Malefoy.



*


Harry se doutait qu’il ne trouverait pas Drago tranquillement installé derrière son chaudron à brasser ses potions. Si son fils avait utilisé seul la cheminette dans un état de panique impressionnant, il devait avoir un grave problème.


Il nota au premier regard la porte d’entrée grande ouverte, pendant sur ses gonds, probablement après avoir reçu un bombarda. Harry serra sa baguette dans sa main, sentant tous ses sens s’éveiller, prouvant qu’il était encore un combattant hors pair si la nécessité s’en faisait sentir.

Il entendait des bruits sourds et des grognements, mais il ne se précipita pas, refusant de se laisser piéger. Il était le seul à pouvoir porter secours à Drago et il ferait en sorte de le tirer de ce mauvais pas sans aggraver la situation.


Le salon où ils avaient passé du temps ensemble était dévasté. Le fauteuil sur lequel Harry s’était assis la veille encore était éventré et la table basse penchait, un pied brisé. Cependant, la pièce était déserte et Harry avança dans la maison un peu plus, aux aguets.



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