Ceux qui brûlent dans la lumière

Chapitre 25 : Acte I - Bataille de Lordaeron : Départ

4939 mots, Catégorie: M

Dernière mise à jour 14/09/2020 21:20

Acte I - Bataille de Lordaeron : Départ


Je n’ai point fermé l’œil de la nuit, appuyée sur la rambarde de mon balcon, regardant le ciel étoilé de la voûte céleste d’Azeroth, guettant l’aube. Les deux Lunes scintillent chacune d’un éclat différent ce qui rends l’atmosphère énigmatique. Vêtu de mon armure de cuir clouté décorée du lion de l’Alliance sur le plastron et de légère épaulières, ma main gauche est vêtue d’un gantelet à griffe alors que l’autre, celle que j’utilise pour bander mon arc, est vêtu d’un bracelet d’archerie élégant rembourré et brodé d’une branche d’arbre ébène aux feuillage améthyste. Anduin ne lésine pas sur les détails… Pour finir, par-dessus mes bottes, des jambières du même matériau que le reste de l’ensemble. J’ai attaché ma longue chevelure de jais grossièrement à l’arrière de mon crâne. De nombreuses mèches rebelles se baladent sur mon front et devant mes oreilles. Je me coifferai mieux que ça pour éviter la gêne quand nous seront arrivés à destination. Je ne porte pas ma précieuse broche, préférant la laisser dans mes quartiers, trop soucieuse à la perdre là-bas. Au moins, je suis sûr de la retrouver si je reviens en vie. Je joue avec ma chevelure, je grelote à cause de la brise de l'air frais nocturne, ou bien serait-ce la peur ? Je sursaute quand deux coups secs retentissent sur le bois de ma porte, j’avale ma salive et fouille nerveusement dans ma poche pour être sûr d’avoir ma pierre de foyer comme Anduin me l’avait demandé. D’un pas hésitant, je m’approche de l’entrée et l’entrouvre. Dans l’encadrement, la peau bleutée de Yaedrel se reflète à la lumière des torches magique du couloir.

•        C’est l’heure, Lynawen. Dit-il sur un ton sec.

Je lâche la poignée et me retourne direction mon lit pour attraper mon arc, mon carquois et un petit sac de tissus contenant diverses affaires, les mains tremblantes. Lorsque que je reviens auprès de Yaedrel, celui-ci me tends un petit fourreau de cuir où loge une dague aiguisée. Je confie mon arme à Yaedrel le temps que je le fixe à ma ceinture à l’aide des lanières. Chose faite, il me rend mon arc et, ensemble, nous marchons dans un silence solennel jusqu’au port. Anduin est déjà sur les quais avec une partie de son armée qui sont déjà en train d'embarquer dans les navires qui composent la 1ére flotte. Les rues de Hurlevent sont vides de toute animation, seul règne un silence de mort. Cette ambiance ne fait qu’augmenter la peur qui enserre mon cœur. Nous allons remonter le continent du Royaume de l’Est par l’ouest en restant au large pour éviter être vue par l’ennemi ou de subir des tirs de canon provenant des avant-poste qui parsèment le territoire de la Horde, je crois que Yaedrel a dit que nous en avions pour au moins deux jours de navigation.

Quand nous arrivons sur les quais, j’aperçois Anduin engoncé dans son armure de plaque et épaulé par son conseiller le plus proche, Grisetête. Le jeune Roi est bien trop occupé à donner des directives pour ne serait-ce faire attention à nous. Mon protecteur et moi montons à bord du cuirassé le plus imposant qu'il m’a été donné de voir. Alors que Yaedrel me débarrasse de mes affaires pour les conduire dans ma cabine, je me penche sur le rebord du navire pour contempler mon amant qui vient de gravir une estrade, toujours accompagné du vieux loup. Les soldats sont agglutinés à ses pieds et je remarque également que les hommes et les femmes qui composent son armée ayant déjà embarquer sur les navires font de même. Je ne tarde pas à avoir des voisins qui me collent un peu trop. La voix déterminée d’Anduin retentie, portant sur tout le port.

•        Soldat de l’Alliance, l’heure est venue de reprendre ce qui nous revient de droit ! Ensemble, nous reprendrons Lordearon ! La Horde et leur chef de guerre doivent répondre de leurs crimes ! S’exclame Anduin.

Après ce court discours, tous les soldats sont galvanisés, certain crient à plein poumon, me chahutant dans les oreilles. Je n’avais que rarement vue Anduin agir en tant que Roi et je suis prise d’admiration. Je recule, laissant ma place à un autre, avant de retrouver le calme de ma cabine. Je m’allonge sur ma couchette, attrape un livre que j’avais pris spécialement pour m’occuper pendant la traversée et dans le vain espoir de me faire oublier notre destination finale. Mon bouclier est assis en tailleur, lustrant le cristal violet de sa massue à l’aide d’un chiffon. Son éclat hypnotisant me remémore le feuillage épais des arbres de la forêt de Parme. Ils empêchaient la lumière du jour de passer à travers, assombrissant les lieux et rendant les troncs noirs encore plus ténébreux. Pourtant, dans cet amas de branchage retentis les éclats de rire lointains d’une jeune enfant… J’arrache de force mon regard, me refusant à sombrer dans des souvenirs qui ne feraient que me laisser un horrible goût amer de mélancolie. Mes yeux replongent dans les pages de mon livre, accompagnés des secousses du navire qui quitte le port… Maintenant, il y n’a plus aucune échappatoire, je fais voile vers un avenir incertain. 

Notre voyage en haute-mer est relativement calme, chacun est à son poste ou vaque à ses occupations, mais la tension est palpable. Tout le monde est aux aguets, on n’est pas à l’abri d’une mauvaise surprise. J’ai à peine entrevue Anduin, lorsque qu’il sort sur le pont il discutaille avec le capitaine ou bien avec ses hommes si ce n’est pas avec Grisetête. Parfois, je le vois sur le gaillard-avant du navire, le regard perdu vers l’horizon, comme absorber. C’est dans ces moment-là que je le rejoins, restant silencieuse à ses côtés, posant juste ma main sur la sienne… Nous n’avions pas besoin de nous exprimer.

Alors que je prends un bol d’air frais maritime, appréciant les senteurs salées et le bruit des vagues qui s’écrase contre la coque, Grisetête sort en trombe de la cabine du Roi. Le vieux loup à l’air des plus contrarié. Ses prunelles bleu-grise se posent sur moi, me faisant tressaillir. Le vieil homme s’avance dans ma direction d’un pas si résolue que je me fige sur place.

•        Lynawen. M’aborde-t-il avec un ton surprenamment calme.

Aucun son ne sort de ma bouche, je hoche légèrement de la tête en guise de réponse. Grisetête passe doucement sa main dans mon dos me poussant à l’écart de l’agitation.

•        Je n’aime pas l’idée de m’en remettre à vous, mais j’ai besoin de votre aide.

•        Pardon !? Rétorqué-je en ne cachant pas ma surprise.

•        Le Roi refuse de m’écouter, il n'en fait toujours qu'à sa tête. Je comprends parfaitement qui veuille accomplir son devoir et je suis le premier à le pousser dans cette direction, mais il est encore jeune et je préférerais qu’il reste en vie, surtout que vous n’êtes pas encore mariés et que vous ne lui avez donc donner d'héritier.

Encore une fois, je ne cache pas ma stupéfaction, avalant ma salive de travers et toussotant quelque peu, le rouge aux joues. Le vieux loup se serait enfin fais une raison sur notre relation ? Ou veux-t-il simplement que Anduin est un héritier, même si c’est moi qui serai son épouse par défaut. Venant de lui, je suis perplexe.

•        Allons, jeune fille. Ne vous mettez pas dans un état pareil. Soupire-t-il. Je veux juste que vous arrivez à convaincre le Roi de ne pas se battre en première ligne. Il peut mener son armée et accomplir son devoir en retrait. Son défunt père était un dirigeant, un guerrier et un combattant hors pair, le jeune Roi ne lui ressemble guère… ils n’ont jamais partagé la même vision du monde.

•        Vous mettez en doute sa façon de diriger l’Alliance ?

•        Bien sûr que non ! S’offusque Grisetête. Il est jeune et, ma foi, trop candide… Soyez gentille et accordez cette faveur à un vieil homme qui s’inquiète juste pour son Roi.

L’idée de savoir Anduin en retrait de la bataille est attirante, même très aguichante. Je me rongerai moins les sangs de le savoir derrière les lignes mais c’est d’Anduin qu'on parle, ça va être corsé de le faire changer d’avis, son devoir a toujours été sa priorité.

•        Je ne vous promets rien, mais je veux bien essayer. Répondé-je soucieuse.

•        Il sera plus enclin à vous écouter vous que moi, je ne suis pas affublé de vos charmes. Lâche-t-il brusquement.

Le vieux loup me tourne le dos sans ajouter un mot et me laissant par la même occasion l’impossibilité de répondre à sa provocation "subtile". De toute manière, à quoi bon ouvrir des hostilités qui ne feront que nuire davantage au peu d'estime qu’il éprouve à mon égard. Je jette un œil rapide vers le ciel grisâtre et nuageux, il va encore pleuvoir.

Je sens que demain nous allons transporter le matériel de guerre en pataugeant dans la boue, enfin tout dépends du type de terrain que sont les clairières de Tirisfal. Mon attention se pose alors sur la porte de la cabine d’Anduin. Je prends une grande respiration avant de frapper à cette dernière mais aucune voix ne me donne l’autorisation d’entrer. Je frappe alors une deuxième fois, hélas je fais face à un résultat identique. Je prends donc l’initiative de pénétrer à l’intérieur. Tant pis si Anduin me réprimande. Sa cabine semble spacieuse, au fond, plusieurs vitres donnent sur l’océan. Un bureau dans un coin et dans l’autre un grand lit, des meubles, un mannequin affublé son armure. Au centre, une grande table avec une carte étalée, mon amant est penché dessus, l’air préoccupé, marmonnant dans sa barbe et déplaçant des pions comme s’il jouait aux échecs. Brusquement il balaye les pièces de rage, se laissant tomber sur sa chaise, le visage enfouis dans ses mains. Je m’approche lentement, m’agenouillant auprès de lui, je saisis ses mains. Son regard étonné se plonge dans mes iris d’argent.

•        Lynawen, je ne t’ai pas entendue rentrer…

•        J’ai l’espoir que tu me n’en voudras guère de m’être permis d’entrer, j’ai frappé mais tu m’as pas entendue.

•        Non, pardonne-moi. Dit-il en remettant une mèche derrière mon oreille. J’étais concentré à repasser en revue notre stratégie…

•        En jetant les pièces au sol ? En voilà une insolite manière de vous remémorer votre approche. Rétorqué-je sur un ton plus léger pour essayer d’obtenir un sourire.

•        Je vais les ramasser. Soupire sèchement Anduin. 

Anduin se lève, me lâchant la main, avant de parcourir sa cabine à la recherche des pièces qui ont roulé un peu partout. Je ne reste pas immobile à le regarder et l’aide à les remettre à leur place d’origine tout en essayant de trouver les mots pour lui parler de la demande de Grisetête.

•        Anduin, puis-je te demander une faveur ? Demandé-je, peu sur de moi.

•        À quel propos ? Demande-t-il.

•        De la bataille à venir…

•        Si c’est pour te rendre dans la mêlée, on en a déjà discuté et on est parvenue à un accord, je ne reviendrai pas dessus.

•        Non, ce n’est pas ça…. J’aimerai que tu restes derrière les lignes, tu n’es en rien obligé d’aller au front pour accomplir ton devoir de Roi.

Anduin, qui est sur le point de ramasser une pièce, se fige, la main juste au-dessus, un court instant. Mon amant se redresse les poings serrés, mais sans daigner poser son regard sur moi.

•        C’est Grisetête, n’est-ce pas ? C’est lui qui te l’a demandé ? C’est pour ça que tu es venue me voir ? Me questionne le Roi, ne cachant pas sa contrariété. 

•        Oui. Affirmé-je sans ajouté un mot.

Un lourd silence tombe dans la pièce, il ne dure quelque seconde mais j’ai l’impression que ça fais une éternité.

•        Anduin…

•        Pourquoi me demandes-tu ça, Lynawen ? Me coupe-t-il sèchement.

•        C’est une demande de Grisetête et il faut avouer que son conseil est avisé… Dis-je sur une petite voix.

Anduin se tourne vers moi, son visage s’assombrissant, ne cachant guère la colère qui commencer à l’envahir.

•        Je suis le roi, Je décide de ce que je dois faire, pourquoi doit-on toujours me dicter mes choix, mes actions. Je ne suis plus l'enfant que l'Alliance a connu. Je suis Anduin Wrynn, fils de Varian Wyrnn, mes choix m'appartiennent ! Hausse-t-il le ton colérique.

Je me pétrifie sur place. Ce n’est pas la première fois que Anduin me reproche quelque chose, l’accident de Teldrassil me reviens clairement en mémoire, mais il ne s'est au grand jamais emporter avec une telle ferveur à mon encontre… Aucun son ne sort de ma bouche, ses mots résonnent comme les miens ce soir-là dans son bureau…

•        Parmi toute les personnes de mon entourage, je croyais que toi tu comprendrais…

Je me mets à sangloter, n’arrivant pas à contrôler mes larmes, s’échappent telle une cascade en pleine tempête. Je suis tellement stupide, j’étais tellement obnubilé par l’envie de le savoir en sécurité que j’ai amputé ce que lui désirait vraiment. Comme moi, il ne veut plus que l'on décide à sa place… 

•        Je suis désolée... Je voulais juste te protéger comme toi tu le désirais pour moi… Je n’ai pensé qu'à mes propres sentiments. Essayé-je de formuler entre deux sanglots.

La rage s’évanouie des traits gracieux d’Anduin, ses yeux azurés exprimant du remord, mais je tourne les talons vers la porte, saisissant la poignée. Alors que je suis le point de l’ouvrir, sa main la referme immédiatement, verrouillant cette dernière avec le loquet. Anduin glisse ses deux mains autour de ma taille et s’appuie contre mon dos, déposant un tendre baiser dans ma nuque.

•        Ne pleure plus, ma douce… pardonne moi de t’avoir dit toute ses choses alors que je t’ai fait la même exigence. L’amour nous rends idiots… Crois-moi, je ne fais pas ça pour te blesser, je ne veux pas mourir non plus… Si je n’ai pas le choix, je mourrais l’arme à la main.

•        Ne dit pas ça ! M’emporté-je.

Je me libère de son emprise pour lui faire face même si je vois flou à cause des larmes qui obstruent mes yeux.

•        Tu n’as pas intérêt de passer l’arme à gauche ! Je te l’interdis ! M’emporté-je de nouveau en lui martelant le torse de mes poings.

Anduin me serre contre lui, je ferme les yeux. C’est peut-être la dernière fois que je le vois et que je sentirais son contacte, son odeur et ses baisers… Ne plus entendre l’écho de son rire, son sourire, toute les banalités qu'on a vécu comme les épreuves que j’ai traversé à ses côtés et que nous pourrions encore franchir. Imaginer de vivre dans ce monde sans lui m’est insupportable. Je me redresse sans rompre notre contacte physique, plongeant mon regard dans ses beaux yeux d’azur avant de l’embrasser comme je ne l’ai jamais embrassé auparavant, réveillant en moi un désir inconnu mais brûlant qui transcende tout mon être. Lorsque que nos lèvres se séparent, Anduin en redemande, me laissant à peine reprendre mon souffle. Alors que nos bouches partagent une étreinte langoureuse et ses doigts parcourent mon échine. Intensifiant ce brasier qui fait rage en moi, ne pouvant le contenir davantage. Aspirant à découvrir de nouvelle sensation autres que des baisers et des caresses passionnées, mes doigts glissent sur ma propre chemise la déboutonnant partiellement. Je veux sentir Anduin autrement… Le blondinet remarque mon geste spontané et recule d’un pas embarrassé, le visage rougissant.

•        Lynawen, c’est vraiment ce que tu désires ? Balbutie-t-il timidement.

Je me contente de hocher la tête en guise d’approbation et continue de défaire ma chemise que je laisse tomber au sol, dénudant mes seins à la vue d’Anduin qui ose à peine les regarder. Je continue alors de me dévêtir sous ses yeux, dévoilant complètement ma nudité… Anduin reste immobile, troublé, me contemplant sans dire un mot. Pourtant, ses pupilles suivent chacune de mes courbes avec envie… Mon cœur bat à la chamade, ses battements sont si puissants que j’ai l’impression qu’il va s’échapper de ma poitrine. Ce moment embarrassant commence à être longuet, me parsemant de doute en plus d’avoir l’impression étrange que le temps s’est figé. Devrais-je faire le premier pas ? Ai-je fais une erreur ? Par la lumière, à quoi je pensais, nous ne sommes même pas mariés… Je n’aurais pas dû faire ça… Je me mets à trembler. Des pensées, toutes plus futiles les unes que les autres, traversent à toute allure mon esprit. Je perds ma confiance en moi. Pendant que ses questions me taraudent, je n’ai guère fait attention à Anduin qui s’était dénudé, décelant également son corps particulièrement bien dessiné pour un jeune homme de 18 ans. Je ne peux m’empêcher de zyeuter sa virilité en me mordillant timidement la lèvre inférieure. Mon visage rougit de plu bel et mon rythme cardiaque s’accélère malgré moi alors que je le dévore des yeux sans retenue. Anduin s'approche de moi et me prends dans ses bras, cela ne dure qu'une fraction de seconde. La chaleur de nos deux corps me procure une intense excitation. Nous nous embrassons, encore et encore. Nos mains parcourent avec douceur le corps de l'autre, explorant nos endroits les plus intimes avec maladresse mais non sans tendresse. Chacun de ses gestes sensuels provoquent en moi comme une décharge électrique indescriptible qui s'accentue lorsque mon amant descend ses lèvres dans ma nuque pour ensuite goûter à ma poitrine. Sa langue humide sur ma peau ne fait qu’alimenter farouchement ma flamme. Anduin, sans prévenir me soulève tout en continuant de me couvrir de baiser. Mon amant me dépose avec douceur sur le lit, se mettant au-dessus de moi sans s’appuyer, faisant particulièrement attention à ne pas m’écraser de son poids. Son visage est si proche du mien que ses mèches dorées me chatouillent les joues et que son souffle réchauffe ma peau. Ses yeux d’azur me dévorent de désir. J’enfouis une main dans sa chevelure, retirant les lanières de cuir qui les retiennent. Ils dévalent le long de son cou jusqu'à ses larges épaules et nos lèvres ne pouvant rester loin l’une de l’autre plus longtemps se retrouvent avec fougue. Anduin tire les couvertures tant bien que mal pour recouvrir nos corps nus en proie à la passion.

“ Nous marchons main dans la main sous un amas d’arbre au feuillage d’un vert émeraude. Accompagnés du bruit des oiseaux qui chantent de leur charmante voix et de leur compère les cigales. Nous échangeons des sourires et Anduin me dérobe des baisers l’air taquin. Alors que non loin, la silhouette d’un enfant portant les couleurs des Wrynn, rie et court accompagné d’un adorable chien. Je me sens légère et emplie de joie d’être en leur compagnie mais le ciel commence à s’assombrir, l’atmosphère change brutalement. Je n’étais plus dans cette jolie forêt mais dans la cour de mon château de Fortonerre, tous brûle autour de moi, la fumée obstrue mes poumons et l’odeur du sang me donne envie de dégobiller. Une épaisse brume m’empêche de voir ce qui se trouve en face de moi. J’avance en tâtonnant. Dans le ciel, des météorites et leurs traînées verdâtres peignent la voûte d’une teinte de terreur. Je crie son nom en espérant entendre sa douce vois me guider vers lui. Lorsque des bruits de combat m’alerte, j’accoure à toute vitesse. Anduin est là, triomphant de ses monstrueux assaillants, quand soudain, dans son dos, une immense ombre menaçante apparaît, le surplombant de toute sa hauteur. Ses yeux luisent d’un vert vicié, d’immense corne noirâtre sur le front d’un visage grisâtre difforme et horrifiant. Ses ailes rouge sang de démons sont déployées, obscurcissant encore plus le champ de bataille, répandant une lueur rougeâtre sur ma peau. Ses doigts sont dotés de longues griffes acérés. Alors que Anduin retire shalamayne du corps sans vie d’un démon terrassé, il se tourne vers moi, vainqueur. Je me mets à courir, hurlant sans nom de détresse pour le prévenir, mais hélas c'est trop tard, ce monstre l’embroche de ses griffes et le soulève du sol. Son corps glisse dans un bruit de lacération abominable. Le rire démoniaque de cette chose accompagne cette vision horreur. Du sang gicle de sa plaie comme de sa bouche, m’éclaboussant. Mon amant, dans un dernier rictus de frayeur mélanger à la douleur, voit s'évanouir l’éclat de vie de ses yeux d’azur. “

Je me redresse, paniqué, chaperonné par un puissant coup de tonnerre. Tremblante et en sueur, les larmes s’échappent de mes paupières. Je mets ma main sur ma bouche pour étouffé mes sanglots. Ce n’est qu’un cauchemar… Mais, il était si terrifiant que j’en ai encore des sueurs froides, j’espère que je n’ai pas réveillé Anduin. Soucieuse, Je porte mon attention sur lui, il est encore assoupi. J’effleure sa joue de mes doigts, je souris le voyant son visage si serein. Je remonte la couverture jusqu’à ses épaules avant de m’extraire du lit, la cabine est plongée dans l’obscurité, bercée par le bruit de la pluie qui s’abats sur les vitres. On dirait que la nuit vient de tomber… On a dormi aussi longtemps que ça. Il faut dire qu’on ne s’est laissé aucun répit. Même si c’était maladroit, embarrassant et que nous ne savions que faire par moment, mais néanmoins si romantique, me remémorer cet instant me rends toute chose… Je m’approche d’une des fenêtres et l’entre-ouvre pour profiter de la brise et de l’odeur de la pluie que je trouve fortement agréable. Parfois des gouttes atterrissent sur ma peau me faisant grelotter. Mon regard se perds sur les étoiles et les visons de mes songes refont surface. Tout ça s’évanouie quand je sens dans mon dos la chaleur de son corps, m’enveloppant dans une couverture.

•        Tu vas attraper froid, mon amour. M’interpelle Anduin.

•        Plus maintenant. Répondé-je le sourire au lèvre en m’appuyant sur lui.

•        C’était merveilleux… Je ne pensais pas ça pouvait être aussi agréable…

•        Plus qu'avec tes livres fripons ? Lui coupé-je la parole taquine.

•        Madame, je vous assure qu'ils ne sont pas à moi ! s'exclame Anduin.

Je me mets à rire malgré le mal-être que je ressens en moi à cause de mon cauchemar, sans parler de la bataille qui nous pends au nez… 

•        Oui, c’était magique, Anduin... Dis-je en lui caressant la joue tout en essayant de retenir mes larmes.

•        Je vois bien qu’il y a quelque chose qui te tracasse, c’est la bataille ?

J’acquiesce, Anduin resserre son étreinte. Le silence s’installe entre nous, nous savons tous les deux que notre avenir ne tient qu'à un fil, surtout le sien…

•        Anduin, le non-mort à t’il informé leur chef de guerre sur notre relation ? Questionné-je soudainement.

•        Oui… Soupire-t-il. Alors, je t’en prie, reste dans le camp et, si tu te sens en danger, enfuis toi avec ta pierre de foyer. C’est regrettable de dire ça… mais tu es mon point faible et ta mort me détruirai, ma faiblesse pourrai nuire à l’Alliance… Se confesse Anduin, chagriné.

•        Anduin…

•        Mon amour, quoi qu’il m’arrive, sache que je suis tellement heureux que tu sois rentrée comme une tornade dans mon existence insipide au détriment de ton monde… Tu as soulagé mon cœur blessé. Prophétie ou non, je me serais quand même éprit d’amour pour toi. Tu es ma lumière dans les ténèbres…

Je me retourne pour lui faire face, ne pouvant retenir mes larmes. Ses doigts s’enfoncent dans ma chevelure, laissant échapper la couverture à nos pieds. Alors que son autre main s’illumine d’une harmonieuse lumière, me caressant la joue d'une agréable chaleur qui me fais frissonner de plaisir. Il descend lentement dans ma nuque effleure un de mes seins continue sa course juste en dessous de mon nombril, pour ensuite encadrer mon visage de ses mains et joindre ses lèvres aux miennes. Oublions à nouveau la terrible épreuve qui nous attends…


/ Chapitre plus long que le précédent (héhé). Il m'a donné beaucoup de fil à retordre et je l'ai énormément retravaillé. Juste pour l'anecdote, mon gentil correcteur qui m'aide à corriger mes textes à reçus 16 versions différentes xD. Je m'excuse d'avance si le passage intime avec nos deux amoureux est maladroit, c'est pas un style que je maîtrise et je remercie deux de mes amis qui m'ont aidés a travailler ce passage. En tout cas, j'espère que vous l'avez quand même apprécié tout comme ce chapitre. En tout cas merci à vous tous de prendre le temps de lire mon histoire et de me laisser tous ces encouragements. N'hésitez pas à laisser votre avis en commentaire, ça me touche énormément et on se retrouve bientôt pour la suite. Bonne soirée/journée à vous. :) /

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