Shinigamis et Shinas, la nouvelle histoire
Chapitre 7 : Les Shinas chez les Shinigamis/Approche des combats
3552 mots, Catégorie: T
Dernière mise à jour 22/04/2026 13:56
Ils marchaient depuis près d’une semaine à travers les plaines de Léthé. Les dragons les avaient amenés de l’autre côté de la forêt et avaient disparus dès le premier soir, à la tombée de la nuit, comme s’ils avaient accompli tout ce qu’ils pouvaient faire. Mener Roka et ses compagnons aussi loin que possible.
Et ils étaient loin maintenant. Grâce aux dragons, ils avaient même nettement distancé leurs poursuivants.
Toutefois, ils se dépêchaient car ils savaient qu’ils risquaient de perdre rapidement leur avance, maintenant qu’ils étaient de nouveau à pied. Alors ils marchaient vite, en faisant peu de pauses, courant presque parfois. Ils dormaient peu. Ils n’avaient pas le temps.
Le soir, Joben et Nambo chassaient ensemble. Pouvoir manger à leur faim rendait le voyage beaucoup moins difficile, mais ils étaient tout de même épuisés car ils maintenaient un rythme soutenu. Et, même si leur amitié se renforçai à mesure qu’ils rencontraient de nouvelles épreuves, il y avait de plus en plus de tension entre eux. Roka avait l’impression qu’un malaise s’était installé entre lui, Joben et Nambo. Taro connaissait trop Roka pour le juger.
En vérité, il n’y avait jamais de discorde entre Joben et Nambo. Seulemen entre lui et les deux Shinas. Des petits riens. Des brouilles futiles et stupides. Mais tout de même. Ils n’avaient pas reparlé de ce qu’il s’était passé dans la forêt, et Roka sentait que les trois autres le regardaient différemment. Joben et Nambo étaient encore gênés, troublés. Il aurait voulu leur expliquer, les rassurer, mais il n’était pas sûr de comprendre lui-même. Et cela le bouleversait sans doute autant qu’eux. Le soir du spetième jours, ils arrivèrent en vue de la grande porte menant à la Soul Society.
Installée sur un promontoire rocheux qui dominait une vallée verdoyante, la grande porte magique se dressait entre les lits de deux rivières sinueuses.
-Voilà, dit Taro avec un grand sourire. Nous serons bientôt chez les Shinigamis et nous retrouverons sans doute la Grande Prêtresse de Léthé.
Taro avait le regard brillant, le visage lumineux. C’était l’aboutissement d’un voyage si important.
-Dépêchons-nous ! les invita Taro.
Les quatre Shinas s’approchèrent de la porte. Instantanément, la porte s’illumina et les quatre Shinas passèrent le pas.
La nuit tombait, déjà. Les bougies et les torches s’allumaient à travers toute la Soul Society, halos de lumière jaune qui grandissaient un à un derrière les nombreuses fenêtres. Les jeunes gens traversèrent prudemment les ruelles, mais d’un pas vif toutefois. Ils s’attendaient à tout moment à devoir fuir à nouveau. Leurs ennemis n’avaient peut-être pas osé pousser leur recherche jusqu’à la Soul Society, mais mieux valait rester sur ses gardes.
Ils arrivèrent devant la grande porte au bout de la ruelle. Ils passèrent discrètement de l’autre côté des remparts, en essayant, les yeux baissés, de ne pas attirer l’attention des gardes Shinigamis qui surveillaient cette entrée.
Ils savaient exactement où se rendre. A mesure qu’ils avançaient vers le centre, Nambo était de plus en plus persuadé qu’ils allaient se faire repousser à la porte de la première division, mais il n’osait pas arrêter Roka, qui semblait si sûr de lui.
Roka se demanda s’ils allaient enfin retrouver la Grande Prêtresse d’Erèbe et certains maîtres qui l’avaient protégée.
Il faisait nuit noire quand ils arrivèrent devant la porte d’entrée principale.
-Que voulez-vous ? leur demanda l’un des quatre gardes en les regardant d’un air surpris.
Taro tourna les yeux vers son prince. Il n’osait pas répondre lui-même. Tout cela lui semblait tellement saugrenu. Comment pouvaient-ils espérer entrer ainsi à la Soul Society ?
-Nous souhaiterions obtenir une entrevue avec le capitaine Commandant Yamamoto, répondit le Shinas aux yeux émeraude, sans complexe.
Le garde éclata de rire.
-C’est une plaisanterie ? demanda-t-il en lançant des regards amusés aux autres gardes.
-Pas du tout, répondit Roka. Nous souhaiterions le voir ce soir même.
Le garde s’arrêta aussitôt de rire.
-Ecoute, gamin. Bravo, c’était très drôle, je suis sûr que tes amis ont bien ri eux aussi, mais maintenant je te serais obligé de bien vouloir quitter le parvis.
Taro poussa un soupir. Il lança un regard désolé à Roka. Comment avait-il pu croire un seul instant qu’ils pourraient entrer dans la première division ? Il s’apprêtait à faire demi-tour et à aller chercher un endroit où passer la nuit quand Roka reprit la parole.
-Monsieur le garde, je vous prie d’aller trouver le capitaine Commandant Yamamoto et de lui dire que Roka Chosokabe prince héritier des Shinas demande à le voir immédiatement.
Les quatre jeunes gens furent rapidement conduits jusqu’au bureau du capitaine Commandant Yamamoto.
Nambo et Joben se lancèrent tout au long du trajet des regards incrédules. Ils ne s’étaient pas imaginé, ni l’un ni l’autre, qu’ils marcheraient dans le monde des Shinigamis, et ils se sentaient gênés.
Ils arrivèrent enfin dans le bureau, au décor simple, où on leur demanda d’attendre.
Les quatre jeunes gens se regardèrent, mal à l’aise.
-Roka ! C’est bien toi ?
Taro sursauta. Il se retourna et fut saisi de voir la Grande Prêtresse d’Erèbe en compagnie du capitaine Commandant Yamamoto et des maîtres Wakizake Akio du premier régiment et Watanabe Mando du deuxième régiment.
-Grand-mère ! lança Roka en s’inclinant, imité par ses camarades.
-Comme je suis soulagé de te voir sain et sauf ! s’exclama la Grande Prêtresse. J’avais envoyé plusieurs Shinas à ta recherche, sans succès.
-C’est une longue histoire.
-Allons, nous en reparlerons un peu plus tard ! répliqua la souveraine des Shinas. Mais avant tout, je vois sur vos visages que vous devez avoir très faim, et, si je puis me permettre, vous avez tous les quatre besoin d’un bon bain et de vêtements neufs ! Laissez le guérisseur Jinzô vous examinez et Zenzo vous donnez à chacun une chambre, prenez soin de vous et nous nous retrouverons tout à l’heure dans la petite salle à manger. Nous n’avons pas encore soupé, et vous pourrez m’expliquer tout cela autour d’un bon repas.
Les quatre jeunes gens s’inclinèrent, reconnaissants et confus, puis ils suivirent Zenzo en saluant au passage les Shinigamis qui entouraient le capitaine Commandant Yamamoto.
A la tombée du soir, alors que les Shinigamis renégats avaient établi leur campement pour la nuit à la lisière de la forêt, Hamano Eiji, bras droit de Koike demanda à son maître s’il pouvait le recevoir.
Gaku Koike se doutait des motifs de l’entrevue que demandait son subalterne, et il n’était pas enchainté à l’idée de devoir lui parler. Il était assez préoccupé comme ça, et avait besoin d’être seul, pour réfléchir. Il n’avait aucune envie de répondre aux inquiétudes évidentes de ses hommes. Mais il le fallait. La cohésion des siens en dépendait sûrement.
Il poussa un long soupir et fit chercher Hamano.
-Maître Koike, dit l’homme en entrant dans la tente, je vous remercie de m’accorder cet entretien.
Gaku Koike connaissait Hamano depuis des années. Ils n’avaient jamais eu le moindre conflit, le moindre désaccord, et avaient appris à se respecter l’un l’autre. Mais cette mission prenait une tournure étrange.
-Que voulez-vous, Hamano ? le pressa Koike qui voulait en finir au plus vite.
-Je pense, maître, que vous avez deviné la raison de ma présence ici...
«Est-ce de l’arrogance que j’entends dans sa voix ? C’est plus grave que je ne le pensais. Il ne m’a jamais parlé comme ça ! Je dois le remettre à sa place, et lui rappeler que, malgré le respect que j’ai pour lui, je suis tout de même le maître.»
-J’ai en effet une petite idée, Hamano, mais j’espérais me tromper, car je n’ai pas besoin d’être dérangé en ce moment, voyez-vous.
-Les hommes se demandent ce qui s’est passé dans la forêt.
«Il parle au nom des hommes, mais je sais que c’est lui, surtout, qui est inquiet. Comme moi. Pourquoi ne me parle-t-il pas franchement ? Aurait-il perdu sa confiance en moi ?»
-Ce qui s’est passé dans la forêt ? Nous avons perdu la trace des quatre jeunes gens, voilà ce qui s’est passé.
-Comment est-ce possible, maître ? Nous suivions leur piste depuis le matin, nous ne cessions de nous rapprocher d’eux, nous étions sur le point de les rattraper, et soudain, ils ont disparu. Comme par...miracle.
-C’est donc cela ? Vous vous demandez si nous avons assisté à un miracle, mon cher ? s’exclama Koike d’un ton moqueur, mais au fond de lui, il devait avouer qu’il s’était posé la même question.
Car oui, c’était vrai. Comment avaient-ils pu disparaître ? Fuir, soudain, aussi vite ?
-Maître, ne vous demandez-vous pas la même chose ?
«Il lit dans mes pensées. Il me connaît bien. Mais je peux encore le surprendre. Le tromper.»
-Non, Hamano. Bando nous a demandé de retrouver le prince des Shinas.
-Que voulez-vous dire ?
-C’est peut-être tout simplement que ces jeunes gens ont réussi à se cacher en masquant leurs traces et que nous les avons perdus...
-Sauf votre respect, maître, vous savez bien que c’est impossible.
«Cette fois-ci il va trop loin. Ce n’est pas à moi de me justifier devant lui.»
-Cela fait deux fois, ce soir, que vous mettez ma parole en doute ! s’emporta Koike en se levant. Que se passe-t-il, Hamano ? Auriez-vous perdu la confiance que vous m’accordiez jadis ?
Hamano ne répondit pas. Koike fronça les sourcils.
«Il reste silencieux, s’étonna-t-il. Serait-ce donc vraiment qu’il ne croit plus en mon jugement ?»
-Hamano ! Je vous ai posé une question !
-Vous dites que Bando Arata est derrière nous, maître, mais...
-Mais quoi ?
Le Shinigami se mordit les lèvres.
-Parlez ! s’écria le maître Koike, fou de rage.
-Vous dites que Bando Arata est derrière nous, mais je ne suis pas certain que ce que nous avons fait à Oryonne était conforme à notre ligne...
Gaku Koike resta bouche bée. En plusieurs années de collaboration, c’était la première fois qu’Hamano lui faisait un reproche, indirect, certes, mais un reproche tout de même. Il resta silencieux un moment, les yeux grands ouverts. Ce que venait de dire Hamano était grave, et il ne s’était pas attendu à un tel affront.
-Hamano, seriez-vous en train de m’accuser, moi, de quelque chose ?
-Maître, nous avons tué une femme de Shinas pour la faire parler. Une femme non armée. Pourquoi ? répliqua le maître Koike.
-Cette femme, en refusant de répondre et en protégeant le jeune prince Shinas que nous cherchons, s’est déclarée notre ennemi.
-Mais...
-Cela suffit ! s’écria Gaku Koike hors de lui.
Hamano hocha lentement la tête.
-Faites preuve d’un peu plus d’obéissance, Hamano ! Maintenant sortez d’ici, et estimez vous heureux que je ne vous sanctionne pas ! Nous allons retrouver ce prince Shinas, coûte que coûte, et je ne veux plus entendre la moindre remarque ni le moindre doute, de votre part ou de la part de n’importe lequel des hommes qui sont devant cette tente. Le premier qui faillira, Hamano, sera exécuté sur place, et par ma propre main ! Sortez !
-Grand-mère, je ne sais pas par où commencer !
Ils étaient tous les six, le prince Roka, Taro, les deux maître du premier et deuxième régiment d’Erèbe, le capitaine Commandant Yamamoto et la Grande Prêtresse Eria, dans la petite salle à manger de la première division.
Taro se demandait encore s’il ne rêvait pas. Un Shinigami leur avait donné à chacun une chambre, ils avaient pu prendre un bain et ils étaient maintenant vêtus d’habits propres. Les yeux rivés sur le festin devant lui, il se demandait s’il était à sa place...
-Notre dispute a eu au moins un côté positif. Tu es sortie de la ville d’Erèbe à temps !
-Grand-mère, je me suis enfuie d’Erèbe. Je n’ai pas pu aider les Shinas autour de moi.
-Aider ? Roka ne pouvait absolument rien faire.
-J’aurai dû...
La Grande Prêtresse ne put s’empêcher une pointe de tristesse dans le regard.
-Roka, le chef du Conseil, Bando nous a trahi... Ainsi que d’autres membres...
Le prince d’Erèbe écarquilla les yeux.
-Quoi ? Pourquoi ? Qu’est-ce que...
Roka ne trouvait pas ses mots. L’annonce était un véritable choc.
-J’ai trouvé refuge en urgence chez les Shinigamis, où j’essaye de tenir un nouvel assaut avec les Shinas fidèles restés dans notre monde et ceux qui m’ont accompagnés. Le capitaine Commandant Yamamoto et les Shinigamis se joindra à nous pour cette offensive.
Les paroles du scribe Otomo revenait en mémoire à Roka. Taro regarda son prince du coin de l’oeil. Il voyait bien qu’il n’écoutait qu’à moitié les propos de la Grande Prêtresse. Ces pensées se tournaient vers les Shinas restés à Erèbe et au massacre de ceux-ci.
-Roka, tu m’écoutes ?
Il hésita. Les cinq autres le regardaient.
-Je ne pense pas que je sois vraiment à ma place ici, dit-il finalement.
Et il était sincère. Il n’arrêtait pas de revoir les cadavres de ses Shinas au sol, la tête décapitée de Dazai Kyan membre du Conseil et le corps ensanglanté du scribe Otomo. De plus, des images de son passé lui revenait en mémoire et c’était parce qu’il se trouvait dans le monde des Shinigamis. Il était incroyablement mal à l’aise. Certes, le capitaine Commandant Yamamoto était d’une bienveillance qui lui faisait honneur et à laquelle Roka ne s’était pas attendu, mais cela ne changeait rien. Il était embarrassé devant cette table.
-Excusez-moi, dit-il en se levant, je dois vous sembler extrêmement impoli, et vous, Commandant Yamamoto, vous ne devez pas comprendre... Je vous suis fort reconnaissant pour votre accueil, mais je ne peux pas rester ici. Je suis désolé...
Taro le regardait, ébahie. Roka semblait ému, mais il était sincère. Il ne voulait pas mentir. Et il se sentait réellement mal.
-Je comprends, prince Roka, répondit finalement le Commandant Yamamoto. Vous devez suivre votre chemin. Suivez votre instinct.
Roka hocha la tête. Ses yeux se tournèrent vers la Grande Prêtresse Eria. Elle n’avait pas bronché. Sans doute ressentait-elle le mal-être de son petit-fils. Les deux maîtres des régiments restèrent également silencieux.
Roka les salua, adressa un regard confus à sa grand-mère et se retira sans rien ajouter.
Roka ne cessait de se retourner dans son lit. Sur le ventre, sur le dos, sur le côté. Rien à faire ! Il ne parvenait pas à trouver le sommeil sur ce matelas. Il faisait chaud, beaucoup trop chaud, et il entendait trop de voix dans sa tête, pensait à trop de choses. Trop de questions. Il se redressa brusquement en grognant, puis regarda la grande pièce dans laquelle le Shinigami l’avant installé.
Il se leva d’un bond, enfila ses vêtements et ses chaussures, et sortit de la chambre. Il essaya de se souvenir du trajet qu’il avait suivi pour arriver là. Après deux tentatives, il finit par retrouver le grand escalier qui descendait vers les jardins. Il dévala rapidement les grandes marches de pierre blanche et se précipita dehors.
L’air était beaucoup plus frais hors du palais, la lune plongeait le parc dans une belle ambiance bleutée. Roka inspira profondément. Les voix s’étaient tues dans sa tête. Il avait l’impression d’être sorti d’une grande antichambre bruyante, bien qu’il n’y eût pas un seul bruit. Il se sentait libre.
Il se mit à marcher, lentement, dans les petites allées, entre les plates-bandes et les bosquets qui décoraient les jardins de la première division. La Soul Society était silencieuse, à présent. Les Shinigamis devaient avoir enfin décidé qu’il était temps de dormir. Ici, dans l’enceinte de la première division, on entendait seulement quelques bruits qui venaient des gardes.
Roka traversa le parc et alla s’allonger auprès d’un arbre, sur une petite butte d’herbe verte. Il s’installa confortablement sur le sol, laissant tomber ses bras sur l’herbe fraîche. Et il regarda les étoiles.
Le ciel était magnifique. C’était le même que celui qu’il voyait à Erèbe, se dit-il. Noir océan d’étoiles, coupole bienveillante.
-Roka !
Le jeune homme sursauta. Mais il avait reconnu la voix de sa grand-mère. Il se redressa et aperçut la vieille femme, à quelques pas.
-Qu’est-ce que tu fais là ? chuchota-t-il, interdit.
Elle sourit.
-Eh bien, tu ne manques pas de culot ! C’est plutôt à moi de te poser cette question. Je t’ai entendu descendre les escaliers, et je t’ai suivi, voilà tout ! Mais toi, qu’est-ce que tu viens faire dans les jardins ?
-Tu m’as suivi ?
-Oui, reconnut la souveraine de Léthé en haussant les épaules. Je n’arrivais pas à dormir, j’ai entendu des pas dans le couloir, et je me suis douté que c’était toi...
-Je vois. Moi non plus je n’arrivais pas à dormir.
-Oui, mais moi, c’était à cause de toi !
Roka haussa les sourcils.
-De moi ?
-Oui ! Qu’est-ce qu’il t’arrive, Roka ?
-Je suis désolé, grand-mère. Je... Je ne sais pas comment t’expliquer.
-Essaie ! Parce que je n’arriverai pas à dormir tant que tu ne l’auras pas fait ! J’ai tout de même droit à une explication !
Elle le dévisagea longuement, d’un air sévère, mais il resta silencieux. Elle poussa un soupir et vint s’asseoir à côté de lui. Ils restèrent ainsi sans parler, puis Roka se décida, sans vraiment savoir ce qu’il allait pouvoir dire. C’était tellement flou dans sa tête.
-Les mots d’Otomo résonne dans ma tête. J’ai quelque chose à accomplir. Je ne sais pas quoi. Mais j’ai quelque chose à faire. Et je ne peux pas le faire ici.
-Je ne comprends rien à ce que tu me dis, Roka.
-Oui, je sais, c’est bizarre. Mais le Commandant Yamamoto semble comprendre...
-Peut-être. Explique-moi plus clairement, parce que ça me rend folle !
-Je parle avec King of the Underworld et il prend régulièrement le contrôle de mon corps. Et puis, il y a eu l’apparition de ses dragons... Comme je l’ai expliqué durant le repas.
-Oui. Et ça aussi, j’aimerais que tu m’expliques !
-Comment t’expliquer ce que je ne comprends pas moi-même ? Tout ce que je peux te dire, c’est qu’une voix au fond de moi me dit que je ne dois pas rester ici. Cette voix ou cet instinct, je ne sais pas, me hante, me pousse à faire des choses que je ne maîtrise pas vraiment. Comme cette histoire dans la forêt ou King of the Underworld a pris possession de mon corps.
-Ce...Ce n’est pas possible, dit la Grande Prêtresse Eria.
Mais elle savait au fond d’elle qu’il ne mentais pas. Mais cela dépassait l’entendement.
-Tous ces gens qui me recherchent, grand-mère, il y a sûrement une raison. Bando Arata, les démons, les Yokai. Encore d’autres ennemis ! Pourquoi me pourchassent-ils ? Je veux comprendre. Or, je ne comprendrai pas ici.
-Tu n’en sais rien ! protesta la souveraine d’Erèbe. Les Shinigamis peuvent avoir des réponses...
-Non, grand-mère. Je ne crois pas. Et de toute façon, je ne suis pas à l’aise ici. Je sais que cela te fait de la peine, mais je ne me sens pas bien dans ce monde.
-Mais pourquoi ? Le commandant Yamamoto nous offre son hospitalité !
La Grande Prêtresse Eria le dévisageait. Comme si elle comprenait peu à peu ce qu’il voulait dire. Ils restèrent sans bouger et sans parler pendant un long moment, l’un à côté de l’autre, sous la pâle lumière d’une nuit.
-Je vais dormir ici, déclara finalement Roka.