Les derniers des Géants

Chapitre 1 : Le Condamné

3188 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 10/10/2025 21:14

Je suis un énorme fan de Game of Thrones, et plus généralement, des œuvres d’héroic fantasy. Une chose que j’apprécie beaucoup et à laquelle je prête énormément d’importance et d’intérêt, ce sont les créatures fantastiques et la magie présentes dans un univers d’héroic fanstasy.


La série Game of Thrones a des qualités et des problèmes. Pour moi, un de ses gros défauts, c’est la quasi-absence de magie dans Game of Thrones, et la manière dont la série a traité le peu qui était mis en avant, notamment dans les dernières saisons.


Alors oui, Un Chant de Feu et de Glace est une œuvre avec déjà moins de créatures fantastiques et de magie qu’une œuvre d’héroic fantasy moyenne comme Le Seigneur des Anneaux. Pourtant la série abaisse encore plus ce plafond pour au final nous proposer encore moins que l’œuvre de base, au point qu’on peut finir par oublier par moment qu’il s’agit d’un monde d’héroic fantasy, et qu’il ne s’agit pas juste d’un monde normal, réel comme le notre.


Un bon exemple, ce sont les Géants. Alors que dans les livres, il est écrit qu’il y a des centaines de géants vivants au-delà du Mur avec des dizaines de mammouths, ce qui déjà indiqué comme anormal, dans la série…. on en voit trois... avec UN mammouth. non seulement ils sont peu, mais en plus ils apparaissent peu à l’écran, et ont tous fini par mourir. Sur les huit saisons de Game of Thrones, ils apparaissent…. environ vingt minutes, c’est même pas un épisode entier. La même chose peut être dite pour les Enfants de la Forêt : peu de membres visibles, peu de temps à l’écran, et mort systématique de tous les membres.


Alors, je sais que c’est notamment à cause des coûts de production élevés qu’on en voit peu, mais quand même... et justement... autant de moyens pour les mettre en scène… juste pour ça ? Pour à côté mettre plus en avant et avec plus de moyens les dragons, qui sont des créatures fantastiques que l’on a vu des dizaines de fois dans d’autres œuvres littéraires et cinématographiques et de plein de manières différentes ?


Une seule chose à dire : dommage.


Ainsi, cette histoire-ci est l’occasion d’essayer de donner un peu plus de voix, de présence à ces personnages négligés et oubliés. Je ne vais pas changer leur destin final, mais je vais essayer de faire en sorte qu’il soit un peu plus impactant.


J’espère que cela vous plaira, et sans plus attendre, passons à l’histoire.

Bonne lecture.

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Avis de non-responsabilité: Je ne possède pas Game of Thrones. C’est la propriété de George R.R.Martin


Les commentaires sont les bienvenus.

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Chapitre 1 : Le Condamné


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Ooooooh, je suis le dernier des Géants,


Mon peuple a quitté cette terre.


Le dernier des grands Géants des montagnes,


qui régnaient sur le monde entier à ma naissance.


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La nuit était sombre, malgré qu’elle soit illuminée par le gigantesque incendie de la Forêt Hantée. Le feu était cependant suffisamment fort pour projeter une lueur orangée qui offrit une petite visibilité dans la pénombre.


Alors qu’il sortait de la forêt, son arc à la main, Dongo songea que c’était une nuit idéale pour une attaque.


Sortant aussi de la forêt, des hordes de Sauvageons (ou Peuple Libre) marchaient à ses côtés et sur des lieux à la ronde, brandissant leurs armes et hurlant des propos dans une langue que Dongo ne comprenait pas, mais qui ressemblaient à des insultes et des cris de guerre. Juste à sa gauche, montant son mammouth, Mag le Puissant, son chef, s’avançait d’un pas lent, le visage de pierre.


Suivant Mag, Dongo marchait doucement à ses coté, encerclés par les Sauvageons. Ensemble, ils marchèrent dans la plaine glacée qui séparait la forêt du seul obstacle qui bloquait leur fuite vers le Sud : le Mur.


Jusqu’à ce que d’un geste de l’immense canne de métal qu’il tenait à une main, Mag arrêta la marche, son mammouth continuant ses barrissements sourds avec sa trompe. A son ordre, tout le monde, Géants et Humains, s’arrêtèrent, les Humains continuant cependant leurs provocations verbales et visuelles à l’encontre de ceux qui tenait le Mur.


De près, le Mur de glace de plusieurs centaines de mètres paraissait encore plus imposant. Si Dongo était honnête, il était intimidé.


« Dire que ce Mur a été construit à la base contre les Autres… maintenant, ce qui aurait dû être une ligne de défense se retourne contre nous. »


Et sur cette pensée, Dongo attendit. Toute l’armée attendit.


Ils attendirent pendant un long moment. A un moment, une volée de flèches arriva de la part des Corbeaux et tua quelques Sauvageons qui s’étaient avancées trop près, mais à part ça, le silence.


Soudain, dans un mélange de barrissements et de son propre rugissement, Mag leva de nouveau sa canne avant de s’élancer en avant, son mammouth marchant à travers la plaine.


Le moment était venu.


A son signal, Dongo le suivit, accompagné par plusieurs groupes de Sauvageons, tandis que les autres restaient en retrait. Il adopta un rythme semi-rapide. Pas trop lent pour ne pas être à la traîne, mais pas trop rapide pour éviter de les distancer et, ainsi mis en évidence, être pris pour cible par les Corbeaux en haut du Mur. Ainsi qu’évidemment, toujours prêter attention aux Humains autour de lui pour ne pas marcher sur l’un d’eux par accident.


Autour de lui, marchant à ses côtés, les Humains vivants de ce côté du Mur s’avançaient vers ce dernier en courant. Certains furent touchés par des flèches tirées par les Corbeaux, mais ils étaient bien trop nombreux pour que leur avancée soit ralentie par quelques flèches.


Alors qu’il était en train de courir, Dongo remarqua alors une scène insolite.


Devant lui, un des Sauvageons s’était agenouillé dans la neige et avait bandé son arc vers le Mur, flèche encoché, visiblement prêt à tirer.


« Qu’est qu’il fait ? » Pensa-t-il avec amusement. « Il croit vraiment pouvoir toucher quelqu’un là-haut avec ce genre d’arc ? »


Pourtant, le Sauvageon décocha tout de même. A vue de nez, la flèche avait à grand-peine atteint la moitié du Mur avant de retomber et de se planter dans le sol..


« Pas mal, mais pas suffisant, pas assez de force. Je vais lui montrer comment faire. »


S’approchant de lui, son propre arc à la main, Dongo lui fit un signe de tête, avant de s’agenouiller à côté de lui . Même à genoux, il était beaucoup plus grand que lui.


« Garde tes flèches, laisse-moi m’en occuper. »


Encochant une flèche, il tendit son arc et le pointa vers le Mur. Il visa un instant, puis lâcha la corde. Sa flèche partit à toute vitesse et atteignit le sommet de la structure en glace. Malheureusement il manqua son coup et sa flèche se contenta de pulvériser l’un des avant-postes en bois qu’il pouvait vaguement voir en haut du Mur..


Son deuxième tir fut plus réussi. Le Corbeau qu’il visait n’eut même pas le temps de réagir avant que sa flèche ne lui transperce le corps. L’impact fut si grand que le Corbeau vola à travers les airs avant de retomber de l’autre côté du Mur.


« En voilà un qui mérite son titre de Corbeau, il a appris à voler. » Songea-t-il avec amusement.


Il aurait bien continué à tirer, mais alors qu’il allait encocher une troisième flèche, il remarqua que Mag sur son mammouth et les humains qui le suivaient avait pris beaucoup d’avance sur lui.


« Mince, j’ai trop traîné, il faut que je me dépêche. » Se relevant, il jeta un coup d’œil à l’humain à côté de lui, qui le regardait avec stupéfaction et envie, avant de se mettre à courir pour rattraper le cortège de Mag.


Alors qu’il essayait de rattraper le groupe principal, Dongo remarqua que certains Sauvageons seuls ou en petites bandes avaient déjà atteint la base du Mur et essayaient d’en faire l’ascension à l’aide d’outils d’escalade, certains étaient déjà à une bonne hauteur.


« Au rythme où ils vont, ils seront là-haut dans des heures. » Pensa Dongo. « Au moins ils sont intouchables pour les Corbeaux. »


Soudain, l’un des grimpeurs se prit une flèche dans la tête et tomba, son corps s’écrasant au pied du Mur.


«Ah. Peut-être pas finalement. » Sur ce, Dongo se remit en route, ayant presque rattrapé Mag.


Non loin, il vit le premier groupe de Sauvageons atteindre la porte à détruire. Mais à peine furent-ils au pied du Mur, que plusieurs objets, que Dongo reconnut comme des barils, leur tombèrent dessus. L’impact fut si puissant qu’il le tua tous.


« Si les Corbeaux pensent pouvoir nous arrêter, moi et Mag, avec de simples tonneaux, ils se trompent lourdement. » Alors qu’il approchait, il vit que Mag avait à son tour atteint le tunnel.


S’arrêtant à une dizaine de mètres de la porte qui barrait le tunnel sous le Mur, Mag sauta de sa monture, le sol vibrant sous l’impact. Relevant la tête, il respira un grand coup, avant de se retourner vers son mammouth.


« Dongo, aide-moi. » Lui dit-il en attrapant une des sangles de la bête.


Pour mieux manœuvrer le mammouth, Dongo laissa tomber son arc à terre et saisit fermement une des défenses de la bête. Dans d’autres circonstances, ils auraient plus pris le temps pour faire tourner le mammouth plus longtemps, mais là le temps pressait.


Ils poussèrent ensemble la bête afin de la mettre dos à la porte. Étant poussé malgré lui, le mammouth barrit de mécontentement et résista malgré les rugissements de Mag pour qu’il coopère.


Enfin, avec un peu d’entêtement ,ils poussèrent la bête et parvinrent à la retourner à deux, les Sauvageons autour d’eux se contentant de pointer leurs longues lances vers le mammouth et de le piquer lorsqu’il était à portée.


Dongo ne comprenait pas vraiment l’intérêt de leur présence. A eux deux, ils étaient suffisants pour s’occuper du mammouth, mais bon, s’ils insistaient.


Une fois le mammouth bien dos au Mur, Dongo laissa Mag finir de préparer le mammouth et s’avança vers la porte qui bloquait apparemment le seul passage à travers le Mur.


De près, la porte semblait solide. Haute d’environ sa taille, elle était composée de lourds panneaux de bois de fer sur une charpente bien fixée, renforcés avec des plaques d’acier épaisses aux endroits sensibles. Dans l’ensemble, cette porte était parée pour résister à des attaques de Sauvageons.


« Mais ces humains n’ont pas préparé cette porte à la force des Géants, et ce sera là leur plus grande erreur. » Sur ce, Dongo arma son poing et le lança sur la porte.


Son poing pulvérisa en quelques coups les panneaux de bois entre les poutres, prouvant immédiatement ces dires. Il se contenta de faire des trous dans le bois, arrachant les panneaux une fois brisés pour mettre à nu l’intérieur de la structure de la porte, notamment la grille en métal installée juste derrière.


Une fois que les trous dans la porte furent tous faits, Dongo marcha vers le matériel déposé à côté par un autre groupe de Sauvageons : trois grandes cordes, longues d’une dizaine de mètres environ, et dont les extrémités étaient terminées par des crochets en métal. Attrapant leurs extrémités, il se redirigea ensuite d’un air lourd vers la porte endommagée et attacha la première corde à la structure en métal qu’il pouvait entre-apercevoir derrière les panneaux en bois.


Une fois la dernière corde accrochée, Dongo l’enroula autour de son épaule, puis recula avec, tournant le dos à la porte. Sur le chemin, il croisa Mag, qui s’approchait de la porte avec un énorme pied-de-biche, de la taille d’un humain normal. Au moment de se croiser, les deux Géants se regardèrent un instant, avant de hocher la têteet se mettre en place, conscient de ce qu’ils devaient faire.


Dès que Mag donna le signal, à savoir un grognement, Dongo se mit à tirer de toutes ses forces la corde dans ses bras. Devant lui, le mammouth, obéissant au sifflement de Mag, se mit à avancer dans la neige, jusqu’à être retenu par les autres cordes attachées à lui, les tendant soudainement sous l’effort.


Derrière, la porte se mit à grincer d’un coup, essayant de résister tant bien que mal à la traction d’un mammouth et d’un Géant , tandis qu’un deuxième poussait avec un pied-de-biche planté dans l’interstice entre la porte et le tunnel.


Autour du mammouth, les Sauvageons le retenaient à l’aide de leur longue piques, le piquant tandis que deux d’entre eux tiraient des cordes pour le retenir.


« Il sont ridicule avec leurs lances. » Pensa Dongo avec agacement.. « Pensent-ils vraiment qu’elles arrêteraient le mammouth ? » Ils n’auraient aucune chance si le mammouth s’agitait vraiment. « Ils devraient plutôt nous aider à tirer. »


Au bout de plusieurs minutes, la fatigue commença à le gagner. Son corps se couvrit de sueur, et la friction de la corde commença à faire mal à ses mains.


Heureusement, leurs efforts commençaient enfin à payer. Les plaques de métal renforcées de la porte commencèrent à se tordre et à gémir sous la tension constante. Encore quelques minutes, et elles finiraient par céder.


« Allez, encore un petit effort, on y est presque. »


C’est alors qu’il entendit un son ressemblant à un sifflement sourd au-dessus de lui. Levant les yeux, il vit ce qui ressemblait à plusieurs barils tomber à toute vitesse sur eux.


« Vraiment ? Ils utilisent ça ? Aucune importance, ces choses sont bien trop petites pour vraiment nous blesser, Mag, le mammouth et moi. » Détournant le regard, Dongo se reconcentra sur la corde qu’il était en train de tirer. Il leva à peine les yeux lorsqu’il entendit le bruit des barils atterrissant finalement au sol.


Alors, l’enfer se déchaîna.


Il n’eut que le temps de cligner des yeux avant qu’une gigantesque explosion de flammes ne jaillisse devant lui, les flammes lui léchant les bras et le visage. Sous la surprise, il lâcha la corde et tomba en arrière, son bras se levant instinctivement pour se protéger des flammes.


Autour de lui, il entendit les Sauvageons hurler de douleur alors que les flammes enveloppaient leurs corps. Certains se jetèrent au sol et se roulèrent dans la neige pour essayer de se débarrasser des flammes, mais c’était peine perdue.


Cependant, c’est un barrissement de douleur, qui le poussa enfin à baisser son bras pour mieux voir le désastre.


Tout autour, les cadavres carbonisés des Sauvageons qui les avaient accompagnés gisaient dans la neige. et non loin d’eux et s’éloignant rapidement, Dongo vit leur mammouth s’enfuir, sûrement paniqué par les flammes, son derrière enflammé. Derrière lui, essayant désespérément de le retenir, un Sauvageon en flammes était traîné derrière lui. Dans un autre contexte, il aurait trouvé ça drôle.


Cependant, à cet instant, il était horrifié à la vue de la fuite du mammouth vers la forêt.


« Le mammouth ! » Cria-t-il en se relevant. Ne perdant pas une seconde, il se mit à courir après lui,


« Dongo, attends ! » Cria Mag derrière lui, mais il ne ralentit pas.


Ce mammouth était leur seul moyen de détruire la porte. Sans lui, ni lui, ni Mag n’avaient la force nécessaire pour le faire. Il fallait le rattraper et le calmer.


Il courut aussi vite qu’il pouvait, mais le mammouth était trop rapide, il n’arrivait pas à le rattraper malgré la distance entre eux qui raccourcissait.


C’est alors que d’un coup, il sentit quelque chose lui transpercer violemment le dos. Sous le choc, il s’arrêta net, poussant un râle de douleur.


Baissant les yeux sur sa poitrine, Dongo vit qu’une grande pointe de flèche était logée et dépassait de ses fourrures. Au vue de l’horrible sensation qu’il ressentait, la grande flèche l’avait sûrement transpercé de part en part.


« Mais… comment ? » Il cracha du sang, éclaboussant le sol. « Les humains… ne peuvent pas… tirer des flèches... » Une autre toux sanglante. « Aussi grandes. »


Il tenta de faire un pas, mais ses jambes refusèrent de lui obéir. Ses membres s’alourdissaient, et un froid non naturel le gagnait.


Ne pouvant se retenir, il chuta au sol. le sol trembla sous le poids du Géant qui s’écroula.


Derrière lui, il crut entendre les cris de Mag retentir, mais il ne put relever la tête.


Son corps ne bougeait plus. Il n’arrivait même pas à tourner la tête. Seuls ses yeux restaient ouverts bien qu’à grand peine. Une mare de sang se déversait sous lui.


Au loin, il aperçut le mammouth atteindre la lisière de la forêt et s’enfoncer paniqué à travers les arbres, les Sauvageons s’écartant précipitamment pour ne pas être écrasés sous ses pattes. Le froid devenait de plus en plus présent...


« Mag, Wun Wun… Je suis... désolé... » Il ferma les yeux….


Puis, l’obscurité le recouvrit. Définitivement.

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« Première fois que tu vois un Géant Jon Snow? Ne le regarde pas trop, c’est timide un Géant. »

-Ygritte-

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Et ainsi le premier des derniers Géants est mort. Plus que deux.


A la prochaine.

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