Survivre à Gantz par

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Univers Parallèle / Action / Lemon

8 Entre espoir et incertitude

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Durant la semaine qui suivit je n'arrivais pas à me sortir de la tête la grosse révélation dont Roman m'avait fait part. Il y avait de quoi devenir cinglé rien qu'à penser que l'on perdait autant de choses tout en gagnant sa liberté. Le jeu de Gantz était vraiment sans merci, sur tous les points. Moi qui n'avais pas vraiment une grande confiance en moi depuis la dernière mission, je me sentais désormais particulièrement abattu. Je m'accrochais cependant à mes résolutions afin de tenir le coup. Si jusque là je n'avais pas trouvé de raison de me battre pour moi, hormis la simple survie, je mettais mon courage au service de John et du couple. Et ma résolution allait être mise à l'épreuve car la fin de semaine arriva, le samedi soir, et je sentis la sensation me faire frissonner la nuque. Une nouvelle mission, la troisième pour moi, était sur le point de commencer. Par chance j'étais simplement chez moi ce soir là, ayant refusé de sortir avec Stan et Bastien parce que je voulais rester chez moi et mâter des films en paix. Ni une ni deux je laissais tomber mon ordi sur lequel je regardais une bande annonce d'un film à venir, Iron Man. J'imaginais mal Marvel avoir du succès avec un film mettant en vedette un super héros aussi peu connu du grand public. Ce n'est pas comme si il leur manquait des super héros à exploiter et bien plus connus. Un Spider Man par exemple avait déjà fait ses preuves sur grand écran. On ne pouvait qu'espérer qu'il n'allait pas retenter le fiasco des Quatre Fantastiques...donc après tout Iron Man, je demandais à voir. Si j'étais encore en vie à sa sortie. Car après tout je me plongeais dans mes réflexions sur le cinéma pour ne pas penser à autre chose. Tandis que je me changeais je pouvais sentir une boule épaisse se former au creux de mon ventre, ma bouche s'assécher et j'avais de plus en plus chaud. J'avais manqué de peu de mourir la dernière fois, alors qu'allait-il m'arriver ce soir là. Je ne pouvais plus fanfaronner, faire comme si j'étais un vétéran et que tout irait bien. Je risquais de mourir, tout simplement...et je ne voulais pas ! Non seulement pour moi, mais aussi pour les trois acolytes qui me suivaient dans cette galère. Assis sur mon lit, la combinaison enfilée, j'attendis d'être transféré...ce qui finit bien entendu par arriver. Lorsque je fus téléporté dans l'appartement, je me rendis aussitôt compte que j'étais arrivé avant John, Lucie et Roman, et que face à moi, six paires d'yeux se tournèrent aussitôt.


Le premier, le plus proche de moi, assis contre la baie vitrée, était un homme d'âge mur, portant un costume assez chic mais de façon décontractée, son nœud de cravate était desserré et sa veste jetée sur son épaule. Il devait avoir une bonne trentaine d'années et avait des yeux marrons et des cheveux châtains. A coté de lui, deux autres hommes, portant le même genre de costume, et eux aussi assez décontractés. Peut-être un groupe de jeunes businessmen sortant du boulot et ayant été prendre un verre, ou quelque chose comme ça. Les trois autres en revanche étaient plus différents. L'un était noir et portait une blouse de médecin, il portait même encore son stéthoscope autour des épaules. Il était un peu plus vieux à en croire ses tempes grisonnantes. Dans le fond de la pièce se tenait une jeune femme avec un tablier étrange, comme une cuisinière ou une serveuse. Elle était relativement jeune, peut-être une étudiante avec un petit boulot dans la restauration. Enfin le dernier, et le plus étrange jusque là. C'était une petite fille, elle ne devait pas avoir dix ans et était en pyjama. Elle n'avait pas de sourcils, ni même de cheveux. Je soupirais de tristesse en pensant aussitôt à un cancer. Le trio de businessmen se leva et ils me prirent aussitôt à parti.


- Hey toi là, c'est quoi cette tenue, me demanda un premier.

- On est où là, me demanda un autre, on était dans un restaurant il y a encore quelques minutes.

- Est-ce que tu sais ce qu'il se passe ici, me demanda le dernier.


Je reculais, n'appréciant pas être ainsi approché. Je leur devais des réponses bien entendu mais je les trouvais trop pressants, voir presque agressifs.


- Doucement, je vais répondre à vos questions, dis-je simplement.

- Ben alors vas y, qu'est-ce que tu attends, me coupa presque celui à la cravate desserrée.

- Vous êtes tous morts.


J'avais été brutal mais au moins ça coupait court à l'excitation des nouveaux. Maintenant qu'ils étaient tous sous le choc je pouvais leur parler librement sans craindre d'être interrompu.


- Je suis mort moi aussi, il y a presque deux mois de ça, et comme vous j'ai atterri dans cette pièce sans comprendre ce qui m'arrivait. Nous nous trouvons toujours dans la même ville, mais nous ne pourrons pas sortir de cet appartement tant que nous n'aurons pas accompli une mission que cette boule noire va nous donner. En plus de ça, je ne suis pas le seul, trois autres personnes au moins vont bientôt être téléportés ici et ils porteront une combinaison comme la mienne.


Je fus surpris d'avoir pu parler aussi longtemps sans qu'aucun d'entre eux ne cherchent à me poser une question. Ils avaient tous l'air troublés, hormis la gamine, qui affichait un immense sourire. Ce fut d'ailleurs elle qui parla la première, et malgré son âge sa réplique était pleine de maturité et de sang froid.


- Je sais que je suis morte, j'étais malade. Mais monsieur, ça veut dire que je suis revenue à la vie ?

- Oui, lui répondis-je avec un sourire, mais maintenant...


Une enfant, je ne prenais conscience qu'en cet instant du danger dans lequel elle se trouvait. Elle venait de confirmer qu'elle était malade, et qu'elle en était morte. Mais dans sa tête elle se savait juste de nouveau en vie, et certainement heureuse d'avoir une deuxième chance. Elle devait penser pouvoir retrouver ses parents et reprendre sa vie normale. Elle s'imaginait peut-être déjà grandir, se faire des amis, avoir un amoureux, ou une amoureuse...peut-être même se marier et avoir des enfants. Je ne pouvais pas vraiment imaginer ce qui se passait dans la tête d'une enfant aussi jeune, je ne faisais que spéculer, mais j'étais presque certain de ne pas être loin du compte. En aucun cas elle ne se doutait de ce dans quoi elle venait d'être embarquée. Car se battre durant les missions de Gantz risquait certainement d'être bien plus difficile pour elle que de se battre contre la maladie.


- Maintenant que tu le dis, dis le gars à la cravate un peu plus calme, nous sommes morts dans une explosion tous les trois...alors quoi ? On ne peut vraiment pas sortir de cette pièce ?

- Parce que si on est bien en vie et toujours dans notre ville, alors j'aimerais simplement partir, ajouta l'un de ses collègues.

- J'aimerais moi même retourner à l’hôpital, mes collègues doivent être inquiets et j'ai des patients, dit alors le médecin qui n'avait pas parlé jusque là.

- Attendez, attendez...comme je l'ai dit vous ne pouvez pas partir, avant toutes choses nous avons une mission à accomplir et...


Le trio de businessman ainsi que le médecin se mirent à rouspéter, commençant de nouveau à s'énerver contre moi comme si j'y étais pour quelque chose. Ils voulaient partir, ils se savaient en vie et voulaient simplement s'en aller d'ici. La petite elle restait silencieuse, l'oeil affichant une certaine curiosité quant à la suite des événements. Seule la jeune serveuse restait prostrée dans son coin, elle semblait terrifiée. Mais d'un seul coup ils se calmèrent tous, car un rayon jailli de la sphère pour frapper le vide, commençant à faire apparaître une nouvelle personne comme je l'avais prédit. A ma grande joie, ce fut John qui fut transféré et il portait sa combinaison. Une preuve irréfutable pour les nouveaux que je disais la vérité et qu'il valait mieux m'écouter. John me salua, essayant, avant de prendre lui même la parole, de prendre la température de la pièce.


- Mais alors...c'est comme vous l'avez dit, commença le médecin, et vous dîtes qu'il y en a deux autres qui devraient arriver avec des combinaisons ? Alors on ne peut vraiment pas sortir ?

- Écoutez, aussi fou que ça puisse paraître, dit John qui avait très vite comprit ce qui se tramait, mon collègue ici présent ne vous a dit que la vérité. Vous feriez mieux de tous l'écouter.


Un silence pesant s'installa, mais je vis dans les yeux de tous que j'avais de nouveau leur attention.


- Pour une raison que j'ignore, cette sphère téléporte dans cette pièce des gens qui sont morts le jour même. Elle fait de nous des sortes de soldats pour des missions dangereuses durant lesquelles nous devons nous battre contre des monstres...

- Quoi ? Des soldats ? Des monstres...c'est quoi ce cirque, s'énerva de nouveau le type à la cravate.

- Vous feriez mieux de l'écouter jusqu'au bout et de ne plus l'interrompre, fit aussitôt John en se plaçant face au businessman récalcitrant, il en va de votre survie.

- Une fois que les derniers seront transférés, la sphère va diffuser une musique, El Condor Pasa, de Simon & Garfunkel, cette chanson marque le début de la mission.


Heureusement que j'avais pensé à faire mes recherches, car je n'aurais pas supporté d'entendre cette musique une troisième fois et de ne pas l'avoir retrouvée. Par chance, je n'avais eu qu'à fouiner quelques minutes sur internet. Je n'écoutais pas ce genre de musique, mais j'avais des souvenirs d'enfance de ma mère écoutant leurs albums sur notre chaîne dans le salon. Au moins je n'avais plus à me triturer l'esprit avec le mystère de cette chanson, mais je n'aimais pas qu'un aussi bon souvenir soit désormais taché par un jeu aussi horrible. Durant ma réflexion, le rayon était de nouveau apparu et ce fut au tour de Roman d'être transporté. Je le regardais aussitôt. Il semblait un peu fatigué, mais rien de grave. Je brûlais d'envie de lui demander si il avait mis son plan à exécution, mais ce n'était pas le moment. Le jeune homme s'avança et lui aussi comprit assez vite que j'avais la situation en main, à peu près. Il resta donc en retrait mais je supposais qu'il prendrait la parole au besoin.


- La sphère va nous désigner une cible que nous devrons éliminer dans un temps imparti...et si nous y arrivons, alors nous pourrons tous rentrer chez nous dès ce soir...mais avant il va falloir se battre.

- Une fois que nous aurons eu le visage de la cible, cette sphère va s'ouvrir, et vous trouverez des valises avec vos noms contenant des combinaisons comme les nôtres ainsi que des armes, ajouta John.

- Attendez, attendez, recommença le type à la cravate, vous êtes vraiment sérieux ? On est où là, dans un film de science fiction ? Je veux dire, je vois bien que vous nous dîtes la vérité mais putain, on a été ramené à la vie, uniquement pour aller se battre contre une saloperie ?

- Oui...croyez moi, on est tous logés à la même enseigne, quand je suis mort comme vous je ne m'attendais certainement pas à me retrouver ici...et pourtant me voilà, répondis-je.

- Donc oui, on va se battre tous ensemble, et si on survit, on pourra tous rentrer chez nous ce soir, termina John.


Sur ces mots ce fut au tour de Lucie d'être téléportée. Contrairement à Roman, qui ne semblait pas si différent, elle semblait furax, totalement hors d'elle. Elle nous salua avec John avec un petit sourire mais n'adressa pas un seul regard à Roman. Au moins comme ça j'avais ma réponse, il l'avait quitté durant la semaine sans perdre de temps. Avec cette mission, les deux allaient certainement pouvoir amasser suffisamment de points et en finir. J'espérais que l'un et l'autre se retrouvent malgré la perte de mémoire. Et enfin, pour continuer de confirmer mes prédictions, les voix de Simon & Garfunkel se firent enfin entendre.


« I'd rather be a sparrow than a snail

Yes I would, if I could, I surely would

Away, I'd rather sail away

Like a swan that's here and gone

A man gets tied up to the ground

He gives the world its saddest sound

Its saddest sound »


Un silence s'installa dans la pièce que le médecin rompit assez vite. Il avait un sourire assez chaleureux sur le visage. Le genre contagieux, tant et si bien que je me sentis lui sourire en retour.


- Au point où on en est, je pense que je ne peux que vous croire jeune homme...alors dîtes moi ce qu'il faut faire.

- Avec les gars on va vous suivre aussi, continua le type à la cravate, on ne sait pas ce qu'il se passe mais vous semblez en savoir bien plus que nous. Et si j'ai bien compris il vaut mieux vous écouter si on veut tous sortir d'ici.


La jeune femme au fond s'était elle aussi levée, peut-être était-elle simplement timide...seulement je remarquais qu'en s'avançant vers nous elle prit bien soin de s'éloigner le plus possible du groupe de businessmen. La petite enfin s'approcha de nous, elle nous faisait apparemment confiance mais j'étais sûr qu'elle ne comprenait pas très bien ce qui se passait. Quoiqu'il en soit, je fus heureux de voir que nous avions un groupe finalement assez compréhensif et obéissant avec nous, peut-être qu'ainsi nous allions pouvoir tous nous en sortir.


- Maintenant, regardez la sphère.


La phrase habituelle à propos de nos vies pathétiques suscita comme à chaque fois des commentaires déplacés et de l'agacement, mais le petit groupe se concentra à nouveau lorsque les lettres disparurent et qu'un visage apparu. Notre nouvelle cible avait un visage aussi surprenant que les monstres des missions précédentes. Il avait un visage assez épais, rondouillard, comme une sorte de poupon et des joues proéminentes et rosées. Il avait un très large sourire montrant une série de dents plates, et des grands yeux globuleux agrandis par une paire de lunettes épaisses. Bref, il avait tout l'air d'un être humain...avec un physique peut-être un peu ingrat. Et sur le coup je ne comprenais pas ce qui se passait. Je jetais rapidement un regard sur mes collègues vétérans pour voir que eux aussi ne savaient pas trop quoi penser de cette nouvelle cible. Autrefois, les cibles, bien que de formes humanoïdes, avaient directement un détail grotesque, un aspect physique les rendant monstrueux, inhumains. Mais pas lui. On aurait dit une sorte de geek assez cliché...mais certainement pas un alien ou un monstre.


- Signes particuliers, Jamais sans son filet. Il aime, les insectes, il n'aime pas, les insecticides. Sa phrase préférée, « Vous voulez voir ma collection ? », se mit à lire le docteur, je ne comprends pas, est-ce que c'est supposé nous aider.

- Garder juste bien en tête le visage de la cible, dis-je pour toute réponse.

- Mais attendez, vous aviez parlé de monstres, c'est quoi ça, on dirait un gamin, le genre boulet, commenta l'un des businessman.

- Ne vous y fiez pas, ce sont vraiment des monstres, et même si ils semblent inoffensifs, ils sont extrêmement dangereux, répondis-je aussitôt afin de faire taire tous soupçons.

- Dangereux, attendez...attendez une seconde, repris l'homme à la cravate, vous l'avez déjà dit ça, mais dangereux à quel point, je n'ai pas particulièrement envie de risquer ma vie moi...

- Et pourtant vous allez devoir le faire, dit alors Lucie avec un ton ne lui ressemblant pas, ces monstres peuvent vous tuer si vous voulez tout savoir, et nous devons le tuer avant qu'ils le fassent. Vous trouvez ça injuste...sachez que c'est la septième fois que je me retrouve ici ! Parce que oui on ne vous l'a pas encore dit mais si vous survivez ce soir il faudra revenir ici et participer à un nouveau combat, puis un autre, et encore un autre...alors ne nous emmerdez pas avec vos questions et enfilez donc les combinaisons !


Lucie était définitivement de mauvais poil et n'avait pas l'intention de faire preuve de son habituelle pédagogie. Et comme pour rendre la situation encore plus dramatique, Gantz s'ouvrit à cet instant, faisant sursauter les nouveaux...y compris la petite qui avait perdu de sa bonne humeur. Roman s'approcha de Lucie.


- Qu'est-ce qui te prends ?

- Toi, tu n'as rien à me dire...dépêchez vous de prendre les valises avec vos noms et enfilez les combinaisons si vous ne voulez pas mourir.

- Lucie, continua Roman en haussant le ton lui aussi.

- Quoi ? Tu veux me faire la leçon ? Me dire que j'ai tort...tu es très mal placée pour le faire !


Les deux se lancèrent dans une dispute assez soutenue mais pourtant l'un et l'autre tentaient de rester aussi calme que possible. J'étais quelque peu désemparé mais heureusement John rassembla les nouveaux et les poussa à faire ce que venait de dire Lucie. Je fus soulagé de voir mon collègue escorter le groupe de businessmen et le médecin vers la pièce où ils pourraient se changer. Et une fois qu'il revint, il prit la petite avec lui, l'entendant dire quelque chose du genre « Laisse moi t'aider à te trouver un endroit où tu pourras te changer sans que personne ne te remarque. ». J'étais assez admiratif, je n'avais moi même pas vraiment le contact facile avec les gamins. Pas que je ne les aimais pas...je les trouvais simplement ennuyeux et capricieux. Mais lui il savait y faire, car il emmena la petite dans le couloir et revint vers nous.


- Je surveille que personne ne vienne, dit-il.

- Excusez moi...


Je me tournais alors que je m'étais penché pour prendre une arme, optant cette fois ci pour en prendre deux, un X-Gun et un fusil. La serveuse se tenait là, les joues rosées, ne cachant pas son tracas.


- Il n'y aurait pas un autre endroit où se changer...je ne tiens pas particulièrement à me retrouver avec ces hommes.

- Et bien, euh...


Je regardais autour de nous, hormis la pièce dans l'entrée, le couloir qui y menait, et la pièce principale, le reste était fermé. Il y avait bien la petite porte qui ne devait donner que sur un simple placard derrière la sphère.


- Vous pouvez toujours essayer cette porte, mais je ne l'ai jamais vu ouverte...sinon vous n'avez qu'à rejoindre la fille.

- Merci...


Elle s'approcha tout d'abord du placard et je m'attendais à ce que la porte reste close comme toutes les autres mais à ma grande surprise elle s'ouvrit. Elle me fit un simple geste de la main et referma la porte derrière elle. Le simple fait qu'une autre porte puisse s'ouvrir était assez surprenant, tant et si bien que même Lucie et Roman avaient stoppé leur engueulade pour observer ce fait étrange. A voir leurs visages surpris je devinais qu'ils n'avaient jamais vu personne entrer par là...et n'avaient jamais essayé. Mais c'était toujours bon à savoir, au moins les femmes n'auraient plus à se changer dans la même pièce que les hommes. La petite revint assez vite, présentant fièrement à Roman sa valise dans laquelle elle avait rangée son pyjama. Il la prit par la main et l'emmena vers moi.


- Tu penses qu'on devrait lui donner une arme...c'est un peu dangereux non ?

- Je ne sais pas...il vaudrait mieux, on peut la défendre, mais on ne sait jamais, commençais-je à dire.

- Je vais vraiment devoir me battre monsieur, me demanda-t-elle.

- Non. On va se battre à ta place, ne t'en fais pas...


Ma réplique se voulait rassurante, mais si j'avais été vraiment gentil, j'aurais ajouté quelque chose dans les genre « Tu vas retrouver ta maison et tes parents dès ce soir. ». Mais je savais que tout ceci allait être difficile pour elle, et je ne voulais pas faire de promesse que je ne pouvais pas tenir.


- Je vais m'occuper d'elle, dit soudainement Roman, elle n'a qu'à prendre cette arme.


Il attrapa un des V-Gun dans le râtelier et le lui donna.


- Avec cette arme tu ne feras de mal à personne, commença à expliquer le vétéran, mais elle va te permettre de capturer les monstres, un peu comme si tu les attrapais avec un filet.

- Mais...ce sont des vrais monstres, demanda la petite chez qui la peur grandissait.

- Oui, répondit simplement Roman, mais je serais là pour te protéger, ne t'en fais pas.


Puis, calmement, cherchant à la rassurer, il prit tout le temps nécessaire pour lui expliquer le fonctionnement du V-Gun. Je ne l'avais moi même jamais utilisé, mais Lucie et Roman m'en avait beaucoup parlé. Lucie d'ailleurs était toujours dans son coin, mais je jurais de la voir plus détendue, et peut-être même un peu émue de voir Roman être protecteur avec la petite. Cette semaine n'avait certainement pas été simple pour ces deux là. J'espérais que leur tristesse n'allait pas leur jouer des tours durant la mission de ce soir. Quelques instants plus tard le groupe de businessmen revint, en parlant fort, comme si tout allait bien...et ils furent un peu trop heureux à mon goût de pouvoir manier des armes. Puis le médecin arriva à son tour et entreprit lui aussi de sélectionner son arme. Avec Roman nous entreprîmes de leur expliquer le fonctionnement des diverses armes ainsi que du radar. Et enfin, la femme ressortit...toujours aussi gênée. La combinaison dévoilait ses formes de façon assez ostensible. Elle était légèrement rondelette, mais assez gracieuse, et dans le fond assez jolie. Je remarquais alors que le groupe se mit à la reluquer drôlement, et das le brouhaha global je jurais d'en entendre un siffler en la regardant. Je ne savais pas ce qui s'était passé entre ces quatre là, et je ne préférais pas le savoir. Mais à voir comment elle hésitait à s'approcher d'eux et leur attitude trop familière, mes idées à leurs sujets devenaient de plus en plus sombre. J'hésitais à demander à la jeune serveuse comment elle était morte, ayant trop peur d'entendre la réponse et la confirmation de mes soupçons.


- Bien, tenez vous tous prêts, car nous allons être téléportés quelque part dans la ville où nous devrons trouver et éliminer la cible, fis-je en guise de briefing, surtout ne vous éloignez pas car le périmètre de la zone de combat est limité, et vous risquez la mort si vous en sortez

- Vous ne croirez peut-être pas ce que vous vous apprêtez à voir, mais dîtes vous que tout est vrai. Vous allez devoir vous battre pour survivre, continua John, mais en se serrant les coudes on devrait réussir à tous s'en sortir.


Je ne partageais pas l'optimisme de John mais j'espérais au fond qu'il avait raison. Je regardais le petit groupe et j'étais mitigé entre un petit espoir et une profonde inquiétude. Les businessmen et le médecin ne semblaient pas tout comprendre à la situation, mais ils semblaient assez prêts à en découdre et suivaient jusque là nos instructions sans problème. John était motivé, et je savais que Roman et Lucie feraient tout pour atteindre les 100 points avec cette mission. Donc, peut-être que nous avions là la meilleure équipe depuis mon arrivée dans ce jeu de mort. Cependant il y avait aussi la serveuse qui semblait perdre ses moyens face aux trois hommes, sans compter la petite qui serait un boulet pour Roman. Lucie n'avait pas tout à fait la tête à ce qu'elle faisait, elle était impatiente, colérique, et en même temps assez triste. Ces deux là, pour ce que j'en savais, avaient survécu ensemble, en équipe, mais ce soir ils faisaient cavaliers seuls. Sans compter ma propre personne. Et de mon côté, à ma grande surprise, j'avais réussi à coordonner ce nouveau groupe sans trop de difficultés. Mais ceci ne me rendait pas plus courageux, je n'étais pas non plus un leader. Le hasard avait fait que j'étais le premier présent dans la salle avec les nouveaux. Je me répétais en boucle dans la tête que je devais survivre, non pas pour moi, mais pour aider Roman et Lucie, les voir atteindre 100 points et en finir avec tout ça. Je devais survivre pour John, l'aider à ramener Déborah. Mais qu'est-ce que je pouvais faire ? Rien, si ce n'est mon mieux. Et enfin, les rayons apparurent, nous transportant un par un vers la nouvelle zone de combat. J'allais tout donner, je ne voulais pas mourir, je ne pouvais pas mourir !

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