Ennemi ou ami, imaginaire ou réel ? Ou Jakyll et Hyde à la Ghost Whisperer

Chapitre 56 : Docteur Jim Clancy

1264 mots, Catégorie: M

Dernière mise à jour 07/05/2026 14:28


Le 28 avril 2008, vers 17 h 00.


Mon mari revient de son cours, le dernier de cette session et de son programme. Dieu soit loué que tout s’est bien passé !

Lorsque Jim entre dans la maison, je l’embrasse furtivement sur les lèvres. Il me rend mon bisou. Nous nous rendons au salon, main dans la main. 

Curieuse, je lui demande quand il aura les résultats de ses derniers examens. Il me sourit gentiment et me dit qu’il les recevra dans deux semaines. Il prend mes mains entre les siennes et murmure dans ma langue maternelle :

— Enfin, Mel, j’ai terminé mes longues études en médecine ! 

Je me blottis contre lui et réplique :

— Il était temps !

Il me serre contre lui puis ajoute :

— Merci aussi à ton grand-père ! 

— Il n’y a pas de quoi…

— Si tu ne m’avais pas rapporté sa volonté, je n’aurais jamais entrepris ces études…

Je réplique en le tapant doucement sur l’épaule :

— Ne dis pas n’importe quoi ! C’est surtout toi qui es génial et persévérant.

— Si tu le dis… Je n’attends plus que le diplôme et tu pourras dire que tu es l’épouse d’un docteur.

Je l’embrasse sur les lèvres pour le faire taire.


Le reste de la soirée est très calme. Nos fils n’ont pas fait de bêtise, aucun d’esprit ne s’est manifesté devant moi ; même à l’extérieur, pas de vent. Ensuite, viennent dans l’ordre le repas, la vaisselle, quelques rangs de tricot, la prière puis le sommeil tant voulu. Dieu merci, la nuit a été tranquille, sans aucun rêve.




Le 2 mai 2008, tard en après-midi.


Jim revient du travail. À peine est-il entré qu’il s’exclame d’un air enjoué, les yeux brillants :

— Mel, nous sommes invités à un mariage !

— De qui ?

— De mon amie d’enfance, Tricia. Le 7 novembre prochain, vers 13 h 30.

— Il me semble que tu m’as déjà mentionné cette amie…

— Oui… C’est elle qui est veuve de son premier mari, Hubert Taylor, depuis décembre 2000.

— Avec qui se remarie-t-elle ? demande-je par curiosité.

— Un certain Hunter Clayton qui possède l’Axiom Steakhouse, un restaurant au Texas.

« En espérant que ce soit un mariage d’amour », pense-je, attendrie, en pensant à notre propre rencontre.

Je demande, après un bref silence : 

— C’est un mariage civil ou religieux ?

— Civil, car Tricia et ses parents sont juifs iraniens. Alors que la famille de son fiancé est chrétienne, des américains protestants originaires de Dallas…

« L’important n’est-il pas qu’ils s’aiment, peu importe la religion et la nationalité ? » pense-je.

Je manifeste ma compréhension d’un geste de tête puis je dis :

— Où aura-t-il lieu ?

— Dans le chalet de ses parents, à l’extérieur de la ville.

— En tout cas, nous viendrons !

Jim s’approche de moi, m’enlace tendrement puis murmure dans ma langue maternelle :

— Si tu penses que nos anges viendront, n’oublie pas qu’ils débuteront l’école en août.

— Ah, balbutie-je, j’ai complètement oublié…

— Ce n’est pas grave, réplique-t-il d’une voix douce.

— C’est à quel âge pour débuter l’école ? demande-je après un court silence.

— À cinq-six ans.

— Ah, d’accord…

Il m’embrasse sur les lèvres ; je réponds à son baiser.







Au cours du mois de mai, mon mari et moi nous nous occupons de regarder les différentes écoles primaires de Grandview, afin de décider dans laquelle inscrire nos fils. En août, ils débuteront au kindergarten. Au début, nous avions seulement pensé inscrire notre fils aîné, qui aura six ans, mais notre benjamin se montre aussi intéressé que son frère par l’école. Mon mari et moi, devant le sérieux de Jack, nous nous sommes laissés convaincre de l’inscrire à la même école que son frère. Notre choix s’arrête sur l’école la plus proche de nous, The First Primary School. En tout cas, ceci annonce pour moi un changement de routine, puisque j’aurai à les accompagner à l’école tous les matins et à les ramener à la maison vers 15 h 00.






Le 20 juin 2008, vers 10 h 15.

Jim revient de l’Université. Large sourire aux lèvres, il sort de son sac une grande enveloppe blanche et m’annonce d’un air joyeux :

— Mel, tu seras contente ! J’ai mon diplôme ! Je suis docteur ! 

Je m’approche de lui pour l’enlacer. 

Je murmure :

— Jim, tu ne cesseras jamais de m’étonner…

— Normal, plaisante-t-il avec un petit sourire au coin, car je suis super Jim…

— Oui, parce que tu es mon Jim, ajoute-je en me collant contre lui.

— Voici mon diplôme ! Le Conseil d’administration de l’Université Rockland a approuvé ma diplômation ! Hourra !


À ce moment précis, je vois grand-père Jarosław apparaître devant moi. En tournant la tête vers lui, je murmure en russe :

— Alors, grand-père, prêt à partir ?

Jim, les sourcils levés, balbutie :

— Il est là, je veux dire ton grand-père médecin ?

J’approuve silencieusement. Je ramène mon attention vers l’esprit et je demande d’une voix qui se veut douce :

— Maintenant que tu sais que mon mari est devenu médecin, respectant de ce fait ta volonté, tu n’as plus de raison de demeurer ici, parmi les vivants… À moins que je ne me trompe ?

Émue au fait de réaliser qu’il nous quittera bientôt, je ne peux pas m’empêcher de pleurer.

Mon grand-père m’adresse un sourire bienveillant. Il répond sans hésiter :

— Je suis heureux que ton mari soit devenu enfin médecin…

Il continue d’une voix hésitante : 

— Bien que ma femme me manque… Au moins, je suis rassuré de savoir que mes enfants et mes petits-enfants vont bien… 

Il termine d’un air enjoué, les yeux brillant : 

— Et que j’ai même des arrières-petits-enfants, je suis comblé ! Je ne veux rien d’autre, sauf quitter ce monde ici-bas…

— Très bien, réplique-je, en séchant mes larmes du dos de ma main. Alors, vois-tu une lumière ?

Remarquant le regard insistant de Jim sur moi, comme s’il dit « Mel, j’ai sans doute raté quelque chose », je me tourne vers lui pour rapporter les paroles de mon grand-père. Mon mari manifeste sa compréhension d’un geste de tête.

Le revenant scrute autour de lui, puis fixe sa droite. Il murmure en polonais :

— Je vois une lumière…

— C’est ce dont je te parlais, dis-je à mi-voix dans la même langue.

Mon grand-père s’avance vers sa droite d’un pas assuré. Je l’observe jusqu’à le perdre de vue. Il est enveloppé par une lumière blanche. 


Je fixe un certain temps la direction vers laquelle se trouvait auparavant mon aïeul. Mon mari murmure :

— Mel, est-ce que ton grand-père est parti ?

— Oui, approuve-je.

Jim s’approche de moi et m’enlace tendrement. Je me blottis contre lui, contente que mon grand-père soit parti dans la Lumière. Que Dieu soit loué de nous avoir aidé !


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