Les sentiments au fond de tes beaux yeux
Chapitre 93 : Première soirée chez le petit-ami
3672 mots, Catégorie: T
Dernière mise à jour 11/04/2026 11:59
Chapitre 93 : Première soirée chez le petit-ami
Lorsque je sors de la salle de bain, Hunter me sourit largement en constatant que j’ai enfilé le pyjama ourson qu’il m’a offert et il s’enfile à ma place pour se doucher tandis que je vais tranquillement m’installer sur le canapé.
Depuis que j’ai enfin découvert la chambre d’Hunter, et qu’elle représente d’ailleurs plus ou moins ma chambre puisque je dormirai avec lui, je me sens comme chez moi dans cet appartement. J’y ai déjà passé tant de temps, que ce soit pour buller devant des films, réviser avec Eden, venir m’occuper de Calyouk… Ces murs deviennent peu à peu comme une seconde maison et je me glisse donc sur le canapé avec Eden en attrapant au passage le plaid pour m’enrouler dedans. Il me raconte automatiquement le début du film, pour que je comprenne ce qu’il se passe et je me love dans le cuir moelleux en ronronnant presque. J’ai toujours aimé l’ambiance ici, adoré passer du temps avec eux… mais le faire en sortant avec Hunter est surréaliste et je ne peux toujours pas croire comme ma vie est chouette.
- Alors avec Alma ? demande-je au bout de trois minutes de silence.
Il me lance un regard rieur et baisse le volume du film :
- Bah… Elle est franchement géniale, je ne saurais même pas quoi te dire de plus…, répond-il en arborant un sourire jusqu’aux oreilles.
- Ça je le sais, je ne te l’ai pas présenté pour rien, tu ne trouveras objectivement jamais mieux qu’elle ! la soutiens-je.
- Je ne crois pas, sérieusement. Je l’adore, elle coche toutes les cases de ce que j’ai toujours voulu. Elle est géniale en tant que personne mais nous avons les mêmes envies pour l’avenir, le même genre de vie qui nous tente, les mêmes façons de voir les choses …
- Comme parcourir le monde ? demande-je.
- Oui, elle sait qu’elle ne se posera pas à un endroit avant un moment et si tout se passe bien pour moi, alors je ne le serai pas non plus. J’ai bien senti qu’elle s’inquiétait de ça, qu’elle imagine que ça compliquera les choses, mais je ne suis pas d’accord, je trouve que c’est parfait au contraire.
- C’est ce que je lui ai dit quand elle m’en a parlé, affirme-je.
Ses yeux s’illuminent :
- Sérieux ? Merci Titi, je ne sais pas pourquoi elle s’inquiète, je trouvais justement que c’était une belle aubaine. On vivra nos vies à cent à l’heure sans avoir à s’inquiéter de ce que fait l’autre, et si nous sommes faits pour être ensemble alors nous le serons et le resterons, c’est évident.
Il a vraiment l’air perdu et je me permets de lui confesser un secret d’Alma pour qu’il comprenne mieux la situation et, j’espère, qu’il la rassure :
- Alma s’est fait briser le cœur par son premier amour. Elle pensait que ça durerait pour toujours et il l’a trompé, ça lui a fait énormément de mal et elle n’a plus confiance en les hommes. Si tu veux mon avis, je pense qu’elle a peur qu’avec la distance… tu lui fasses la même chose, conclus-je d’une voix douce.
Il fronce les sourcils en me regardant avec des yeux peinés :
- C’est pour ça qu’elle est sur la réserve à ce point…, chuchote-t-il. Je ne comprenais pas trop, si tu savais comme nous sommes proches elle et moi… pourtant elle ne franchit jamais le cap, j’avais l’impression qu’elle n’arrive pas à décider de se mettre en couple avec moi pour de bon… Ce que tu me dis me laisse largement comprendre le pourquoi.
- Oui, elle ne voulait plus de petit-ami, elle ne voulait pas prendre le risque de souffrir mais… tu lui donnes du fil à retordre. Elle ne s’attendait pas à trouver un garçon qui lui plaise autant que toi… je pense qu’elle est perdue, qu’elle a envie de se lancer mais qu’elle n’ose pas. Il va falloir que tu la rassures, conclus-je en lui lançant un regard appuyé.
- Je n’ai jamais trompé une de mes copines, et je ne compte pas le faire, elle n’a aucun doute à avoir.
- Ce n’est pas moi qu’il faut convaincre, réplique-je en souriant.
Il attrape automatiquement son téléphone et je me tais pour les laisser papoter tranquillement puisque je sais à quel point il était chouette de discuter avec Hunter au début de nos interactions.
Je suis presque un poil nostalgique jusqu’à ce qu’il passe le seuil de la salle de bain en short, en me lançant un sourire éblouissant avant de venir embrasser le sommet de ma tête et qu’il me prouve donc à quel point je préfère notre relation maintenant.
Je lève le nez pour le regarder alors qu’il a toujours les mains calées sur mes joues.
- Qu’est-ce que tu veux manger ce soir ? demande-t-il.
- N’importe, je m’adapterai à vous, réponds-je tout de suite.
Hunter se tourne vers Eden :
- Je cuisine ou on commande ?
- J’ai bien envie de sushis, répond Eden.
- De sushis ? piaille-je en me redressant. Je n’en ai jamais mangé, il parait que c’est délicieux !
- Sushis alors, répond tranquillement Hunter.
Il vient se caler à ma gauche, comme chaque fois que nous sommes dans le canapé tous les trois. C’est comme si nous avions nos places, je suis toujours au milieu du canapé et les garçons sur les mêmes côtés tandis que Calyouk s’allonge en long par terre devant moi, puisque je suis toujours en tailleur ou les jambes contre ma poitrine. Nous sommes rôdés depuis bien longtemps mais j’ai désormais le bonheur de me laisser tomber sur ma gauche pour atterrir sur le torse d’Hunter qui m’enlace d’un bras en déverrouillant son téléphone de l’autre pour ouvrir l’application qui permet de commander.
Il passe rapidement leur commande habituelle avant de me tendre son téléphone pour que je puisse fureter dans les sushis. Je cale ma joue contre son pectoral pour m’installer confortablement puisque je suis bien décidée à analyser chaque sushi pour être sûre de ce que je veux et ça fait rire Hunter qui embrasse mon front.
Lorsque je valide mes derniers sushis, je constate le prix ahurissant que ça représente pour trois repas et j’en reste choquée.
- Tu as fini ? demande Hunter en essayant de reprendre son téléphone.
- Non ! m’exclame-je en me redressant.
Je parcours le panier et je suis tellement choquée par le prix que j’en ouvre la bouche en grand :
- Bon sang, c’est terriblement cher !
- Ah ça, commente Eden sans même détourner les yeux de son écran.
Je me tourne vers Hunter qui essaie encore de m’arracher son téléphone des mains mais je me bats bravement :
- Et si on commandait des pizzas plutôt ? propose-je.
- Arrête, nous venons de décider de manger des sushis, réplique-t-il.
- J’ai envie de pizza ! insiste-je.
- Tu as surtout envie que ce soit moins cher ! s’agace-t-il en réussissant à me prendre son téléphone.
Il valide la commande avec un sourire satisfait alors que je lutte pour le récupérer et dès que le tout est validé, je ne peux plus faire grand-chose à part vociférer :
- C’est beaucoup trop cher pour ce que c’est !
- Tu n’en sais rien, tu n’as jamais goûté ! C’est peut-être bien ton plat préféré, souligne-t-il.
- Alors j’aime autant ne pas le savoir puisque je ne pourrai pas m’en acheter !
- Heureusement pour toi, tu as un copain pour te les offrir, réplique-t-il joyeusement.
Eden rit avec lui en lui lançant un regard amusé et je croise les bras :
- Hunter, tu sais que j’ai horreur de ça, boude-je.
Il m’attrape pour me tirer contre son torse de force en soupirant :
- Et tu sais que je n’aime pas quand tu fais ce cirque Hestia.
- Je ne veux pas te ruiner ! couine-je.
- Oh mince ! raille-t-il. Je ne pourrai pas payer la facture d’électricité à cause de ce repas !
- Hunter ! m’indigne-je.
Eden rit tellement de notre dispute qu’il m’agace à son tour et je me tourne vers lui :
- Et toi tu trouves ça normal ! Ça me dépasse ! Tu ne le remercies même pas ! feule-je.
- Merci de me nourrir Seigneur Hunter ! répond-il en s’inclinant.
Les garçons sont morts de rire et plus j’essaie de me redresser des bras de Hunter, plus il me retient en riant. J’abdique finalement, puisqu’il est bien plus fort que moi et que je n’ai de toute façon pas sincèrement envie de ne pas être contre lui, mais je suis vexée par toute cette histoire.
Au bout de quelques minutes de silence, il attrape mon menton pour me faire le regarder :
- S’il te plait mon cœur arrête. Nous avons déjà eu cette conversation cent fois… Je t’en prie, accepte simplement que je te paye des choses, c’est normal.
- Ce n’est pas normal…, commence-je.
- Bien sûr que si Titi ! me coupe Eden d’une voix vive. Sérieux, il y a des mecs qui partagent d’accord, mais il y a une grosse quantité d’hommes qui aiment payer pour leur nana. Si tu imagines que je laisserais un jour ma copine payer au restaurant, alors tu te fourres le doigt dans l’œil, lâche lui la grappe sérieusement !
- Vraiment ? demande-je.
- Mais évidemment ! Si je sortais avec Alma dans les temps qui arrivent, alors tu verrais qu’elle n’aurait pas un sou à dépenser ! C’est comme ça qu’on fonctionne Hunter et moi, c’est normal pour nous… et je te garantis qu’Alma ne fera pas le cirque comme toi. Ok, tu n’as pas un rond. On a compris ! Sauf que toutes les gonzesses de ce monde sont contentes quand elles tombent sur un gentleman qui paye pour elles, alors arrête de râler systématiquement, même moi ça me fatigue ! Alors que je ne suis pas concerné ! beugle-t-il.
Je lance un coup d’œil à Hunter qui hoche la tête pour confirmer les dires d’Eden et je me retrouve un peu bête. Puisque j’ai une petite fierté, je préfère attaquer une dernière fois :
- Il me semble pourtant que tu ne sors pas avec Hunter, or tu le laisses te payer tous les repas que nous commandons ! siffle-je.
- Ah ça, tu ne sais pas ce qu’il se passe dans cet appartement quand tu n’y es pas ! rétorque-t-il en éclatant de rire.
Je fronce le nez, agacée par ce qu’il sous-entend alors que je sais pourtant très bien qu’il se moque de moi. Ça n’améliore pas mon humeur et je tourne la tête vers Hunter, comme pour qu’il me rassure alors que tout ça est ridicule. Il hausse d’ailleurs les sourcils en voyant mon regard presque suspicieux.
- Rassure-moi Hestia, tu te moques de moi là ? demande-t-il d’un ton ferme, ce qui fait redoubler les rires d’Eden.
Je ronchonne un « oui » en me réinstallant sur son torse et il rit un peu avec Eden, visiblement choqué :
- Tu es jalouse ? me demande-t-il.
- Un peu, grommèle-je.
- Quoi ?! s’exclame-t-il.
Ils sont à nouveau complétement morts de rire et je me redresse définitivement pour me mettre en tailleur :
- Mais je sais bien qu’il plaisantait ! Arrêtez de vous moquer de moi ! m’offusque-je.
- Alors pourquoi es-tu jalouse Titi ?! s’esclaffe Eden.
- Mais … je n’en sais rien ! C’est le principe de partager Hunter ! Je déteste ça ! Même si je sais que c’est de l’humour, je ne suis pas stupide, je vous connais ! m’écrie-je pour me défendre.
- Tu nous as trouvé une folle, commente Eden en essayant de calmer ses rires.
- Je ne l’ai pas trouvé, c’est toi qui l’as ramené ! s’amuse Hunter.
- Et tu n’aurais pas pu attendre qu’on la déclare comme saine d’esprit avant de lui sauter dessus ?! se marre Eden.
- Je te faisais confiance ! plaisante-t-il.
- Tu n’aurais pas dû, j’ai ramassé cette drôle de créature au milieu de la rue après tout… J’aurais dû instaurer une petite quarantaine avant de l’inviter chez nous !
- C’est clair ! A cause de ta négligence, je suis tombé fou amoureux en toute confiance puisque j’imaginais qu’elle avait passé des petits tests préliminaires sous ta surveillance.
Je joue les vexées mais j’ai bien du mal à me retenir de glousser de leurs bêtises.
- Pardonne moi Hunter ! rit Eden.
- Toi pardonne-moi, parce que je peux te garantir qu’elle n’est pas prête de quitter le paysage, affirme Hunter.
Il m’attrape encore une fois et je me laisse docilement faire, tout moral retrouvé. Lorsqu’il passe ses bras sous ma poitrine pour me remonter contre lui, je lui lance un petit regard et je n’arrive pas à m’empêcher de glousser un peu, ce qui me vaut un beau sourire :
- Ça y est ? Tu ne boudes plus ? se moque-t-il gentiment.
- Non ça y est. Merci beaucoup pour les sushi, réponds-je en me redressant pour l’embrasser.
- Mais de rien mon amour, ça me fait plaisir, insiste-t-il une dernière fois.
Une bonne demi-heure plus tard, je découvre avec délice que les sushis sont absolument délicieux. J’aurais effectivement préféré ne jamais connaitre, parce que ce plat devient clairement l’un de mes favoris et Hunter est visiblement ravi de me voir apprécier à ce point puisqu’il me couve de ses yeux les plus heureux en me proposant de goûter les siens pour en découvrir d’autres. Evidemment, Eden plaisante en déclarant que « je coûterai cher à Hunter » et cette remarque relance les hostilités puisque je lui saute dessus pour l’étrangler.
Après le repas, nous nous installons confortablement pour finir le film mais je ne suis pas vraiment ce qu’il se passe à l’écran, préférant clairement profiter de la situation globale.
Je suis allongée de tout mon long sur Hunter, la tête calée au creux de son cou et la sienne posée dessus, comme nous le faisons désormais toujours lorsque nous regardons un film. Il a les mains croisées sur mon ventre puisque je suis dans un gros pyjama et qu’il ne peut pas me faire de petites papouilles comme il le fait habituellement mais ça me va bien puisque j’ai les mains posées sur les siennes pour lui en faire, bien au chaud sous le plaid qui nous recouvre. La pièce baigne d’une lumière chaude et tamisée grâce à leurs quelques lampes en pierre de sel. Le film est calme, sur un volume bas et j’entends les soupirs de Calyouk qui rêve visiblement.
Je me sens tellement bien que je me projette enfin sérieusement.
Comme souvent dans ma vie, j’ai été prise de court par l’invitation d’Hunter. Mais j’ai intégré l’information ces derniers jours, j’ai découvert l’entièreté de l’appartement tout à l’heure et je peux enfin complétement me visualiser ici sans que mon cerveau ne se fige en erreur. Je me sens si apaisée chez eux, ça a toujours été le cas et j’ai beau adorer Julia et notre quotidien, je me sens sincèrement mieux ici que chez moi. Avec le temps, ces murs sont devenus ma seconde maison, ces garçons ma famille et ce loup comme le mien.
Depuis les débuts de ma relation avec Hunter, nous n’avons passé plusieurs jours consécutifs ensemble qu’à l’hôtel ou au chalet, des séjours absolument merveilleux dont je ne voulais pas voir la fin. Il était toujours difficile de rentrer chez moi après ça, de retourner dans mon petit lit une place, seule, après avoir connu des nuits dans les bras d’Hunter… Alors maintenant que je suis en train de découvrir que je peux avoir ces séjours parfaits avec lui ici même, je me vois complétement venir tous les weekend avec le plus grand bonheur s’il m’y invitait et la perspective de dormir ici en semaine ne m’inquiète plus. Ça reste un drôle de concept pour moi tant que ce ne sera pas fait pour que je dédramatise totalement la situation, mais je n’ai plus d’angoisse lunaire à ce sujet.
Cette soirée « test » est comme lorsque je regardais un film avec eux il y a quelques semaines, sauf que je suis dans les bras d’Hunter, que je n’ai pas à rentrer chez moi en pleine nuit et que je dors avec lui dans sa jolie chambre.
C’est tout ce que j’aimais le plus faire ces derniers mois, en cent fois mieux.