Ennemi ou ami, imaginaire ou réel ? Ou Jakyll et Hyde à la Ghost Whisperer
Chapitre 55 : Nouvel ami universitaire
3389 mots, Catégorie: M
Dernière mise à jour 13/04/2026 13:34
Le 3 octobre 2007, vers 21 h 00.
Jim et moi sommes au salon, moi en train de tricoter un pull, lui en train de réviser pour un examen la semaine prochaine. Nos fils dorment dans leur chambre depuis un certain temps. Tout à coup, le téléphone sonne. Mon mari accourt vers le combiné, parle brièvement avec son interlocuteur puis revient au salon. Intriguée, je demande :
— C’était qui ?
— Mon patron… Pour une intervention d’urgence à l’Université Rockland, où un feu s’est déclaré il y a quelques minutes…
Je pense : « Que Dieu les protège ! »
— De sorte que, dis-je.
— Je dois aller sur les lieux, complète mon mari. Car il n’y a personne d’autre de disponible… C’est donc moi qui doit être présent.
Il s’assure d’avoir tout ce qui lui est nécessaire, m’embrasse sur les lèvres en murmurant :
— À plus tard, Mel !
— À tout à l’heure ! réplique-je en lui rendant son bisou.
Il sort de la maison. Je referme la porte derrière lui en pensant :
« En espérant que tout se passera bien ! Seigneur, aide-les ! »
Je reviens à mon tricot. Sentant la fatigue gagner mes paupières, je le laisse sur le canapé à côté de moi et je me rends dans ma chambre.
Allongée dans le lit, je récite ma prière du soir. Sauf qu’au moment où je me retourne pour dormir, sans aucun avertissement, voilà que je vois mon mari en uniforme d’ambulancier, dans une cour éclairée par des lampadaire et les lumières des voitures d’ambulance, de police et de pompiers, transporter avec un collègue une civière sur laquelle est allongé un homme. C’est tellement réel que j’ai l’impression d’assister à ce qui se passe quelque part. Comme si je regardais la télévision. On dirait une vision, mais en plus réel… Je ne comprends pas ce qui m’arrive. Je ne fais que regarder passivement. Je vois mon mari et son collègue déposer doucement la civière sur le gazon. L’homme étendu sur la civière est simplement immobile, comme s’il est inconscient. Pas un seul mouvement. Jim, penché au-dessus de lui, s’efforce de le réanimer. Clairement, je vois son âme sortir de son corps. Ainsi, je le détaille : un homme assez jeune, aux yeux noisette et aux cheveux brun clair légèrement ondulés, vêtu d’un complet bleu marine et d’une chemise blanche. L’âme regarde autour d’elle fixe quelque chose devant elle, mais revient rapidement dans son corps en entrant par la poitrine. Mon mari murmure d’un air triomphant : « Enfin ! » Son collègue ajoute « Emmenons-le à l’hôpital. » Jim approuve d’un geste de tête et les deux hommes transportent la civière dans un véhicule d’ambulance.
Je vois à nouveau notre chambre. Perplexe, le cœur battant la chamade, je me signe par automatisme en pensant : « Seigneur, que m’arrive-t-il ? »
Je remarque du coin de l’œil qu’un esprit vient de faire son apparition au pied du lit. Je me retourne sur le dos pour mieux le voir : Jean Bude de Guébriant.
Étonnée de sa présence, je balbutie :
— Que voulez-vous me dire ?
— Simplement vous expliquer ce qui vient de vous arriver. Un don vous a été octroyé par le Seigneur, celui de la vision à distance. Ce qui veut dire que vous voyez ce qui se passe à des kilomètres de vous.
— C’est pourquoi j’ai l’impression que c’était réel…
— Exactement.
— Mais comment n’ai-je pas remarqué plus tôt ?
— Parce qu’il ne s’est manifesté que maintenant. Ce don est une gracieuseté de Saint Georges après votre deuxième expérience de mort imminente.
Je soupire en pensant : « Seigneur, pourquoi moi ? »
Comme s’il a lu mes pensées, l’Observateur français ajoute :
— Madame Gordon-Clancy, vous savez très bien que chaque don est utile. Sachez l’utiliser à bon escient.
— Je le sais, marmonne-je, confuse.
— Très bien, dit-il avec un sourire. Maintenant, dormez bien et que le Seigneur vous soit clément !
Et Jean Bude de Guébriant s’évapore dans les airs jusqu’à disparaître complètement de ma vue. Le sommeil ne vient pas rapidement. Mes yeux sont grands ouverts, fixant le plafond, tellement je suis agitée par ce que j’ai vu. Qui est cet homme que Jim a sauvé d’une mort ? Pourquoi étais-je témoin de son expérience de mort imminente ? Les questions se bousculent dans ma tête, me maintenant éveillée.
Je ne parviens à m’endormir que lorsque mon mari revient à la maison. Étonné de me voir encore éveillée, il me demande d’une voix chaleureuse en russe :
— Mel, qu’est-ce qui se passe ? Un cauchemar ? Un esprit ?
Je me relève à moitié et je réponds :
— Une vision à distance…
— Quoi ?
Puis je lui raconte ce qui s’est passé. Il se change en vitesse, revêt son pyjama et s’allonge dans le lit à mes côtés. Il m’enlace tendrement puis commente :
— Mel, tu as vu ce que j’ai fait ce soir au travail… Sans doute parce que nous reverrons cet homme…
— Sais-tu qui est-il ?
— Non… Mais au regard de ses vêtements, il doit être sans doute un professeur…
— L’un de tes profs ?
— Non, probablement d’un autre département…
Je hoche la tête. Il m’embrasse sur le front et ajoute :
— Mel, laissons ceci de côté…
— Mais…
— Je sais que tu veux faire sens de ce que tu as vu, mais il est tard… Le plus sage pour l’instant serait de dormir… Je suis fatigué, je ne sais pas pour toi…
Je bâille pour toute réponse.
Il m’enlace puis murmure d’une voix douce :
— Aller, Mel, ferme tes jolis yeux… Cesse de penser à ce qui préoccupe ton esprit…
Je me blottis contre mon mari en pensant : « Il a tellement raison… Bon, je dois faire le vide dans mon esprit… » Pour être certaine de m’endormir, je récite mentalement trois fois de suite la prière du soir. Dieu soit Loué, j’ai pu trouver le sommeil. Et le reste de la nuit a été tranquille, sans aucun souci.
Le 25 octobre 2007, vers 10 h 00.
Je suis dans la cuisine, en train de préparer des vareniki à la viande. Jim est avec nos fils dans le parc, afin de profiter de la journée ensoleillée. Surtout qu’il n’a cours qu’en après-midi.
Tout à coup, le téléphone sonne. Je lave mes mains et je jette un rapide coup d’œil à l’afficheur. Le numéro de l’Université Rockland.
Hésitante, je pense : « Qui appelle ? »
À ce moment, Laurie Gibeau apparaît devant moi, me faisant sursauter, et murmure :
— Madame Gordon-Clancy, c’est votre ami le professeur Richard Payne.
Je hoche la tête. Elle me sourit gentiment avant de disparaître de ma vue.
Sans hésiter, je soulève le combiné :
— Bonjour, Melinda Gordon à l’appareil.
La voix de mon ami se fait entendre :
— Bonjour, Madame Gordon ! C’est Richard Payne !
— Quelle est la raison de votre appel ?
— Simplement, je voudrais savoir si Jim et vous serez intéressés à faire la connaissance de mon collègue Eli James.
Je pense : « Si Dieu le veut, pourquoi pas ? Un ami de plus, c’est toujours bien ? »
Je réponds :
— Oui, bien sûr.
— Je sais que je vous ai plusieurs fois mentionné Eli… Comme il est revenu hier de l’hôpital…
Je tiens le combiné de ma main gauche pour pouvoir me signer en songeant : « Que le Seigneur lui soit clément ! »
Je demande :
— Ce n’était pas trop important ?
— Simplement une hospitalisation préventive après l’incendie qui a ravagé une partie de l’Université il y a deux semaines…
— Aucun blessé, j’espère ?
— Non, tout le monde est sauf…
Je pense en levant les yeux au plafond : « Dieu soit Loué ! »
Je murmure :
— Heureusement… J’espère que vous allez bien ?
— Oui, je n’ai même pas été proche de l’incendie. C’était dans une autre aile… Vous semblez oublier que l’Université est grande…
— En effet, j’oublie ce détail, bredouille-je, confuse.
— Sans problème… Mais que je revienne à ce que je voulais vous dire…
— Oui, je vous écoute, dis-je. C’est pour rencontrer votre collègue…
— Eli James, professeur de Philosophie et de Psychologie… Et bien… Seriez-vous disponible aujourd’hui, demain ou après-demain ?
— Aujourd’hui, c’est sûr que non, car Jim a cours cet après-midi… Laissez-moi un instant pour vérifier pour les autres journées…
— Sans problème… Je vous attends…
Je dépose le combiné sur la table à côté du téléphone puis je lis une feuille que mon mari a placé sur le réfrigérateur, sur laquelle il a inscrit l’horaire de ses cours pour cette session, ainsi que son horaire de travail. Je remarque rapidement que demain, il travaille. Par contre, lundi, il est libre. Je reviens vers le téléphone, prends le combiné puis je dis :
— Monsieur Richard Payne, êtes-vous encore là ?
Sa voix me confirme sa présence :
— Oui, Madame Gordon… Je vous écoute…
— Sauf que, dis-je en jouant avec le fil, nous ne sommes pas disponibles ni aujourd’hui ni demain…
— Pas de problème ! dit-il d’une voix chaleureuse. Quelle journée vous conviendra alors ?
— Lundi prochain.
— En après-midi, vers 13 h 30, pour être certain qu’Eli puisse être disponible… Je vous attendrai devant l’Université.
— C’est parfait pour moi ! J’en informerai Jim !
— Très bien ! Alors, à lundi prochain !
— À lundi ! Dans tous les cas, passez une bonne journée, Monsieur le professeur Payne !
— Pareillement pour vous, Madame Gordon et les vôtres !
Je raccroche le combiné et je prend une feuille vierge de mon calepin pour écrire : « Lundi prochain ». Je regarde sur un calendrier suspendu au mur de la cuisine pour noter la date exacte : le 29 octobre. Je continue à écrire : « Lundi prochain, 29 octobre, 13 h 30, Université Rockland pour rencontrer les professeurs. » Puis je reviens à mes vareniki.
Vers 12 h 00, mon mari et nos fils reviennent de leur promenade. Lorsqu’ils ôtent leurs baskets pour chausser leurs pantoufles, je les apostrophe joyeusement depuis la cuisine :
— Vous arrivez à temps !
— Qu’est-ce qu’on mange ? demande Jack
— Des vareniki à la viande, répond Jim.
Je sers les portions dans les assiettes puis nous récitons la prière avant de commencer à manger. Lorsque le repas est terminé, j’informe mon mari de l’appel du professeur. Il me confirme que nous irons rencontrer le collègue de Richard Payne lundi. Ensuite, Jim part pour son cours. Je laisse nos fils jouer au salon, tandis que moi, je fais la vaisselle. J’ai tellement hâte de rencontrer ce nouvel ami… Et j’espère aussi résoudre l’identité de l’homme que j’ai vu dans ma vision à distance. En tout cas, je me suis dit que je pourrais, chemin faisant, en parler avec Richard Payne.
Le 29 octobre 2007, à 13 h 30.
Jim et moi sommes devant l’entrée principale de l’Université. Nous avons laissé nos fils avec les enfants de Todd — avec lesquels, par ailleurs, ils sont devenus amis. Nous saluons notre ami universitaire. Celui-ci nous salue en retour puis ajoute :
— Je vous emmène jusqu’à son bureau, le B339… C’est dans l’aile B, au troisième étage…
Nous hochons la tête.
Avec son plus beau sourire, le professeur Richard Payne dit :
— Eh bien, suivez-moi !
Puis nous entrons dans l’Université et nous traversons un corridor puis empruntons un escalier pour arriver à un étage. Nous traversons un corridor aux murs blancs, ponctué de portes en bois laquées. Richard Payne nous conduit jusqu’à une porte. Sur une plaque à côté du mur, un nom est gravé : Eli James. Il frappe doucement à la porte et celle-ci s’ouvre presque aussitôt, laissant voir dans le cadre de porte un homme assez jeune, aux yeux noisette et aux cheveux brun clair légèrement ondulés. Il est vêtu d’un complet brun et d’une cravate blanche
Frappée par une soudaine réalisation, je songe : « Mais c’est l’homme que j’ai vu dans ma vision à distance ! À la seule différence de la couleur du complet ! Mais, hors de doute, c’est lui ! »
L’homme nous regarde puis commente :
— Richard, tu me présentes des amis ?
— Oui, Eli, répond l’interpellé avec son plus beau sourire. Voici Jim Clancy et Melinda Gordon.
— Bonjour, dit le collègue de notre ami universitaire. Je suis Eli James, professeur au Département de Philosophie et de Psychologie à l’Université Rockland. Et bien, entrez !
Il ouvre la porte et nous entrons dans la salle. Une petite pièce, avec un bureau, deux chaises en bois rembourrées en bois en face d’une chaise du bureau. Près d’un mur latéral, une grande bibliothèque bien remplie de livres s’y trouve. Sur le bureau, un ordinateur de table et une pile de feuilles de papier. Eli dit d’un air chaleureux :
— Vous pouvez vous asseoir… J’apporte à l’instant une troisième chaise.
— Merci, marmonne Richard Payne.
Son collège sort rapidement pour revenir avec une chaise. Il la dépose doucement puis dit, en se dirigeant vers la chaise de bureau :
— Et bien, nous pouvons commencer les présentations… Comme je vous l’ai déjà dit, je suis professeur de Psychologie et de Philosophie à l’Université. J’enseigne depuis quatre-cinq ans.
— Merci, Eli, intervient Richard Payne. Mais que je te présente mes amis…
En faisant un geste des mains vers mon mari, il ajoute :
— Jim Clancy, un ambulancier en réorientation de carrière pour devenir médecin…
— En effet, je suis aux études, approuve mon mari. C’est ma femme qui m’a encouragé.
Eli hoche lentement la tête.
Richard fait un geste de la main vers moi en disant :
— Melinda Gordon, son épouse… Elle est propriétaire d’une boutique d’antiquités…
— The Antique Shop of Grandview, précise-je. D’ailleurs, je suis une simple médium…
J’observe notre interlocuteur. Aucun sourire ironique, aucune lueur moqueuse dans ses yeux. Simplement une expression sérieuse et attentive. À peine un léger froncement de sourcils.
Je pense : « Seigneur, aide-moi ! »
Je continue d’un air assuré :
— Je vois les esprits errants. Don que j’ai hérité de ma mère et de la lignée maternelle.
— Intéressant, marmonne Eli James.
Il s’interrompt, me fixe pendant un certain temps. Un silence s’installe entre nous, rompu par le son de l’horloge murale.
Le collègue de notre ami universitaire demande d’un ton chaleureux :
— Je vous crois bien. Pourquoi pas ? Richard m’a beaucoup parlé de vous, de sorte que je suis bien informé à ce sujet… Et dans ce cas, nous partageons un don commun…
— En quel sens ? questionne-je, curieuse.
« Est-ce qu’il voit aussi les esprits ? » pense-je, heureuse.
— Au sens où… comment dire… Depuis mon expérience de mort imminente, lors de l’incendie…
— Il y a deux ou trois semaines, intervient Richard Payne.
— Oui, approuve son collègue.
— J’ai acquis un don, reprend Éli, tout bizarre que cela puisse paraître…
Il fit une courte pause, s’agite un peu sur sa chaise, puis termine sa phrase :
— Je peux entendre les esprits…
— Mais c’est génial, Monsieur le professeur Eli James ! m’exclame-je.
Je fais une courte pause, le temps de réfléchir à la suite de ce que je voulais dire.
« Je dois lui avouer l’avoir vu dans une vision à distance ! C’est tellement troublant ! »
Je m’éclaircis la gorge pour reprendre mon sérieux. Puis je dis :
— Monsieur le professeur Eli James, je suis certaine vous avoir vu dans une vision à distance…
— Sérieux ? dit-il d’une voix rauque.
— Oui, confirme-je. Et je peux vous assurer qu’une vision à distance est différente d’une vision lorsque je vois de la perspective d’un esprit. Habituellement, lorsque je touche des objets qui ont appartenu à des défunts, je vois certains épisodes de leur vie…
— Très bien, commente Eli James. Tout ceci ne m’est pas étranger… Je veux dire, théoriquement… Ce qui veut dire que vous êtes vraiment une médium sensible…
« S’il est sincère, alors que Dieu le bénisse », pense-je, émue en mon for intérieur.
Je continue :
— Je vous assure que c’est la vérité. J’ai vu que votre âme est sortie de votre corps puis qu’elle est revenue…
— Je vous crois bien, ajoute-t-il d’un ton cordial. D’ailleurs, ce que vous me dites concorde parfaitement avec mes souvenirs de mon expérience de mort imminente. Sauf que je ne pense pas qu’il soit utile d’entrer dans les détails.
— Déjà avec ce que vous nous avez dit, commente mon mari en serrant ma main, nous (je veux dire ma femme et moi) comprenons très bien pourquoi le professeur Richard Payne a tant insisté pour cette rencontre…
— Par contre, dis-je, je me demande pourquoi ai-je eu cette vision à distance ?
Richard Payne intervient :
— Ne serait-ce pas pour annoncer en quelque sorte une nouvelle amitié ?
— Hmmm… En effet, cela fait du sens, marmonne Eli. Comme une sorte de synchronicité…
Sans doute que mon expression faciale ne lui échappe pas, car il ajoute immédiatement :
— Pardonnez-moi ce terme spécifique… Pour le dire plus simplement, on peut considérer la vision à distance comme ce qui annonce par avance notre rencontre.
Mon mari et moi manifestons notre compréhension d’un geste de tête.
Il reprend d’un débit de voix normale :
— Comme j’ai informé Richard lorsque j’ai remarqué que j’entendais les esprits, je comprends mieux le sens de cette rencontre. De sorte que, Madame Gordon-Clancy, n’hésitez pas à me contacter si vous avez des questions avec les cas des esprits. Je serais ravi de mettre mes connaissances à votre disposition.
— Merci beaucoup, murmure-je, gênée d’avoir autant d’attention de la part d’un professeur.
Eli griffonne quelque chose sur un bout de feuille puis ajoute en la tendant vers Jim et moi :
— Voici mon numéro de poste de bureau. Si vous avez besoin de mon aide, vous êtes la bienvenue.
Mon mari prend la feuille et remercie le professeur.
Moi, je ne peux que remercier le Seigneur de m’avoir trouvé un autre ami. Du moins, je garde espoir qu’il soit meilleur que Gabriel Lawrence. Je me dis que, de toute façon, je ne peux pas rencontrer deux fois un ami qui se relève ne pas en être un.
Mon mari et moi saluons les deux professeurs puis nous quittons le bureau. Nous revenons chez nous. Je ne manque pas de partager mon enthousiasme. Il me dit simplement :
— Mel, laissons-nous le temps de voir s’il est vraiment meilleur que Gabriel Lawrence…
— Tu as raison, murmure-je.
— Allons chercher Chris et Jack… Ils se sont bien amusés avec Cassandra et Denis…
— Oui…
Il m’embrasse sur les lèvres et nous nous rendons chez notre voisin pour revenir avec nos fils.