Ceux qui brûlent dans la lumière

Chapitre 42 : Régence

2765 mots, Catégorie: M

Dernière mise à jour 08/09/2021 20:56

Régence


Ça fait deux semaines qu’Anduin est partie à la tête de son armée pour repousser les incursions de la Horde sur nos territoires du Royaume de l’est. Des petites troupes disséminées aux quatre vents s’approchent dangereusement de Hurlevent. J’aurai tellement souhaité être auprès de lui pour l’épauler mais mon fiancé m’a nommé régente en son absence et, étant la future reine de Hurlevent, il est de mon devoir de mener à bien cette tâche.

La paperasse s’accumule, recouvrant quasiment mon espace de travail. Toujours plus de documents à signer, de lettres à rédiger, les audiences avec les villageois, les réunions avec le conseil et ces séances de thé interminable avec les dames du château. J’enfouis mon visage dans mes mains. Je suis si fatiguée que j’en somnole presque. Ces derniers temps, je me sens de plus en plus mal, j’ai d’atroces migraines, des vomissements et parfois j’ai de violent vertiges. Ça doit surement être le manque de sommeil, il est vrai que je n’ai guère prit soin de moi depuis le départ de mon bien-aimé. Mon attention se porte sur la fenêtre dernière moi, le temps est doux aujourd’hui et le soleil illumine le ciel. Ça me rappelle l’éclat brillant de sa chevelure d’or sous la lumière du jour. Ses rayons sur ma peau sont similaires à la chaleur de son étreinte. C’est son bureau et pourtant je m’y trouve, assise sur son siège, mes bras s’appuyant sur la table qu’il touchait il n’y a pas si longtemps. Nous sommes séparés, mais ici j’ai l’impression de l’avoir à mes côtés et cette pensée m’aide beaucoup à supporter ce fardeau et mon mal être physique.

“ Anduin m’a fait demander dans son bureau, je sors alors de mes quartiers pour m’y rendre. Une fois devant la porte de son aile privée, les gardes à l’entrée me laissent passer. Je marche dans le long couloir jusqu’à ce que j’arrive à son bureau. La porte est entre-ouverte, je m'y faufile alors avec aisance. Mon fiancé est seul, il est debout, les mains appuyées sur son bureau, la tête baissée, ses cheveux blonds lui tombent dans les yeux. Je me glisse alors jusqu’à lui contourne la table et l’enlace avec affection.

•        Ma lumière, te voilà…

•        Qui y a-t-il mon amour ? Pourquoi voulais-tu me voir avec tant d'empressement ?

Mon bien-aimé se libère doucement de mon emprise, il caresse doucement ma joue, ses yeux sont emplis de chagrin.

•        Anduin, qu’est-ce qui se passe ? Demandé-je alors, inquiète.

•        Mathias Shaw m’a informé que ses éclaireurs ont repéré une importante activité de la Horde à Sombre-Comté mais également dans les Carmines et j’ai bien peur qu'on ait le droit à des raids sur des villages. Je ne peux pas laissez ceci se produire, je ne faillirai pas encore une fois ! S’emporte Anduin.

•        Ça n’arrivera pas ! Allons repousser les hommes de Sylvanas hors de nos frontières. Répondé-je avec conviction.

Anduin encadre mon visage de ses mains que je recouvre des miennes, puis, il dépose un baiser sur mon front.

•        Je pars demain à l’aube mais tu ne viens pas avec moi, Lynawen. Dit Anduin avec beaucoup de sérieux.

•        Quoi ? Je viens avec toi, où est passé le “ensemble, nous sommes indivisibles“ ? M’emporté-je subitement.

•        J’ai d’autres projets pour toi, et il en va de ton devoir, ma douce. Tu vas devenir mon épouse, souveraine d’Hurlevent. En mon absence, la cité est entre tes mains.

J’écarquille les yeux de surprise un instant avant de me ressaisir, je désire tellement l’accompagner mais il a raison, je dois prendre mes responsabilités en main même si ça va à l’encontre de ce que je veux.

•        D’accord… Balbutiai-je.

•        Vraiment ? Tu acceptes si facilement, Je suis étonné ! Je pensais réellement que tu allais rouspéter. Taquine Anduin.

Je fais la moue avant de le pousser pour m’isoler dans un coin de la pièce en fixant le vide, le cœur empli de crainte... Peur de perdre l’homme que j’aime pendant une des futures escarmouches de la Horde et de pas être là pour le protéger mais également de pas être à la hauteur comme dirigeante. Je suis la fille d’un roi, la politique de la cour, les nobles et leurs intrigues, ça, je ne connais que trop bien. Gérer une cité, des habitants, toute ses vies entrent mes mains, c’est autre chose. Père ne m'a pas appris à le faire lorsque j’étais encore la princesse de Ludroth. On m’a enseigné à être une bonne épouse, même si c’est un mariage d’amour, Anduin vois en moi bien plus que ça, il veut qu’on règne ensemble côte à côte, je ne veux pas le décevoir…

Je suis soudainement sortie de mes pensées par le rayonnement de la lumière divine qui brille dans la paume de ma main et c’est là que je réalise que Anduin me la tiens. La lumière relit nos deux âmes, nous ne faisons plus qu’un. Je ferme les yeux un instant profitant de cette exquise sensation puis les ouvres plongeant mon regard argenté dans l’océan saphir que sont ses prunelles

•        Comment pourrai-tu me décevoir ? Même si tu fais des erreurs pendant mon absence, je te n’en tiendrai rigueur, parce que je sais que tu auras agis en pensant que c’était juste ! N’est-ce pas ton père qui t’a dit un jour “ Qu’un bon roi n’est pas infaillible, se sont ses actions et ses erreurs qui le forgent “ ?

•        Parfois, Je déteste quand la lumière te fait ressentir mes émotions mais j’aime également qu’elle le fasse. Notre lien si spécial me fais me sentir unique à tes yeux, merci… Dis-je rassurée.

•        Je le chéri également plus que tout au monde, ma lumière. Rétorque Anduin avec amour.

•        Nous sommes un peu comme Ellemayne et Shalla’tor, ensemble nous ne faisons qu’un.

Un Anduin se met subitement à rire à gorge déployé que sur le coup je me sens un peu vexé par sa réaction.

•        Tu te moques de moi, là ? Dis-je contrariée.

•        Non, non, pas du tout, Lynawen. Répond-t-il en riant de plus bel.

•        Si, complètement…

•        Non, par la lumière, non, je trouve ta comparaison tellement adorable. Oui nous sommes comme les deux lames qui compose Shalamayne unis. Dit-il en souriant mielleusement.

•        Tu essayes de te rattraper ? Rétorqué-je croisant les bras sur ma poitrine.

•        Peut-être un peu. Dit-il, taquin.

Il m’attrape subitement dans ses bras et me couvre de baiser, j’essaie de m’extraire de son étreinte mais finalement je me laisse embarquer dans le tumulte de son affection grandissante.

•         À mon retour, nous parlerons de notre cérémonie de mariage. J’ai hâte de jurer devant la lumière de rester ton époux à tout jamais et que nous promettons être toujours là l’un pour l’autre, quoi qu’il advienne et jusqu’à ce que la mort nous emporte.

•        Reviens en vie… Dis-je en appuyant ma tête contre son torse.

•        Je t’ai fait une promesse, non ? je ne laisserai jamais plus rien nous séparer.

Sur ses dernières paroles je m’empare de ses lèvres sans crier gare lui offrant un baiser des plus langoureux. “

•        Madame ! Intervient une voix me secouant fortement. Vous allez bien !?

J’ouvre les yeux difficilement, haletante. Mon cœur bas à toute à l’allure sans aucune raison et mon corps tremble. Mon attention se porte sur le visage inquiet du majordome d’Anduin, je me redresse avec peine et m’appuie sur le dossier de la chaise lui gratifiant un geste de la tête pour lui faire comprendre que tout va bien, je vois bien à la mine qui tire qu’il n’est pas dupe.

•        Madame, votre état est terrifiant… Dit-il inquiet. Je vais de ce pas annuler votre collation avec les dames de la cour.

•        Non ! Je vais bien, vraiment, je peux supporter les commérages de ces dames. Insisté-je en essayant de cacher tant bien que mal ma douleur.

Je me lève brusquement, j’ai l’impression d’avoir tout un orchestre qui s'en donne à cœur joie dans mon crâne. Alors que je passe devant le majordome, je sens mes jambes se défiler sous mon poids mais je me rattrape de justesse contre une étagère. Bon sang, supporte, Lynawen. Je prends une grande respiration passe ma main dans mes cheveux. En la regardant, je m’aperçois que certaines mèches sont restées coincées entre mes doigts. J’avale difficilement ma salive et continue ma route en faisant mine de rien. Je descends les escaliers jusqu’à la salle du trône. C'est un vrai calvaire, chacun de mes pas sont vacillants. Une fois en bas, je me rends dans un petit salon non loin du jardin intérieur, je n’ai pas encore franchi la porte que j’entends déjà les commérages de ses vipères. J’avale ma salive, masse mes tempes pour essayer de calmer mon mal de tête et, d’une main légèrement tremblotante, je pousse la porte et rentre à l’intérieur. Les femmes assissent sur des sofas autour d’une jolie table recouverte de dentelle blanche et d’un service à thé en porcelaine joliment décoré me fixent toutes avec un sourire moqueur. Une d'entre elle, celle qui semble avoir mon âge et dont le visage ne m’est pas familier, essaye en vain de retenir son rire. Je n’y prête guère attention, m’avance et m’installe sur le fauteuil qui m’ai réservé.

•        Votre grâce, vous êtes radieuse ! Dit-elle en s’illuminant d’un faux sourire.

•        Madame, laissez-moi vous présentez ma fille, Polly. Enchaîne une autre de mes convives. Vous l’avez surement déjà croisé au bal d’anniversaire du roi. Elle le même âge que vous et son Altesse.

Un domestique me sert mon thé dans une tasse que je m’empresse de saisir et de boire une gorgée pour désaltéré ma gorge si sèche, une fois le liquide dans ma bouche, j’ai soudainement envie de dégobiller. Je n’arrive pas à l’avaler et je me fais violence pour réussir à le déglutir sous les regards attentifs de toutes les personnes réunis dans cette pièce.

•        Lynawen, c’est votre prénom, non ? M’interpelle Polly avec mépris. Vous portez les couleurs royales de l’Alliance, vous vous enfermez dans les quartiers privés de son Altesse. Vous vous prenez pour la reine alors que vous êtes n’êtes pas encore mariés. Vous sortez de nulle part, vous prétendez venir d’ailleurs sans preuve, vous êtes une menteuse et vous avez manipulez le roi. Anduin n’est qu’une victime dans cette histoire, il est si gentil et doux. Vous ne le méritez pas ! Je le connais depuis l’enfance…

•        Assez ! Crié-je en me levant brusquement, lâchant ma tâche qui se brise au sol. Comment osez-vous !? Vous ne savez rien ! Vous n’êtes qu’une…

Je n’arrive point à finir ma phrase, je suis prise à nouveau de violent vertige et ma tête tambourine au point que ça en devient insupportable. Mon cœur s’emballe dans ma poitrine, la sueur perle sur mon front et respirer devient difficile. Je me précipite en trombe hors de la pièce, une fois à l’extérieur ne pouvant le contenir plus longtemps je vomie mes tripes sur le sol. Tout mon corps est prit de spasmes soudain. J’ai besoin de m’allonger. Avec le peu d’énergie qu’il me reste, je m’aide des parois pour avancer dans les couloirs. Je passe alors devant un miroir, je ne sais guère pourquoi je suis comme happé par mon apparence. Un manteau court bleu et or, une chemine blanche brodé du lion de l’Alliance, un pantalon bleu et des cuissarde marron à talon. Les cheveux tressés avec des fils aux éternels couleur de ma faction et ma précieuse broche. C’est Grisetête qui m’a conseillé de m’imposer entant que reine avant l’heure, pour lui, je devais asseoir mon pouvoir, pour que personne ne remette mon futur règne en question.

Dans la glace à côté de moi se reflète Yaedrel, ses iris bleues luisante brillant de larmes me contemplent avec beaucoup de chagrin.

•        Mon bon Yaedrel. Murmuré-je. Je sais ce que tu es venu me dire. Je me surmène trop, être dans cette état ne sera d’aucune aide ni à moi ni à Hurlevent…

•        Lynawen. Souffle-t-il. Vous ne devez pas mourir…

Sur ses paroles Yaedrel disparu du miroir, me laissant contempler la triste réalité de mon apparence, une tâche encre noir recouvrant ma joue gauche, donnant une touche ténébreuse à ma peau anormalement blafarde. J’ai d'effrayantes et énormes cernes noires sous mes yeux qui paraissent totalement livide comme si la vie les quittait peu à peu. Mon visage est creusé dû à mon amaigrissement anormal et, sur le coin de ma bouche décoloré de teinte de rouge reste des résidus de vomi que j’essuie du revers de ma manche. Les paroles de mon protecteur résonnent à mes oreilles encore et encore… Suis-je réellement en train de mourir ? m’a-t-on empoissonné ? Non je ne veux pas mourir…

Je réunie mes dernières forces et je traîne mon corps affaibli, meurtri dans la salle du trône. Je me sentais de plus en plus mal à chaque pas, ma vision se troublant handicapant mon déplacement amenuisant mon espoir de survie. Au loin des silhouettes familières, je n’arrive pas vraiment à les distinguer.

•        À l’aide ! Hurlé-je. Grisetête, Lydran, Nawe n’importe qui…

Je m’écoule sur le sol, j’entends des pas précipités, je crois qu'on prononce mon nom mais je ne suis pas sûr. Les voix se disputent, se hurlent dessus mais tout se mélange dans ma tête avant de devenir le néant. 



/J'espère que ce chapitre vous aura plus et merci beaucoup de continuer à me lire malgré la longueur de mon histoire. :) /

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