Shinigamis et Shinas, la nouvelle histoire
Chapitre 6 : En route vers la Soul Society
3887 mots, Catégorie: T
Dernière mise à jour 22/04/2026 13:40
-Roka ! Réveille-toi ! Vite !
Le jeune homme ouvrit péniblement les yeux, encore prisonnier de ses rêves profonds.
-Que se passe-t-il ? balbutia-t-il.
-Nambo a aperçu de l’autre côté de la forêt une troupe d’hommes qui viennent dans notre direction.
Roka se redressa d’un bond.
-Des démons ? demanda-t-il.
-On ne sait pas. Sans doute. Allons, nous ne pouvons pas rester là ! Lève-toi.
Roka se mit aussitôt debout. Il secoua la tête pour se réveiller.
Il regarda derrière lui. Il vit alors Nambo qui était en train de masquer autant que possible les traces de leur passage. Les pierres, le feu et les amas de brindilles qui leur avaient servi. Joben se précipita pour lui prêter main-forte.
-Cette fois-ci, je suis d’accord, pas de petit-déjeuner ! glissa Joben Obata en lui adressant un sourire.
Roka acquiesça et lui tourna son sourire. Mais au fond, il n’avait pas envie de plaisanter. Ils auraient beau fuir encore et encore, on finirait toujours pas le retrouver ! Il était désespéré. Mais il essaya de ne pas le montrer. Après tout, c’était à lui de montrer l’exemple. Il essaya de trouver l’énergie suffisante.
-Allons-y ! dit-il. Tant pis s’il reste encore des traces. Le plus important, c’est que nous soyons loin quand ils arriveront ici.
Ils se mirent rapidement en route tous les quatre, et pour la première fois, Roka passa devant eux. Il voulait choisir le chemin. Ouvrir la route.
Il se mit à courir, se retournant pour voir si les trois autres le suivaient. Ils ne se firent pas prier, ils coururent à leur tour. On pouvait lire l’angoisse dans leurs yeux. Sans doute venaient-ils de prendre conscience de l'imminence du danger. Leurs poursuivants étaient beaucoup moins loin qu’ils ne l’avaient cru, et ils étaient sur leur piste, à n’en pas douter.
Ils coururent longtemps. Ils coururent derrière le prince Roka, se faufilant entre les pins, glissant sur le tapis fauve de la forêt. Le cœur battant, le vent de la peur soufflant dans leur dos. Puis quand Roka vit que Joben, Taro et Nambo commençaient à perdre de la distance, il décida de s’arrêter un instant pour les laisser reprendre leur souffle.
Mais à peine eurent-ils retrouvé une respiration plus calme qu’ils entendirent déjà le battement sourd des pieds qui foulaient la terre. Les démons se rapprochaient de plus en plus. Ils allaient bientôt les rattraper. S’abattre sur eux.
-Il faut qu’on trouve un endroit où se cacher ! proposa Joben.
-Non, répondit Roka, ils sont sur notre piste, ils nous trouveront tout de suite. Impossible !
-Alors quoi ? On ne va quand même pas les attendre ici sans rien faire !
Roka secoua la tête. Il y avait sûrement une solution. Il devait les sortir de là. Joben, Nambo et Taro le dévisageaient. Ils comptaient sur lui, à présent. Quelque chose avait changé dans leur regard. Comme s’ils avaient placé tous leurs espoirs entre ses mains. Pourquoi ? Parce qu’il avait couru devant eux pour la première fois ? Non. Ce ne pouvait pas être seulement pour ça. Peut-être avaient-ils remarqué qu’il était étrange depuis quelque temps. Peut-être avaient-ils compris qu’il ressentait quelque chose. Mais il n’avait pas le temps de comprendre. Pas le temps de se poser la question. Les trois autres comptaient sur lui, et il devait faire quelque chose, voilà tout.
Quelque chose. Pour les sauver. Sauver les autres.
L’écho des pas sur la terre sèche se rapprochait. Comme une vague qui allait les emporter. Les démons seraient là d’un instant à l’autre. Ils auraient fait toute cette route pour rien.
Il se laissa tomber sur les genoux. Et, sans comprendre pourquoi, guidé par cet instinct, il ferma les yeux et laissa son pouvoir King of the Underworld prendre le dessus.
-Roka ! appela une voix qui semblait venir d’un autre monde.
C’était Taro. Derrière lui. Mais il n’ouvrit pas les yeux. Il devait se concentrer. King of the Underworld prit possession de son corps l’espace de quelques secondes. Le ciel devint orageux, des nuages remplit d’électricité apparurent. Le vent commença à souffler fort à travers la forêt et les grondements de l’orage grogna.
Soudain, Roka entendit des bruits d’ailes. Proches. Trop proches.
Il ouvrit les yeux et se dressa d’un bond. Prêt à se défendre. S’attendant à voir enfin le visage de ceux qui les avaient poursuivis jusqu’ici. Il se retourna pour les voir. Les affronter.
Mais ce n’était pas eux.
Pas encore. Non. Il le comprit dans le regard halluciné de ses trois compagnons qui fixaient quelque chose par-dessus son épaule.
Il se tourna à nouveau, lentement. Et il les vit, là, à quelques pas à peine. Deux dragons. L’un noir et l’autre blanc.
Roka sourit. Même si lui ne savait pas comment gérer son pouvoir qui prenait de l’ampleur, King of the Underworld continuait de le protéger et de l’écouter.
Il s’avança prudemment vers les dragons. L’un d’eux poussa un grognement, mais ils se laissèrent approcher. Lentement, Roka posa sa main sur la tête du premier dragon. Il monta dessus. Le dragon ne bougea pas. Il était prêt. Prêt à partir. Il n’avait qu’à demander...
Roka fit signe à ses trois amis de le rejoindre. Ils hésitèrent, incrédules. Ils n’avaient jamais vu des dragons si somptueux.
-Dépêchez-vous ! s’exclama Roka en voyant qu’ils ne bougeaient pas. Les voilà !
Taro se retourna. Et il les vit. Comme ils devaient les voir. Une dizaine. Peut-être plus. Se rapprochant à travers les arbres. Courant vers eux.
Sans plus réfléchir, Taro se précipita vers les dragons et grimpa derrière Roka. Nambo et Joben se décidèrent à leur tour et montèrent sur le deuxième dragon.
Les deux dragons se mirent aussitôt à battre des ailes et s’envolèrent dans les airs.
Piko Wamura était entré dans la deuxième division de la Soul Society à la mort de son père, le jour de son anniversaire. Deux ans plus tard, il était toujours l’un des plus jeunes Shinigamis de la deuxième division, mais aussi l’un des meilleurs. Il avait effectué plus de missions que certains de ses camarades plus âgés. Si bien qu’il n’était pas le mieux intégré de la division, à présent. On ne lui facilitait pas la tâche, car on enviait sa réussite. Mais il ne s’en souciait guère. Il passait la plupart de son temps loin de la division, dans les alentours, et il vivait seul. Il ne parlait jamais, ne répondait pas aux provocations des autres Shinigamis. Il vivait avec le souvenir de son père et ne se souciait que d’une chose, accomplir ses missions du mieux qu’il ne pouvait pour honorer sa mémoire.
Assis, seul au fond de la deuxième division, il avait écouté comme les autres les ordres que le vice-capitaine Omaeda était venu leur faire ce matin-là. Les Shinigamis avaient accueilli avec joie l’annonce du doublement de la prime pour les missions effectuées rapidement.
Piko se leva et sortit du bâtiment sans saluer ses camarades. Ces imbéciles ne se rendaient pas compte. Une seule chose comptait à présent. Tuer les Hollows. Être le premier sur le terrain pour être le premier à tuer. Occire un maximum de Hollows.
Il se mit en route vers son logement pour préparer son expédition. Il croisa la vice-capitaine Matsumoto qu’il salua d’un geste de tête. La jeune femme lui répondit son salut de la main tout en le regardant s’éloigner. Malgré son caractère renfermé et asocial, Rangiku Matsumoto trouvait Piko assez mignon. De taille et de poids moyens, il avait les cheveux argenté aux pointes bleutés, plutôt courts et aux yeux céladon. Il portait son zanpakutô du côté droit, étant gaucher, ce qu’il lui avait valu pas mal de remontrances dans le passé. Mais comme à son habitude, Piko se fichait de se que l’on racontait sur lui.
Gaku Koike, ancien capitaine Shinigami qui avait été condamné pour traîtrise envers la Soul Society et qui s’était enfui depuis longtemps avec des hommes fidèles, était un homme que les combats avaient endurci. Il ne souriait jamais et prenait très au sérieux sa fonction de bras droit envers Arata Bando, chef du Conseil des Shinas. Tout entier dévoué à Bando, il était d’une exigence absolue. Les traits sévères, une barbe noire finement taillée, c’était un véritable soldat, qui n’avait jamais eu peur de se battre, jamais renoncé à ses idées.
Ainsi, il avait décidé de mener lui-même l’opération qu’avait commanditée Arata Bando.
Retrouver le prince d’Erèbe en fuite ne lui semblait pas une tâche trop difficile. Lui, qui avait plusieurs fois croisé le fer avec les renégats Shinas et Shinigamis, était persuadé que cette affaire ne durerait que quelques jours et qu’il pourrait livrer rapidement le jeune homme.
Il avait pris avec lui une brigade de Shinigamis qui lui restaient fidèles malgré son exil. Quinze Shinigamis à ses ordres, dûment armés et portant l’uniforme des hommes de Bando, à savoir une tenue de Shinobi noire et leur Zanpakuto scellé sous la forme d’un Tantô. De redoutables combattants.
Déjà, alors qu’ils n’avaient quitté leur repère que depuis deux jours, ils venaient d’apprendre où le jeune prince avait été aperçu pour la dernière fois. Et qu’il avait échappé de justesse aux démons d’Arata.
Koike avait souhaité commander ses hommes lui-même parce qu’il se doutait que la mission, malgré son apparente facilité, était très importante. Il était évident que, dans cette affaire, Arata Bando s’opposait à la Grande Prêtresse d’Erèbe, ce qui n’était ni banal ni fréquent. Il devait donc y avoir là-dessous une raison de grand intérêt et Gaku Koike voulait se rendre compte par lui-même. Si la capture du prince des Shinas était tellement important pour Arata Bando, c’est qu’elle cachait sûrement quelque chose. Qui était ce jeune homme ? Etait-il une menace ou un atout pour ceux qui désiraient à tout prix le capturer vivant ? Peut-être pourrait-il le découvrir en accomplissant sa mission.
Mais Koike se ravisa. Il n’était pas là pour se poser ces questions. Avant tout, il devait obéir à Bando et le servir. Il devait se contenter de capturer le jeune prince des Shinas dans la plus grande confidentialité.
Il regarda la rangée des Shinigamis à ses ordres. Ils avançaient en formation à travers la campagne de Léthé. La plupart d’entre eux l’avaient accompagné dans son exil. Ils n’avaient plus à prouver leur valeur. C’étaient des Shinigamis d’exception, aguerris et fidèles.
Ils étaient encore loin de la porte magique qui menait au monde de la Soul Society. Et nul dans que quand ils arriveraient là-bas, Roka Chosokabe aurait disparu depuis longtemps. Mais ce n’était pas grave. Ils le retrouveraient. Le prince d’Erèbe ne pourrait pas leur échapper.
A l’aube, alors que la ville d’Oryonne dormait encore, trois grands coups résonnèrent sur la petite porte en bois de la maison du guérisseur Jinzô.
La femme de Jinzô se réveilla en sursaut. Elle jeta un coup d’oeil vers la fenêtre. Il n’y avait pas encore de lumière dehors. Le jour était tout juste en train de se lever. Qui pouvait bien frapper si tôt à la porte de sa maison ?
Elle se leva rapidement, enfila une longue chemise et partit dans l’entrée. Son fils était déjà là, perplexe. On frappa à nouveau à la porte. Violemment.
-Que dois-je faire ? demanda son fils Aomine, indécis.
-Eh bien ouvre ! s’exclama sa mère en levant les bras au plafond.
Le jeune homme s’exécuta. A peine eut-il ouvert la porte que deux Shinigamis s’engouffrèrent à l’intérieur en le bousculant. Aomine se plaqua contre le mur, sidéré. Sa mère, quant à elle, recula dans la salle à manger, les yeux écarquillés.
-Que... que voulez-vous ? balbutia-t-elle en cherchant l’appui de la table derrière elle.
Un troisième homme apparut derrière les deux Shinigamis. A en juger par ses vêtements, il devait être leur chef. La femme de Jinzô en eut rapidement la confirmation.
-Madame, je suis Gaku Koike, sous les ordres du chef du Conseil d’Erèbe Arata Bando.
-Que voulez-vous ? répéta la femme d’un ton plus sévère.
-Nous savons que votre mari est le guérisseur personnel du prince Roka. Nous souhaiterions lui parler ?
-Mon mari est absent. Il se trouve au palais de la Grande Prêtresse Eria.
-Le prince Roka a comploté contre la Grande Prêtresse et a ordonné l’attaque de la cité aux nuits de feu de joie. Il est activement recherché !
-Par des Shinigamis ?
-Si vous ou votre mari l’aider en quoique ce soit, vous vous rendez coupable d’une faute grave. Cependant, j’aimerais vous laisser une chance de vous expliquer.
La femme de Jinzô se laissa tomber sur une chaise. Elle tourna les yeux vers son fils et lui fit signe de les laisser. Le jeune homme s’éclipsa aussitôt. Sa mère voulait sûrement régler cela toute seule.
-Je n’en ai pas la moindre idée, monsieur, fit-elle en regardant le Shinigami droit dans les yeux.
Koike grimaça.
-Non, non, dit-il. Ce n’est pas la réponse que j’attends de vous, madame. Allons, ne m’obligez pas à faire ce que je n’ai pas envie de faire. Soyons raisonnables.
La femme du guérisseur avait eu vent par son mari de l’attaque du palais et de la ville d’Erèbe par lettre. Il avait dû accompagné la Grande Prêtresse dans sa fuite pour la soigner. Sa femme ne savait pas où avait fui le prince Roka. Et même si elle l’avait su, elle n’aurait pas livré le jeune prince à ses hommes. Sous aucun prétexte. Et certainement pas à des Shinigamis !
La femme de Jinzô était une femme intelligente. Elle savait qu’elle ne pourrait rien dire pour apaiser la rage du Shinigami, rage inconsidérée qui n’allait sans doute pas tarder à exploser. Quoi qu’elle pût dire, il ne la croirait pas, car pour lui, une seule réponse comptait, et cette réponse, elle ne la lui donnerait jamais. En somme, elle savait très bien comment allait finir cette entrevue. Alors elle décida de dire ce qu’elle pensait. Parce qu’elle n’avait plus rien à perdre. Et que la franchise était un devoir pour sa famille.
-Je parle en mon nom propre et pour l’amour de mon fils, je vous le répète, je ne sais pas où est le jeune prince. Vous insinuez que je vous mens, sachez que je ne ment jamais.
-Vous n’avez donc aucun respect pour la Grande Prêtresse de Léthé ?
-Je n’ai aucun respect pour les gens qui entrent chez moi de la sorte et me parlent comme vous le faites...
-Alors, vous préférez protéger un traître.
-Je ne connais pas de traître. En revanche, je suis en train de me demander si vous ne représentez pas le traître en question.
Koike éclata de rire. Un rire étrange que la femme de Jinzô n’aimait pas. Et soudain il se saisit de son sabre, la dégaina d’un seul coup et l’abattit de toutes ses forces. La lame se planta dans l’épaisse table de chêne, juste à côté de la main de la femme du guérisseur.
Celle-ci rouvrit les yeux. L’espace d’un instant elle s’était crue morte. Elle n’avait pas bougé. Des gouttes de sueur coulaient sur son front.
-Je crois, madame, que nous ne nous sommes pas bien compris...
La femme ne répondit pas. Elle était tétanisée.
-Je suis ici sur ordre du Chef du Conseil Arata Bando, et j’ai pour instruction de faire tout ce qui est en mon pouvoir pour retrouver le prince des Shinas. Et tout ce qui est en mon pouvoir, cela inclut couper la tête d’une traîtresse et mettre le feu à sa misérable maison, s’il le faut. Vous voyez ce que je veux dire ?
L’épouse de Jinzô acquiesça.
-Alors, pour la dernière fois, je vous le demande, dites-moi où est parti ce maudit prince.
A ce moment, la femme comprit qu’elle allait mourir. Mourir par la main d’un Shinigami. Elle comprit qu’elle ne pourrait rien faire. Et elle l’accepta. Des larmes montèrent à ses yeux. Elle espérait seulement que son fils serait épargné. Et que tout cela en valait la peine.
-Monsieur le Shinigami, pourquoi retarder ce que vous êtes venu faire ? Vous êtes venu tuer une femme. Faites-le donc, vous qui êtes si courageux. Allons, tuez-moi, car de toute façon je ne parlerai pas.
Koike se mit encore à rire.
-Vous voulez mourir en martyre ? Pour le sauver, c’est ça ? Comme c’est brave !
-Je ne peux sauver personne, répliqua la femme. Mais je suis prête à échanger ma vie contre votre dignité. Ce qu’il vous en reste en tout cas.
Le Shinigami enleva d’un coup son sabre de la table. Il resta quelques instants immobile devant la femme, à la dévisager.
Puis il fit volte-face et s’approcha de l’un de ses deux hommes.
-Frappez-la. Elle finira bien par parler.
Arata Bando vint se placer à côté de Fubuki Nagai, le plus jeune des six Shinas. Ils avançaient dans la garrigue en une longue file sinueuse. Les Yôkai ouvraient la marche, pistant inlassablement le prince Roka. Puis venait la horde décousue des démons inférieurs. Et c’étaient eux, les Shinas, qui fermaient cette longue colonne.
-Bando, dit le jeune Shinas en se penchant vers son aîné. Je crois que nos camarades sont en train de perdre confiance.
Je me demandais au bout de combien de temps ils allaient se plaindre, pensa le vieux Shinas. Je sais ce qui les dérange. Les démons. Mais je dois empêcher à tout prix qu’il y ait un conflit.
-Je vous remercie, Nagai, mais je suis capable de juger moi-même de ce genre de choses. Je sais ce que pensent nos camarades.
-Vraiment ? Et que pensé-je, moi, par exemple ?
Quelle impertinence ! il n’aurait jamais osé me parler ainsi jadis. Mais les choses ont changé. Je ne peux plus asseoir mon autorité comme avant. C’est en moi-même que je dois trouver la force de l’impressionner. De l’obliger à m’écouter et à me faire confiance. L’impressionner. Oui. Je dois encore pouvoir faire ça.
-Vous pensez que nous avons traversé l’attaque de la capitale aux nuits de feu de joie, que nous avons trouvé Mizuchi, que nous avons fait notre serment, et qu’aujourd’hui, pour seule récompense, nous ne sommes que de vulgaires soldats de plus, pourchassant le prince Roka derrière les démons.
-En effet, admit le jeune Shinas.
-Mai vous oubliez le plus important, Nagai.
-Notre récompense ?
Il n’est pas si fou que ça... peut-être ne m’a-t-il provoqué que pour trouver une peu de réconfort. Il a besoin que je le rassure, que je lui rappelle ce qui nous attend. Evidemment. Tout cela paraît si lointain. Si irréel.
-Bien sûr, Nagai. Notre récompense. Le pouvoir du prince des Shinas, King of the Underworld. Vous avez peut(être oublié, mon cher, mais moi je sais ce que cela signifie. J’y ai goûté un bref instant mais je garderai à jamais le goût du pouvoir du prince des Shinas au tréfonds de mon âme. Souvenez-vous. Vous étiez là, Nagai. Vous étiez peut-être le plus jeune d’entre nous, mais vous étiez là. Le prix que nous payons aujourd’hui pour retrouver ce pouvoir n’est rien à côté du prix que nous avons payé en le perdant.
-Oui, Bando, mais si nous ne le retrouvions pas ?
-Je ne pense pas à cela pour le moment, Nagai, je me concentre sur notre mission.
-Un membre du Conseil ne doit-il pas prévoir toutes les éventualités...
Il se moque de moi. Parce qu’il ne peut rien faire de mieux. Il sait que de toute façon, j’ai raison. Que nous n’avons pas d’autre choix que de chercher Roka, aussi ingrate que soit cette tâche !
-Nous ne sommes plus des membres du Conseil, Nagai, nous ne sommes plus que le sombres de ce que nous fûmes jadis. Des marionnettes sans fils. Et si nous voulons retrouver notre dignité et notre grandeur, mon ami, nous ne devons plus penser qu’à une chose, aider Mizuchi à accomplir ce qu’il doit accomplir. Même si pour cela nous devons fouiller le pays de Léthé tout entier et la Soul Society.
-Certes. Je suis conscient de cela, Bando, mais je ne peux m’empêcher de penser à ce qui se passerait si nous échouions. Car c’est notre dernière chance, Bando. Si nous ne réussissons pas, nous n’aurons plus rien.
-C’est pour cela que nous n’avons d’autre choix que de réussir. Que nous devons retrouver le prince Roka. Nous réussiront, cette fois-ci. Nous avons appris en échouant la première fois. A présent nous sommes prêts. Nous ne laisserons pas passer notre chance. Si vous ne croyez plus en notre mission, reprit Bando, quittez ce rang à l’instant même. Croyez-moi, nous ne pouvons compter que sur nous-mêmes ! Allons, nous avons perdu assez de temps à bavarder, Nagai. Concentrez-vous sur nos recherches.
Le jeune Shinas acquiesça. Il n’était pas rassuré, mais il avait apprécié la franchise de Bando. Et il était convaincu que, même s’ils avaient peu de chances de réussir, ils devaient tout tenter. Ni jamais abandonner.
Au même moment, un Yôkai supérieur arriva vers eux.
-Bando, dit-il en saluant respectueusement le Shinas. Nous avons retrouvé leur trace.
-Leur trace ? Le prince Roka n’est donc pas seul ?
-Non, répondit le Yôkai. Ils sont quatre à présent. Ils ont fait un feu ici il y a peu.
-Parfait, répliqua le Shinas. Parfait.
Il lança à Nagai un regard plein de satisfaction.