Les derniers des Géants

Chapitre 3 : Celle qui chante le Chant de la Terre

20719 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 02/05/2026 16:25

Salut à tous.


2 ans… j’ai fait déjà deux ans que j’ai commencé les fanfictions, j’ai l’impression que ça fait déjà plus longtemps… le voyage fut long et parfois éprouvant, mais je tiens à vous remercier pour tout le soutien que vous apportez à chacun de mes histoires, y compris celle-ci. Chaque vue, chaque commentaire, chaque favori et chaque retour positif me fait me dire que tout ce travail en valait la peine, et pour tout ça, merci.

Maintenant pour en revenir à l’histoire, ce chapitre est là pour fêter les deux ans, et pour cet occasion, vous l’avez peut-être déjà compris à son titre, il ne va pas parler de Géants cette fois-ci, mais d’un autre peuple qui mérite tout autant sa place dans cette histoire. C’est d’ailleurs le chapitre le plus gros que j’ai jamais écrit actuellement, et il est bourré de références à l’histoire de Westeros, donc j’espère qu’il vous plaira.

Aussi petite précision, pour des soucis de narration, ce chapitre va établir que Westeros a dix mille ans d’histoire, au lieu des douze mille officielles, et les origines de certaines figures légendaires vont être modifiés, car je vais raconter ma version de l'histoire du continent.

Sur ceux, je vous laisse à l’histoire.

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Avis de non-responsabilité: Je ne possède pas Game of Thrones. C’est la propriété de George R.R.Martin


Les commentaires sont les bienvenus.

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« Parler »

« Pensée »

« Ancienne Langue »


Chapitre 3 : Celle qui chante le Chant de la Terre


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In stone halls they burn their great fires,


in stone halls they forge their sharp spears.


Whilst I walk alone in the mountains,


with no true companion but tears.


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Assise près de l’entrée de la grotte du Corbeau à trois yeux, Feuille fixait l’horizon enneigé, ses yeux dorés guettant la moindre anomalie. Pour le moment, elle ne distinguait rien, mais elle ne s’y trompait :pas quelque chose allait venir, et c’était pour bientôt.


Depuis que Bran s’était fait marqué par le Roi de la Nuit à cause de sa négligence et de sa stupidité, elle et son peuple s’étaient préparés à l’arrivée imminente du roi de la Nuit et de ses laquais. Aucun d’entre eux ne se faisaient d’illusions sur l’issue de ce combat : Le roi de la Nuit était bien trop puissants, son armée de wights bien trop nombreuse pour qu’ils puissent l’emporter.


Ce soir, ils allaient tous mourir.


C’est pourquoi, elle décida de laisser les autres passer leurs dernières heures comme ils le souhaitaient, elle n’avait pas vraiment le cœur de leur demander quoi que ce soit au vue de la situation, et de toute façon, elle savait que quand le moment sera venu, ils seront au rendez-vous. Elle avait vu que Black Knife était parti aiguiser ses couteaux et sa lance en attendant l’heure, tandis que Ash et Snowylocks s’étaient retirés dans un coin de la grotte pour chanter un ancien chant de leur peuple. Elle ignorait ce que faisait Coals et Gammes.


Quand à elle, n’ayant rien de mieux à faire, elle décida de faire le guet dehors afin de prévenir quand leur ennemi ancestral pointera le bout de son nez. Pour l’heure, elle était seule, avec seulement le vent et ses pensées comme compagnie.


« Bientôt, Il va sûrement bientôt être là. J’espère que tout le monde reste prêt, même les… humains. » Cracha-elle à la fin. Mais pas de haine, plutôt… de perplexité.


Hônetement ,Feuille ne savait pas quoi penser de Merra et d’Hodor, même après autant de temps en leur compagnie, tandis que Bran prenait ses leçons avec le Corbeau à Trois Yeux. Hodor était… Attachant, il n’y avait pas de meilleur mots. Sa grande taille, ainsi que sa simplicité d’esprit, lui rappelait les enfants Géants lorsqu’elle allait autrefois leur rendre visite dans leurs campements provisoires. Hodor était le seul que les autres Enfants de la Forêt allaient voir de temps à autre quand ce n’était pas pour leur donner de la nourriture. Surtout Snowylocks. La Chanteuse était la plus jeune parmi eux (seulement un millier d’années d’années) et elle était aussi la plus timide d’entre eux. Et pourtant, elle et Hodor avaient noué une sorte d’amitié un peu étrange,avec elle qui le venait le voir de temps à autre. Parfois lorsqu’ils étaient ensemble, elle chantait de douces mélodies dans la Vraie Langue à coté du grand humain, et ce dernier se contentait de l’écouter en souriant.


Quand à Merra, son opinion était plus partagé. Contrairement à Bran et Hodor, c’était celle qui était la plus mécontente d’être ici, pleurant encore la mort de son frère lors de leur voyage jusqu’ici. Feuille ne savait pas comment se comporter avec elle. C’était une humaine, du même peuple qu avait chassé les siens du continent et provoqué leur déclin… mais c’était aussi une descendant des Reeds, une des rares famille des Premiers Hommes en dehors des Stark à s’être mariés avec des membres de son peuple et avec qui ils avaient eu d’excellentes relations. Si elle se concentrait bien, elle pouvait même sentir la magie de son peuple qui coulait dans le sang de la jeune Reed, bien qu’elle soit beaucoup trop faible pour qu’elle puisse s’en servir, contrairement à Bran ou à son défunt frère. Alors elle alternait, un coup elle était froide et distante, un autre elle était plus ouverte, comme lorsque Bran l’a confronté sur l’origine des Autres.


« Je ne sais même pas pourquoi j’ai avoué devant les deux le crime que j’ai fait il y a si longtemps quand Bran m’a posé des questions après l’avoir découvert avec sa vue verte. De toute façon, ce n’est pas comme si j’attendais d’eux leur compréhension, et encore moins leur pardon. Ce qui a été fait est fait. » Mais ça m’empêcha pas son cœur de se serrer en se remémorant le regard de trahison que le petit Stark lui avait donné.


Elle souffla d’un coup, sentant le poids du temps s’alourdir un instant sur ses épaules. Anciens

Dieux, elle était tellement fatigué ! Pas une fatigue physique, mais une fatigue mentale, presque psychique, qui lui donnait une profonde lassitude.


« Au moins, … bientôt, tout sera terminé, et cette fatigue ne sera plus qu’un lointain souvenir. »


En tendant l’oreille, Feuille perçut le chant de Ash à travers les cavernes sous l’arbre de Weirwood, et elle reconnut la chanson.


« Ce chant… je m’en souviens. Ça fait bien longtemps que je ne l’ai pas entendu. » Elle tenta de compter dans sa tête. « Mille ans, deux mille depuis la dernière fois ? Je ne sais plus... »


Feuille était vielle, au point d’être un des êtres les plus vieux de Westeros encore en vie, et pourtant, à l’échelle de son peuple, elle était encore un peu jeune. Dix mille ans ne représentait qu’à peine un tiers de la vie d’un Enfant de la Forêt, et encore, elle n’était même pas sûr que son peuple pouvait mourir de vieillesse, en tout cas, elle n’avait jamais assisté à la mort d’un des siens de cette manière.


Mais, elle était suffisamment âgé pour se souvenir, se souvenir d’une ancienne époque aujourd’hui révolue.


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Fermant les yeux, elle se replongea dans ses souvenirs… des souvenirs datant de dix mille ans


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De cette époque lointaine, Feuille se souvenait de son peuple vivant alors partout à Westeros, qui ne s’appelait pas alors ainsi, le nom venant des humains, sauf dans les régions des actuelles Iles de Fer et Dorne, car ces région étaient trop désertiques et désolés pour les siens. Comme la vie était belle et paisible en ces temps-là. Ils vivaient dans de grands villages à la fois forestiers et arboricoles, avec toujours au moins un arbre-coeur intégré au village, bien que souvent il y en avait plusieurs. C’était aussi une époque ou les grands bosquets de Barrals étaient beaucoup plus communs et nombreux, poussant partout dans les forêts comme des mauvaises herbes. Mais surtout, c’était une époque de paix. Parfois les siens pouvaient avoir quelques accrochages avec les géants, leurs voisins immédiats et plus grands rivaux depuis que les deux races arpentaient ces terres, mais jamais rien d’extrêmement grave, et puis, le temps des guerres entre eux et ces immenses gaillards nomades étaient révolu depuis longtemps. Non, les seuls vraies menaces auquel son peuple pouvait être confrontés alors étaient les ours et les lions des cavernes, et les hivers plus ou moins longs qui s’abattaient sur le continent dû à ses conditions climatiques uniques.


C’était l’Age de l’aube, quand seuls les Enfants de la forêt et les Géants vivaient à Westeros et y régnaient sans partage, les Géants préférant la partie Nord du continent, tandis que la plupart des Enfants vivaient dan la partie Sud.


Et Feuille, alors très jeune, selon les critères de son peuple, pensait que ce serait ça sa vie. Parcourir les immenses forêts qui recouvraient alors le continent, devenir chasseur, cueilleur, guérisseuse, ou même rejoindre les guerriers de son peuple, pour espérer intégrer un jour les Danseurs des Bois, l’élite de leur guerriers parmi eux. Ou bien alors voyager à travers le continent pour en découvrir les multiples paysages qui la composaient, voir les autres tribus de son peuple. Peut-être même aller visiter les clans nomades des Géants et vivre un temps avec eux pour voir leur mode de vie. Mais jamais elle n’aurait pu imaginer que cet ordre, établi depuis des millénaires, auraient pu disparaître ou même changer.


Et puis les humains sont arrivés. Et c’est ce jour-là que tout que tout, y compris leur déclin commença. Ce fut la fin de l’Age de l’Aube, et le début de l’Age des Héros.


Au début, son peuple fut simplement curieux de ces nouveaux arrivants venus de l’Est, qui ne ressemblaient en rien à ce qu’ils connaissaient. Plus grands qu’eux, mais pas autant que les Géants, ils étaient nombreux, mais leur vie était beaucoup plus courte que la leur, passant en un battement de cils. Et pourtant, malgré leurs faiblesses physiques, ils avaient réussi à prospérer. Ils se nommaient eux-mêmes les Premiers Hommes, car selon leurs légendes, ils étaient les premiers parmi les nombreux peuples humains à avoir vu le jour sur leur continent, qu’ils nommaient Essos. A l’époque ou les premiers d’entre eux arrivèrent à Westeros en traversant à pied la bande de terre qui reliant alors les deux Continents, appelés plus tard le Bras de Dorne, ils étaient conduits par un des leurs, un homme dont le nom fut perdu à travers le temps. Il fut appelé le Premier Roi, car il était celui qui gouvernait alors tout les clans des Premiers Hommes en une immense confédération; C’était un homme strict, mais juste, et lorsque son peuple rencontra les Enfants de la Forêt et les Géants, il choisit de traiter avec les deux peuples. Poussés par la curiosité et la bienveillance du Premier Roi, les Enfants et les Géants choisirent en retour de laisser venir ce nouveau peuple et de les accueillir à Westeros.


Pendant les premières années, les Premiers Hommes arrivèrent par vagues depuis le Sud désertique avant de s’installer, d’abord dans les plaines fertiles de l’actuel Bief, avant de remonter doucement vers le Nord. Et bien qu’ils croisèrent à plusieurs reprises les Géants dû à la nature nomade de ces derniers, c’était surtout aux Chanteurs de la Terre qu’ils eurent affaire, s’installant non loin des forêts afin de pouvoir couper du bois.


Pendant quelques décennies, les deux peuples arrivèrent à cohabiter tant bien que mal. Les Premiers Hommes s’installèrent petit à petit près des rivages de la mer et des fleuves, travaillant la terre pour se nourrir et bâtissant des villages et des fortins ronds en bois, et les Enfants se contentait de les regarder, apprenant leurs manières et parfois leur donnant un petit coup de main quand les difficultés devenaient trop pour eux, bien que leurs relations restèrent assez distantes. Les Géants,eux, ne s’en souciaient pas, tant qu’ils ne les dérangeaient pas et ne se mêlaient pas de leurs affaires. Les humains, de leur coté, étaient intrigués par ces peuples qui vivaient sur un continent qu’ils pensaient vierge, et respectèrent les quelques limites que les Enfants de la Forêt posèrent, notamment de ne pas toucher aux Barrals.


Personnellement, Feuille les trouvait très intéressant à regarder. Ils étaient si différents de tout ce qu’elle avait connu jusque là. Bien qu’elle gardait une certaine distance et éviter de s’approcher trop prêt de leurs villages, elle n’hésitait pas à approcher les humains qui entraient dans les forêts et à bavarder avec eux. Et elle apprenait beaucoup de choses de leur part, notamment leur langue, qu’ils appelaient « L’ancienne Langue », leurs traditions, leurs croyances en de multiples dieux, et leur savoir.


C’est d’ailleurs les Premiers Hommes de cette époque qui appelèrent les premiers son peuple « Enfants de la forêt ». Quand Feuille leur avait demandé à certains pourquoi ce nom, ils avaient répondu que c’était d’une part, à cause de leur taille, qui étaient équivalentes à celles de leur petits, mais aussi qu’à cause de la teinte de leurs peau et de leurs cheveux, ils ressemblaient à des arbres miniatures. Ce qui, combiné à leur tailles d’enfants humains, donnaient l’illusion qu’ils étaient né des arbres, né de la forêt. Personnellement, Feuille était plutôt flatté de ce nom et de son sens caché, bien qu’elle sache que certains des siens étaient plutôt agacés d’être comparés à des enfants quand ils étaient plus vieux que le plus vieux des humains.


Pendant un demi-siècle, les deux peuples s’acclimatèrent à leur présence commune. Même les Géants commencèrent à se rapprocher des Premiers Hommes lors de leurs migrations et à apprendre L’Ancienne Langue pour leur converser, et tout semblait porter à croire que cet début pourrait transiter vers quelque chose de plus.


Puis le premier Roi mourut, et la donne changea. Sans héritier défini à sa succession pour reprendre la couronne, les Premiers Hommes se fracturèrent en de multiples clans et petit royaumes qui se disputèrent la domination sur les terres qu’ils avaient colonisés. A ce moment, la plupart des Premiers Hommes vivaient dans les actuelles Bief, Terres de l’Orage et Terres de la Rivière, avec quelques clans vivant dans l’actuelle Val et les Terres de l’Ouest, mais aucun clan n’était encore allé dans le Nord, qui restait surtout la patrie des Géants.


Cette situation de guerre civile entre les humains dura pendant plus de dix ans, les Enfants de la Forêt et les Géants se contentant de regarder sans intervenir. Après tout, c’était les affaires de humains, et ils n’avaient aucune raison de s’en mêler. Et au final , après dix ans de conflits, un nouveau souverain humain a réussi à s’élever, et son nom à lui entrerait dans l’histoire.


Garth Greenhand. Le fils du Premier Roi, et proclamé Haut-roi des Premiers Hommes, après avoir soumis à son autorité les centaines de clans différents par les armes et les avoir réuni de nouveau en un tout. Contrairement à son père, Garth était l’expression des pires travers des Premiers Hommes. La barbe hirsute, le nez et les joues rouges à cause de l’alcool qu’il buvait sans cesse, une luxure débridée qui lui a donnée des dizaines d’enfants et de bâtards à travers les années et les contrées. Mais surtout, il vouait une méfiance, voire une haine immense, pour les Chanteurs de la Terre, pour une raison que jamais Feuille n’a connu, ni compris.


Durant les premières années de son règne, sous son élan, les relations entre les humains et les Enfants de la Forêt commencèrent à se dégrader fortement. Les Hommes commencèrent à se méfier des Chanteurs, certains murmurant que la guerre de dix ans auraient pu s’arrêter plus tôt avec leur aide. Son peuple devint ostracisés, repoussés au abord des villages humains, pointés du doigt à chaque fois qu’un malheur touchait la vie des humains. Bien que blessés par ce rejet froid, les Enfants évitèrent de trop réagir à cette distanciation, estimant que ce n’était pas à eux de changer la nouvelle mentalité des humains.


« Moi-même je l’avais très mal pris, quand les humains à qui je parlais ont cesser de venir de me voir, et quand j’allais leur rendre visite moi-même, le regard que certains avaient dans leurs yeux à ma vue… ça me fait frissonner en y repensant. »


Et pourtant malgré ce mépris nouveau, elle pensait, comme tout ces compatriotes, qu’ils n’iraient pas plus loin, que ce n’était que passagère, et que cela cesserait un jour et que les anciennes relations seraient reprises. Même quand les rapports continuèrent à s’empirer, elle s’accrochait à cet espoir.


Jusqu’à ce qu’ils commencent à abattre les arbres-coeurs. Et ce fut le point de non-retour.


Lorsque Feuille et son peuple le découvrirent, ils furent horrifiés à la vue des souches de Barrals, leurs troncs et leur feuillage au sol, leurs visages gravés larmoyants, et les humains à coté, portant des haches de bronze dont le métal était taché de sève rougeâtre, comme s’ils venaient de commettre un meurtre, et quel part, c’était le cas.


Au début, ils tentèrent de les arrêter, de régler cela pacifiquement, ils les supplièrent de laisser les Barrals en paix. Mais les humains ne les écoutèrent pas. Pour eux, les Barrals n’étaient que des arbres particulièrement exotiques, avec un bois parfait pour la construction ou l’artisanat, ils ne comprenaient pas l’importance qu’il pouvaient avoir pour son peuple. Pire, à la réaction des Chanteurs, ils supposèrent, Garth en premier, que les Enfants s’en servaient pour les espionner, les corrompre avec la magie de leurs arbres. Mais bien que les Voyants Verts possédaient effectivement cette capacité, jamais ils ne s’en étaient servis contre les humains. Quel aurait leur intérêt ?


Face à leur indifférence et à l’abattage continu des arbres-coeurs, son peuple n’eurent pas le choix, C’était leur culture, leur passé, leurs âmes même qui étaient en danger. Ils prirent les armes.


Et c’est ainsi que la 1ère guerre éclata. Entre les Chanteurs de la Terre et les humains. Pour la défense et la protection des Barrals.


Ce qui aurait dû un simple conflit dégénéra très vite en une guerre sanglante ou, à la surprise générale des Enfants, les humains parvint à garder une légère supériorité sur eux dans les premières années. Les humains avaient plusieurs avantages sur les Enfants, ils étaient plus nombreux, plus grands, plus forts, et ils disposaient de savoirs inconnus aux Enfants, comme leurs lames en bronze ou leur maîtrise de l’équitation . Ils étaient capables de construire des structures défensifs comme des fortins pour sécuriser durablement leurs terres mais surtout, ils étaient capables de grande cruauté, et elle fut parfaitement utilisé par Garth Gardner. Ce dernier n’hésitait pas par exemple avant une bataille à couper un arbre-coeur non loin sous les yeux impuissants des Chanteurs, avant d’en exhiber les branches et le tronc mutilé comme un trophée macabre pour affecter le moral des Chanteurs.


Mais les Chanteurs n’étaient pas en reste. Leurs corps et leur sens adaptés les rendaient maîtres des forêts, et surtout des experts des embuscades éclairs, avec leur maîtrise de l’arc et leur agilité. La magie de leurs wargs leur permettaient d’espionner les Premiers Hommes ou de harceler leurs camps et leurs villages à travers des animaux, tandis que la vue des Voyants Verts à travers les Barrals ou leur vision du passé, du présent et de fragments de l’avenir leur permettaient de prédire et d’anticiper les actions des Premiers Hommes afin de pouvoir les contrer.


Feuille n’avait pas beaucoup de souvenirs précis de la Première Guerre, car ils se confondaient souvent avec des événements plus récents. Face aux affrontements avec les humains, elle choisit de rejoindre les guerriers afin de défendre sa tribu et son foyer. Elle participa à tant de batailles, d’escarmouches et d’embuscades qu’elle devint une guerrière accomplie, au point de pouvoir rejoindre dix plus tard le corps légendaire des Danseurs des Bois.


Mais une fois l’effet de surprise passée et après un temps d’adaptation pour s’habituer aux techniques de guerre de l’autre, la guerre arriva à un point ou les deux camps furent dans une impasse, incapables de prendre l’ascendant sur l’autre. Cela dura plus de Quarante ans, avec des escarmouches de la part des deux factions à travers le continent, des victoires remportés par l’un ou l’autre camp, jusqu’à ce que les Enfants de la forêt se rendent compte que dans une guerre d’usure, ils perdraient inévitablement, car contrairement aux hommes, dont le nombre ne cessait d’augmenter, leur peuple avaient plus difficilement des enfants et ne pouvaient maintenir le même nombre de guerriers sur la durée. Mais surtout, malgré le statut quo et l’impasse, les Premiers Hommes continuaient de s’étendre et de s’installer sur de larges portions de leurs territoires et de zones qui avaient été abandonnés par les Enfants à cause des conflits,y coupant la plupart des Barrals qui s’y trouvaient et construisant des forts en bois afin de consolider leurs prises, forts que les Chanteurs ne pourraient prendre sans importantes pertes. Si rien n’était fait, alors les Enfants perdraient la guerre, mais les capacités de leur peuple avaient atteint des limites.


Afin de gagner la guerre, il leur allait des alliés, et ces derniers étaient tout trouvés.


Pour résister aux humains, son peuple fit alors une alliance avec les Géants, leurs viraux et frères de toujours. A la base neutres dans ce conflit, ils avaient finis par voir d’un mauvais œil l’expansionnisme agressif des humains à Westeros, qui avaient commencé à empiéter sur leurs pâturages à mammouths et leurs routes migratoires, poussant à divers petits affrontements entre les deux peuples. Ce fut une alliance bienvenue pour les Chanteurs. Bien que moins nombreux que les humains et les Enfants de la Forêt, les Géants compensaient par leur taille, deux fois plus grand que les plus grands humains, et leur force titanesque, capable de soulever des charges énormes ou de tuer d’un revers de main ou en balayant devant eux avec de grandes massues de bois et de pierre.


Et ce fut ce qui changea le cours de la guerre.


Ensemble, avec la magie des Enfants et la force des Géants, ils réussirent, tant bien que mal, à finalement repousser les humains et à reprendre leurs terres, les expulsant de leurs forts grâce aux Géants et les forçant à reculer de plus en plus vers le Sud. Cette avancé dura quelques années, avec des pertes encore importantes pour l’alliance, mais elle permit de changer le rapport de force. Lors de la dernière grande bataille, au Sud du territoire de l’actuel Bief près des rives du Mander, Feuille, qui participait à la tête de son groupe de guerriers, fut témoin de l’intensité des combats qui ont été menés ce jour-là, les Géants en première ligne envoyant voler des humains à chaque coup, tandis que les Chanteurs se glissaient dans les ouvertures crées pour affronter l’armée des Premiers Hommes qui, malgré les difficultés, arrivaient à résister à l’assaut et à infliger importantes pertes. Mais malgré leur résilience, les humains ne purent tenir le coup.Ce fut d’ailleurs elle qui porta le coup final à Garth, tuant le Haut-roi des Premiers Hommes vieillissant alors qu’il tentait désespérément de galvaniser ses hommes. Cet bataille fut le coup de grâce pour les humains.


Avec la mort de leur haut-roi, le moral des Premiers Hommes fut définitivement brisé et les Chanteurs, avec les Géants, n’eurent plus aucun mal à vaincre les poches de résistance humaines et à les chasser définitivement de Westeros, les renvoyant vers la terre d’où ils venaient avant de migrer à Westeros. Dans l’année qui suivit la défaite des hommes, les deux peuples, fort de leur hégémonie retrouvé, traquèrent les derniers clans des Premiers Hommes vivants encore à Westeros et les forcèrent à l’exil vers Essos, les surveillant étroitement durant leur migration forcée.


Alors que les deniers traînards fuyaient le continent en catastrophe, les deux peuples victorieux purent enfin souffler, soigner leurs blessés et surtout fêter la fin de la guerre. Pour ses prouesses militaires pendant la guerre et pour avoir tué Garth Greenhand, Feuille devint l’une des guerrières les plus respectées de son peuple et un de leurs chefs militaires.


Mais, après que l’euphorie de la victoire soit passés, la question de l’après se posa. Ils ne se faisaient aucun doute sur le fait que malgré leur défaite, les humains allaient finir par tenter de revenir à Westeros, sûrement galvanisés par l’amer goût de la défaite et le désir de revanche. Malgré leur victoires, les deux peuples étaient aussi conscients que la guerre leur avait beaucoup pris et coûté de nombreuses vies et qu’une reprise de hostilités dans l’immédiat transformerait leur victoire actuelle en une lourde défaite.


Mais comment faire en sorte d’empêcher le retour des humains à Westeros ? La réponse trouvé était simple : détruire ce qui leur avait permis de venir en premier lieu.


Le Bras de Dorne.


Mais détruire une aussi grande bande de terre n’était pas chose aisé, même pour les Voyants Verts et les Anciens. Un seul n’aurait pas le faire, une dizaine, une centaine n’aurait pas pu le faire. Non, pour un tel exploit, seul la magie divine était assez puissante pour le réaliser. L’appeler aurait un prix, mais pour garantir la paix, les Enfants étaient prêts à le payer.


Pour la première fois, mais pas la dernière, ils firent appel aux Anciens Dieux. A l’extrême-Est de l’Actuel Dorne, Une centaine des Voyants Verts les plus puissants de leur peuple se rassemblèrent devant le Bras pour un rituel afin de canaliser le pouvoir des Anciens Dieux.Feuille était là lors du rituel, et elle avait été impressionnée par la puissance dont elle fut témoin ce jour-là.


Une fois le rituel prêt, les Voyants Verts s’assirent en lotus face au Bras et, fermant les yeux, ils canalisèrent leurs pouvoirs en un tout afin d’appeler les Anciens Dieux pour qu’ils leur prêtent une partie de leurs pouvoirs divins. Et les Anciens Dieux répondirent.


Avec le pouvoir des Dieux, les Voyants Verts firent appel aux éléments et, ensemble, ils noyèrent le bras de Dorne sous les flots, l’énorme étendue d’eau invoquée détruisant pour l’éternité la bande de terre qui reliait autrefois Westeros et Essos, les restes de terres dispersées à travers la mer formant ce qui serait appelé plus tard les Stepstones. Ainsi les deux continents autrefois liés étaient maintenant séparés à jamais, sans possibilité pour les habitants des deux cotés de le retraverser.


Mais le prix d’un tel acte fut élevés. Tout les Voyants Verts ayant participé furent vidés de leur énergie vitale et tombèrent morts, leurs corps ne pouvant supporter le poids d’autant d’énergie magique et divine. Mais leurs sacrifices ne seraient pas oubliés, ils a permis aux habitants de Westeros de pouvoir connaître une nouvelle période de paix.


Mais contrairement aux autres Enfants, Feuille n’était pas convaincu que la menace des humains étaient entièrement hors de portée. Au vue de leur ingéniosité et de leur volonté, elle en était persuadée, cela prendra des années, des décennies, des siècles, des millénaires même, mais ils finiraient par revenir en trouvant un autre moyen. Et ce jour-là, il fallait que certains d’entre eux se souviennent et soit prêt à affronter la menace.


Tandis que son peuple et les Géants retournaient à leurs foyers, tenant d’oublier la guerre, de panser leurs blessure, enterrer leurs morts et de revenir à leur ancien mode de vie, Feuille parvint à convaincre le groupe de guerriers et de wargs qu’elle avait mené durant la guerre de venir avec elle veiller sur les rivages orientaux, afin de surveiller un possible retour des humains, même improbable. Même quelques Géants, aussi vétérans de la guerre et partageant ces pensées, décidèrent de la suivre. Pendant des années et des années, ils surveillèrent la frontière orientale, guettant le moindre signe à l’horizon. Même quand les autres les prenaient pour des fous, des guerriers traumatisés me pouvant tourner la page, ils continuèrent leur veille. Après tout, quelques millénaires n’étaient rien dans la vie d’un Chanteur.


Jusqu’à que les humains reviennent. Beaucoup plus tôt qu’elle ne l’avait imaginé, deux milles ans plus tard seulement. Cette fois, sans bande terrestre pour simplement passer en marchant, les humains, montrant leur intelligence, avaient façonnés des sortes d’embarcations pour traverser la mer et débarquer sur les plages de l’Est du continent. Cela voulait dire que cette fois-ci, ils ne pourraient véritablement les empêcher de remettre le pied sur le continent, la mer ne pouvant être enlevé. Fidèle à leurs postes depuis la fin de la Première Guerre, Feuille et ses guerriers, en voyant les voiles et les navires des Premiers Hommes, s’empressèrent d’aller donner l’alerte à travers tout Westeros.


Lorsque la nouvelle parvient aux tribus des Chanteurs et au clans des Géants, ce fut le choc d’abord, comment les humains pouvaient être déjà de retour ? Comment avaient -ils fait ? Puis ce fut la colère, et enfin la froide résolution. Puisque les humains étaient de retour malgré,tout, alors les conflits allient devoir reprendre, afin qu’ils comprennent que ce continent leur était fermé à jamais. Aucun ne se leurraient sur la raison de leur retour. L’alliance fut rétablie entre les deux peuples de Westeros, les guerriers furent de nouveau réarmés, et une fois prêt, les deux peuples partirent vers l’Est confronter les Premiers Hommes.Et comme ils s’y attendaient, les humains qui débarquaient sur la côte Est étaient quasiment tous des guerriers et était là pour en découdre.


Ce fut le début de la 2eme Grande guerre, entre les Premiers Hommes d’une part, et l’alliance des Enfants de la Forêt et des Géants. Mais contrairement à la première, elle ne se passa pas du tout de la même manière pour les Enfants et les Géants.


Feuille ignorait ce que les Premiers Hommes avaient fait durant toutes ces millénaires ou ils étaient coincés à Essos, mais ils ont clairement préparés leurs revanches. Ils étaient plus nombreux, mieux préparés, et connaissaient les faiblesses des Géants et des Chanteurs, et n’ hésitaient pas à les exploiter. Cette fois-ci ils étaient dirigés par un certain Brandon, un descendant direct de Garth Greehand, mais l’histoire a surtout retenu son surnom.


Lame-Sanglante. Car si durant cette guerre, les humains commirent cette fois-ci d’immense massacres envers son peuple et les géants, aucuns ne furent plus productifs que lui. C’était presque comme une seconde nature pour lui, un art. Il fut personnellement responsable du meurtre et de l’exécution de centaines d’Enfants de la Forêt et de la chasse aux Géants dans le territoire de l’actuelle Bief. Mais son massacre le plus célèbre resta celui du Lac Rouge, ou il tua tellement de Chanteurs que leur sang magique coula jusqu’au lac et changea sa couleur autrefois bleu ciel en un rouge sanglant indélébile.


Et c’est ce qui fit la différence par rapport au conflit précédent. Car si la Première Guerre fut assez conventionnelle, la Deuxième guerre fut brutale et sanglante, surtout pour l’alliance. Les arbres-coeurs ne furent plus autant coupés, mais la sève qui recouvrait autrefois autrefois les haches et les lames de Premiers Hommes fut remplacé par le sang des Chanteurs de la Terre.


« Le sang de mon peuple. »


Et les batailles, autrefois dominés par l’alliance, furent maintenant le plus souvent remportés par les humains, ces derniers exploitant les faiblesses des deux peuples. Malgré leur force et leur taille, les Géants étaient lents et peu agiles, un humain rapide pouvaient facilement les prendre à revers et tenter de blesser leur articulations, mais leur plus grandes faiblesses étaient leurs yeux. Transpercés par une flèche ou une lance, ils pouvaient facilement atteindre le cerveau et les tuer sur le coup.

Quand aux Enfants, c’était l’inverse. Si dans les forêts et les bois, leur furtivité et leur agilité étaient un avantage conséquent, en dehors de la sécurité des arbres, ces avantages perdaient de leur utilité lors des batailles dans des lieux ouverts, et alors se faisaient ressentir leur petite taille et leur manque de force brute qui rendait facile pour un humain de les affronter en tête-à-tête. Seuls le corps des Danseurs de bois, dont faisait partie Feuille, était capable de vraiment rivaliser en force avec les Premiers Hommes, mais ils étaient peu nombreux et débordés par les multiples fronts qu’ouvraient les humains partout à Westeros.


Petit à petit, face à la pression constante des humains et aux multiples massacres, son peuple et les Géants, affaiblis, durent reculer face aux humains, forcés de se replier vers le Nord. Seuls les grandes forêts du Sud restèrent des poches de résistances, mais elles se contentèrent de raids et d’attaques éclairs qui ne faisaient que ralentir l’avancée des Premiers Hommes, tandis que la majorité de leurs forces s’étaient repliés au nord du continent, tenant désespérément la mince bande de terre qui séparaient les terres du Nord du Sud, appelé le Neck. Lorsqu’une immense armée de premiers hommes remonta vers le Neck, l’alliance se rendit compte qu’ils ne pourrait tenir la position. Voulant préserver leurs terres et leurs positions au Nord, ils tentèrent le tout pour le tout.


Pour la deuxième fois, ils firent appel aux pouvoirs des anciens Dieux afin d’arrêter, ou du moins ralentir la progression des humains, mais malheureusement, cette fois-ci, à cause de la brutalité de cette guerre, la plupart de leurs anciens et de leurs voyants verts et wargs avaient été tués, et sans eux et leur pouvoir, le sort, heureusement put être lancé de nouveau, mais sous une forme incomplète, et les Enfants ne purent que noyer en partie la région du Cou, transformant la terre en une zone marécageuse hostile et mortel, mais perdant au passage encore plus de leurs voyants verts.


Mais même cela n’a pu arrêter l’avancée des hommes indéfiniment. Comprenant que le passage terrestre était quasiment impossible, ils utilisèrent leur navires pour contourner le Neck et débarquer sur les côtes du Nord. Et les combats reprirent. Toujours au désavantage de l’alliance.


Durant cette même période, Feuille participa activement à la guerre, d’abord dans le Sud, puis dans le Nord quand ils durent se replier vers ses landes gelées. En tant que chef des Danseurs des Bois, c’était son rôle et son devoir après tout. Au prix d’immense efforts et sacrifices, elle parvint à arracher quelques victoires face aux humains, permettant à l’alliance de gagner un peu de répit. Mais ces victoires, coûteuses en vies, n’étaient que mineures, aucun ne permettaient de vraiment changer le cours de la guerre. Et à mesure que le temps passait, et que les pertes continuaient, Feuille ne put plus que faire quelques embuscades, harcelant les Premiers Hommes tandis qu’ils avançaient toujours plus loin dans les terres.


Elle assista, quasi-impuissante, à la déroute et la fuite de son peuple. Peu importe les combats qu’elle menait, ce n’était pas suffisant. Les siens étaient pourchassés, aucune forêt, aucun lieu n’était plus sûr, et les hommes les traquaient en permanence. La même chose arriva aux Géants, leurs troupeaux de mammouths furent décimés par les humains, et leurs campements nomades harcelés, les forçant à l’errance permanente. Et tandis que les Premiers Hommes, Brandon Lame-Sanglante à leur tête, étaient en train de conquérir petit à petit le nord de Westeros et attaquaient les derniers bastions tenus par les Chanteurs de la Terre et les Géants dans les forêts et montagnes du Nord et du Sud, elle prit conscience d’une chose.


Si rien n’était fait, si rien de drastique n’était réalisé pour inverser la tendance, alors l’avenir des Enfants de la Forêt et des Géants étaient certains : les Hommes les vaincraient définitivement, puis les massacreraient tous, jusqu’au dernier, et ils disparaîtraient du monde, reléguer au rang de mythes oubliés tandis que les Premiers s’empareraient de leur terre et souilleraient leurs foyers et leurs lieux sacrés. Pour pouvoir sauver son peuple de l’anéantissement, aucun prix, aucun coût n’était plus élevé.


Et c’est pourquoi… elle prit une décision, sans consulter les Anciens et les Voyants Verts de son peuple. Une décision radicale qui allait changer l’histoire du monde à jamais. Puisque les pouvoirs des Anciens Dieux n’avaient pu arrêter les Premiers Hommes, alors il faillait aller encore pus loin.


Avec un petit groupe de Chanteurs fidèles, ils préparèrent durant les mois suivants un rituel afin de convoquer un des Anciens Dieux en personne afin qu’il les aide à lutter contre les hommes et à reprendre leurs anciens foyers. Mais alors pourquoi tout ce secret ? Parce que l’Ancien Dieu dont ils allaient demander la bénédiction était sans hésitation le Dieu le plus sombre et le plus mauvais parmi ses pairs.


On raconte qu’il y a des éons, alors que les anciens Dieux portaient encore des noms, ce Dieu complota pour détruire l’équilibre établi depuis la nuit des temps et instauré un ordre nouveau dans lequel il serait le Dieu absolu, surpassant ses frères et sœurs. Pour sa trahison, les autre Anciens Dieux le bannirent et lui retirèrent son nom, l’effaçant à jamais des mémoires pour être oubliés au point qu’il devint connu surtout pour se surnoms : le Dieu Froid ou encore Le Grand Autre.


Feuille savait que ce qu’ils faisaient étaient un des plus grands tabous qu’un Chanteur pouvait faire. Appeler l’Ancien Dieu froid était un grand interdit, et si cela s’apprenait, elle pourrait tout perdre et être exilé par les siens pour avoir osé franchir le tabou. Mais c’était l’un des Anciens Dieux les plus puissants existants, et sa venue pourraient le seul moyen de pouvoir repousser les humains. Invoquer ce Dieu la dégoûtait énormément, sa nature même de Chanteur de la Terre et d’adepte des Anciens Dieux hurlant contre ce blasphème, mais au vue de leur propre situation, elle savait au fond d’elle qu’ils n’avaient plus le choix.

Une fois que le rituel et ses préparatif furent prêts, ils passèrent à l’action, ils capturèrent un humain sans méfiance qui rôdait dans la forêt, et l’attachèrent au Barral qu’ils avaient choisi pour le rituel. Puis le rite commença.


Lorsqu’elle s’approcha de l’humain attaché, avec le couteau rituel en obsidienne et en murmurant des incantations en Vraie Langue,elle vit le désespoir dans ses yeux, suppliant à travers le bâillon qui lui couvrait la bouche en tentant de se débattre de ses liens. Et pendant un instant, elle hésita.


Puis, elle se rappela les guerres, les morts, tout les massacres que les humains avaient faits, le visage de Garth riant au milieu des flammes, Brandon entouré de cadavres de son peuple l’épée ensanglanté, les ruines des villages de son peuple, les barrals coupés ... et elle n’hésita plus. Elle enfonça le couteau d’obsidienne dans la poitrine, le visage sombre, regardant le corps de l’homme affaisser dans la mort. Avant de, sous l’effet de la magie du rituel, se relever de nouveau, sa peau devenant de glace et ses yeux prenant une teinte bleu glacée, empli d’une conscience supérieur.

Le Dieu Froid avait entendu leur appel, et il avait répondu en leur envoyant un champion.


« Mais en faisant cela, J’ai crée le pire monstre de Westeros. »


Au début pourtant, le rituel semblait s’être parfaitement déroulé. Une fois le Marcheur Blanc créer, Feuille lui ordonna de vaincre par n’importe quel moyen les humains, et une fois les ordres donnés, il se contenta de la fixer du regard avant de s’en aller, le pas lent, mais inébranlable. En le voyant partir et en se souvenant de son regard, Feuille ne put sur le moment s’empêcher de frissonner. Et pendant les premières années, l’avatar du Grand Autre remplit son rôle. Il parcourut le Nord, attaquant tout les humains qu’il croisait et les tuant sans pitié. Et le Dieu Froid lui avait visiblement donné un sacré arsenal de compétences pour cette mission. Des sens exacerbés, une force, une vitesse, une agilité et une endurance hors du commun, supérieure à celle des Géants et des Chanteurs, une peau de glace ultra-résistante, les armes en bronze se brisant dessus au contact, sans compter ses pouvoirs de glace lui permettant d’invoquer des armes du même matériau capable de transpercer n’importe quoi, ou d’influencer la météo, apportant un hiver précoce. Bien vite, les Premiers Hommes se mirent à le craindre et le surnommèrent « Le Roi de la Nuit », car partout ou il passait, mort et désolation le suivait, et la nuit arrivait sur ceux ce qu’il vivait. Et en voyant tout cela, Feuille était satisfaite car elle pensait que le champion du Dieu Froid allait enfin leur permettre de retourner le cours de la guerre.


Mais bien vite, Feuille se rendit compte que le Roi de la Nuit semblait échapper à ses tentatives de contrôle et prendre ses propres initiatives, indépendamment de sa volonté, puis elle découvrit avec effroi que le Roi de la Nuit avait aussi la capacité de ressusciter les morts, qu’ils soient anciens ou provoqués de sa main, pour les contrôler et les utiliser pour ses desseins, qu’elle soupçonnait de plus en plus ne plus vraiment concorder avec ceux de son peuple. Et là que avant, il se contentait de tuer surtout les guerriers et les hommes des humains, il se mit à massacrer tout le peuple des Premiers Hommes sans distinction. Femmes, enfants… même les animaux n’échappèrent pas à ses attaque de plus en plus courantes. Au point de commencer à l’effrayer, se demandant ce qu’elle venait de libérer.


Mais il était déjà trop tard, et finalement, le Roi de la Nuit échappa totalement à leur contrôle, et en plus de s’attaquer aux humains, ils s’en prient également aux campements restant des Enfants et des Géants. Pour une étrange raison, bien qu’il puisse également ressuscité des Géants, il ne pouvait pas le faire pour les Enfants, peut-être un reste de la magie qui l’avait crée au départ. C’est également à ce moment que Feuille découvrit que le Roi de la Nuit pouvait corrompre des bébés humains pour en faire des Marcheurs Blancs, bien qu’une version plus faible que lui, pour l’assister dans ses massacres. Et tandis que les Marcheurs Blancs commençaient à conquérir doucement mais sûrement le Nord de Westeros en descendant vers le Sud, elle comprit alors une chose terrible.


Le Dieu Froid n’avait nullement l’intention de les aider. Leur rituel n’avait été pour lui qu’une occasion de profiter du désespoir de son peuple pour amener dans le monde mortel un fragment de sa puissance divine dans un hôte afin qu’il fasse avancer ses noirs dessins. Et quel était ses dessins ? La mort de tout, de tout vie, de toute chaleur, afin de plonger Westeros, puis le monde, dans un hiver éternel seulement rempli de morts et de désolation, car quel meilleur moyen pour ce dieu exilé et innommable pour se venger de ces pairs qui l’avaient bannie que de provoquer la fin du monde sur lequel ils veillaient et de détruire toute croyance en eux. Et Feuille l’avait aidé à accomplir cet objectif.


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« Jamais… jamais rien au monde ne pourra excuser ni pardonner le mal que j’ai provoqué en faisant ce rituel, toutes ces vies détruites et tordues par la nécromancie.... J’ai détruit le monde dans mon désespoir de vouloir sauver mon peuple… et je n’ai même pas pu le sauver . » Encore aujourd’hui, Feuille ne cessait de regretter ce qui s’était passé ce jour maudit. Mais il était trop tard pour les regrets et pour revenir en arrière.


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Feuille ne pouvait que contempler les conséquences de ses actes avec impuissance et désespoir.


Pendant une dizaine d’années, le Roi de la Nuit et ses marcheurs Blancs ont semé la terreur sur le continent, massacrant tout ceux qu’ils croisait et augmentant toujours plus la,taille de leur armée de morts-vivants. Aucun des trois grands peuples ne parvint à les arrêter, et tout ceux qui tentèrent de les affronter furent tuer et ramenés pour le servir. Même la découverte des faiblesses des Marcheurs Blancs, leur malaise et affaiblissement face au feu, l’obsidienne polie qui les tuait instantanément, ne servirent pas à grand-chose, car pour espérer blesser un Marcheur Blanc avec, il fallait déjà l’approcher, puis réussir à lui porter un coup, à travers, et peu d’hommes étaient capable de cela. Sans rien pour les arrêter, le Roi de la Nuit et ses serviteurs se mirent à descendre vers le Sud, leur armée toujours plus croissant, et les trois grands peuples étant forcés de fuir. Mais ceux qui évitèrent les Marcheurs Blancs ne furent pas épargnés pour autant, et durent faire face à un hiver extrêmement long et vigoureux, causés en partie par la magie du Roi de la Nuit, et qui ravagea le continent, tuant de froid et de faim des milliers de personnes.

Le pire contre-coup pour les Premiers Hommes durant cette période, ce fut lorsque Brandon Lame-Sanglante lui-même, mourut en tentant d’affronter le Roi de la Nuit avec une troupe de guerriers et de l’arrêter. Avec la mort de leur Haut-Roi, les Premiers Hommes furent de nouveau divisés en clans et en factions rivales, ce qui les a affaibli encore plus face aux Marcheurs.


Face à ces calamités, tous, se demandèrent d’où venait ces êtres et leur chef qui semblaient être des aberrations de la nature. Face à ses questions, Feuille resta bien silencieux, car avouer ce qu’elle avait fait la condamnerait sûrement aux pires sanctions pour avoir osé brisé l’interdit. Tout ceux qui avaient participé au rituel ce jour-là jurèrent sur les Anciens Dieux de ne jamais dire à personne ce qui s’était passé ce jour-là et ce qu’ils avaient faits.


Afin de face aux Marcheurs Blancs et aux ravages qu’ils causaient, Les trois grands peuples de Westeros comprirent qu’ils n’avaient aucune chance seuls : si ils voulaient vaincre ce nouvel ennemi avant qu’il ne détruise toute vie sur le continent, ils allaient devoir s’allier et s’unir pour affronter les Marcheurs Blancs. Mais comment faire confiance après des décennies de conflits et deux guerres qui avaient épuisé physiquement et mentalement les trois peuples ? La solution trouvé fut un pacte, mais pas n’importe quel pacte : un Pacte divin, lié par le sang et les Anciens Dieux, afin que tous soit certains que les engagements pris durant ces négociations seront respectées et tenues.


Au cours de ce Pacte, qui eut lieu sur l’île aux Visages, l’un des derniers endroits de Westeros ou les Barrals poussaient en bosquets, Les trois peuples se partagèrent le continent. Les Enfants de la Forêt reçurent les Forêts, bosquets et bois, et les Premiers Hommes les montagnes, les plaines, les rivières et les collines. Quand aux Géants, qui n’étaient pas présents physiquement sur l’île, mais pour lesquelles les Enfants parlaient, ils reçurent le droit de pouvoir errer librement à travers les terres de Westeros, tant qu’ils ne gênaient pas les activités des humains et des Enfants. Enfin, le pacte interdit aux Premiers Hommes de couper des Barrals, laissant en paix les arbres sacrés.


Afin que le pacte soit définitivement scellé, un mariage entre un humain et un Enfant de la Forêt fut scellé afin de monter que la deuxième Guerre était enfin fini et que les anciennes querelles étaient mises de coté afin de faire face à l’avenir. Parmi les Premiers Hommes, celui qui fut proposé comme marié restera aussi dans l’histoire : Brandon « le Bâtisseur », le fils de Brandon Lame-Sanglante lui-même. Le choix du marié était lourd de sens : si le père avait contribué à la guerre et ses séquelles, le fils allait réparer ce qui avait été brisé. De plus, Brandon était diffèrent de son père, moins guerrier et plus savant et ingénieur, et l’un des très rares humains avant le pacte qui voulaient la paix avec les Chanteurs et les Géants.


Après la signature du Pacte, les Premiers Hommes, les Enfants de la Forêt et les Géants, galvanisés, s’unirent en une immense armée commune qui partit à la guerre contre les Marcheurs Blancs, mais malgré l’union des trois races en une armée commune, profitant de leurs capacités et de leurs avantages, la lutte contre le Roi de la Nuit fut difficile, ce dernier ne laissait à la nouvelle alliance quasi aucune marge d’erreur. Mais plusieurs années plus tard, prix de terribles pertes et d’immenses sacrifices, et grâce au commandement d’hommes extraordinaires comme Brandon, Edric Shadowchaser avec son épée de flamme et le Dernier Héros, l’alliance des Premiers Hommes, Des Géants et de Enfants de la Forêt réussit à stopper l’invasion du Roi de la Nuit après une ultime bataille dans le Nord, nommé plus tard la bataille de l’Aube, et à le repousser dans les terres de l’extrême Nord, stoppant la Longue Nuit.


Mais malheureusement ils ne purent tuer le Roi de la Nuit. Son pouvoir était devenu trop puissant, alimentés en permanence par le Dieu Froid. Et bien qu’il fut exilé dans les terres de l’Hiver Éternel, sa menace ne cessa jamais complètement, ayant pu emporter dans sa retraite une partie de son armée de morts-vivants et plusieurs des Marcheurs qu’ils avaient lui-mêmes crées. Une fois l’euphorie de la victoire passée, l’alliance se rendit compte qu’il fallait trouver un moyen de bloquer un possible retour du Roi de la Nuit, de l’empêcher de retourner à Westeros.


C’est alors que Brandon, qui avait pris le nom de Stark proposa une idée à l’assemblé réunissant les chefs des trois peuples : l’établissement d’une structure défensif comme jamais vu et conçu auparavant afin de couper l’accès entre l’extrême Nord et Westeros, une structure suffisamment robuste et solide pour que les Marcheurs ne puissent la franchir sans déployer et sacrifier des forces et des moyens conséquents. Approuvé par les trois peuples , c’est de cette manière que démarra la construction du Mur. Afin que la défense soit optimale et comme moyen de les lier à travers un projet commun, les trois peuples de l’alliance participèrent au chantier, y utilisant leurs divers avantages: Les Géants pour déplacer les lourds blocs de glace, les humains pour coordonner les travaux ainsi que tailler les blocs de glace pour que les Géants puissent ensuite les caler, et les Enfants de la forêt pour enchanter la glace du Mur afin qu’elle ne fond pas et reste aussi solide qu’au moment ou elle fut posée. La construction du Mur prit plus de cinq ans, et quand l’ouvrage fut enfin finie, Feuille fut émerveillé par le résultat. Un immense Mur de glace de plusieurs centaines de mètres de haut et plusieurs centaines de kilomètres de longueur, qui séparait complètement le Grand Nord du reste de Westeros, excepté des points d’ouverture au milieu du Mur et à ses extrémités, la structure était entièrement faite de glace solide et compacte, renforcé par des enchantements et des runes invisibles posés par les Chanteurs pour renforcer la solidité globale et éviter la fonte de la glace. Dans l’ensemble, le Mur était un chef d’œuvre d’ingénierie et de magie, et le fait que ce résultat fut obtenue par la collaboration des trois peuples, c’était quelque chose auquel Feuille ne s’attendait pas.


« Le Mur fut notre meilleur œuvre, à tout point de vues. La preuve, Huit mille ans plus tard, il est toujours debout, inébranlable, et sert toujours son but. »


Pour garder le Mur et prévenir d’un possible retour des Marcheurs Blancs, Le Dernier Héros, avec sa troupe de guerriers, se proposa de veiller à jamais sur la structure. Sa troupe prit le nom de Garde de Nuit, un surnom qu’elle avait après la bataille de l’Aube, et le Dernier Héros devint le Premier Lord Commandant. Les Enfants leur offrirent un tribut de plusieurs centaines de poignards en verre-dragon par an, tandis que les Géants offraient leur aide physique si jamais la Garde avait besoin d’eux. Une fois que les derniers détails furent réglés au sujet du Mur et de la garde, les humains, les Géants et les Chanteurs se séparèrent, chacun retournant sur leurs territoires pour récupérer des multiples conflits et pour rebâtir leurs foyers.


La Longue Nuit et la deuxième Guerre était terminé, et avec se termina aussi l’Age des Héros. Et que commença ce qui sera appelé l’Age du Pacte.


Cette période, Feuille s’en souvenait pour la plupart positivement. Bien qu’elle ait douté au début de cette paix, persuadée que les humains ne pouvait tenir leurs promesses et les briserait une fois La Longue Nuit finie. Mais elle était forcé de constater les efforts accomplis par les humains après la Longue Nuit. Ils acceptèrent doucement les Enfants dans leurs villages et villes, ils laissèrent les Géants passer à travers leurs terres dans leurs migrations saisonnières, ils ne touchèrent pas aux Barrals et respectait les territoires des Enfants tels qu’établit par le Pacte.

Le comble pour Feuille et pour son peuple, ce fut lorsque les Premiers Hommes, dans un geste de confiance et de foi qui toucha énormément les Chanteurs, délaissèrent leurs propres Dieux et mirent à adopter les Anciens Dieux comme les leurs.


« Jamais, au grand jamais, je n’aurais pu imaginer que les humains renonceraient à leurs dieux pour eux. » L’idée même était impossible à envisager pour les Chanteurs, leur attachement aux Anciens Dieux était trop forte, mais pourtant les humains l’ont fait. Seuls les Premiers Hommes qui se sont installés dans les actuelles Ïles de Fer, les ancêtres des Fer-nés, ont refusés cette conversion, gardant leur foi en leurs dieux : Le Dieu Noyé et le Dieu de la tempête. Mais à part eux, la conversion des Premiers Hommes fut quasi-complète, avec Brandon Stark, attendant un enfant de sa femme Chanteuse, en tête.


Cette acte d’abandon volontaire, que les Chanteurs virent comme le gage d’amitié ultime, brisa les dernières barrières et les derniers doutes qu’ils pouvaient avoir envers les Premiers Hommes. Si ces derniers étaient capables d’aller jusqu’à pour eux… alors les Enfants se devaient de leur rétorquer leurs efforts au même niveau. Et comme ça commença véritablement l’amitié entre les Premiers Hommes et les Enfants de la Forêt. Même Feuille ne put l’ignorer. Elle comprit que tout comme les humains, il fallait qu’elle aille de l’avant, et elle se décida à oublier son ancienne haine envers les Premiers Hommes et à essayer de leur donner une chance. La guerre étant véritablement finie pour l’heure et les Autres scellés, elle quitta pour le moment son poste au sein des Danseurs des Bois et décida de parcourir Westeros comme elle l’avait imaginé autrefois, pour voir comment s’en sortait les siens avec la fin de la guerre et comment ils s’intégraient avec les humains et la manière dont ces derniers s’organisaient maintenant. Et elle ne fut pas déçue.


C’était fascinant de voir comment les humains se sont organisés après la Longue Nuit. Au lieu d’une centaine de petits royaumes et des centaines de clans différents partouts à Westeros, certaines familles de seigneurs avaient réussis à imposer leur autorité sur un certain nombre de clans, et avaient bâti leur propre territoire à partir de ça. IL n’y avait plus de Haut-Roi des Premiers Hommes, le titre était abandonné, mais à la place, il y avait maintenant six rois, qui se partageaient le continent.

Parmi les différents royaumes qui vit le jour à Westeros, Feuille les visita tout, rendant visite aux familles de souverains qui dirigeaient chaque pays, grâce à sa qualité de grand chef militaire des Chanteurs et de figure importante parmi son peuple.


Le royaume des Rivelands, dirigé par la Maison Mudd, fut sa première destination. Traversé par de multiple rivières, c’était devenu le cœur spirituel de Westeros, possédant en son sein les derniers bosquets de Barrals de Westeros. C’était également un carrefour au sein de Westeros, les troupeaux de mammouths dirigés par les Géants passant toujours par ce royaume, qui comptait la deuxième plus grosse populations de Chanteurs. Quand aux Mudd, qui siégeaient à Oldstones, Feuille les trouva simple, à la manière des Premiers Hommes, mais honnêtes et travailleurs, ils étaient également très spiritueux et proches de son peuple et veillèrent personnellement à la coexistance entre les siens et les humains.

Sur l’île des Visages, ou elle passa avant de repartir, en plus des Chanteurs qui y avaient élu domicile pour protéger l’île où avait été établi le Pacte, un ordre des Premiers Hommes vit le jour : les Hommes Verts. Dévoués spirituellement aux Anciens Dieux et grands amis des Chanteurs, dont ils copièrent les coutumes et le style vestimentaire, ils avaient pour objectif de veiller sur les Barrals de Westeros et de protéger l’île des Visages au coté des Enfants de toute intrusion. Feuille fut agréablement surprise en les découvrant, y voyant un autre signe de l’amitié entre leurs deux peuples.


Dans le royaume des Westerlands, Feuille fut témoin de certains facettes un peu plus sombres des humains qu’elle ne connaissait pas encore. Les Premiers Hommes qui vivaient là, gouvernés par la Maison Lann, étaient obsédés par l’exploitation des minerais présents dans les collines et montagnes du royaume, notamment l’or, dont les réserves semblaient éternelles et assuraient leur postérité. Dans leur château de Castral Rock, Feuille trouva les Lann ambigus : ils étaient beaux pour des humains, mais possédaient une intelligence qui la troublait, leur yeux verts étaient avides et semblaient la considérer comme un outil à exploiter ou une variable à éliminer. D’ailleurs, peu de Chanteurs se sont établies dans ce royaume, et les Géants évitaient l’endroit, peu propices aux pâturages, avec seulement un ou deux clans s’installant dans des grottes près de la mer du Couchant.


Dans le royaume du Bief, Feuille fut partagé entre l’émerveillement de reparcourir la contrée dont elle était originaire et le déchirement intérieur : le problème ne venait pas directement des Premiers Hommes vivants ici, ces derniers étaient trop à travailler les plaines fertiles de la région pour en produire de la nourriture, et avaient de très bonnes relations avec la très grosse communauté d’Enfants vivant dans le royaume et les nombreux clans de Géants qui voyageaient depuis le Nord pour passer l’hiver dans le Bief.

Non, le problème était les familles nobles du pays, dont la famille dirigeante, la Maison Gardner, avec leur insistance à rattacher leur lignée à celle de Garth Greehand. La mention du nom de cet immonde personne faisait revivre à Feuille de terribles souvenirs, au point qu’elle devait parfois se maîtriser pour éviter d’étrangler un de ses nobles prétentieux. A Highgarden, le siège des Gardner, Feuille fut aussi témoin du fameux Jeu des Thrones, une de fameuses lubies humaines dont les seigneurs du Bief étaient particulièrement friands, surtout les Gardner. Ces derniers étaient de fins manipulateurs, leurs visages pouvaient sembler souriants, mais leurs yeux calculateurs racontaient une autre histoire et t’analysaient en détail. Feuille alla aussi à la Citadelle, la fameuse tour du savoir construite par Brandon Le Batisseur ou les Mestres, un autre ordre des humains, avaient décidé de collecter, retranscrire et découvrir les secrets du monde. En soi, Feuille trouvait cette initiative louable, et la Citadelle restait une bâtisse imposante, bien que pas autant que le Mur.

Mais il y avait aussi… Feuille ne savait comment le décrire, mais il y avait quelque chez les nobles du Bief et les mestres qui l’inquiétait, une sorte… de non-sincérité vis à vis de son peuple et des Anciens Dieux, elle ne savait pa trop comment le définir. ce n’était sûrement rien, juste son imagination, mais toutes ces raisons ont fait que son séjour au Bief fut le moins agréable.


Au royaume des Stormlands, Feuille trouva plus de joies. Frappé par les averses et les orages venus de la Mer Étroite, les Premiers Hommes de ces terres étaient fiers et orgueilleux, mais propices à l’amitié et aux festivités, que ce soit entre eux ou avec les autres races. Depuis le château d’Accalamie, la famille régnante, la Maison Durrandon, reflétait à merveille son peuple pour Feuille. Après tout, avec l’aide de Brandon Stark, ils avaient bâtie leur château au défi au Anciens Dieux de la Mer et du Vent pour l’amour d’une femme. C’était aussi une des familles les plus proche des Enfants de la Forêt, et ces derniers étaient accueillis à bras ouverts dans le royaume. Avec ces liens, les Stormlands étaient le royaume humain avec la troisième plus grosse population de Chanteurs, et même beaucoup de clans de Géants, les collines humides du pays étant parfaites pour leurs mammouths. Elle apprécia beaucoup son séjour ici.


Feuille n’alla pas à Dorne durant son voyage. Il faut dire qu’à cette époque, c’était la seule région de Westeros sans roi, mais avec beaucoup de petits royaumes et de seigneurs locaux. La région était aussi la seule ou aucun Chanteur ou Géant ne s’établit, les conditions de vie étant trop dur pour les deux races. Pour les mêmes raisons, elle n’alla pas dans les Iles de Fer, en plus les Fer-nés étaient hostiles à son peuple et au Géants, leur mentalité corrompue par leurs coutumes du Prix du Fer et de l’Ancienne Voie. Feuille passa son chemin.


Dans le royaume du Val, Feuille trouva une terre ou elle pouvait parcourir de grandes distances sans croiser beaucoup d’humains, comme à l’Age de l’Aube. Parsemé de montagnes étroites abritant des dizaines de vallées et de lacs, les Premiers Hommes ici vivaient une vie monotone sans histoire, faisant paître leurs immenses troupeaux de moutons. A Runestone, le siège de la famille régnante, la Maison Royce était une maison stricte, très borné sur son histoire et sa culture, mais une maison honnête, et Feuille avait trouvé magnifique leurs armures couvertes de runes des Premiers Hommes. C’était aussi un royaume très refermé sur lui-même, à cause des montagnes qui formait une barrière et une défense naturelle, avec une certaine méfiance vis à vis des étrangers, et les forêts y étaient rares. De ce fait, bien qu’ils y soient plus nombreux que dans les Westerlands, le Val n’avait pas une très grosse population de Chanteurs, en revanche, beaucoup de Géants y vivaient, les hautes montagnes et les vallées étant parfaites pour leurs activités loin des humains. Feuille y appréciât le cadre de vie, même si la Vallée manquait de forêts à son goût.


Mais c’est surtout dans le royaume du Nord, chez la maison Stark que les Enfants de la Forêt avaient trouvés de véritables protecteurs, et plus importants encore, des amis. Les descendants de Brandon le Bâtisseur ont toujours veillé à garder des relations étroites avec les Chanteurs, avec même quelques mariages unissant la famille à son peuple, et le royaume comprenait d’immenses villages d’Enfants à travers le Bois des Loups, seulement égalés par les villages du Bief. Winterfell, la Forteresse ancestrale des Stark, construite aussi par Brandon Le Bâtisseur, était une merveille d’ingénierie comme Le Batîsseur en avait le secret, et l’immense château recevait souvent le passage d’humains, de Géants et d’Enfants de passage qui voyageait dans tout le Nord. La terre du Nord était certes froide et enneigée, mais c’était aussi une terre sauvage, primitive, presque intacte de la main humaine, et ces derniers y étaient honnêtes, travailleurs, solidaires, toutes les bonnes qualités des Premiers Hommes. Les Stark étaient une famille reflétant parfaitement la mentalité des Premiers Hommes : Honorables et solidaires, mais impitoyables quand on les menaçait. Et surtout comme les autres seigneurs et humains du Nord, il ne se souciait pas des jeux et des politiques du Sud, se concentrant sur leur survie, car après tout, l’Hiver arrive, et les Nordiques se souvenaient des anciens serments et pactes.

Le Nord fut la région préférée de Feuille, et elle y resta de nombreuses années, conseillant parfois les Stark quand ils avaient besoin de son aide. Mais toutes les bonnes choses ont une fin.


Tandis qu’elle revenait de sa tournée de Westeros et reprenait sa place parmi les Danseurs des Bois, Feuille ne pouvait qu’approuver la nouvelle tournure des événements. Les Enfants prospéraient nouveau dans les forêts des différents royaumes, les Géants, qui à ce stade avaient abandonnés leur propre langue pour parler uniquement l’Ancienne Langue des Premiers Hommes, continuaient inlassablement leurs migrations, et les humains, malgré les différences entre leurs royaumes, avaient pleinement accepté les deux peuples, et vivaient pleinement avec eux. Elle ne pouvait pas imaginer meilleur résultat à l’issue du Pacte et de la Longue Nuit, bien que le poids de ses erreurs la pesèrent toujours, elle pouvait enfin se repose en sachant que Westeros était sur la bonne voie. Et pendant quelques milliers d’années, elle put espérer et constater que cette paix durait, que c’était l’Age de l’Aube renaissant.


« Et puis les Andals sont arrivés. Et le cauchemar a repris, dans une tourneur extrêmement sombre. »


Il y a six milles ans, soit deux millénaires après la Longue Nuit et l’établissement du Pacte, une nouvelle flottilles de navires apparurent au large de Westeros. Au début, Feuille et les autres Enfants de la Forêt pensaient qu’il s’agissait d’autres humains issus des Premiers Hommes, puis ils remarquèrent les différences. L’acier à la place du bronze, les armures étincelantes, l’architecture qui n’avait rien à voir avec celle des Premiers Hommes, les prêtres dans leurs robes portant des livres et des emblèmes avec l’étoile à sept branches. Et ils comprirent ce qui était en train de se passer.


Un nouveau groupe d’humains étaient venus à Westeros, et les ravages qu’ils allaient causer allaient marquer le continent à tout jamais


Les Andals.


A l’origine venant d’une île appelé Andalos, à L’Ouest d’Essos, les Andals avaient immigrés à Westeros à cause de la menace croissante d’un empire d’humains sorciers à l’extrême Est nommé Valyria, qui étaient apparemment capables de chevaucher des dragons.

Les Andals avaient une société en apparence semblable à celle des Premiers Hommes, avec des rois et des seigneurs, mais ils était plus avancés technologiquement que les Premiers Hommes. Et avec eux, ils ont apportés leur maudite religion : la Foi des Sept. Cette religion qui était intriguant à la base pour les Chanteurs devint leur pire cauchemar, car un des préceptes des Sept était la supériorité des humains sur toutes les autres races, et que leur religion était la seule voie pour les humains et leur salut. Et c’est alors que les Chanteurs comprirent.


Les Andals n’étaient pas venus en amis… ils étaient venus en conquérants. Ils avaient prévu de conquérir Westeros au nom des Sept, et malheur aux habitants qui y vivaient, car ils n’auraient aucun pitié.

Dès qu’il ont débarqués dans le Val… les conflits entre eux et les Premiers Hommes a commencé presque de suite, et les Enfants de la forêt et les Géants furent entraînés dedans.

Ce fut alors le début de la Troisième Guerre, d’un coté les Andals, et de l’autre l’alliance des Premiers Hommes, des Géants et des Enfants de la Forêt. Et cette guerre fut clairement la guerre de trop pour les peuples magiques.


Quand les Premiers Hommes avaient abattus des Barrals durant l’Age de l’Aube et l’Age des Héros, ils l’avaient faits surtout par méfiance envers les Enfants. Les Andals, eux… ils,ont abattu les Barrals par fanatisme religieux. Et ce n’est pas tout. Les autres choses qu’ils ont faits… comparés à eux, les Premiers Hommes durant les deux dernières Guerres paraissent apprivoisés.


Dès que les Andals ont découvert son peuple, ils ont décrétés que Feuille et les siens étaient des abominations, des démons des forêts envoyés pour corrompre et manipuler les humains afin de tester leur foi en les Sept, et que le seul sort qu’ils méritaient était la mort immédiate. La même chose fut décrétée pour les Géants, mais ce sont les Chanteurs qui ont surtout absorbé le plus gros de la haine des Andals.

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Toujours assise devant l’entrée de la grotte, Feuille secoua la tête, les souvenirs la submergeant. Les larmes lui montèrent aux yeux.

« Tant de ces frères et sœurs morts… »

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Les Andals en arrivant à Westeros ont traqués avec acharnement les Chanteurs de la Terre, les ont abattus comme des bêtes, brûlés sur des bûchers avec les Arbres-coeurs, ou les ont traquer dans les forêts en brûler leurs villages pour ensuite les clouer sur des étoiles à sept branches en bois, quand ils n’étaient pas torturés par leurs prêtres pour leur soutirer des informations ou tenter de les convertir.


Naturellement, les Enfants tentèrent de résister, mais malheureusement, les deux guerres contre les Premiers Hommes, La Longue Nuit et les millénaires de paix avaient presque complètement détruit leurs capacités militaires, et le peu qu’ils leur restaient étaient incapable de lutter contre l’avancée technologique des Andals et leur fanatisme militaro-religieux. Les Géants, malgré leur supériorité physique, furent aussi incapables de résister à l’avancée andale. Leurs troupeaux de mammouths furent massacrés en masse, et les chevaliers Andals dévirent des experts dans la chasse aux Géants, car ces derniers contrairement aux Chanteurs étaient vus comme des trophées de gloire parfaits. Beaucoup furent tués par des troupes de chevaliers, leurs têtes et leurs os découpés et emmenés comme être affichés comme de vulgaire trophées de chasse, et leur assassins furent surnommés « Tueurs de Géants » comme un titre honorifique .

Même les Premiers Hommes, pourtant des humains comme les Andals, ne furent pas épargnés par leurs frénésies meurtrières et religieuses. Considérés comme des hérétiques et des païens, corrompus par les « démons » venus des forêts, et méritant soit l’illumination des Sept, soit la mort comme punition pour leur pêchés, des communautés, des villages entiers furent victimes de massacres, et ceux qui survécurent furent forcés de se convertir aux Sept.


En deux ans, le Val, le Premier royaume attaqué, fut complètement conquis par les Andals. Malgré la résistance des Premiers Hommes mené par les Royce et soutenus par les Clans Géants et les Enfants vivants dans le pays, ce dernier, après quelques victoires, fut vaincu par la Maison Andal des Arryn à la bataille des Sept étoiles et forcé de devenir avec les autres Maisons des Premiers Hommes survivantes leur vassaux et de se convertir, les Arryn devenant les nouveaux souverains du Val. Les Premiers Hommes du Val qui refusèrent les conversions après la défaite des Royce furent forcés de s’enfuir dans les montagnes, devenant le Clans de la Montagne et déclarant la guerre éternelle contre les adeptes des Sept. Face aux massacres et aux bûchers que les Arryn et leurs alliés provoquèrent pendant et après la guerre, tuant des centaines d’entre eux, les Enfants du Val n’eurent d’autre choix que de s’enfuir dans les autres royaumes de Westeros.

Mais le Val n’était que la première étape pour les Andals. Forts de ce royaume pour base arrière et avant-poste, les Andals ont déferlés sur les autres royaumes de Westeros, leurs armées se confrontant à celles des Premiers Hommes soutenus par des renforts des Géants et des Enfants. Durant la Troisième Guerre, Feuille participa à quelques combats, mais au vue des difficultés rencontrés, son rôle fut principalement avec des bandes de guerres de harceler et ralentir les Andals afin que les siens puissent évacuer et partir dans des zones plus sûrs. Mais en dehors de cela, de quelques embuscades et occasionnellement d’assistance aux Premiers Hommes, elle ne put faire grand-chose face à l’Arrivée des Andals.


Dans les Rivelands, les Premiers Hommes sous la conduite des Mudd ont tout d’abord résisté aux assauts Andals, notamment sous le règne de Tristifer IV qui, avec l’aide des Enfants de la Forêt, remporta quatre-vingt-dix-neuf batailles contre les envahisseurs, faisant espérer une victoire totale. Mais à sa centième bataille, les seigneurs de guerre Andals, s’unissant en une immense commune, parvinrent à défaire et à tuer Tristifer IV, et son fils, Tristifer V, fut incapable de reproduire les exploits de son père, mourant lorsque Oldstones, le siège de sa famille, fut assiégé par les Andals, qui après avoir pris la forteresse, la rasèrent jusqu’à ses fondations. Sans les Mudd, les Rivelands tombèrent dans le chaos, les nobles Rivelanders incapables de s’unir, et les seigneurs Andals en profitèrent pour s’implanter durablement dans le royaume. Bien qu’ils furent aussi incapable d’unir les Rivelands sous une seule bannière, ils purent y convertir massivement les Premiers Hommes, sans grande opposition . Seuls les Blackwood, une ancienne famille originaire du Nord, résista à la fois à la conversion et aux tentatives de soumission.

Les Rivelands, autrefois le cœur de la foi des Anciens Dieux à Westeros, furent dévastés par les Andals. Les Barrals qui poussaient en grand nombre sur ces terres furent quasiment tous abattus, et les Enfants qui y vivaient furent forcés de s’enfuir de nouveau afin d’éviter les traqueurs Andals et les bûchers .

Le pire fut lorsque High Heart, une des collines abritant un des rares bosquets restants de Barrals et un des lieux les plus sacrés pour les Enfants de la Forêt, que même les Premiers Hommes n’avaient osé touchés fut pris pour cible par l’envahisseur. Les Andals, menés par le seigneur Erreg, massacrèrent les Enfants de la Forêt et les Premiers et brûlèrent chacun des Trente et un Barrals que comptait le bosquet, abattant ensuite les restes calcinés et laissant les souches comme seule preuve qu’un bosquet est autrefois surplombé la colline. La chute de High Heart fut un immense traumatisme pour les Chanteurs, et acta le véritable début du déclin du culte des Anciens Dieux à Westeros.

Seul l’île des Visages fut épargné, l’ordre des Hommes Verts et la garnison de Chanteurs vivants sur l’île ont réussi à repousser toutes les tentatives andales pour y mettre pied, en partie grâce à la magie des Anciens Dieux qui était très présente sur l’île depuis le Pacte et l’immense quantité de Barrals.


Les Stormlands furent le plus gros champ de bataille de la Troisième Guerre. Fort d’une alliance établie entre leur famille et les Enfants et du soutien des Géants, les Durrandon dirigèrent une immense coalition contre les envahisseurs, repoussant chaque armée andale qui tentaient d’envahir le royaume et renvoyant les prédicateurs des Sept qui tentaient de propager leur foi. Leurs terres devinrent un foyer d’accueil pour les Enfants réfugiés des autres royaumes et elle devint le foyer de la résistance des Premiers Hommes pendant près de Trente ans. C’est dans ce royaume que Feuille passa la majorité de la guerre après la chute des Rivelands, supervisant la riposte et organisant des raids éclairs dans les autres royaumes avec les maigres moyens dont elle disposait. Voyant que les Stormlands leur résistaient, les Andals s’en éloignèrent pour le moment et s’attaquèrent aux autre royaumes qu’ils n’avaient pas encore traversé, notamment le Bief, le plus grand et le plus riche des royaumes des Premiers Hommes.


« Et c’est là… que la trahison est venue !!»


Dans un retournement de situation qui choqua profondément l’âme et le cœur des Chanteurs de la Terre, le Bief, au lieu de lever les armes, de défendre les Barrals et de venir au secours des Enfants et des Géants… accueillit à bras ouverts les envahisseurs Andals, leur proposant des terres et des châteaux dans le Bief, et mariant les nouveaux arrivants à leur familles pour tisser des liens.

Hightower, Tarly, Redwyne, Florent, même les Gardner… tous ont reniés sans aucune hésitation et aucun remords le Pacte et les Anciens Dieux et ont embrassé la foi des Sept. Et avec leurs trahisons, les massacres et les abatages continuèrent dans le Bief, mais au lieu des Andals, ce furent les Premiers Hommes du Bief qui les commirent. Les mêmes qui les avaient autrefois accueillis.


La même chose se produisit dans les Westerlands, dans un effet moindre. Alors qu’au départ, les Lann et les autre seigneurs du pays ont affronté les Andals, avec le temps et par intérêt, les seigneurs des Westerlands ont fini par accepter et intégré les Andals dans leur vie, les Lann changeant même de nom et devenant les Lannister, et l’intégration fut accompagné de conversions. Mais comme les Westerlands ne comprenaient d’une toute petite communauté de Chanteurs, les effets de leurs conversions furent limités, et les Géants qui y résidaient se contentèrent de partir.


Mais ce n’est pas le pire qui arriva. Le moment qui a vraiment achevé les Chanteurs de la Terre et a détruit complètement leur influence en Westeros, c’est lorsque les Durrandons, toujours en pleine guerre avec les Andals… ont déposé les armes, accepté un traité de paix et ont accueilli les Andals, se mariant avec l’un de leurs seigneurs et acceptant les Sept comme nouvelle religion.


« Que les Gardner nous trahissent, ça ne me surprend qu’à moitié. Je n’ai jamais fait totalement confiance à ces illuminés fleuris, avec leur obsession pour Garth Greenhand. Mais les Durrandon… Pourquoi ? Après tout ce que nous avons faits, tout ce qu’ils ont faits. Ils nous avaient accueillis, ils nous ont protégés, on avait fait une alliance, nous les avons soutenus… alors pourquoi ?! »


La trahison des Durrandon fut le dernier clou dans le cercueil pour les Enfants, et provoqua une immense série de massacres, car énormément de Chanteurs s’étaient réfugiés dans les Stormlands car le royaume était vu comme le dernier rempart dans le Sud contre les Andals. Et leur traîtrise les poussa de nouveau sur le chemin de la fuite. Les Géants aussi durent quitter le royaume ou ils étaient les plus influents, leurs troupeaux décimés et leur nombre chutant.

Dévastés par cette ultime trahison, Feuille se rabattit sur la protection de son peuple tandis qu’ils partaient en catastrophe du royaume, mais avant de le quitter elle-même elle se décida à une vengeance contre ces Premiers Hommes fourbes qui les avaient poignardés dans le dos.


Depuis la Longue Nuit, Feuille s’était interdite d’utiliser à nouveau la magie de son peuple contre les humains, refusant de recréer une catastrophe comme le Roi de la Nuit. Mais face à ce qu’avait les Premiers Hommes du Sud, elle ne pouvait laisser cela impuni. Avec l’aide des derniers Voyants de son peuple et des Premiers Hommes, elle lança une malédiction sur les lignées des Trois Grandes Maisons qui les avait trahis : Les Gardner, les Durrandon et les Lannister. Cette malédiction les condamner, eux et leurs lignés, à une extinction lente et douloureuse, de la manière la plus humiliante et douloureuse possible. Une fois la malédiction lancée, Feuille quitta les Stormlands.


C’est ainsi que la Troisième Guerre détruisit complètement l’ordre établi à Westeros depuis la Longue Nuit. Soit les Premiers Hommes étaient soumis par les Andals et forcés de subir leur domination, comme au Val et aux Rivelands, soit les Premiers Hommes se mêlèrent aux envahisseurs et acceptèrent leurs coutumes, comme au Bief et aux Stormlands. Mais dans les deux cas, les conséquences furent désastreuses pour les Enfants de la Forêt. Le Pacte avait été trahi, et avec la perte des Stormlands, le Sud était complètement perdu pour les anciens peuples du continent. Elle ignorait la situation à Dorne et aux Îles de Fer, mais elle se doutait que les deux royaumes seraient aussi conquis par les Andals. Traqués et chassés partout, les Géants et les Enfants ont dû s’enfuir dans le dernier royaume dirigé par les Premiers Hommes et gardant la foi dans les Anciens Dieux, leur retraite en catastrophe couverte par les restes de leurs force mené par Feuille.


Le Nord


Seuls le Nord fut épargnés par l’étendard de l’étoile à sept branches et resta un foyer de refuge pour les peuples magiques, et encore, ce fut uniquement grâce aux actions de Theon Stark, « le loup affamé ». Le Roi du Nord défendit les colonies de réfugiés des Enfants, des Premiers Hommes et des Géants qui s’étaient réfugiés dans le royaume, arrêtant les croisades Andales brutalement dans le Neck et détruisant la tentative de débarquement sur la côte, torturant le seigneur de guerre andal Argos Seventar avant de le tue pour ensuite, dans un exploit militaire qui impressionna Feuille, naviguer jusqu’à Andalos, la patrie d’origine des Andals, et la ravager jusqu’au sol, reproduisant sur leur terre ce qu’ils avaient produit à Westeros.


C’est d’ailleurs durant cette époque de repli dans le Nord qu’elle fut désigné par son peuple pour les diriger, après la mort du dernier ancien, qui s’était laissée dépérir de chagrin. Avec le poids de ce nouveau rôle sur ses épaules et la menace d’une invasion Andal dans le Nord éloignée pour le moment, Feuille put enfin souffler un instant, se ressaisir et réfléchir à un plan d’invasion. Une part d’elle, la part qui était commandante des Danseurs des Bois, voulait continuer la guerre contre les Andals. Avec le Nord comme refuge sûr, les siens pourraient se remettre des défaites, et, avec le soutien des Nordiques et des Géants restants, pourraient tenter de reprendre pied dans le Sud et de récupérer leurs foyers.


Mais Feuille vit bien que l’arrivée des Andals avait changé l’équilibre des pouvoirs, et cette fois de manière définitif. En à peine un siècle, des milliers des siens avaient été massacrés comme des bêtes, leurs lieux sacrés et les arbres-coeurs avaient été réduits en cendres, leurs villages, leurs foyers, plus que des ruines et des débris et les Andals s’étaient installés sur les restes en festoyant et dansant sur leurs morts, et la culture de son peuple avait été piétiné avec soin. Et les Premiers Hommes, leurs alliés, s’étaient quasi tous retournés contre eux, malgré le Pacte, et avaient fraternisé avec les Andals, ou bien avaient été soumis par la force. Mais surtout, Feuille n’avait plus aucune confiance en les Premiers Hommes, même les Stark, après ce qui s’était passé.


Oh bien sûr Certes le Nord était pour le moment épargné par les Andals, et les Stark les avaient accueillit comme les leurs. Mais cela de temps cela allait-ils duré ? Le Nord pourrait -il résisté éternellement ? Ou alors ferait-il comme les autres, et se détournerait des Anciens Dieux et de son peuple juste pour sauver leur peau ?


Les trahiraient-ils ?


Feuille voulait croire que les Stark sauraient les protéger, que jamais ils ne les trahirait, mais lorsqu’elle tendait de se convaincre, son esprit lui rappelait les Durrandons des Terres de l’Orage, les Gardner du Bief, les promesses qu’ils leur avaient faits… et elle n’y arrivait pas. Elle savait que le risque de trahison des Stark, qu’ils se soumettent aux Andals, était trop élevé pour être simplement ignoré. Elle devait voir le fait accompli, les Premiers Hommes et leurs royaumes ne pouvaient plus les protéger, les Géants avaient leurs propres problèmes dû aux Andals, et Feuille voyait très bien que son peuple n’avaient en réalité ni les capacités, ni le moral pour tenter de reprendre le conflit contre les humains et de tenter de reconquérir leurs anciennes maisons.


Alors Feuille fit un choix. Un choix qui lui brisa ce qu’il lui restait de son cœur.


Elle choisit d’amener son peuple sur le chemin de l’exil. Elle dût se rendre à l’évidence, ce continent, ces terres… son peuple n’y était plus le bienvenus. Les hommes avaient faits de ce monde le leur, définitivement. Et dans ce monde, les Enfants de la Forêt, Ceux qui chantent le Chant de la Terre, Le peuple écureuil… ils n’y avaient pas de place pour eux. Les humains s’en étaient assurés.


Donc ce fut l’exil… mais pour aller ou ? Le Nord n’était plus une option. Le Sud ? Feuille était désespéré mais pas suicidaire. Peut-être traverser la mer et chercher un endroit sur le continent d’où venait à l’origine les Premiers Hommes et les Andals ? Elle avait entendu des rumeurs sur l’existence d’un peuple cousin du sien qui vivrait là-bas dans les bois, mais ce n’était au mieux d’une rumeur sans aucun fondé réelle, et poursuivre des fantômes sur une terre inconnue leur l’enchantait guère.


« Et puis… quittez Westeros, allez sur un continent ou les Barrals étaient absents, ou les Anciens Dieux ne pourraient nous voir… c’était juste impossible. » Certes les Barrals pouvaient être plantés, mais il fallait des conditions précises, ce n’est pas pour rien que les Barrals ne poussent qu’à Westeros. Il ne restait donc plus qu’une solution : partir vers le Nord, au delà du Mur, là ou la présence humaine était la plus faible, en espérant pouvoir rebâtir ce qu’il restait de leur société.


Malgré sa méfiance retrouvé envers les hommes, Feuille décida de prévenir les Stark de sa décision. Elle leur devait au moins ça pour tout ces millénaires d’amitiés et pour leur accueil et leur soutien en ces temps troublés. Malgré leur choc et leur tristesse, les Stark acceptèrent leur départ, le comprenant au vu de ce qu’il avait traversé. Avant qu’elle ne quitte Winterfell, Theon Stark lui offrit sa bénédiction pour les épreuves à venir ainsi qu’un médaillon en métal en forme de tête de loup. Touchés par le geste, Feuille accepta le cadeau avant de quitter les lieux et de retourner auprès de son peuple afin de préparer leur départ.


Alors qu’ils quittaient le Bois du Loup ou son peuple s’était provisoirement installés pour aller vers le Mur, Feuille se rendit compte du peu de Chanteurs qu’ils restaient. Ils devaient être à peine quelques milliers maintenant, et elle était une des très rares à avoir dépasser les mille ans de vie. Et de leur grande magie ancienne offerte par les Anciens dieux, seuls subsistaient quelques dizaines de wargs et une petite poignée de voyants verts. Et le nombre de leurs guerriers était à peine suffisant pour assurer leur propre sécurité. A sa grande surprise, un petit groupe de Chanteurs refusa de les suivre, préférant poursuivre leur route vers le Sud, et aller sur l’île des Visages afin de défendre le lieu saint. Feuille aurait préféré éviter d’autres séparations, mais elle n’eut pas le cœur de leur refuser, surtout pour une cause si noble, et elle les laissa partir.


Sur la route du Grand Nord, elle fut surpris de voir des Géants se diriger vers le Mur, une immense colonie de quelques milliers d’entre eux accompagnés de leurs mammouths, les mines sombres et leurs pas encore plus lourds que d’habitude. Parlant avec leur chef, un vieux Géant grisonnant de la ligné des Tun Doh Weg, Feuille apprit que les Géants en étaient arrivés à la même réflexion : Avec la perte de leurs pâturages au Sud, et les horribles massacres que leur peuple avait aussi subi de la main des Andals, ils avaient estimés qu’ils auraient plus de chance de survie au delà du Mur, plutôtque de s’enliser dans une guerre éternelle qui ne leur apporterait presque rien.


Feuille proposa alors au chef des Géants que leurs deux peuples fassent route ensemble jusqu’au Mur, avant de partir chacun dans leur direction. Après un instant de réflexion, les Géants acceptèrent l’offre, et les deux peuples repartirent. Pour les humains vivants dans le Nord, le spectacle d’une très grande colonne de Géants et d’Enfants de la Forêt marchant lentement mais sûrement dans la direction du Mur fut sûrement un spectacle magnifique, mais aussi triste.


« Après tout… ce jour fut le jour ou les peuples magiques et originels de Westeros ont quitté le continent et les terres des hommes… définitivement »


Une fois que le Mur fut franchi, les deux peuples se sont séparés, les Géants sont partis s’installer dans l’extrême-Nord, là ou les plaines et les toundras gelés nourriraient leurs troupeaux de mammouths loin de la plupart des humains, tandis que Feuille guida les siens dans l’immense forêt qui recouvra toute la partie Sud de la région. Et ils y restèrent. Pendant les millénaires suivants, son peuple resta caché au délà du Mur, à travers plusieurs bosquets dispersés dans la Forêt Hantée, ne sortant quasiment jamais et évitant les humains, que ce soit les Peuple Libre ou la Garde de Nuit.


La vie dans le Grand Nord fut difficile pour son peuple, et une partie d’entre eux ne supportèrent pas les hivers et la solitude que cette exil leur imposaient. Pire encore, avec la quasi-disparition de leurs plus grandes menaces magiques, les Marcheurs Blancs, jusque là restant dans les Terres de l’Hiver Éternel, commencèrent à ressurgir et à harceler les habitants du Grand Nord, provoquant une guerre silencieuse. Afin de ralentir au maximum leur avancée, Les Enfants et les Géants sont entrés dans une guerre d’usure avec les Marcheurs Blancs. Ce n’était pas une guerre qu’il était possible de gagner, mais elle devait au moins permettre de faire gagner du temps afin que les humains se rendent compte de la menace et s’organise. Mais il faut croire que les croisades Andals et le passage du temps avaient eu plus de conséquences que prévu, car la Garde de Nuit avait oublié son rôle initial, pensant que leur devoir était d’empêcher les populations humains du rand Nord, les Peuples Libres, de passer le Sud.

Comme si le Mur avait été construit dans un but aussi dérisoire !!


« Je ne sais même pas pourquoi nous nous sommes embêtés avec ça, nous ne devons plus rien au humains, et ces derniers nous ont rejetés dans le sang, alors pourquoi ne pas laisser les Marcheurs Blancs les anéantir une bonne fois pour toute, pourquoi nous devrions encore les aider ?. » Mais au fond d’elle, et autour de son cou, elle avait la réponse. Si les Marcheurs avançaient et parvenaient d’une manière ou d’une autre à percer le Mur et à vaincre la Garde de Nuit, alors leur première destination serait le Nord, ses habitants, et les Stark. Les Humains du Sud ne méritaient aucune pitié, mais les habitants du Nord étaient innocents des crimes des Andals et, les Stark en tête Et pour tous ce que les Stark leur avait apportés et l’aide qu’ils leur avaient offerts dans les temps, Feuille et les siens leur rendrait la pareille, de toutes leurs forces restante. Et ce schéma fut les suivants durant les millénaires suivants : son peuple déclinait, restait cachée, et continuer la guerre silencieuse contre les Autres.


Puis il y a quatre cents ans. Quelque chose se produisit, une chose qui sortit un instant les quelques centaines d’Enfants de la Forêt restants de la torpeur dans lequel ils étaient plongés depuis leur exil.

La magie se mit à hurler. Elle était comme déchirée, lacérée par une force inconnue, et l’intensité de cette souffrance fut ressentie par son peuple, encore plus par les Wargs et Voyants Verts, qui se mirent à hurler en tandem avec la magie avant de s’évanouir sous le choc, leurs yeux révulsés et suintant du sang par touts les orifices du visage. Sous le choc de ce qui venait de se passer, Feuille finit par savoir la raison de tout ce chamboulement arcanique.


Valyria, la Grande cité de l’empire du même nom, foyer des dragons et de la dernière grande magie de Planetos, venait d’être englouti dans les flammes et la lave, anéantissant le peuple qui l’habitait et qui avait bâti un immense empire à Essos grâce à leurs dragons. Le Doom était venu, et il avait emporté la dernière grande civilisation magique et les dragons d’un seul coup. Et Feuille se doutait de la raison pour laquelle le Doom s’est produit.


« Bande d’imbéciles consanguins. Déjà que pratiquer des rituels de magie de sang est dangereux, et que mon peuple les utilise avec beaucoup de précaution, mais en faire énormément au même endroit et pendant plusieurs millénaires, forcément que la magie allait finir par craquer et se déchaîner. » Feuille n’avait aucun raison de pleurer la mort des Valyriens, si ce qu’on lui avait raconté sur leurs coutumes étaient vrais. En revanche, elle pria pour la mort des dragons, regrettant qu’un autre peuple magique ait été emporté par la folie des Hommes. Et puis le cycle habituel continua.


Puis il y a trois cents ans, une autre nouvelle atteignit les oreilles de Feuille, cette fois beaucoup plus sérieuse : Westeros subissait de nouveau une conquête extérieur, cette fois-ci par une des dernières familles valyriennes en vie, du nom de Targaryen, et qui était des chevaucheurs des derniers dragons vivants. L’annonce de ces événements poussèrent Feuille à quitter le refuge ou le peu de son peuple vivant encore s’était retiré, pour retourner à Westeros, dans les royaumes des hommes, afin de voir ces conquérants de ses propres yeux, car elle savait que ce qui se passait était beaucoup trop important pour qu’elle reste à l’écart. Mais sans se faire remarquer, elle savait que les hommes avaient quasiment oubliés son peuple, et elle préférait que cela reste ainsi. En sa basant à l’île des Visages, ou elle retrouva les restes de l’Ordre des Hommes Verts et quelques membres de son propre peuple, elle observa.


Elle fut là lorsque Harranhal fut incendié, détruisant la Maison Hoare, et lors du Champ de Feu, ou elle assista avec grand plaisir à la fin de la Maison Gardner. Elle fut là lorsque Torrhen Stark, dans un geste qui l’impressionna, choisit de s’agenouiller devant Aegon et de renoncer volontairement à sa couronne pour son peuple, chose que peu d’humains aurait été capable de faire. Elle vit les dragons de près et fut impressionné par leur puissance et leur majesté. Elle vit Maegor sur Balerion, dévaster le Sud de Westeros et détruire avec brutalité les forces militaires de la Foi des Sept. Voir les mêmes prêtres et seigneurs pieux qui avaient provoqués l’exil de son peuple, se recroqueviller et se mettre à genoux devant le Targaryen et se faire remettre à leurs places lui procura une satisfaction perverse. Elle assista au règne de Jaehaerys le Conciliateur et de la Bonne Reine Alysanne, et elle fut témoin de l’âge d’or de leur règne et la postérité et de la paix qui y régnaient, elle prit alors une décision : si le prochain roi Targaryen était équivalent à Jaehaerys et était aussi capable de maintenir la paix dans les Sept Couronnes, alors peut-être envisagerez-t-elle un retour à Westeros de son peuple sous la protection des Stark et des Targaryen.

Puis elle assista au règne de Viserys I, et tout s’écroula. Elle fut témoin d’un roi impuissant, soumis et faible face au difficulté de la cour et de sa propre famille. Elle vit un roi qui n’avait pas retenu les leçons du passé et avait pris deux épouses, dont une était une maudite Hightower, chacune ayant eu ses enfants et se disputèrent la couronne, tandis que Viserys ne faisait rien. Elle vit la folie des Targaryen à son paroxysme, et surtout, elle fut témoin à la mort de Viserys, qui provoqua la Danse des Dragons, qui engloutit Westeros dans une immense guerre civile qui dura quatres ans , où les Targayens se déchirèrent et que les Dragons enflammèrent de nouveau Westeros dans le feu et le sang, sacrifiés dans le jeu des pouvoirs.

Cette guerre acta la fin des Dragons et le déclin de la dynastie Targaryen. Lorsqu’eut lieu le duel de cavaliers de dragons final au dessus de l’île des Visages, Feuille se prépara à intervenir au cas ou ils se décideraient à enflammer l’île du Pacte dans leur combat, quitte à révéler son existence, mais heureusement, ce fut évité.


Après la fin de la Danse des Dragons, et le couronnement d’Aegon III, Feuille se décida à retourner au Delà du Mur, dégoûtée par les événements et résolu dans sa décision de ne pas revenir.


« les Targaryen ne sont pas mieux que les Andals. Non en fait ils sont pire, prêts à embraser le continent pour leur ego démesuré. Je ne sais pas si c’est leur consanguinité excessive ou leur mentalité de l’exceptionnalisme qui explique leur caractère, mais il est hors de question que mon peuple plie le genoux devant eux. » Surtout qu’avec la mort des dragons, elle craignait que les Targaryen, dans leur volonté de récupérer leur principale source de pouvoir, ne tentent des choses indicibles envers son peuple dans leur quête et tentatives.

Alors elle rentra chez elle, elle retrouva ce qui restait des siens, et elle y demeura, cette fois-ci de manière permanente, reprenant la lutte contre les Marcheurs Blancs, mais avec leur force croissante et les nombre de Chanteurs déclinants, ils furent se replier dans leurs réseaux de grottes. Durant les décennies suivantes, elle resta avec son peuple, ignorant tous ce qui se passait à Westeros.


Puis, il y a un siècle environ, un des Targaryens survivants, un dénommé Brynden Rivers, demanda l’asile aux Chanteurs, arguant avoir eu la vision de leur demeure et que le destin l’avait envoyé les chercher pour apprendre à développer ses pouvoirs. En temps normal, aucun humain n’aurait pénétrer le sanctuaire des Enfants de la Forêt, et encore moins un Targaryen, mais d’une part, Brynden était à moitié Blackwood, une des rares familles des Premiers Homme au Sud à garder le culte des Anciens Dieux, et d’autre part, Feuille remarqua bien qu’il était vraiment un Voyant Vert, chose extrêmement rare, ce qui impliquait que les Anciens Dieux l’avaient touché, et que ses paroles étaient potentiellement vrais.

Pour ces deux raisons, il fut autorisé à entrer. Là, il apprit auprès du Dernier Voyant Vert de son peuple, les Wargs ayant déjà tous disparus, et lorsque ce dernier se laissa dépérir, ne supportant plus les visions du passé, il choisit Brynden comme son sucesseur, le liant dans son dernier souffle au grand Barral de leur refuge pour augmenter ses pouvoirs. Brynden devint le Corbeau à Trois Yeux, et grâce à ses pouvoirs de voyance, Feuille et les siens purent se préparer à la grand marche des Marcheurs Blancs vers le Sud et le Mur qui arriveraient dans quelques décennies.


Et c’est là ou on en arrive à aujourd’hui

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Ils n’étaient plus que six. Six chanteurs contre les dizaines de milliers qu’ils étaient autrefois. Mais les autres étaient devenus silencieux, trop absorbés par leur chagrin et leur mélancolie, et Feuille ne pouvait leur en vouloir. A part elle, tout les autres étaient nés juste avant l’arrivée des Andals et avaient été traumatisés par la guerre.


Mais à part eux, ils étaient les derniers de leur peuple. Tout les autres étaient tombés au cours de la Guerre contre les Marcheurs Blancs, de faim, de froid ou de chagrin. Et ça faisait des décennies qu’elle n’avait plus eu de nouvelles des siens qui vivaient sur l’île des Visages, bien que Brynden lui ait confirmé que l’île était encore habité par l’ordre des Hommes Verts. A ce stade, Feuille estimait que ses frères et sœurs qui vivaient là -bas ont dû mourir. Avec les siècles, les millénaires passaient, elle n’arrivait même plus à se soucier de la lente disparition qu’avait connu les siens. Même les Géants étaient au bord de l’extinction. Au dernières nouvelles, ils n’étaient plus que trois, et leurs troupeaux de mammouths n’étaient plus que de l’histoire ancienne.


Elle toucha du bord des doigts le médaillon que lui avait donné autrefois Théon Stark, le visage impassible, mais les yeux débordant d’émotions.


« Pendant des éons, mon peuple est né et a marché sur cet terre, et c’est ça notre héritage ? Les miens ne sont plus qu’une poignée, les Géants se meurent. Loups-Garous, Mammouths ont quasiment disparus, et la magie, les Wargs, les Voyants Verts… ne sont plus que de l’histoire ancienne. Et par dessus tout. Les humains nous ont oubliés, relégués au rang de mythes. Ils pensent que nous ne sommes que des histoires ou des divagations de l’Age du Pacte. Même les Nordiques et les Stark doutent de notre existence. Et c’est peut-être ça qui fait le plus mal !»


Le Corbeau à trois Yeux disait que c’était ainsi leur destin, que c’était la seule manière pour eux de racheter la faute qu’ils ont commis il y a si longtemps, mais Feuille ne croyait pas vraiment ces dires. N’avaient-ils pas payer le prix de sa folie suffisamment de fois ?! Surtout quand Brynden se basait sur le Chant de la Glace et du Feu, la fameuse prophétie dérivé de celle donnée par Azor Ahai que la plupart des Targaryen avaient en obsession, et disait que touts les événements qui se sont passés ces derniers millénaires étaient prévus et avaient dû se réaliser afin d’en arriver à la situation actuelle. Ça avait le don de la mettre en colère. Pour Feuille, les prophéties n’étaient pas très fiables, car le moindre détail pouvait la rendre nul, et cette prophétie semblait bizarrement s’adresser particulièrement aux Targaryen.


«Je suis quasi-persuadé que Brynden a ses propres objectifs, vu son obsession pour sa famille et cette fichue prophétie. » Mais même si c’était le cas, Feuille n’arrivait plus à avoir l’énergie de s’en soucier et de tenter de s’opposer au Voyant Vert. De toute façon, ça ne changerait rien à la situation de son peuple, ni à ce qui allait se passer.


Tandis qu’elle était plongée dans ses pensées, elle remarqua soudain comme du mouvement à travers le blizzard au loin. Plissant ses yeux dorés pour mieux observer, elle les écarquilla lorsqu’elle reconnut ce qui était en train de s’approcher. Se redressant d’un coup, elle donna l’alerte. Tandis que ses compagnons Chanteurs sortaient des tunnels pour se placer à ses cotés, elle scruta l’horizon, ses traits se fermant.

Devant eux s’étendaient une immense horde de wights, Hommes, Géants, animaux, trop nombreux pour les compter. A l’avant de la horde, trois Marcheurs se tenaient immobiles, attendant, et devant eux….


Le roi de la Nuit se tenait, l’air royal et impassible comme toujours. Feuille n’était absolument pas surpris de sa présence. Bien évidemment qu’il allait venir en personne ici. Pouvoir tuer le Corbeau à trois Yeux, le Dernier des Voyants Verts, jamais il ne laisserait quelqu’un d’autre s’en charger à sa place.


« Je me demande si il me reconnaît à cette distance. Ce serait cocasse. » Après tout, elle est celle qui l’avait crée, il serait donc logique qu’il reconnaisse sa créatrice.


Pendant qu’elle fixait le Roi de la Nuit, elle entendit de nouveau des bruits de course derrière elle. Regardant la source du bruit, elle fut légèrement surprise de voir Meera sortir du tunnel, une lance d’obsidienne à la main. Dès que l’humaine arriva au niveau des Enfants et vit le Roi de la Nuit et son armée, elle se figea, la peur s’affichant dans se pupilles.


« Merra ! » Elle vit les yeux de l’humaine s’écarquiller de surprise à la mention de son nom, chose que Feuille n’avait encore jamais prononcé.« Va récupère Bran et Hodor et sortez d’ici par le passage secret. Moi et les autres, on va les retenir le plus longtemps possible. »


L’humaine, surprise par les propos de Feuille, tenta de protester.


« Mais... »


« Dépêche-toi ! » Cria Feuille, agacée. « Vous perdez du temps ! »


Après l’avoir regardé quelques secondes, cherchant visiblement un argument à lui opposer, elle secoua la tête avant de s’engouffrer dans la grotte.


« Au moins, ça c’est fait, nous n’avons pas à nous en soucier. » Feuille regarda les autres. Tous étaient venus avec leurs armes, bien que certains, comme Snowylocks, tremblait légèrement.


Visiblement le Roi de la Nuit a dû remarqué leur altercation, car il avait tourné son regard dans leur direction précise et il était en train de… lever lentement les bras, dans le même geste qu’il utilisait pour ressusciter les Morts. A la fin de son geste, tout les wights se mirent à courir dans leur direction, leurs yeux bleu glace morts et leurs bouche décharnés ouverte leur promettant une seule chose, la Mort.


En voyant la horde s’avancer, Feuille aboya un ordre en Vraie Langue. Aussitôt, tous dégainèrent de petites sphères en obsidienne et visèrent. A son signal, tout le monde lança une bombe qui atterrit vers la masse de cadavres. Au contact, elles se mirent à exploser, provoquant une onde de choc et de flammes qui enflamma une partie des morts-vivants et les tua, mais au vue du nombre d’ennemis, c’est presque dérisoire.

Tandis que les autres continuaient à lancer des bombes, elle donna un dernier ordre, avant de s’engouffrer dans la caverne. L’ordre qu’elle donna fut simple, mais clair : faire gagner du temps pour que les humains puissent sortir, par tout les moyens.


Alors qu’elle atteignit la grotte ou se trouvait le Corbeau à Trois Yeux et Bran, elle fut témoin d’une vision qui la choqua. Brynden, toujours enchaîné aux racines du Barral, et Bran, à ses pieds, étaient en pleine vision verte, les deux avaient les yeux révulsés et blancs, tandis que Meera, au chevet de Bran, essayait de le réveiller sans succès.


« Mais que font-ils ? Pourquoi sont-ils en train d’avoir des visions, les Marcheurs et le Roi de la Nuit sont là !!! » Derrière elle, elle entendit les bruits de combats entre les Wights et les siens, et elle se rappela l’urgence de la situation.


S’avançant vers Meera qui tendait toujours de réveiller Bran, elle la secoua par l’épaule.


« Cesse de perdre du temps et met Bran sur la civière, il faut partir, maintenant !»


« Mais... »


« Ça ne sert à rien. Ils sont en pleine vision verte, et seuls eux peuvent en sortir de leur plein gré! » Elle s’approcha du corps de Bran. « Aide-moi à le déplacer. »


En s’y mettant, à deux, ils parvinrent à placer rapidement Bran dans la civière. Mais au moment de le déplacer, ils se rendirent compte d’un problème : même en s’y mettant à deux, la civière était trop lourde pour la bouger rapidement. Seul une personne pouvait la déplacer aisément.


« Hodor ! On a besoin de toi, viens nous aider ! » Cria Meera au grand humain. Mais ce dernier se contenta de regarder dans le vide, assis, sans prêter attention aux appels de Meera.


Au même moment, Ash, Coals et Grammes entrèrent en courant dans la grotte, lance et arc en main, sans bombe. Un rapide coup d’œil dans le tunnel renseigna à Feuille le sort des deux autres. Elle entendit au dessus d’elle des grattements et les gémissements des morts. Ils essayaient de passer au dessus à travers les racines du Barral.


Soudain, des morts commencèrent à tomber du plafond et surgir du tunnel, mais heureusement, ils étaient encore trop peu nombreux pour qu’ils ne puissent les gérer avec leurs armes en obsidienne. Meera se mit à parler de nouveau à Bran, mais avec les bruits de combats, Feuille n’entendit pas ce qu’elle lui disait. Les Morts se faisaient de plus en plus nombreux, et ils durent commencer à reculer pour éviter d’être pris à revers.


Jusqu’à ce qu’enfin, en embranchant un autre mort avec sa lame, elle remarque qu’Hodor s’était levé et s’était mis à marcher vers la civière de Bran, mais Feuille remarqua qu’Hodor avait les yeux vides et l’air ailleurs, comme si… non…


« Ne me dites pas que Bran a glissé dans son esprit ?! » Normalement, warguer dans l’esprit d’un être humanoïde est l’un des trois grands tabous des Wargs, c’est interdit, mais au vue de leur situation, Feuille était prêt à laisser passer ça pour qu’ils puissent enfin partir.


Mais au moment ou Hodor commença à s’éloigner avec Bran, Un Marcheur surgit du tunnel. Grammes tenta de le poignarder, mais le Marcheur se contenta de le repousser violemment du bras avant de le transpercer avec son épée. Dans une action incroyable, Meera lança alors une lance en plein dans la gorge du Marcheur, le tuant sur le coup.


Finalement, Hodor emmena Bran suffisamment vite et loin pour que Feuille et Meera puissent enfin suivre dans le tunnel, laissant derrière eux Été et les autres pour ralentir les morts et Brynden, dont la mort était malheureusement prévu, le Voyant Vert ne pouvant quitter la grotte.


Ils se mirent à courir dans le tunnel de sortie, allant au rythme rapide d’Hodor, tandis que les morts les poursuivaient derrière. Mais très vite, elle vit que les wights arrivaient en masse innombrable très vite, trop vite. Au rythme ou ils allaient, les wights allaient les rattraper et les massacrer tous. Alors elle prit une décision.


Elle ralentit le pas, et laissa le groupe la distancer. Dès qu’elle ralentit, elle vit que Meera remarqua ce qu’elle faisait et tourna la tête vers elle.


« Qu’est que tu fais?! »


« Je vais les retenir, partez d’ici au plus vite ! » Et sans attendre sa réponse, Feuille se retourna vers les Morts. Elle entendit derrière elle les humains continuer à courir vers la sortie, bien .Elle inspira lentement, se préparant à l’impact...


et… elle laissa les wights la renverser et la plaquer au sol. Dès qu’elle fut au sol, elle sentit la morsure des des mains, des dents et des lames que tenait les wights dans sa chair. Sauf que… ce n’était pas pour rien qu’elle décida de se laisser attraper par les wights.


« Hors de question de finir comme pâture pour ces cadavres à moitié gelé ! » Se débattant sous les multiples corps qui la recouvraient et la déchiqueter, elle glissa à grand-peine sa main vers sa ceinture, ou elle avait encore attaché une de ses bombes.


« Allez en enfer ! » Cracha-elle, avant d’activer l’engin avec sa magie. Dans un fracas épouvantable, sa bombe explosa dans sa main. Les wights, trop vulnérables au feu, furent réduits en morceaux et propulsés à travers la caverne.

Par n’importe quel miracle, peut-être un dernier coup de main des Anciens Dieux, Feuille ne fut pas tué par les flammes. A la place…


« AHH !! Putain !! » L’explosion de sa dernière bombe l’avait violemment projeté contre une des parois de la grotte, lui coupant le souffle et la faisant gémir de douleur à cause du choc. D’instinct, elle tenta de se relever, mais la douleur extrême qu’elle ressentit dans chaque fibre de son être la cloua sur place.


Elle regarda son corps, et la vue lui donna légèrement la nausée.Son corps avait été sauvagement déchiqueté par les wights, couvert de traces de morsures et de lacérations, le sang coulant abondamment, et ses tripes étaient à ça de déborder de son abdomen. Et tout ça, sans tenir compte de l’explosion de sa bombe magique qui avait à moitié brûlé son corps. Sa main droite, qui avait tenu la bombe, n’était plus qu’un moignon de chair brûlé avec des petits bouts pour indiquer ou était les doigts. Elle n’était clairement plus en état de combattre, ou même de se déplacer, c’était déjà un miracle qu’elle soit toujours consciente.


« Alors… c’est comme ça que tout cela finit. » Dans son agonie douloureuse, elle n’entendait plus de bruits de combats et les autres Enfants de la Forêt, seuls le bruit et les gémissements des wights était perceptible. Ils devaient être tous morts maintenant, ainsi que le Corbeau à Trois Yeux. Une vague de chagrin la transperça malgré la douleur. Ses compagnons avaient été une constance dans sa vie, et savoir qu’ils n’étaient plus là, qu’elle était la dernière…

Au moins, la seule bonté que le destin leur ait donné était que les Autres ne pourraient pas relever leurs cadavres pour les servir dans la Mort. Les siens pouvaient se reposer en paix. Ils avaient accomplir leur devoir.


Curieusement, les wights ne semblaient pas s’intéresser à elle, tout ceux qui s’engouffraient dans le tunnel passèrent devant elle, l’ignorant pour poursuivre leur proie prioritaire qui s’enfuyait au loin. De toute façon, Ce n’est pas comme si elle pouvait les en empêcher, vu son état. Et elle était de en plus en plus engourdie.


« Au moins… Bran a réussi à sortir de la grotte avec l’autre humaine... » Elle avait du mal à garder les yeux ouverts. « J’espère... qu’il parviendra vite à franchir le Mur et à rejoindre son demi-frère, sinon... notre sacrifice aura été en vain ».Elle sentit le froid l’envahir...


« Mais bon... » Songea-elle alors qu’elle sombrait dans l’ inconscience... « Ce n’est plus à moi de m’en soucier désormais… mon rôle …dans la Chanson … et dans ...cette histoire… est enfin finie, je ...peux enfin ...me... reposer. » Et sur cette pensée, La dernière des Chanteurs de la Terre bascula dans le Néant.

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« Les Enfants de la Forêt sont tous morts. Les Premiers Hommes en tuèrent la moitié avec des lames de bronze, et les Andals terminèrent le travail avec du fer. » -Jeor Mormont- 

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Et c’est ainsi qu’un des peuples les plus anciens de Westeros s’est éteint, pour un autre peuple qui les avait massacrés puis oubliés, les reléguant au rang de simples légendes et mythes. Les Enfants de la Forêt se sont éteints dans l’indifférence générale.


Mais ils ne sont pas les seuls êtres magiques à vivre à Westeros, et pour un autre de ces peuples, leur dernière heure approche...

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