Les derniers des Géants
Bonjour à tous.
Après avoir longuement réfléchi, j’ai décidé pour cette histoire de publier un chapitre tout les six mois environ. De plus, cette histoire comportera cinq chapitres en tout. Chacun parlant de la mort d’un des derniers êtres magiques de Westeros.
Sur ceux, je vous laisse à l’histoire.
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Avis de non-responsabilité: Je ne possède pas Game of Thrones. C’est la propriété de George R.R.Martin
Les commentaires sont le bienvenus.
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Chapitre 2 : Le Puissant
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Ô les petites gens ont volé mes forêts,
Ils ont volé mes rivières et mes collines.
Et ils ont construit une grande muraille à travers mes vallées,
et pêchés tous les poissons de mes ruisseaux.
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Alors qu’il voyait le corps de Dongo tomber, transpercé par une flèche immense tandis qu’il essayait de rattraper son mammouth en fuite, Mag Mar Tun Dog Weg, dit Le Puissant, le « roi des Géants » était resté figé, son esprit n’arrivant pas à assimiler ce qui venait de se passer.
Puis, quand il réalisa la gravité de ce qui venait de se passer, qu’elle le frappa de plein fouet, une immense vague de chagrin le traversa. Regardant le corps de Dongo, son esprit ravagé par la tristesse ne se posa qu’une seule question.
« Comment, comment tout cela avait pu aussi mal finir ? »
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Le soir de l’assaut contre le Mur, Mag était en première ligne avec Dongo, chevauchant son mammouth. Les deux Géants faisaient partie de la vague d’Assaut contre le Mur et étaient au cœur du succès ou non de l’opération.
Le plan était simple : à l’aide de leur mammouth, les deux Géants devaient forcés la porte qui barraient le tunnel à travers le Mur. Une fois fait, ils devaient s’engouffrer à travers le mur et rejoindre les Sauvageons qui bataillaient déjà de l’autre coté. Selon Mance, la vue des deux géants plus la destruction de l’appareil leur permettant d’aller au haut du Mur pousseraient les Corbeaux survivants à se rendre et à leur céder le contrôle du tunnel, ouvrant ainsi la voie pour que le reste des habitants du Vrai Nord puissent traverser à leur tour le Mur.
C’était un plan plutôt solide, et Mag n’y avait pas trouvé grand-chose à redire (en même temps, il n’avait de meilleure idée à proposer).
Pourtant, à la vue du Mur, l’appréhension le gagna quand à la réussite du plan. Après tout, ses ancêtres il y a des siècles avaient avaient aidé à sa construction avec les humains et les Enfants. C’était une structure qui était censé être capable d’arrêter les Autres, comment eux allaient pouvoir y arriver ?
Cependant la vue de Dongo lui redonna espoir. Même si l’exploit paraissait impossible, ils faillaient qu’ils le tentent au moins. Si ils abandonnaient maintenant, alors ils se soumettaient tout à leur triste sort et seraient des cibles de choix pour les Autres. Et Mag préférait encore mourir que de permettre qu’un autre des siens soit pris par eux et ramener comme esclave mort-vivant à contrôler.
Ils devaient réussir, ils le faillaient. Pour leur avenir à tous.
Lorsqu’il avait donné l’assaut, il s’était avancé vers le Mur, le plan de Rayder dans la tête. Rien d’autre n’avait plus d’importance. Car si tout ce passait comme prévu, la prise du Mur était assuré.
La chevauchée jusqu’au Mur s’est faite sans trop de soucis, enfin, du moins pour lui et Dongo. Autour de lui, il pouvait voir les Sauvageons tomber comme des mouches face aux flèches des humains qui tiraient depuis le haut du Mur. Heureusement pour lui et le mammouth, les quelques rares flèches qui les touchaient avaient autant d’effet sur eux que des piqûres de moustiques. Les tireurs étaient trop loin et lui et Dongo avait pris soin de se protéger contre les flèches.
Une fois qu’ils furent à la porte, hors d’atteinte de leurs flèches (et insensibles aux tonneaux que les Corbeaux lançaient depuis le haut du Mur), il avait avec l’aide de Dongo placé le mammouth face à la porte, puis, pendant que Dongo plaçait les cordes qu’ils avaient apportés pour tirer entre la porte et le mammouth, il avait marché vers la porte avec le pied de biche que le Peuple Libre lui avaient donné pour l’occasion et le mit dans une interstice entre la porte et le Mur.
Quand Dongo et les humains furent prêts, il donna le signal pour commencer à tirer. Pendant que Dongo et le mammouth tirait sur les cordes, il poussait avec le pied de biche pour faire un effet levier, et les humains, avec des cordes et des bâtons, tentaient de retenir le mammouth pour éviter qu’il cesse sa tâche (Mag trouvaient leur présence inutile,mais Mance avait insisté).
Et pendant de longues minutes, le groupe tira de toutes ses forces dans un concert de grognements pour faire ployer la porte et l’arracher de ses gonds. Et au bout d’un moment, Mag entendit le métal qui constituait une partie de la porte commençait à gémir sous la pression constante qu’il subissait, indiquant que leurs efforts commençaient à payer.
« Allez. Encore un peu plus et la porte va céder, du nerf! » Hurla -il au groupe, qui puisa dans ses forces restantes pour augmenter la pression sur la porte. Mag lui-même redoubla d’intensité.
Ils y étaient presque. Si prêt de remporter cette bataille. Tout allait se jouer en quelques minutes, et tout indiquaient qu’ils allaient réussir à percer ce Mur et à sauver tout le monde...
Jusqu’à que l’explosion de feu surgisse sur eux d’un coup, noyant le groupe dans les flammes et anéantissant tout leurs espoirs.
« Qu’est-ce… ! » L’éruption soudaine de flammes fit paniquer le roi des Géants. « D’où viennent toutes ces flammes ?! Elles sont apparues après que ces espèces de tonneaux soient tombées du ciel. C’est les Corbeaux qui nous ont envoyés ça ? Mais comment ? »
Mag eut de la chance. Étant juste à coté de la porte, il fut hors d’atteinte du rayon des flammes, bien que le souffle de l’explosion le força à reculer. Même Dongo fut relativement épargné. Bien qu’il fut dans le rayon de l’explosion et qu’il dut tomber à terre, il ne subit de flammes que sur les bras, flammes qu’il put éteindre rapidement.
Les humains qui les accompagnés n’eurent pas autant de chance. Comme ils étaient avec le mammouth, ils furent pris en plein dans le rayon de l’explosion. Lorsque les flammes retombèrent, Mag vit entendit avec horreur les humains hurler à la mort de douleur, leurs corps devenus des torches vivants. Ils se tortillèrent au sol, essayant de se débarrasser des flammes qui les rongeaient, sans succès.
Mais le pire fut pour le mammouth. Comme il était proche du groupe d’humains, il se prit l’explosion en plein dans son derrière, embrasant d’un coup sa fourrure. En quelques secondes, Mag, encore trop sonné et déstabilisé par ce qui venait de se passer pour agir, vit le mammouth paniquer sous le coup de la douleur et des flammes, et s’éloigner à grand pas de la porte vers la forêt, le derrière enflammé.
Mais il ne fut pas le seul à le voir.
« Le mammouth ! » Cria Dongo devant lui, se relevant de la chute pour échapper aux flammes. Puis, à la stupeur de Mag, le Géant se mit à courir après le mammouth, marchant à travers les cadavres carbonisés des humains pour tenter de le rattraper et de le maîtriser.
« Dongo, non, reviens ! » Lui cria Mag, mais sans succès, le Géant ne l’écoutait plus.
Mag n’était pas du tout rassuré et craignait pour la vie de son ami et compagnon d’arme. Au vue de ce que les Corbeaux avait réussi à faire il y a quelque minutes, il craignait ce que ces humains pouvaient posséder en stock et ce qu’il pourrait faire à Dongo. L’aura d’invulnérabilité de leur groupe et des Géants avaient volé en éclats avec cette boule de feu, et l’ombre du Mur n’offrait plus aucune sécurité, au contraire.
La mort semblait les guetter partout. Attendant qu’ils baissent leur garde, comme le faisait imprudemment Dongo.
Mais rien ne se passa. Rien ne sembla tenter contre Dongo, alors que le Géant poursuivait le mammouth, dos au Mur et exposé. Et pendant un instant, Mag cru que Dongo pourrait rattraper son mammouth, le ramener et peut-être reprendre l’opération.
Mais soudain, le géant vit quelque chose, comme une sorte de longue lance qui semblait tirer depuis le Mur, passant à toute vitesse dans son champ de vision… et se plantant violemment dans le dos de Dongo, l’arrêtant nette dans sa course sous le choc.
Durant quelques secondes, le Géant resta planté sur le sol, debout, semblant regarder le mammouth continuer à partir au loin… Jusqu’à que, dans un râle, il s’écoule au sol dans un fracas assourdissant… et ne bouge plus, une mare de sang se formant sous lui.
Et alors… Quelque chose en Mag se brisa.
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Ainsi, le roi des Géants hurla et rugit de chagrin, contemplant dans l’impuissance la plus totale la mort d’un des deniers Géants de Westeros, un membre de son clan, ainsi que son plus vielle ami.
L’esprit de Mag était confus au milieu de son chagrin. « Pourquoi… comment cela a pu tourné aussi mal... » se lamenta-il.
Ne vous y trompez pas. Il savait que l’assaut sur le Mur était risqué et causerait la mort de beaucoup de gens, Mais Mag pensait avoir fait en sorte que le plan ne comportait aucun risque pour les siens.
Car il n’en pouvait plus des pertes parmi son peuple. Depuis qu’il avait pris la direction des Géants, il avait dû assister depuis des années, impuissant, à la lente chute de son peuple, à son déclin, dû aux conditions de plus en plus dures du Grand Nord et la diminution permanente de leur nombre. Et voilà ou en était son peuple en était aujourd’hui. Trois géants et un mammouth. Et après ce qui venait de se passer, ce nombre était passé à deux.
Pendant un instant, il songea à se replier. Il le voyait et le savait, cette bataille était maintenant perdue. Les sauvageons étaient massacrés par les tirs des humains du Mur et n’arrivaient même pas à s’approcher du Mur, et les rares qui y arrivaient finalement ne pouvaient quasiment rien faire d’eux même. Et pour ce qui est de la porte, n’en parlons pas. Sans le mammouth et Dongo, ils n’avaient pas la force nécessaire pour la détruire afin de pouvoir passer. Mieux valait se retirer dans la forêt au campement des Sauvageons et tenter avec Mance de trouver un nouveau plan. C’était la chose censé à faire maintenant dans un cas normal.
Cependant, la vue du cadavre de Dongo le ramena à la dur réalité : il était coincé ici. Si il tentait de fuir et de retourner dans la forêt, il allait sûrement subir le même sort que celui de son défunt frère d’armes et ami. Et si il restait à attendre ici sous le Mur, sans aucune protection, tôt ou tard, les Corbeaux trouveraient un moyen de l’attaquer et de l’achever. Dans tout les scénarios qu’il imaginait, sa mort était sa seule issue.
« Je ne peux rien faire, rien. Je ne peux pas même aller récupérer le cadavre de Dongo pour le brûler correctement. Je ne peux rien faire, A CHAQUE FOIS ! »
Il jeta son pied de biche par terre violemment alors que de nouvelles émotions remplaçaient peu à peu sa tristesse et son chagrin : le rage et la fureur.
Mag n’était pas stupide, contrairement à ce que la plupart des humains croyaient à propos des Géants, il savait que les humains vivants au nord du Mur n’avaient pas une bonne réputation aux yeux des humains vivants au Sud du Mur, à cause des raids.
Les humains du Sud… c’était d’immenses hypocrites à ses yeux. Ils n’étaient pas conscients de la difficulté de vivre ici, au delà du Mur. Ils pensaient avoir froid ? Qu’ils passent une nuit dans les Crocs de Givre, et seraient ce qu’était. Ils pensaient avoir faim ? être en danger à cause des Sauvageons ? Ce n’était pas eux qui devait faire face aux raids des Autres. Ils les traitaient de barbares et de sauvages, mais avec ce que Mag avait entendu sur les Sud, ils étaient aussi sauvages qu’eux ; si ce n’est plus.
Les Sauvageons racontaient que les Corbeaux se définissaient comme « le bouclier qui protège le royaume des hommes. Le Peuple Libre n’étaient-ils pas des hommes, eux aussi ? Ne méritaient-ils d’être protégés des Autres ? Et les Géants, ne méritaient-ils de vivre aussi ? Les hommes du Nord, les Stark, avaient-ils tous oubliés qu’ils avaient combattus ensemble autrefois ? Les promesses et les alliances qui avaient été forgés ?
Son peuple n’était-il vraiment devenu que légendes aux yeux des hommes au Sud du Mur ?
Aveuglé par la rage, incompréhension et les restes de son chagrin, son regard se posa alors sur la lourde porte en bois. La même et unique chose qui les empêchaient, lui, son peuple et les Sauvageons de fuir les Autres. Une simple porte en bois, les avait arrêtés ! Eux, l’armée au delà du Mur. Et surtout eux,le peuple des Géants !
Au milieu de sa rage et de sa haine, une idée prit place dans son esprit. C’était un plan suicidaire mais c’était mieux que de rester là à attendre d’être abattu.
« Si je ne peux détruire cette porte, alors je passerais d’une autre manière ! » Sur ceux, il se pencha, attrapa avec ses deux mains le bas de la porte et, avec ses bras, tenta de la soulever de toutes ses forces.
C’était loin d’être simple. La porte était lourde, très lourde, même pour lui, et il était considéré comme fort même parmi ses pairs (ce n’est pas pour rien qu’il possède le titre de Puissant). Pendant un instant, il continua à essayer de monter le morceau de bois vers le haut, à s’acharner sans cesse dans un concert de grognements sans aucun effet visible, la structure ne bougeant pas. Mais à forcer de pousser dans ses muscles, de puiser dans sa rage, la porte commença finalement, lentement mais sûrement à se soulever, cédant face à sa puissance.
Au dessus de lui, il entendit soudainement une gigantesque explosion. Levant la tête un instant, Mag remarqua que le haut du Mur était noyé dans une immense boule de feu. Il vit même un corps en feu tomber.
Il ne comprenait pas ce qui se passait là-haut, mais si ça causait la mort de plus de ces infâmes corbeaux et les empêchaient de l’attaquer, il n’allait pas s’en plaindre. Secouant la tête, il se reconcentra sur ce qu’il faisait.
Redoublant d’efforts, il continua à faire monter la porte, le bois coulissant contre la glace à chaque centimètre que Mag arrivait à lever vers le haut. Jusqu’à que finalement, la porte soit suffisamment levé pour qu’il puisse se faufiler dessus.
Gardant la porte soulevé, il se baissa et pencha de manière à ce qu’il puisse passer, se servant de son dos et de son corps pour garder la porte levé. Une fois que la majorité de son corps fut de l’autre coté, il se retira de sous la porte d’un coup. Cette dernière, sans son dos pour la maintenir, se rebaissa violemment derrière lui, refermant de nouveau le passage. En entendant le bruit de la porte se rebaissant, Mag sentit qu’il était arrivé au point de non-retour.
« Je ne peux plus revenir en arrière… je ne pense pas que je pourrais re soulever cette porte de si-tôt. » Il fit craquer son dos, essayant de détendre ses muscles endoloris par l’effort qu’il venait de fournir, puis regarda son nouvelle environnement.
Il pouvait voir qu’il se tenait dans un tunnel de glace très étroit pour une personne de sa taille et de sa corpulence. Il pouvait se tenir debout et se déplacer, mais les mouvements larges lui étaient interdits. Il pouvait à peine se retourner. Sur chaque coté du tunnel de glace, des torches allumés se dressaient à intervalle réguliers, s’étendant jusqu’à l’autre bout du tunnel. Vers le fond il pouvait distinguer une grande grille en acier qui bloquait le tunnel sur environ sa moitié.
Et derrière cette grille de fer, se tenait six corbeaux, tout vêtus de noirs et tenant des épées dans leurs mains. Même avec le manque de visibilité dans le tunnel, Mag pouvait voir l’appréhension et même la peur et le crainte sur leurs visages. Visiblement, soit ils ne s’attendaient pas à ce qu’il puisse passer la porte, soit ils n’avaient jamais vu de Géant en vrai, et découvrir que le mythe était réelle les avaient terrifiés.
A leur vue, le sang de Mag ne fit qu’un tour. Et sa colère et se rage éclata de nouveau.
« VOUS ! » Ces maudits corbeaux… C’était à cause de leur engeance qu’ils étaient coincés du mauvais coté du Mur, à cause d’eux qu’ils ne pouvaient fuir les Autres.
« A cause d’eux que Dongo était mort... » Le souvenir du cadavre de son ami étalé dehors dans une mare de son sang refit surface, augmentant sa rage .
Tout ces morts, tout ce gâchis… tout ça étaient de leur faute. Et ils allaient payer.
Et cette bande de déchets devant lui seraient les premiers à subir sa fureur.
Sur ceux, il craqua ses phalanges, poussa un immense rugissement de guerre, avant de se lancer dans une charge effrénée à travers le tunnel, droit sur les corbeaux. Ses pas faisaient vibrer le sol à chaque mètre parcourue et son visage promettait la souffrance maximale aux humains devant lui.
« Allez, fuyiez devant moi. Montrer-moi la lâcheté qui se cache en vous, montrez-là moi ! »
Cependant, à sa grande surprise, les Corbeaux ne bronchèrent pas à sa charge meurtrière, à part un qui tenta de rompre les rangs en reculant avant d’être arrêter par un de ses pairs, un barbu, qui semblait être le chef de ce petit groupe. Plus surprenant, le barbu, après l’avoir observé en train de courir vers lui, se mit à marmonner quelque chose incompréhensible pour Mag, une sorte de chant, ou des paroles rituelles, que ces compagnons reprenaient avec lui. Et plus Mag se rapprochait, plus leur chant gagnait en intensité et leurs postures se redressaient, leurs visages remplis de détermination.
Dans son esprit, à contrecœur, il ressentit une lueur de respect pour ces humains devant lui, qui parvenaient à lui tenir tête au lieu de s’enfuir comme la plupart l’auraient fait.
A eux, il leur donnerait une mort propre.
Alors que son corps était sur le point de se fracasser contre la grille en métal, il vit les corbeaux se tendre, prêt à l’assaut imminent.
Et puis…
« CLANKK !»
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Un instant plus tard, Mag était toujours dans le tunnel, haletant fortement à cause de l’épuisement. La grille en métal qui lui avait barré plus tôt la route n’était plus que des restes de métal tordus et brisés par la force du Géant qui pendaient tristement.
Autour de lui, les cadavres des Corbeaux gisaient au sol et contre les parois du tunnel. Tous avaient succombés en l’affrontant, balayés par ses mains puissantes contre les murs, projetés par des coups de pied et des coups de poings dévastateurs, écrasés par sa poigne ou même piétinés à mort. Ils avaient tous subis importantes fractures sur tout le corps et des hémorragies internes fatals. Mais ils avaient quand même pu porter de nombreux coups à Mag avant de mourir, affaiblissant petit à petit.
Il n’en restait plus qu’un, maintenant. Le corbeau barbu, leur chef. Il se tenait au milieu du couloir, barrant la route à Mag, l’épée ensanglanté, et le regardait avec haine. Mais pour le moment, aucun des deux ne faisaient de mouvements vers l’autre, attendant de voir qui ferait le premier pas.
Amenant sa main vers le bas tout en surveillant le dernier corbeau, il saisit par les doigts une épée d’un des corbeaux avaient réussi à planter profondément dans son pied gauche et la retira d’un coup sec, la douleur le faisant gémir entre ses dents.
Même sans l’épée dans son pied, la douleur trop importante le força à abonner la position debout pour se mettre à genoux.
« Ils étaient plus coriaces que prévu. » Concéda-il. « Heureusement qu’aucun de ces corbeaux n’avait d’ arc ou de lance pour tenter de viser mes yeux. »
Les yeux étaient l’un des rares points faibles des Géants, un flèche ou un cou de lance placé ici pouvait facilement atteindre le cerveau et les tuer sur le coup.
Il pouvait sentir les blessures partout sur son corps. Sur les bras, sur son torse, sur ses jambes. La fatigue aussi le gagnait. Soulever la porte lui avait pris une partie de son énergie.
Pourtant il ne pouvait pas s’arrêter, pas maintenant et si près du but. Il était si proche de franchir le Mur. Tout ce qui restait sur sa route était ce corbeau…
Il n’en ferait qu’une bouchée.
Soudain, le Corbeau chargea vers lui, l’épée en avant. Rapidement, Mag brandit son poing fermé vers le haut et l’abattit vers le bas comme un marteau pour l’écraser en bouillie. Mais le corbeau réussit à esquiver son coup et, dans un cri, il brandit son épée vers le haut et prépara à planter son épée dans son visage sans défense…
Malheureusement, il ne vit pas au dernier moment l’autre main de Mag qui surgit par le coté et le saisit violemment, le soulevant du sol.
Mag sentit quelque chose lui piquer le bas de la tête, mais sous l’effet de l’adrénaline, il l’ignora, supposant simplement que le Corbeau avait réussi à le blesser à la poitrine.
Il regarda l’humain dans sa main. Il ne cessait de se débattre pour se défaire de sa poigne d’acier, sans y arriver. Mais malgré tout, il continua de lui jeter ce regard de haine, tout en crachant des paroles incompréhensibles.
La main de Mag se resserra autour du torse du corbeau.
« Tu était doué, le Corbeau. » Lui concéda-il en le regardant. Il savait très bien que le Corbeau ne le comprenait pas. « Mais à la fin , tu aura quand même perdu. Va rejoindre tes semblables»
Sur ce, dans une étreinte mortelle, Mag lui écrasa la poitrine dans une gerbe de sang, le tuant instantanément. Le lâchant de sa main, le cadavre s’écroula au sol, au milieu des corps de ses frères.
Sa tâche accomplie, Mag soupira un grand coup.
« Au moins. » Il regarda tout les cadavres. « Ça, c’est fait. Plus rien ne peut maintenant se mettre en travers de ma route. » Il tourna son regard vers l’avant, voyant une lumière vers le bout du tunnel. Cette lumière devait déboucher sur l’autre coté du Mur. « Je vois la lumière, ça doit être le bout du tunnel l’autre coté du Mur. Les Sauvageons doivent encore s’y battre, il faut que j’aille les aider.». Il touchait finalement au but. Il allait pouvoir traverser le Mur.
Il sourit de contentement.
Mais alors qu’il allait se relever pour se mettre debout, il sentit une faiblesse soudaine dans son corps, tandis que l’adrénaline commençait à retomber.
« Quoi, mais… que m’arrive-il ? » Sa tête tournait, ses membres s’engourdissait de plus en plus et il sentit monter une envie de dormir.
Et c’est alors, en panique, qu’il sentit quelque chose couler sur sa poitrine. En passant sa main dessus, il vit qu’elle était recouverte d’un liquide rouge : du sang… son propre sang. Repassant sa main un peu plus haut, il sentit quelque chose. Un objet qui semblait logé dans son cou, et qui y était enfoncé profondément. Un objet pointu et métallique…
Soudain, son esprit embrumée comprit.
L’épée… l’épée du Corbeau barbu… il avait réussi à la lui planter dans la gorge avant de mourir.
« Ah… l’enflure... » Il pouvait sentir le sang dans sa gorge et commencer à remplir sa bouche. Il toussa violemment, envoyant du sang éclabousser le sol.
Finalement, ne pouvant plus se tenir alors que ses forces le quittait, il s’écrasa en avant, son poids faisant trembler le sol. En tombant , son corps s’écrasa juste à coté du cadavre du Corbeau barbu, son bras massif le recouvrant, ne laissant paraître que sa tête. Il tenta de bouger, de se traîner, mais son corps ne lui répondait plus.
« C’est donc vraiment la fin… pour moi ? » Lui… Mag le Puissant, roi des derniers Géants… tué ainsi par un humain ?
Quel ironie.
Alors qu’il se sentit quitter son corps, une pensée le traversa à propos de Wun Wun, qui était resté à la ville sauvageonne près de la mer pour se remettre de blessures qu’il avait subi face aux Autres. Wun Wun qui attendait leur retour, à Dongo et lui. Et qui allait sûrement les attendre encore longtemps.
« Wun Wun… Je suis désolé. » Son esprit s’embruma de plus en plus. Je crains que tu ne doive continuer seul… c’est à toi de prendre la relève maintenant… je compte sur toi… Rends-nous fier »
Et sur ces dernières paroles, l’obscurité l’engloutit, de manière définitif.
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« Mag Le Puissant… Il était leur roi, le dernier d’une puissante lignée qui remontait bien au delà des Premiers Hommes » - Mance Rayder -
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Et ainsi, le deuxième des derniers Géants est mort. Plus qu’un.
A la prochaine.